vendredi 11 novembre 2011

BERANGERE MAXIMIN - Tant que les heures passent

BERANGERE MAXIMIN a passé son enfance à l'île de la Réunion avant de partir pour la métropole à l'âge de seize ans. Elle a chanté dans divers groupes rock et world tout en suivant les cours de la classe électroacoustique de Denis Dufour au Conservatoire de Perpignan Elle réside aujourd'hui à Paris. L'utilisation de sonorités très hétérogènes, sans complexes ni principes dogmatiques, au sein d'une écriture serrée mais jouissive, les plans contrastés et les nuances employées, font de chacune de ses œuvres, une expérience à vivre réservée aux amateurs de sensations musicales fortes.

Les artistes français sont récurrent sur la composer serie, il est guére etonnant de retrouver la jeune Bérangére dans les rangs de Tzadik. "Tant que les heures passent", manifeste incroyable dans les contrées electro-acoustiques et bidouillages expérimentaux en tous genre. Une musique difficile à décrire, mais qu'on qualifiera, en faisant fi de la branlette journalistique de la plupart des médias et qui me fatigue parfois, de "trippée". C'est d'ailleurs particuliérement convaincant sur "ce corps vil", pièce d'un quart d'heure ou la voix de la compositrice nous transporte dans un tourbillon de pensées abstraites. Les autres pièces instrumentales sont bonnes, faisant preuve d'une précision et d'une creativité interessante en matière d'assemblage de sonorités expérimentales. Une premier chapitre intéréssant pour la composer serie.

CAINE/FELDMAN/COHEN/BARON - Secrets

Premier CD d'un quatuor extraordinaire nous délivrant les extraits du répertoire des dynasties hassidiques de Lubavitch, Satmar, Bobov et Modzitz. Autant de mélodies merveilleuses et débordantes d’amour divin (lesquelles trahissaient, pour de nombreux juifs de l'Europe de l'Est au XVIIIIe siècle, le signe d’un retour massif et unanime à la foi à travers l'intensité joyeuse des chants) et que se sont transmises par voie orale de nombreuses générations.

Petite présentation furtive, pour une oeuvre qui se présente comme un plaisir personnel de John Zorn dans le catalogue de son label. Quatre musiciens issus de son cercle trés proche, evidemment talentueux, ayant une légitimité indefectible au sein de la downtown scene. Il s'agit de les faire bosser un peu les gaillards. Et vous vous en doutez, c'est une interprétation sans faille auquel on assiste, 9 titres impeccables, hommage sincére aux racines musicales juives. Alors, ce disque a t'il un défaut ? Peut être oui, par son absence totale d'originalité et de prise de risque artistique. Si Tzadik sortait uniquement ce type de disque, il fonctionnerait en circuit fermé, et ne tarderez pas à devenir redondant. Mais ce n'est pas le cas, on appreciera donc à sa juste valeur ce chapitre "classique" de la radical jewish culture...

lundi 7 novembre 2011

MARTY EHRLICH - Sojourn

Sortis 11 ans avant son successeur "Fables" (voir cette même section), "Sojourn" est un disque important dans la construction de l'identité de la radical jewish culture, puisque ce sont des références qui date du début du label. Peu de choses en commun entre les deux disques cependant, car la formation est radicalement différente : Marty Ehrlich au sax/clarinette s'adjoint les services de Mark Hellias à la basse, Erik Friedlander au violon et de Marc Ribot à la guitare, rien que ça. L'approche du disque est beaucoup plus sombre, des pointes klezmer s'entremêle avec des disgressions jazzy et des relents de nigun. 8 titres assez longs, correctement interprétés, avec notamment une reprise étonnante de Bob Dylan. J'ai cependant préféré le second disque à ce "sojourn" ou il y a moins de charme et de subtilité...

JON GIBSON - Criss X cross

Jon Gibson, un des premiers musiciens de la génération des minimalistes, un des seuls qui a travaillé avec les cadors du genre, Young, Glass, Reich et Young. Peu prolifique sur disque, Tzadik déterre un enregistrement live capté le 26 novembre 1979 Chapelle de la sorbonne à Paris lors du festival d'automne. Un enregistrement dont le compositeur a peu de souvenirs au niveau des crédits, mais on saluera l'initiative des techniciens français zélés qui se sont cassé la tête à enregistrer cette prestation unique. Une prestation solo hypnotique incroyable, les personnes de l'assistance ont du se regarder bizarrement ce soir la. Que ce soit à la flûte ou au saxophone soprano, la vision de Jon Gibson se base sur une modulation mathématique minimaliste, elle même calqué sur une forme de répétition tournante. La pochette du disque, déssiné par Gibson lui même, montre bien cet état d'esprit de combinaisons numérologique tournante. Un disque majeur dans le style, qu'on rapprochera evidemment des compositeurs cités plus haut, "Criss X cross" est une belle oeuvre circulaire et une prestation instrumentale admirable...

GIUSTINO DI GREGORIO - Sprut

Un disque que je découvre avec 12 ans de retard, mais le catalogue Tzadik est immense, alors on passe un peu à coté parfois. Giustino di Gregorio, compositeur néo-primitif italien, à priori auteur d'un seul et unique disque, ce "sprut" sortis en 1999 sur la composer serie. Un disque ENORME ! Mais bien sur, vous vous en doutez, un disque egalemment indescriptible, comme tous bon Tzadik digne de ce nom. Pour faire simple, Giustino ne joue pas d'instruments. Il est par contre captiver par la déconstruction et la reconstruction de morceaux. Place donc ici à 17 plages sonores faites de collage de samples issus de centaine de groupes existant (le listing est à l'intérieur). On peut certes se méfier de ce procédé, à mi chemin entre le plagiat et la schizophrénie latente, mais dans le cas de cet opus, on touche au génie, indéniablement. Ces trames sonores brassent tellement large, sont si inspirés, ça en devient parfois indescent. J'ai toujours aimé ce procédé perso, on pense donc à l'approche de Kaada sur son premier disque par exemple ; un autre compositeur Tzadik, Mark de gli Antoni, s'y est essayé avec brio (voir cette même section).
Bienvenue donc dans un autre univers, captivant et surprenant à tous les instants. Apparement, le compositeur avait cependant tout donné pour cet oeuvre, car il n'a jamais renouvellé l'experience...

KARL BERGER - Strangely familiar

Pionnier du nouveau jazz européen, surtout connu comme vibraphoniste, Karl Berger est aussi compositeur, arrangeur, et d’abord… pianiste. Installé depuis longtemps à Woodstock, il dirige depuis 1972 le Creative Music Studio. Né en 1935, Karl Berger s’initie au jazz après de solides études de piano classique, et participe déjà au premier festival d’Antibes en 1961. Il s’intéresse ensuite aux travaux d’Ornette Coleman et de Don Cherry avec qui il joue et enregistre à partir de 1965 aux Etats-Unis et en Europe (voir notamment les disques ESP de Don Cherry captés au Café Montmartre de Copenhague). Largement accaparé par ses activités d’enseignant, il se produit peu sur scène et ses disques sont rares. Saluons donc l’idée de John Zorn de lui proposer d’enregistrer ces 17 Miniatures for Piano Solo, comme il les appelle, composées entre 2005 et 2009. Sensibles et légères, paisibles, mais aussi profondes et réfléchies, ces pièces témoignent beaucoup plus d’une recherche introspective, comme chez Ran Blake, qu’elles se présentent comme un déballage néo-romantique fumeux, ce que nous proposent, hélas, trop de pianiste "à la mode". Recommandé aux vrais mélomanes et amateurs de beau piano.
Chronique issus du site culture jazz, mais je n'avais honnêtement pas beaucoup plus de choses à dire. Un disque à écouter allonger en rêvant...

KEERIL MAKAN - In sound

Keeril Makan est un jeune compositeur américain aux travaux enluminés d'une foule de détails .A partir de musiques du folklore amérindien, de musique classique hindustani, de minimalisme et de bribes issues de l'avant-garde européenne il crée un univers sonore d'une sincérité et d'une honnêteté confondantes.
Petite présentation furtive avant de rentrer au coeur du sujet : trois pièces sonores présenté içi, deux commissionné pour le célébre Kronos quartet (qui donnait sa chance à des jeunes compositeurs à un moment...) et une commissionné pour le Paul Drescher electro-acoustique ensemble. Qui connait le kronos sait qu'on a affaire à un string quartet traditionnel : les deux longues compositions de Makan sont donc correctes dans le genre, même si assez convenue : on appreciera cependant l'exploration sonique faites de montées et le contraste entre bruit et pureté du son. En revanche, la pièce electro-acoustique a beaucoup plus attiré mon attention : sombre, froide, inquiétante et bourré de sonorités captivantes : batterie electronique, guitare, marimba, clavier, violon et clarinette se mélange dans une ambiance glauque, développant un tourbillon sonore sournois et malsain. Une pièce donc qui sauve donc "in sound" d'un contenu peut être un peu trop classique, et qui nous balance dans les frontières de l'expérimental et de son coté mystérieux...

GEORGE LEWIS - Endless shout

George Lewis, auteur de livre, précurseur dans l'utilisation de l'ordinateur dans des compositions comtemporaines, professeur à l'université de Californie à San diego, et tromboniste virtuose. Premier disque pour la composer serie sortis en 2000, la pochette de "endless shout" est vraiment chouette je trouve, il y a toujours ce coté "arty" dans les disques tzadik, c'est à chaque fois du bon boulot. Un disque assez varié dans l'ensemble avec quatres pièces sonores fonciérement différentes les unes des autres.
On attaque avec "North star boogaloo" de 1996, trame pour percussions solos accompagné d'un lecteur qui nous raconte une histoire en même temps, et de pas mal de samples d'ambiance bien utilisé : une atmosphére se dégage du truc, on est pris dans le tourbillon du récit, une réussite donc.
Le titre éponyme date de 1994, composé pour du piano solo et interprété superbement par une pianiste inconnu. Posé, envoutant, réfléchis, un bon travail de composition classique. La pièce suivante est composé en 1977 pour un orchestre complet de 13 musiciens, et sera interprété en 1997 avec George Lewis lui même au baton : une pièce assez crispante, avec des cuivres un peu stressant et relachement complet, on s'attendait à plus de construction et d'esprit cartoon, c'est une relative déception. La derniére piéce sonore est la plus longue avec George Lewis lui même au trombone et à l'ordinateur : le compositeur doit en effet composé des séries de samples ambiant et instumentaux psyché, puis enregistre par dessus l'ordi avec son trombone. "Voyager" est la pièce la plus énigmatique mais aussi la plus captivante dans le fond, on ne sait pas ou le voyage va se finir, et il y a un coté opprésant plutôt bien exploité. Une fin qui nous entraine dans le trou noir donc...

ARAM BAJAKIAN'S KEF - s/t

La sous-division "fullforce" au sein de la catégorie Composer serie avait largement débrouisailler le terrain quand aux jeunes groupes qui virevolter de plus belle en faisant s'accoupler le rock débridé et l'expérimental le plus sauvage. Kayo Dot, Time of orchids, Stabat Akish, Larval ou Mick Barr se sont donc retrouver sur Tzadik, mais au sein d'une section qui renferme des compositeurs "classique" dans leur approche, cela pouvait prêter à confusion.

Ceci est terminé aujourd'hui avec la création d'une nouvelle série intitulé "Spotlight", offrant ainsi un coup de projecteur sur les nouveaux groupes fondé par des jeunes musiciens aventureux de naviguer dans des chemins non balisés par les codes usuels de la musique populaire. 3eme chapitre de la série proposé donc par un jeune guitariste fougueux de Brooklyn nommé Aram Bajakian. Effectivement, on ressent l'impact de Marc Ribot dans le jeu extraordinaire d'Aram, technique, evasif et renversant à la fois. Son groupe se prénomme Kef, inspiré par les danses arméniennes du même nom, ou on retrouve Shanir Ezra Blumenkranz à la basse acoustique (les reguliers de Tzadik le connaissent, rashanim, cyro baptista, etc...) et Tom Swafford au violon. Trois jeunes musiciens qui en veulent donc, et qui nous balancent 12 titres fantastiques, parfait mix entre dérives rock (notamment avec la dissonnance de la guitare) et musique traditionnelle arménienne (surtout dans les assauts du violon). Aucun temps morts, une cohésion incroyable, une inspiration sans faille, des débordements improvisés jouissifs, ce disque est un must have dans le genre. Le sang neuf de la série Spotlight aura fait grand bien à Tzadik, puisque les 3 volumes sont vraiment excellent et demeure à acquérir au plus vite...

dimanche 6 novembre 2011

PET BOTTLE NINGEN - s/t

La sous-division "fullforce" au sein de la catégorie Composer serie avait largement débrouisailler le terrain quand aux jeunes groupes qui virevolter de plus belle en faisant s'accoupler le rock débridé et l'expérimental le plus sauvage. Kayo Dot, Time of orchids, Stabat Akish, Larval ou Mick Barr se sont donc retrouver sur Tzadik, mais au sein d'une section qui renferme des compositeurs "classique" dans leur approche, cela pouvait prêter à confusion.

Ceci est terminé aujourd'hui avec la création d'une nouvelle série intitulé "Spotlight", offrant ainsi un coup de projecteur sur les nouveaux groupes fondé par des jeunes musiciens aventureux de naviguer dans des chemins non balisés par les codes usuels de la musique populaire. Aprés l'excellente ouverture faites par les rhinocéros, le second volume donne le champs libre aux New yorkais de Pet bottle ningen. Formation en trio avec une batterie, une gratte et un saxophone, c'est un tour de force technique dont on subit les assauts durant 13 titres sauvages et ahurissants. Si une trés belle accalmie de 8 minutes nommé "tupperware" (et se rapprochant du sujet jazz originel) se situe au milieu du disque (ainsi que "frogfish"), le reste donne parfois dans la sauvagerie la plus primaire, comme pour satisfaire nos bas instincts. Riffs parfois dissonants, batterie en freewheeling et sax hystérique hérité bien sur par le gourou de la downtown scene. Composition technique complexe, improvisation sourde, stop and go et dérives bruitistes sont au programme d'un disque assez barge durant toute sa durée. Rapprocher le trio de Painkiller serait un raccourcis facile (et il n'y a aucun blast beats malgré les instants de fureur), mais ça vous donne au moins une idée de tonalité dans lequel se situe Pet bottle ningen. Un nouveau trio donc assez remarquable, qui ensanglante la série Spotlight d'une griffe aussi tranchante qu'acérée. Choc !

NAUSEEF/MORI/PARKER/LASWELL - Near nadir

Enregistré dans une église en Angleterre en aout 2010, "Near Nadir" frappe un grand coup dans les opus marqué du sceau 100 % improvisé. La Key serie nous en a déja dévoiler quelques exemples en matière de Free jazz et quelques noms légendaires : c'est aujourd'hui un quatuor unique en son genre qui nous délie les oreilles. Et si seul Evan Parker avec son sax peut nous faire trés vaguement penser à du jazz, l'ensemble des éléments se révéle en fait electro-acoustique, voir même noisy par moment. Ikue Mori et son laptop se délecte du squelette sonore, Bill Laswell (plutôt discret pour ce coup çi) donne des effets de basse toujours aussi saisissant, et mark Nauseef balance de la percussions bizarre avec tout ce qu'il a en stock (metal, bois, cloches, percus chinoises et j'en passe). Une rencontre aussi destructurée qu'assez sage dans le fond, un disque unique en son genre car foncièrement impossible à refaire. Même si je ne l'écouterai pas tous les jours, j'en ai apprécié les grandes lignes, et il est possible que tous les auditeurs de Tzadik le soient aussi, le label ne sortant pas de son statut expérimental de prédilection. L'artwork est sobre et classe, comme d'habitude...

COCHRANE/COOPER/HOUSTON-JONES - Them

En 1985, c'est la rencontre de trois hommes qui a permit l'aboutissement du projet "them" : Ishmael Houston-jones, danseur et chorégraphe, Dennis Cooper, narrateur de livres, et Chris Cochrane, musicien et guitariste de la downtown scene. Les trois hommes décidérent de monter un spectacle de danse ayant pour théme la menace et le ravage du sida sur la population gay de NY. Le projet sera présenté au fameux club de danse PS122 de Manhattan dans une version assez longue, puis sera présenté en 1987 à Toronto.
2010, le PS122 demanda à ses créateurs si ils voulaient donner une seconde vie à la piéce, ce qui sera fait en recrutant des nouveaux danseurs. Puis les bribes de composition datant de 1986 de Cochrane ainsi que les passages musicaux improvisés furent enregistrés pour paraitre sur ce chapitre de la Key serie de Tzadik. Cochrane à la guitare et autres instruments, et Kato Hideki à la basse, percussions, mandoline entre autre. Bande son basé sur des passages souvent ambiant un poil angoissant. La guitare est souvent trituré sournoisement à la manière de Fred Frith. Il y a des pistes de Spoken word de Dennis Cooper, avec un fond sonore ou parfois seul. Les compositions de Cochrane sont brillantes, arrivant parfaitement à faire ressortir la gravité du sujet couplé à l'urbanisme sombre et glauque de NY dans les années 80.
Un trailer de la pièce de danse version 2011 est disponible sur la toile, montrant une oeuvre aussi captivante qu'avant gardiste. A découvrir...

vendredi 28 octobre 2011

NI HAO ! - Marvelous

Si les petites de Ni-Hao ont perdus une de leur membres en cours de route, les conduisant au savoureuse joies du duo, elles n'ont cependant en rien perdu de leur verve noisy et déjant'. Basse et batterie absolument débridé, accompagné par le renfort occasionel de quelques instruments, dont une guitare et un saxo bien bargeot que ne renierait pas un certain Mr Z. Les japonaises nous font de nouveau un grand chelem dans l'esprit décalé à la japonaise : le chant hurlé, chanté, jappé, éructé l'atteste grandement, tant il détonne dans cet amas déstructuré et captivant. Les ambiances se succédent au sein de morceaux tous étonnants et fous. On saluera la splendeur de l'originalité du pays du Wasabi, plus particuliérement la scène de Kansaï, d'ou sont issus les Ni Hao !. Yukari et Ariko s'en sortent donc avec aisance dans l'exercice du second disque, même si les deux remix proposé sur le disque sont relativement inutile et particulièrement de mauvais gout. Je pense préféré au final ce "marvelous" à son prédécésseur...

mercredi 26 octobre 2011

THERESA WONG - The unlearning

La violoncelliste californienne - The Unlearning est son tout premier album - a écrit ce recueil de miniatures pour violon, violoncelle et deux voix, que lui inspirèrent les gravures de GOYA, Les Désastres de la Guerre (1810-1820). Carla KIHLSTEDT (violoniste inspirée, que les fervents du label tzadik connaissent bien) joue l'alternance complémentaire lui donnant la réplique pour ces curieuses et attachantes chansons expressionnistes à mi-chemin entre classique et pop.

Effectivement, sur fond de duo violon-violoncelle, Les superbes compositions de Theresa font mouche quasiment à tous les coups. La juxtaposition des deux trés belles voix des musiciennes, les coups d'éclats aux instuments, l'opposition classique/expérimental avec toujours ces éléments qu'on sent improvisés. Mais l'ensemble fait preuve non seulement d'une certaine fraicheur, mais surtout d'une grande émotion, en sussurant les paroles et en jouant parfois presque en sourdine notamment. Premier disque sympathique de Theresa Wong, la serie Oracles se porte bien...

mercredi 5 octobre 2011

LES RHINOCEROS - s/t

La sous-division "fullforce" au sein de la catégorie Composer serie avait largement débrouisailler le terrain quand aux jeunes groupes qui virevolter de plus belle en faisant s'accoupler le rock débridé et l'expérimental le plus sauvage. Kayo Dot, Time of orchids, Stabat Akish, Larval ou Mick Barr se sont donc retrouver sur Tzadik, mais au sein d'une section qui renferme des compositeurs "classique" dans leur approche, cela pouvait prêter à confusion.

Ceci est terminé aujourd'hui avec la création d'une nouvelle série intitulé "Spotlight", offrant ainsi un coup de projecteur sur les nouveaux groupes fondé par des jeunes musiciens aventureux de naviguer dans des chemins non balisés par les codes usuels de la musique populaire. Ce sont donc Les rhinocéros qui ouvrent la section avec un premier disque tout simplement énorme. Arrivant droit de Washington DC, c'est aprés une intro et un "bonjour !" pétant que démarre "Beeps and boops" dans une atmosphère bunglelesque tonitruante. Trio de formation classique à la base, le combo s'amuse ensuite à faire venir d'autres musiciens, et à brouiller les pistes avec dextérité désarmante. Rock, jazz, impro, noise, passage ambiant, touché world music, avec un sens du mix et de la composition absolument excellent. La section "Spotlight" démarre donc fortement, et ce premier volume est un futur clasique du genre...

jeudi 22 septembre 2011

GYAN RILEY - Stream of gratitude

Gyan Riley, fils du célébre compositeur Terry Riley, ancien résident californien, résidant aujourd'hui à Brooklyn, et sortant son premier disque sur la composer serie. Le jeune musicien rejoint donc la catégorie précise et fermé des compositeurs virtuoses de la six cordes mais qui tape dans un registre classique, mi composé, mi improvisé. Dans mes souvenirs, seul Fred Frith et Marc Ribot se plie à cet exercice si difficile qui réclame une absolu parfaite maitrise de la guitare (Derek Bailey est encore un cas à part dans le genre...). Gyan s'en sort parfaitement bien sur ce "stream of gratitude" absolument imparable dans le genre. Plusieurs compositions plus ou moins longues, plus ou moins harmoniques, mais révélant tout une technique guitaristique hors pair et une oreille sans faille. Bon evidemment, un certain minimalisme se dégage du disque, mais d'un point de vue expérimental et compositionnel, Gyan Riley rentre dans la parfaite catégorie de la composer serie, et s'en relativement avec les honneurs, même si un peu plus d'émotions n'aurais pas fait vraiment de mal....

dimanche 18 septembre 2011

JOEL RUBIN / URI CAINE - Azoy tsu tsveyt

Ethno-musicologue de renom, clarinettiste les plus reconnus de la scène juive, Tzadik accueille Joel Rubin en ses rangs, intégrant ainsi la grande lignée des clarinettistes du label (David Krakauer, Ben Goldberg, etc...). Ce dernier est associé à Uri Caine, figure de la downtown bien connu des amateurs de Tzadik et de l'univers Zornien, notamment auteur d'un book of angels en solo. Rencontre inédite et intéressante, parfait pour comprendre les liens qui peuvent se nouer entre le jazz et le klezmer. La clarinette de Rubin nous renvois au coté traditionnel de la musique juive, l'interprétation parfois improviser de Caine à l'orgue et au piano nous fait penser au jazz. L'alchimie de l'interprétation est parfaite, le rendu est d'une sobriété exemplaire, tout en étant un délice des oreilles. Un duo dans la même veine que Burton Greene et Perry Robinson sortis l'année dernière dans cette section. Bel artwork comme à l'accoutumée pour la radical jewish culture.

FOGEL AND THE SHERIFFS - Exorcism

Vous pourrez voir une kronik dans cette même section de Pissuk Rachav, formation à l'initiative de Jeremy Fogel. Je l 'ai réécouté avant de découvrir "exorcism", et mon avis reste à l'identique (peu de cohérence et une mixture indigeste). C'est donc un peu à reculons que j'ai découvert cet opus de Fogel avec sa formation habituelle des Sheriffs. Bien mal m'en a pris, ce dernier chapitre est une bonne tuerie, parmi l'une des meilleures surprises de la radical jewish et ceux depuis de nombreuses années.
Difficile de dresser un portrait exact des attributs musicaux de ces 15 titres schizophréne jouissifs. Mais pour faire simple et multiplier les raccourcis dans les esprits, on peut dire sans difficulté que Fogel se calque sur la même vision musical que Serge Gainsbourg : entre folk décalé, ballades sexuellement provocantes, reggae apaisés, et même quelques touchés rock bien mortel. Je me suis pas trop penché sur les paroles (accés à priori sur l'historique de Rabbi Jesus, tout un concept), j'imagine l'ensemble parfaitement décalé, comme toute la trame globale du disque. "Exorcism" est un brillant coup d'éclat proposé par le génial Jeremy Fogel, le label new yorkais peut se vanter désormais d'avoir un des digne héritiers de Gainsbarre, c'est nous autres français qui somme content...

mercredi 7 septembre 2011

JOHN ZORN - Enigmata

91eme référence de la section Archival series, qui classifie tous les travaux de John Zorn, de ses début en 1973 jusqu'à aujourd'hui. Digipack classique de la "new era" tzadik, quoiqu'on sent que les frais de fabrication ont été réduit pour le coup, par rapport à l'insert en papier (au lieu du carton) qui sert à maintenir le disque. Beaucoup de sigles mystérieux dans le digipack, correspondant aux 12 enigmes du disque. On retiendra surtout le livret du disque et, surprise, des notes de John Zorn datant de 2010, ce qui n'etais plus arrivé depuis un moment.

Ces notes seront un peu le point de départ de cet avis écrit, certes peu argumenté, mais résolument définitif en ce qui me concerne. Le point de départ du disque fut la phase de composition de Zorn en 2010, et notamment le titre de "Apparitions" de Moonchild qu'on retrouve sur "Ipsissimus". Mélangant de la composition avec aucune tonalité centrale, des parties improvisées "conduites" et des passages noise prédéfinis, le duo Ribot/Dunn en fit un des coup d'éclat de la session studio, et leur exhaltation de musiciens fut conséquente apparement. C'est donc dans cette optique que le duo fut reconduit pour un disque entier intitulé "Enigmata" et pensé uniquement pour la collision guitare et basse. Zorn semble ensuite se justifier de la difficulté d'écoute du disque : les rockeurs n'apprécieront pas l'absence de batterie, la distortion heavy alienera les jazzeux, les éléments de composition ne plairont aux puristes de l'improvisation, et vice-versa d'ailleurs. La traduction de la suite du livret suivra ensuite ci dessous, les fans de Zorn seront intéréssés de le savoir je pense.
Sinon, "Enigmata" n'est pas trés plaisant à l'écoute. Une longue et fastidieuse improvisation à l'oreille, chiante, sans cohésion, ni passion, du moins à mes yeux. Un chapitre anecdotique de l'univers du maitre de l'East village. Zorn posséde cependant assez de recul pour le comprendre et le deviner, et en fait un brillant plaidoyer à lire. Voila certainement pourquoi j'aime et je respecte ce compositeur.


"Enigmata est pour certaines personnes, pas les plus nombreuses, ce qui prouvera les difficultés d'écoute même parmis mes plus fidéles suiveurs. Mais je fais ce que je juge le plus apte à faire sans me soucier de ce que le monde extérieur peut penser, vouloir et s'attendre [...]. Je ne justifie pas les incompréhensions qui entoure la plupart de mon travail, je veux que les gens l'apprecient, mais ce n'est en aucun cas ma motivation, ni ma raison pour le créer. Mon but, ma raison, ma vie est le travail lui même, mon oeuvre fera son chemin par la suite.
Ce que je fais tombe dans les barriéres entre ce qui est compris/incompris, definissable/elusif, accepter/non désiré. Il y a des bénéfices à ces barriéres, d'éxister dans l'underground. Cela permet une liberté de créer sans se soucier des restrictions marketing, des pressions sociales ou des classifications reductrices. [...].
C'est une nouvelle musique, une musique au dela des genres. Les nouveaux outils ont besoin d'être analysé, les oreilles ouvertes ont besoin de l'apprécier. En resulte que la plupart des gens ne savent pas encore quoi en faire, et ont parfois besoin d'emettre des jugements basé sur l'ignorance et les incompréhensions. Il y a quelque chose de triste sur ce constat, mais il y a aussi quleque chose d'excitant et de libérateur. Aprés toutes ces décénnies, cette musique a encore besoin d'être définis et nous avons encore beaucoup de liberté par rapport à ça. Nous existons encore dans les rues (et non les institutions), nous vivons, nous grandissons, nos travaux sont en flux constant, et en plus d'être excitant pour l'artiste, nous rendons les institutions musicales et l'audience d'aujourd'hui trés mal à l'aise.
L'un des problémes d'expliquer l'inconnu et qu'on en est vite réduit au connu. Il n'y içi pourtant aucun danger. La musique parle un langage secret qui nous laisse avec un sentiment de constant paradoxe. Se perdre dans un processus de création peut permettre de se perdre dans le mystére en lui même, mais pour invoquer les mystéres, il y a un prix : Le monde ne peut pas être prêt pour cette musique. Honnête, imaginative, cathartique, et passionnément interprété. Elle est ce qu'elle est, et n'a aucune prétention de n'être rien d'autre que ce qu'elle est."

John Zorn, NYC, 2010

jeudi 25 août 2011

JOHN ZORN - The satyr's play / Cerberus

90eme référence de la section Archival series, qui classifie tous les travaux de John Zorn, de ses début en 1973 jusqu'à aujourd'hui. Superbe digipack classieux offert cette fois çi par Tzadik, d'ailleurs un peu plus cher qu'à l'accoutumée, répercussions des frais de fabrication on imagine. A noter aussi que 666 copies du disque ont été numéroté et signé par Zorn, et que 66 copies sont collector avec une édition spéciale du livret du disque emballé dans de la peau de Bouc satiné avec de l'or (!), à priori c'est ce que j'ai compris du moins. Zorn, passioné de numérologie, fait encore des siennes. Deux nouvelles pièces comme le titre l'indique, disctinctement séparé à la manière de "Godard/Spillane" par exemple.

On démarre avec "The satyr's play" qui retranscrit les excès des bacchanales et des saturnales, fêtes romaines dont dérive l’invention du carnaval. Plus d'infos en se renseignant sur la toile. Le texte de présentation du livret est orné des dessins mystiques à forte connotation sexuelle d'Austin Osman Spare (artiste anglais et magicien qui aura quelques affiliations et déboires avec Aleister Crowley, entre autre). Les textes ésotériques sombres sont fait pour être lu à haute voix à certains moments de la pièce (renvoyant certainement cet acte à des incantations rituelles). Conçus pour deux percussionistes, on n'est pas étonné que ce soit Kenny Wollesen et Cyro Baptista qui s'y colle, eux qui avait déja collaboré avec Zorn dans ce genre de pièce, notamment les filmworks. On remarquera aussi beaucoup d'effets sonores divers lors de la pièce (animaux, jouissance féminine, stimulation d'orgie, coup de fouet, etc...), certainement conçus avec l'aide de David Slusser. Ces effets sonores étoffent grandement "the satyr's play", On est transporté à Rome dans l'antiquité, en pleine bourre pour l'orgie du mois au temple en l'honneur de Dionysos-Bacchus, le dieu du vin. Tout un programme.

Changement radical d'ambiance avec "Cerberus", trame sonore de dix minutes. Cerbere, soit le chien à trois têtes gardant l'entrée des Enfers dans la mythologie grecque. Il empêchait ainsi ceux passant le Styx de pouvoir s'enfuir. Les trois cuivres présent (trombone, tuba, trompette)dans cette pièce personnifie les trois têtes du Cerbère. Démonstration sonore des trois cuivres pour une inspiration mythologique et démoniaque, un classique du genre Zornien. La pièce est bonne dans l'ensemble, même si plus courte et synthétique que la précédente.

Musique de Chambre impériale proposé par John Zorn, dont on saluera une nouvelle fois l'habilité à composer et offrir de la grande musique au service de ses nombreuses influences artistiques flirtant avec la mythologie cette fois çi.

OKKYUNG LEE - Noisy love songs

Il est vrai que Okkyung Lee n'a pas chômé depuis son arrivée à New York en 2000. Membre importante de la Downtown scene, elle a collaboré avec beaucoup de monde, Christian Marclay et Thurston Moore entre autre, ainsi que le parrain John Zorn en la faisant participer à "Femina", grand disque proposé par le maitre New Yorkais. Son affiliation avec Tzadik étant évidente, "Noisy love songs" succéde à "Nihm" sortis en 2004, bon chapitre de la série Oracles dédié aux travaux des femmes dans la scéne expérimentale mondiale. Ce disque est entouré d'un sous titre "for George Dyer", hommage appuyé à l'écrivain et poéte anglais du XVIIIeme. Si quelques instruments apparaissent en plus, les deux oeuvres de Lee restent sommairement dans la même veine, à savoir de la chamber music haute en violon et piano, mais avec cette folie qui caractérise l'improvisation bruitiste pure. Les inspirations coréénne transpire certainement moins, au profit de plus de folie dans l'interprétation. On retrouve aussi un titre inédit issus de la session de "Nihm" ou l'on retrouve Ikue Mori pour une apparition habituelle au laptop (accompagné d'un percussioniste). Même si je l'écouterai pas tous les jours, "Noisy love songs" est un bon disque d'expérimental inspiré et recherché. Le titre de l'album est bien trouvé d'ailleurs...

lundi 15 août 2011

MAZAL - Axerico en selanik

"Mazal est un subtil mélange de chants séfarades anciens et de musique actuelle aux sonorités électroniques et samplées. Ce métissage de tradition chantée et de modernité musicale se veut à l'image de la culture juive-espagnole empreinte d'amalgames orientaux et occidentaux depuis le moyen-âge. Grâce à l'apport de sons électroniques et de riches rythmiques, Mazal ouvre les voies du possible de la réconciliation interculturelle, au-delà du temps et de la vanité des mots. Mazal fait souffler un air de modernité créant dans la rencontre, un flux musical énergique et dansant. "

C'est les vacances, je suis un peu en mode flemmard, et j'ai donc recopié le petite introduction sur le site de Mazal. On a en effet de la chance d'avoir de plus en plus de groupes français sur Tzadik, et ces derniers se présente mieux que ce que j'aurais pu faire. 4eme groupe gaulois sur la radical jewish culture (le 3eme en 1 an), on a de quoi être fier. Et Mazal est sans conteste le plus original : exit le klezmer un poil barrée des autres combos, Le duo bouleverse les codes en faisant honneur à la fameuse "french touch" qui fait que plusieurs artistes de musique electronique français sont connus dans le monde entier. L'alchimie entre la tradition des lignes de chants d'Emanuelle Rouvray et l'instrumentation de Thomas Baudriller est absolument parfaite dans le style. Gros travail d'ailleurs de ce coté la, la musique n'étant pas qu'un assemblage de rythmiques électroniques basiques, mais plutôt un vrai travail de sampling d'instruments traditionnels (mandoline, accordéon, percussions...) avec tous le coté electro, flirtant parfois dans une approche quasi lounge. L'ensemble sonne résolument dansant, moderne et créatif, un vrai première pour la section juive. Mazal nous offre une approche unique que j'ai fortement apprécié, tout comme John Zorn à priori. Et il s'agit d'un des disques les plus originaux et aventureux du label Tzadik. A découvrir d'urgence...

dimanche 14 août 2011

JOHN ZORN - Caym book of angels 17

En premier lieu, l’artwork de ce skeud’ est sublime : un digipack de toute beauté avec étoile gravé sur le front et tout…la grande classe ! Ensuite, Après la série sur radical jewish culture qui voyais à l’honneur des disques hommage pour les 10 ans de Masada, voici une nouvelle série d’album hommage ou des groupes reprennent des standards du groupe de Zorn à leurs sauces, puisant dans le repertoire des 300 chansons écrites par Zorn en 2004 ("book of angels") mais que Masada ne garda pas.

C'est avec grand bonheur que j'ai découvert et apprécié ce 17eme volume initié par Cyro Baptista et son groupe Banquet of the spirits, volume evident étant donné les nombreuses années d'amitié entre le compositeur new yorkais et le percussioniste brésilien. Je partais en territoire connus puisque j'ai vu le groupe joué par deux fois une partie de ces morceaux lors des deux masada marathon à Milan et New york. Et les prestations données ces soirs la étaient tout simplement ahurissante, et parmis les meilleures de tous le marathon. Les 12 titres de "Caym" sont tout simplement énormes, vous vous en doutez. Etrangement arrangé par Shanir Ezra Blumenkranz (en lieu et place de Cyro Baptista lui même), c'est d'autant plus étonnant puisque qu'il ne fait à priori plus partis du groupe depuis au moins le mois de mars (il était absent du marathon à New york, et le quartet s'était transformé en quintet). Ce dernier a cependant effectué un travail colossal sur ce disque, avec des arrangements et des orchestrations d'une richesse infinie, tout comme Trey Spruance l'avait fait avec Secret chiefs 3. Le paralléle entre "Caym" et "Xaphan" n'est pas trop usurpé de toute façon, même approche world music, même luxuriante et complexe adaptation des compositions Zornienne, même folie en concert. Au final, "Caym" rentre aisement dans mon top 5 des book of angels, un disque dont on ne se lassera vraisemblablement jamais d'écouter...

samedi 13 août 2011

JOHN ZORN - Nova express

89eme référence de la section Archival series, qui classifie tous les travaux de John Zorn, de ses début en 1973 jusqu'à aujourd'hui. Nouveau digisleeve un poil minimaliste concocté par Tzadik, dans la même veine que "in search...", artwork adéquate pour dévoiler enfin un hommage de longue date prévus par Zorn à l'écrivain William Burroughs (ainsi que collégue de débauche Brion Gysin) dont le compositeur est fan depuis 1970.

"Nova express", troisième nouvelle de la "nova trilogie", commentaire social de 1964 rédigé par Burroughs. Tout comme "Interzone", Zorn s'appuie donc sur l'univers de l'écrivain de la beat generation pour composer ces deux chapitres qui sont complémentaires tout en étant techniquement assez différent. Différent sur la forme, plusieurs musiciens d'Interzone s'étant paumé en cours de route, il ne reste plus que le quartet Dunn/Basse, Medeski/Piano, Wollesen/Vibes et Baron/batterie, soit une formation plus typé "jazz". Différent sur le fond egalemment, les longues tirades sonores sont remplacés par des morceaux au format classique (entre deux et sept minutes). John Zorn a voulu de son propre aveu associer le coté lyrique de ses chamber works avec la technique du Cut-up à la façon de Naked city (technique rodé au sein de morceaux de format assez court) avec la virtuosité technique de Masada (les musiciens se connaissant bien, et étant donné leur CV, c'etais jouable). On se retrouve donc avec effectivement 10 titres parmis les plus "epileptiques" du compositeur, ou la technique et le feeling des performers est tout simplement ahurissante. Composition pure ou partie improvisée ? J'aime à penser les deux, mais le format synthétique des morceaux laisse plutôt penser à des partitions noircies de notes. Un travail de compositeur admirable une nouvelle fois, pour un résultat qui surprendra moins l'auditeur qu"Interzone" qui se révélait beaucoup plus riche en terme d'atmosphères et de surprises. Les mauvaises langues pourront même dire qu'il s'agit d'une version plus jazzy et virulente d'In search of the miraculous. Mais "Nova express" est tout de même une oeuvre singulière et magnifique de dextérité et de compléxité harmonique. Et le final "between two worlds" est délicieusement exquis. A se procurer, tout comme l'oeuvre de Burroughs...

mercredi 10 août 2011

ARTICHAUT ORKESTRA - T for Teresa

Il est coutume de compter sur la présence des groupes français dans les rangs de Tzadik, LE label new yorkais de référence, pour la plus grande joie de nos compatriotes et de moi même, investigateur de ce modeste blog en hommage avant tout au label. La France aime Tzadik, le label le lui rend bien à priori.

Ainsi, aprés Zakarya, Autoryno, et Mazal sur la radical jewish culture, voici l'arrivée en fanfare de l'Artichaut orkestra, et une représentation en force de la ville rose, puisque le groupe succéde à Stabat akish (sur la composer serie) en tant que combo toulousain à faire son incursion dans le giron américain, offrant ainsi une exposition mondiale à l'orchestre. Orchestre qui se résume d'ailleurs à un quatuor assez standard dans le cadre de la musique juive : Batterie, guitare, accordéon, et clarinette. Dés les premières mesures, on est scotché par la déxtérité de Camille "Artichaut" Humeau, qui maitrise autant la clarinette que son mentor David Krakauer. Ce fil conducteur servira ensuite à la formation pour ne pas s'encombrer ave beaucoup de codification musicale, mixant klezmer, approche jazzy, dérive rock et feeling classique avec une facilité frisant la désinvolture et le talent outrageant. Qu'ils reprennent du Bach à leur sauce, qu'ils se la jouent klezmer habile dés le titre d'ouverture, péte un cable en plein milieu du disque ("cirquenscie") ou parte dans des délires fusion digne de Zakarya sur le bien-nommé "façon puzzle" (la comparaison n'est parfois pas usurpé), c'est toujours éxécuté avec une technicité sans faille et une classe frenchy qui redonne des couleurs à notre pays. Vous l'aurez compris, encore une arrivée marquante sur la radical jewish culture, l'identité juive, le brassage des genres et l'innovation musicale formant parfaitement l'univers de l'Artichaut orkestra...

dimanche 31 juillet 2011

JOHN ZORN - Haborym book of angels 16

En premier lieu, l’artwork de ce skeud’ est sublime : un digipack de toute beauté avec étoile gravé sur le front et tout…la grande classe ! Ensuite, Après la série sur radical jewish culture qui voyais à l’honneur des disques hommage pour les 10 ans de Masada, voici une nouvelle série d’album hommage ou des groupes reprennent des standards du groupe de Zorn à leurs sauces, puisant dans le repertoire des 300 chansons écrites par Zorn en 2004 ("book of angels") mais que Masada ne garda pas.

3eme Book of angels pour 2010, avec un volume ultra balisé et sans surprises, soit la deuxième apparition du Masada string trio. J'enclenche direct le point de polémique : pourquoi avoir reconduit le trio pour un second volume ? Le label mentionne "by popular demand", mais je ne pense pas que John Zorn soit une oreille si attentive aux "réclamations populaires". Alors certes, le trio est brillant, les musiciens sont des proches de Zorn, et les fervents de ce second volume ne seront pas du tout d'accord avec moi, mais je trouve ça dommage de donner dans la ré-édit, tout en sucrant onze morceaux qu'un autre artiste aurait pu transcander. Hormis cet état de fait, "Haborym" est un bon disque, par un trio dont nous connaissons tous les qualités. Aussi bon que "Azazel", les cordes vibrent dans tous les sens une nouvelle fois. Un chapitre traditionel de la série dirons nous pour être un peu consensuel...

KLEZMERSON - Siete

Tache un poil ardu que de commencer à décrire ou à retransmettre ce disque des Klezmerson à l'écrit. Zorn s'y essaye avec la retenue classique des fameuses tranches noires tzadik (rires), j'aurais un peu plus de mal personnellement, pas par manque d'intérêt pour la musique bien au contraire, mais parce que les sentiments sont multiples à la découverte de ce troisième disque riche et fusionnant à souhait. Arrivant de Mexico city, le sextet s'est fait repéré par les girons de NY qui se sont empréssés de les signer sur la radical jewish culture, correspondant à la pleine définition de la section : repousser les limites de la tradition musicale juive en l'emmenant dans des nouvelles contrées et en lui offrant un avenir digne de ce nom. A partir de la, les Klezmerson se donne à fond sur ce "siete" assez fabuleux. Gardant le rythme et la mélodie du klezmer européen (avec une clarinette qui se ballade regulièrement), les mexicains s'amusent ensuite à mixer de nombreux éléments et genres dans des titres assez long à chaque fois, offrant un métissage musical certes déja vu (Bungle, Koby Isrealite, Zakarya, et beaucoup d'autres...) mais véritablement rafraichissant. Gypsy, Charanga, Cha cha, Electronique, et dérive rock sont entre autre au menu des 7 titres. Superbement interprété, Cohérent dans les brassages musicaux, suffisamment inspiré pour passer l'épreuve du temps, assez enjoués pour offrir de bonne prestations live, les Klezmerson s'inscrive comme un nouveau nom captivant de la scène fusion "juive". "Siete" en ai la preuve toute désignée...

vendredi 8 juillet 2011

OTOMO YOSHIHIDE'S NEW JAZZ QUINTET - Flutter

A ne pas confondre avec l'ensemble qu'il sortira une année plus tard, "Flutter" est bien la première disgréssion classieuse du guitariste japonais pour le label de New York. On le différencie d'ailleurs grâce au nom du groupe qui variera selon les formations. Jamais opposé à l'innovation et avide d'expérimentations toute azimuth, Otomo Yoshihide abandonne momentanément en 2001 son mur du son sonique et noisy développé en solo sur la composer serie de Tzadik ou de multiples labels japonais pour mieux se recentrer sur une approche "traditionelle" du Free jazz dont le Japon a toujours été friand. Un quintet est mis en place avec des musiciens de Free jazz talentueux et même quelques featurings de la scène noise (dont même le phénoménal Merzbow). En résulte ce "flutter" aussi impressionant que quasiment improvisé de A à Z. Section rythmique étonnante, cuivres en roue libre, loops oppressants, vagues dronesque, et passages bruitistes sont réunis pour une association improbable et vicieuse. On pourra reprocher un leger massacre du premier morceau, avec cette vibration aigue et stridente tout au long, ça n'enléve rien aux qualités du disque, de ses passages jazz langoureux (avec reprise d'Eric Dolphy) jusqu'au vibration noise imposé à l'auditeur fébrile. Welcome to wild new japan...

lundi 27 juin 2011

MICROCOSMOS - Pilgrimage

J'avais déja kroniké Death praxis dans la section new japan, duo qui regroupe la chanteuse Tenko avec la musicienne Ikue Mori. Microcosmos se veut le nom pompeux pour désigner le duo entre toujours la même Tenko et le versatile guitariste Otomo Yoshihide, dont vous pouvez déja apercevoir un bref aperçu dans la composer serie. Outre le sympahique artwork, ce "pilgrimage" fatigue plus qu'il nous envoûte, malgrés une ferme volonté de fouiner dans les hautes sphères de l'expérimental, le vrai, le violent, le sournois. Car quand Otomo triture sa guitare ou son ordi, c'est pour nous sortir des sonorités et fréquences parfois à la limite du désagréable, comme pour nous écorcher l'oreille. Peu de moment de répit, puisque Tenko nous assaille de ses chants plaintifs et lyriques au dessus de cette noise barrée, nous foutant vraiment les accouphénes au bout d'un moment. Au final, une rencontre certes originale, mais qui se révéle indigeste à mes yeux. Un chapitre nippon assez anecdotique je trouve...

jeudi 5 mai 2011

HARRY PARTCH - 17 lyrics of Li Po

Harry Partch (1901-1974) est le représentant incontestable de ce courant musical, fruit des recherches de quelques doux dingues américains qui ne se sont pas satisfaits des instruments traditionnels mis à leur disposition pour, au contraire, renouveler de fond en comble leur instrumentarium et inventer une musique totalement neuve. Seule l'Amérique, avide de grands espaces et d'expériences les plus folles, pouvait enfanter de tels démiurges : dans les années 10, Henry Cowell frappait de l'avant-bras le clavier du piano, tandis que John Cage, trente ans plus tard, jetait une poignée de boulons et de bouts de caoutchouc dans le ventre du piano, et créait le piano préparé... A la fois clochard, voyageur et "musicien-philosophe attiré par la menuiserie" ­ comme il se qualifiait lui-même ­, Harry Partch avait fondé sa petite entreprise de mécano sonore, dont il était évidemment l'unique employé, autodidacte. Unique disque estampillé Tzadik pour ce pionnier de l'art brut sonore dont les gammes non tempérées et microtonales évoquent un Orient halluciné, enfumé par les vapeurs de l'opium : un enregistrement de ses étonnants 17 lyrics of Li Po, poéte chinois du 8eme siècle, composés dans les années 30, où "chaque syllabe et inflexion de la voix parlée sont harmonisées par l'accompagnement instrumental, à la manière des formes musicales les plus anciennes". Avec pour base un violon modifié dans la grande tradition du compositeur, c'est en 1995 que cette oeuvre majeure fût enregistré par deux musiciens américains pour être rendu public. Une oeuvre lyrique incroyable, dont les paroles sont aussi importante que l'atmosphère, et qui demeure un essai contemporain important. L'oeuvre intégral de Partch demeure à découvrir...

samedi 30 avril 2011

JOHN ZORN - Redbird

Tout premier opus qui vit le jour sur la composer serie et qui était signé par le boss de Tzadik. C'étais donc aussi l'une des premières fois ou le public découvrait la facette de compositeur de chamber works de John Zorn, malgré que certains de ses travaux sont bien antérieur à 1995, date de sortie de "Redbird". Il aura fallu attendre l'indépendance de maison de disque et la création de Tzadik pour que Zorn se décide enfin à nous livrer son oeuvre tentaculaire et avant gardiste en intégralité. Hommage non dissimulé au peintre Agnés Martin décédé en 2004, l'expressionisme abstrait et l'assimilation au courant minimaliste de cette dernière transparait globalement dans cette oeuvre Zornienne assez minimaliste, mais qui posséde une parfaire cohésion avec les autres chapitres de la composer serie. Jim Pugliese qui démarre "dark river" seul avec ses percussions ouvre huit minutes inquiétante d'un disque qui apaise autant qu'il inquiéte. Puis vient la composition "Redbird" durant 41 minutes. Harpe, violon, violoncelle et percussion pour un ensemble minimaliste/ambiant basé uniquement sur la répétition, hommage à Morton Feldman et consorts. Tendu, angoissant, réfléchis. "redbird" dénote un peu dans l'oeuvre de Zorn mais à la mérite d'exister, et de nous prouver son talent d'assimiler un genre avec classe et justesse...

dimanche 10 avril 2011

THE STONE - Issue four

J'ai acheté ce disque directement au stone afin de soutenir le club, puisque je venais d'assister à un bon concert, et que la salle a des programmations admirables (certains mois sont à tomber par terre selon leurs programmateurs). Pourtant, il a fallu que le disque soit sous mon nez pour que je l'achète, je n'affectionne pas particulièrement le trio, et me suis laissé tenter sans trop de convictions. En partant de ce principe, cet opus est une agréable surprise. John Medeski a laché son orgue pour l'échanger contre un piano, le résultat s'avère beaucoup plus convaincant et mélodique que sur "Zaebos" par exemple. Un titre de Zorn est d'ailleurs joué en premier, pour laisser ensuite place à quatre titres (dont un de plus de 20 minutes). La cohésion du combo est brillante, le section rythmique wood-martin est impeccable, et on navigue entre swing entêtant, accalmie jazzy et improvisation en roue libre. Le public réserve un bon accueil au trio, que Zorn a du remercier pour les aider à maintenir son club en vie en leur offrant un set complet en enregistrement...Le final est trés bien foutu aussi, à découvrir. Sans pour autant que j'achéte toute le disco de MMW, ce volume de soutien est une belle prestation à découvrir. Support !

mardi 5 avril 2011

MASADA MARATHON - David Koch Theater, New York city Opera (30/03/2011)

Si je peux certes donner mon modeste avis sur quelques disques glaner par çi, par la, je deteste faire les lives reports, je me sens tout simplement mauvais dans cet exercice. De plus, ne vous étonnez pas de commentaires idiots et futiles de ma part, ainsi que du manque de détails ou de ne pas enjoliver le recit, tout ceci est NORMAL ! (don't like it, don't read it !). Je vous rappelle aussi que j'ai écris un report du premier Marathon à Milan sur ce même blog (j'aurais pu faire copier-coller parfois...)

Nous revoila donc pour de nouvelles aventures avec l'ami Zorn, puisqu'on a eu la chance de partir directement à New York, ville si chère à notre compositeur favori. Un petit détour par nos péripéties dans la grosse pomme (liste pas exhaustive, on est resté quelques jours aprés le Marathon): aprés une arrivée fracassante ou nous sommes allés voir les 25 ans de Sick of it all, légende du Hardcore new yorkais, au webster hall (le conflit en Libye, c'étais un thé dansant à coté...), nous avons donc essayé de nous incruster au Miller Theater de la columbia university pour assister au Benefit for Japan show le dimanche 27 mars. Regroupant Ribot, l'aleph trio, Patton, Sonic youth, Cibo matto entre autres, l'affiche avait de quoi faire saliver. Vous imaginez notre blase quand on est resté dehors comme des cons car on n'avait pas de tickets, le show étant sold out en seulement 3 heures sur internet (600 places). On aura tout essayé pour rentrer, on aura les flics (très sympa au demeurant) au final qui nous dise de partir, nous et deux filles très fans de Patton. On ira se saouler dans des bars de Chelsea pour se venger de notre mécontentement...

Mardi 29 mars, aprés avoir pris un solide apéro dans les pubs de l'East village, on débarque au corner de la 2nd street et avenue C pour se rendre au Stone, la salle de concert de qui vous savez. On galérera pour la trouver, si tu vire le sticker minuscule devant l'entrée, c'est la porte la plus anonyme du monde. Le lieu est minuscule, ça étonne, et demeure très etrangement disposé (les toilettes sont dérrière la scène, nous serons placés nous aussi dérrière les artistes, à un métre d'eux). 53 places en tout et pour tout, on les a compté. Un petit set d'expérimental avec Ikue Mori au laptop, DJ Olive aux platines, et Billy Martin à la batterie et aux percus. On a bien apprécié...

Le lendemain, aprés un resto tenus par des mafieux (si, si...) dans Little Italy (délicieux d'ailleurs), on choppe un taxi pour se rendre au David Koch theater pour voir donc la fameux marathon, le deuxième en ce qui concerne mon pote Alex et moi même, puisqu'on s'était déjà rendu à Milan en novembre dernier (report disponible). A noter justement que ce n'etait pas du tout le programme de prévu : on devait avoir droit à la première de Moonchild, un set avec Lou reed, l'Aleph trio, etc...On a donc été un peu déçus du changement, mais ce marathon restera magique de bout en bout de toute façon (puis soyons conscient de notre chance d'avoir pu assister au deux...). Le New york city Opera est absolument magnifique, avec pas moins de quatres étages, on était mortellement placé (quasiment devant). Je suis sur des ordres de passage cette fois.

Masada quartet : John Zorn en treillis orange, Dave Douglas de nouveau avec son béret sur la tête. J'aurais pu noter la même chose qu'à Milan, puisque les titres joués sont les mêmes. La cohésion du groupe impressionne touours d'entrée de jeu. La folie furieuse de Joey Baron, les batailles trompette/sax, les stop and go bargeots, on les a déjà vu 4 fois, on s'en remet toujours pas à chaque fois...

Sylvie Courvoisier / Mark Feldman : les quatres premiers titres de Malphas interprété toujours avec autant de justesse. La 3eme fois que je les vois en moins d'un an, j'ai eu ma ration pour les années à venir cependant...

Banquet of the spirits : Zorn les présente comme un groupe « incroyable ». Shanir blumenetc à quitter son poste pour laisser place à un contrebassiste qui prend de la drogue et un guitariste qui apportera beaucoup au set. La cohésion du groupe est vraiment puissante. Cyro Baptista est un percussioniste incroyable, avec des percussions vraiment unique, et jouant comme un chef les instrus brésiliens. La folie ambiante qui se dégage des titres est communicative, et j'ai hâte d'écouter leur opus (je l'ai acheté à la fameuse « downtown music gallery »). Pas mal de personnes du public seront scotchés au siège.

Mycale : les quatre girls débarquent avec des robes plus jolies qu'à Milan. Les quatres même titres seront chantés, et je pourrai faire la même remarque sur l'omniprésence de Ayalet rose qui lance quasiment tous les morceaux (elle a d'ailleurs un diapason pour s'aider). Leur performance est cependant envoutante, et demeure un véritable acte de bravoure vocal. On s'en rend compte d'autant plus que les vocalises sont en théorie (et seulement qu'en théorie) à la portée de tout le monde, contrairement à une dextérité d'instrument. Je l'avoue, j'ai encore plus apprécié ce set, et aurait été prêt à entendre le disque au complet, qui l'eut cru, sachant que ma kronik du disque avait été assez négative...

Medeski, Martin & Dunn : « Chris Wood est en tournée, voici donc son remplacant », c'est ainsi que Zorn présente ce trio purement inédit. Trevor Dunn qui demeure à proprement parler le musicien de la soirée, puisque présent de nombreuse fois sur scène. Le bassiste aura cependant un peu de mal à s'associer à Billy Martin, batteur en roue libre qui cassera un peu la rythmique du trio. De plus, Dunn a apparement appris les morceaux (pas de partitions), et s'en ai mieux sortis avec sa contrebasse qu'avec sa basse. Mais sa présence était globalement bénéfique par rapport au trio originel, avec des moments d'improvisation bien sentie (il est excellent dans ce domaine). John Medeski est fatiguant avec son orgue...

Bar Kokhba : Les 3 premiers titres de « Lucifer » joués, exactement comme à Milan. Toujours aussi beau, on reste cependant attristé que l'album ne soit pas joué dans son intégralité, frustration quand tu nous tiens. On entendais beaucoup Marc Ribot (peut être un peu trop...), Zorn dirige toujours avec classe, les cordes sont magnifiques, et c'est rythmiquement du costaud. La plus belle incarnation Post-Masada je pense...
Intermission de 15 minutes...

Secret chiefs 3 : John Zorn a l'air particulièrement ravis qu'ils soient la (« ils viennent de Californie, faites leur un triomphe... »). Sans Grimmrobes, Trey Spruance, Timb Harris, Jason Schimmel, Ches Smith, une percussioniste et un claviériste, et revoila Trevor Dunn de nouveau à la basse, beaucoup plus à l'aise d'ailleurs que son set précédent. Les 2/3 de la formation présente de la salle, plus d'un fan de Bungle se met à rêver. Mais pour le coup, c'est Spruance qui méne le bal, avec trois titres de « Xaphan » superbement interprétés. Peut être pas le set le plus barge (Cyro Baptista et son banquet sont bien décadent dans le domaine), mais de loin le plus saturé avec ses deux grattes électriques. C'étais énorme, et surtout la principale démarquation par rapport à Milan.

Erik Friedlander : Impeccable une nouvelle fois. « Volac » est vraiment une superbe oeuvre. Un élément essentiel du downtown, le mec touche sa bille avec son instrument...

The dreamers : Idem qu'à Milan, les 3 premiers titres de « Ipos ». Retour de trevor Dunn une nouvelle fois, Ribot monstrueux, et formation sublime. Nouvelle frustration, jouez 15 titres les gars, nom de nom ! Pas grand chose à dire de plus. Zorn aurait annoncé qu'un nouvel album a été enregistré quelques jours avant (avec Patton) selon les bruits, mais sachez que je ne l'ai aucunement entendu (non, je n'avais pas piccolé cette fois çi). Cependant, Patton était à NY durant quelques jours, c'est absolument certain...

Uri Caine : Il faut remettre dans le contexte cette prestation : non seulement on voyais à peine le musicien (un orgue était placé devant le piano, on ne distinguait que ses cheveux) et on vient d'écouter plus de deux heures de concert. C'est donc sur ces deux faits que Uri Caine aura réussi le tour de force d'endormir la moitié de la salle (littéralement !). On a commencé à taper un fou rire quand on a vu les personnes agés s'endormir la tête en arrière la bouche ouverte, ou que mon voisin d'à coté (un papy en costard) s'est mis à fortement ronfler. Bref, sa prestation était bonne dans le genre, mais la place dans la programation n'étais vraiment pas judicieuse...

Masada string trio : avec Masada, la formation qui posséde la meilleure cohésion, c'est quasiment télépathique à ce niveau la. Zorn est toujours assis face au trio pour diriger, mais c'est surtout la virtuosité des musiciens qui l'emporte dans ce tourbillon lyrique d'une beauté absolu. Un deuxième book of angels griffé de leur nom a du apparaître comme une évidence pour John Zorn. J'accroche mieux sur scène que sur disque cependant.

Electric Masada : Trevor Dunn a rencontré quelques problèmes pour le reglage de sa basse, obligeant tout le groupe à l'attendre durant quelques minutes (railleries de Zorn à l'appui). Big band, Grosse masse sonore, titres identiques à Milan. La seule surprise est evidemment l'apparition de Mike Patton sur la dernière pièce « Idalah-abal » qui se contenta de suivre le morceau vocalement en gueulant parfois comme un âne. Une prestation assez moyenne en somme, mais une véritable exclusivité en soi puisque le big band ne s'était jamais associé au vocaliste. Zorn a du l'utiliser en studio en revanche. Affaire à suivre...

Fin du concert, tous le monde est debout, cinq minutes aprés, tout le monde est partis (contrairement en Italie ou tous le monde était à fond). A noter aussi qu'au moins une cinquantaine de personnes se sont cassés à l'entracte, laissant une partie des sièges vides. Oui, Zorn est une figure récurrente new yorkaise et il n'y a rien d'exceptionnel de le voir jouer dans la big apple. Ca nous rappelle qu'on est pas forcément prophéte dans son pays. J'ai pu écouter Marc Ribot discuter avec quelques gars aprés le concert (il est vraiment sympa...) et John Zorn n'aime vraiment pas tout ce qui est hors contexte musical : il discutait avec des amis à lui sur le rebord de la scène puis il s'est empressé de filer quand 3 ou 4 pauvres bougres ont voulu se faire signer des trucs (j'ai assisté à la scène avec amusement tandis que je cherchais mon écharpe dans l'opéra aprés le concert) : c'est con, j'aurais bien aimé lui parler un peu. Next time i guess...

Cheers fellows !

vendredi 18 mars 2011

ALVIN CURRAN - Lost marbles

Alvin Curran a été le tout premier artiste signé sur Tzadik, un statut un peu à part donc au sein du label new yorkais, John Zorn ayant une haute estime du compositeur à priori. C'est une nouvelle fois sous l'impulsion de ce dernier que voit le jour ce "lost marbles", soit le disque des titres rares et perdus dans les archives et cartons de Curran. L'artwork est superbe, ça me rappelle quand j'étais gamin, on aurait vendu pére et mére pour être celui qui a le plus de billes. Le contenu est aussi beau que l'artwork je trouve, et "lost marbles" est un grand disque du genre dit expérimental. Ce que j'aime chez Curran, c'est que sa musique est décompléxé avant toute chose : on sent la réflexion, et que rien n'est gratuit. Pas d'improvisation déviantes, pas de bruitisme inutile, pas de volonté d'assommer l'auditeur dans un tourbillon regréssif. Uniquement du grand art, et ceux sur un disque remplis ras la gueule. Quelques compositions magnifiques au piano seul, quelques deconstructions cohérentes au sampler (c'est son dada de prédilection), et quelques ensembles philharmoniques bien pensés et subtils avec souvent du beau monde (Frith, Winant, etc...). Nettement supérieur à « Animal behavior », Alvin Curran prouve sur cet opus qu'il est bien l'un des compositeurs américain les plus captivant de sa génération...

samedi 5 mars 2011

RICHARD CRANDELL - Spring steel

La mbira est un des instruments africains les plus anciens. De nombreuses légendes circulent au Zimbabwe concernant ses origines. La mbira trouve ainsi ses racines dans la mythologie africaine et dans la littérature historique des Shonas. La plupart des musiciens s’accordent néanmoins pour dire que l’origine de la mbira est un mystère, les nombreuses histoires provenant de l’histoire orale et du folklore des Shonas ne faisant que refléter la mystique qui entoure l’instrument et révéler les profondes associations existant entre la mbira et d’autres aspects de la culture shona. Des découvertes archéologiques suggèrent qu’elle était jouée au XVe siècle et probablement aussi au Xe siècle quand le peuple shona s’est installé au Zimbabwe. Il est néanmoins établi que cet instrument était joué au XVIe siècle à la cour de Munhumtapa. À l’époque, les musiciens jouaient de la mbira pour les rois et les devins shonas.

Second opus de Richard Crandell sortis en 2007, parfaite continuité du "Mbira magic" kroniké il y a peu. Nouveauté directement décelable : Cyro Baptista est présent sur quasiment tous les titres cette fois çi, et c'est vrai que c'est toujours un plaisir d'entendre son sang brésilien donner du rythme, surtout qu'on l'entend parfaitement sur cette oeuvre (au sein de l'electric masada, c'est un peu plus compliqué par exemple). Richard Crandell est un master de l'instrument africain : de dérives mélodiques en improvisations longues, il livre un sans faute, en nous sortant un disque ou minimalisme et émotion se rencontre. Venus droit de l'Oregon, Richard nous propose sans aucun doute l'un des disques de Tzadik le plus en phase avec les éléments de dame nature, une parfaite réussite une nouvelle fois.

samedi 26 février 2011

RICHARD CRANDELL - Mbira magic

La mbira est un des instruments africains les plus anciens. De nombreuses légendes circulent au Zimbabwe concernant ses origines. La mbira trouve ainsi ses racines dans la mythologie africaine et dans la littérature historique des Shonas. La plupart des musiciens s’accordent néanmoins pour dire que l’origine de la mbira est un mystère, les nombreuses histoires provenant de l’histoire orale et du folklore des Shonas ne faisant que refléter la mystique qui entoure l’instrument et révéler les profondes associations existant entre la mbira et d’autres aspects de la culture shona. Des découvertes archéologiques suggèrent qu’elle était jouée au XVe siècle et probablement aussi au Xe siècle quand le peuple shona s’est installé au Zimbabwe. Il est néanmoins établi que cet instrument était joué au XVIe siècle à la cour de Munhumtapa. À l’époque, les musiciens jouaient de la mbira pour les rois et les devins shonas.
Richard Crandell nous offre son premier disque pour Tzadik en 2004 en y jouant donc du mbira, dont vous trouverez plus d'infos çi dessus. Un opus qui m'a touché droit au coeur et qui demeure donc une petite perle scintillante dans la composer serie. Simplicité, sincérité, minimalisme et émotion, c'est assez incroyable tout ce que ce petit instrument peut dégager, les sonorités produites sont assez uniques. Le compositeur est evidemment un virtuose en la matière, et nous offre huit titres magnifiques de bout en bout. Bonne idée aussi d'avoir ajouter les percussions de Cyro Baptista sur certaines compos, pour donner un peu de corps à l'opus. La world music à son état minimale et pure, un superbe chapitre du label New yorkais...

JIM O'ROURKE - Terminal pharmacy

Producteur reconnus, avant gardiste chevronné, guitariste à temps partiel de Sonic Youth, je vous la raconte pas trop avec Jim O' Rourke, vous devez connaitre si vous connaissez le label. La seule collaboration entre les deux parties date de 1995, date de création du label, comme pour se rendre service entre New Yorkais. Je me suis dit que ça devait résonner chouette, je suis passé complétement à coté du disque (et pas qu'un peu !). Des délires electro-acoustiques avec pas mal d'instruments qui joue en sourdine, pourquoi pas ? Sauf qu'il ne se passe souvent rien d'excitant, voir souvent rien tout court (de longues plages de silence ou de vibrations minimes). Puis ça dure sur une longueur infini ainsi, la première plage dure 43 minutes par exemple. Peut être certains y trouveront un semblant d'ambiant, mais il existe mieux dans le registre avouons le. Il reste surtout un disque assez long, qui a du mal à nous faire entrer dans un univers, ce qui est dommage car le potentiel était la. A évitez pour ce coup çi, ce qui ne remet pas en cause le talent de O'Rourke ceci dit qui a signé des collaborations trés intéréssante...

mardi 15 février 2011

JOHN ZORN - Interzone

87eme référence de la section Archival series, qui classifie tous les travaux de John Zorn, de ses début en 1973 jusqu'à aujourd'hui. Dernier disque du marathon Zornien puisque 12 nouvelles oeuvres étaient attendus en 2010. Encore un digipack bien chiadé concocté par Tzadik, collage, effet miroir, design futuriste et coté arty assumé pour dévoiler enfin un hommage de longue date prévus par Zorn à l'écrivain William Burroughs (ainsi que collégue de débauche Brion Gysin) dont le compositeur est fan depuis 1970.

"Comme si l'histoire d'un compositeur se renvoyait des signes d'une époque à l'autre, les albums Femina et Dictée avaient amorçé en 2010 le retour magistral de ZORN à la pratique des game pieces (Cobra, Hockey, etc), instituée à la fin des années 70 mais qu'il avait, engagé sur plein d’autres fronts, temporairement mis en suspens. Afin de tirer le meilleur parti du procédé, l'écriture s'inspire de son exécution, en réinjecte les envolées les plus fulgurantes et répond à un certain nombre de règles que viennent bouleverser des situations de jeux aléatoires. Tandis que la direction de l'orchestre se sert de cartes et de signaux pour une réactivité plus immédiate. Hommage attendu de JOHN ZORN aux écrivains de la beat generation, WILLIAM S. BURROUGHS et BRION GYSIN, Interzone est une œuvre de dimension épique éclatant ses scénarios en cut-ups entre ambiances morbides et science-fictionnesques, conspiration internationale du mensonge et tragédie froide, ce 3e volet (à la pochette argentée) nous fait déambuler dans le dédale des rues de Tanger comme dans celui, cauchemardesque et halluciné, du cortex de l'auteur du Festin Nu."

Petit résumé rapide issus du distributeur français, je manque un peu de temps en ce moment pour m'atteler à de longues explications en ce qui concerne les inspirations de ce disque. "Interzone" est dans l'ensemble un bon disque, et une performance Zornienne admirable sur le papier. Technique du cut up (déja appliqué à l'époque de Naked city) mieux respecté que n'importe quelle autre oeuvre, partie improvisées sauvageonnes digne d'un puissant game pieces, passages mélodiques superbes, immersion totale dans la biographie de Burroughs (des influences de sonorités issus de ces voyages et de son univers), Ce pan complet et massif de l'oeuvre Zornienne est assurément un chapitre marquant et déterminant de Tzadik. Cependant, j'émettrai une petite reserve globale : dans la technique du file cards, je préfére largement le disque "femina". Pourquoi ? les influences ne sont pas plus nobles, la musique n'est pas plus riche et complexe, le résultat est largement aussi aboutis que "Interzone". Mais on sent clairement une différence harmonique et de feeling grâce a des nouveaux musiciens (musiciennes en l'occurence) qui apporte une vrai originalité. Hors lorsqu'on voit le line-up de cet opus, On ne s'etonnera pas d'y entendre PARFOIS des riminiscences de l'Electric masada ou de The dreamers. C'est peut être le piège de travailler parfois trop souvent avec les mêmes performers : j'entends de suite Ribot, Dunn, Mori, Wollesen ou Baptista (Medeski remplacant au pied levé Saft) à la première écoute. Mais c'est surement la condition obligatoire pour enregistrer aussi rapidement une oeuvre aussi riche qu'Interzone. Mais bref, je chipote et fait mon pointilleux de merde, John Zorn nous mystifie la tronche en cette fin d'année 2010, et ce disque est tout simplement incroyable et unique en son genre...

jeudi 27 janvier 2011

MATTHEW WELCH - Blarvuster

Jeune compositeur résidant à New York et ayant étudié sous l'égide d'Alvin Lucier et D'anthony Braxton entre autres. L'instrument de prédilection de Matthew, c'est la cornemuse traditionnelle (il en existe des centaines différentes en fait quand on se renseigne) d'origine écossaise, un instrument trés peu exploiter dans le sillage de Tzadik. Je pense que c'est une bonne chose pour les fervents d'écletisme musical quand j'annonce que "Blarvuster" n'a strictement rien à voir avec "dream tigers" sortis précédemment sur Tzadik. Welch repousse ses limites en tant que compositeur, s'inclut dans le lot des musiciens, et surtout pousse sa vision musicale encore plus vers le collectif ; pour tout dire, Blarvuster est le nom du groupe qui l'accompagne en tournée (pas mal de musiciens de la dowtown scene). 7 titres (dont un morceau de 30 minutes) tous assez bizarre dans leur conception, puisque on assiste à un mix assez bien digéré de modernité et de tradition. Ca se traduit par de la world music écossaise (flirtant toujours de manière récurrente avec l'esprit celtique), les morceaux étant appliqué avec la construction rythmique du rock, assez brute de décoffrage, avec une section basse/guitare bien présente, et un batteur (nul autre que Ches Smith d'ailleurs) assez monstrueux. L'ensemble se couple avec flûte, violon ou piano, ou se dégage une parfaite harmonie sonore et des mélodies vraiment superbes. Puis il y a le cas de Matthew en lui même : lorsque il pratique la cornemuse, c'est véritablement superbe, le rendu instrumental est d'une grande richesse. En revanche, son chant d'influence asiatique m'a laissé parfois perplexe : déplacé dans le cadre d'un tel mariage des genres, sonnant parfois forcé et gauche, je n'ai pas été forcément convaincu. Reste cependant un "Blarvuster" musicalement de haute volée, qui pourrait ravir autant les fans de secret chiefs 3 que ceux de d'Alan Stivell qui visiterai le japon...

lundi 17 janvier 2011

JOHN ZORN - Filmworks XV (Protocols of Zion)

Poursuite retrospective de la serie des filmworks de John Zorn, débuté en 1986 et se poursuivant inlassablement de nos jours. On retrouve tout cette serie dans la archival serie de Tzadik, qui couvre tous les enregistrements que sort le compositeur new yorkais de nos jours. Le Filmworks XV date de 2004, et couvre la bande son d'un documentaire choc de Marc Levin qui s'intitule "Protocols of Zion".

Chose assez rare pour ne pas être signaler, le documentaire a largement été diffusé en Europe et en France, étant donné la gravité de son sujet : la montée de l'anti-semitisme à NY (et aux USA) aprés les attentats du 11 septembre. Diffusé en France sous le nom "les protocoles de la rumeur", le film fût notamment présenté au festival de Deauville et a connu la couverture de pas mal de médias généralistes. Je vous propose donc de ne pas trop m'étendre dessus à titre personnel, et de me concentrer uniquement sur la musique. Je laisse cependant deux liens disponibles ci dessous : une bonne critique du documentaire avec un compte rendu relativement détaillé, et une interview en Français de Marc Levin.

Sans le savoir, beaucoup de monde ont entendu une musique originale de John Zorn au sein du documentaire. "Une évidence de confier le travail à John" selon le réalisateur. "Une de ses meilleures expériences" selon Zorn, comme à peu prés tous les filmworks ceci dit en passant. Ce dernier décida de créer deux thèmes principaux, qui seront repris ensuite de manière différente afin de tenter de couvrir les différents lieux et communautés visitées au sein du documentaire. Le compositeur avait une vague idée de la trame sonore, et aprés accord avec Levin, composa le disque en 20 minutes quelques jours avant la session d'enregistrement. Cela peut paraitre impressionnant, mais il faut tempérer le propos. John Zorn a certainement composer le thème principal assez rapidement, mais l'enregistrement du disque est beaucoup axé sur une forme d'improvisation. Shanir ezra Blumenkranz se colle à la basse pour des lignes groovy et hypnotique (et quelques moment de bravoure au Oud), Cyro Baptista le suis aux percussions avec toute l'aisance qu'on lui connait (et les quelques plages uniquement aux percus sont magiques elles aussi), puis arrive john Zorn qui de son propre choix (et c'est clairement signaler) s'est mis au piano éléctrique ; Hormis le théme principal d'ouverture, on sent que ce dernier demeure en improvisation total, ne sachant quel note va succéder à la précédente, il le mentionne dans le livret, révélant une sorte d'auto-hypnose pour aboutir au résultat. Résultat qui de toute façon demeure absolument brillant. Un filmworks difficile à intégrer sur un sujet aussi grave, mais que le boss de Tzadik reussit avec une rapidité et une facilité désarmante. Peut être pas le plus marquant historiquement parlant, mais clairement un excellent exemple de la mécanique Zornienne en matière de travaux pour le 7eme art...

http://www.ecranlarge.com/article-details-574.php

http://www.critikat.com/Les-Protocoles-de-la-Rumeur.html

jeudi 13 janvier 2011

MARIA RADUCANU - Ziori

C'est avec une grande satisfaction que j'alimente la serie Oracles (dédiés aux travaux des femmes dans la sphère des musiques expérimentales) de ce nouveau volume. Premier disque officiel de Maria Raducanu sur Tzadik (et 8eme de sa discographie selon les commentaires), vocaliste roumaine de renom. Les 11 titres présent sur ce "ziori" s'articule autour du blues, du fado (chant mélancolique portugais généralement accompagné par des instruments à cordes pincées) et d'improvisation. Je ne suis pas un fervent des oeuvres vocales pures (voir les oeuvres Mycale, Muna zul, etc sur ce même blog). Mais dés que j'ai vu que la chanteuse avait eu la rude bonne idée d'engager Marc Ribot à la guitare sur tous le disque, j'ai su que ce dernier allait tenir la baraque à frites. La subtilité de Ribot tient au fait qu'il a su se mettre au service de la voix de la roumaine, et non Maria qui couvre le jeu impeccable de gratte. Cette guitare sombre, profonde, parfois tendu, c'est un véritable délice des oreilles (Ribot est vraiment l'un des meilleurs gratteux du monde). Puis il y la voix de la chanteuse qui s'éxecute en roumain : nous sommes vite happé par cet univers lyrique qui comporte autant de passages tristes que torturés. "Ziori" est l'un des meilleurs chapitres de la série Oracles qui m'ait été donné d'entendre. Son minimalisme lyrique et le jeu de guitare devrait plaire aux amateurs du label new yorkais...

mardi 11 janvier 2011

ARNOLD DREYBLATT - Who's who in central & east Europe 1933

Un projet datant de 1991, interprété sur scène jusqu'en 1997 un peu partout en Europe, réclamé sur disque par John Zorn en 1993 et qui voit le jour sur tzadik en 2010. Voila comment résumer chrono logiquement une oeuvre parmi les plus bizarres et étranges de la section Radical jewish culture. Pour vous la jouer assez simple (et sachant que je suis assez fatigué ce soir), c'est une oeuvre de spoken-word aussi riche vocalement qu'assez minimaliste (pauvre ?) musicalement. Basé sur un "who's who" couvrant l'Europe de l'est en 1933, ouvrage qu'Arnold Dreyblatt a dégoté en 1985 dans une librairie d'occasion à Istambul (ca va cherché loin tout de même). Le Who's who, livre archi connu qui a traversé le temps, couvrant la vie de "célébrité" plus ou moins voulu, avec différents degrés de notoriété. Le cas présenté ici concerne evidemment des personnes antérieur à 1933 en Europe de l'est. Un concept un peu barré, avouons le. Plusieurs vocalistes homme ou femme se succédent pour réciter des noms, raconter des histoires, faire du témoignage auditif, sur fond d'ambiant sonore vraiment désuet. Honnêtement, je n'ai pas trop accroché. Un chapitre anecdotique, je prefére largement le "animal magnetism" du même auteur sur le label New Yorkais...