lundi 22 août 2016

YAMATSUKA EYE / JOHN ZORN - 50th birthday celebration (10)

La série Celebration birthday rend hommage à l’historique performance de John Zorn qui a joué tous les soirs pendant le mois de septembre 2003 (au Tonic à NY) pour célébrer ses 50 ans. Le programme y est impressionnant, tous ces projets de l'époque étant représenté (mis à part Naked city). Juste après le duo avec Fred Frith, le second duo de la soirée avait lieu aussi le 15 septembre, mais avec un spécial guest arrivé spécialement de Tokyo, en la personne de Yamatsuka Eye (bizarrement orthographié différemment sur la pochette). Connaissant Zorn depuis son exil au japon en 1986, chanteur allumé des boredoms, hurleur occasionnel dans Naked city, Eye et Zorn ont sortis deux disques studio improbable, dont le second volume a d'ailleurs été enregistré le 7 septembre 2003, un soir ou le Tonic n'avait programmé qu'un string quartet durant son mois "Zorn's birthday". La venue de Eye étant exceptionnelle (il n'aime pas beaucoup bougé du japon), le magicien new yorkais en avait profité à fond. Le disque studio était excellent, le disque live demeure exactement dans la même veine : de l'improvisation improbable pas forcément axé sur le coté noise, pais plutôt sur les ambiances cathartiques. Un technicien est entièrement dévoué aux bidouillages électroniques, Zorn présent au saxo et bruits, Eye chuchote et s'occupe des divers objets certainement à disposition, et l'ensemble improvisée sonne vraiment étrange, mais fascinant en même temps. Fred Frith se joint à la fête sur un titre avec sa guitare. Ceux qui apprécient les volumes "nanninanni" apprécieront pleinement ce chapitre fou-fou de la 50th birthday, et qui gagne haut la main la coupe du disque le plus bizarre de la série...

JOHN ZORN / SUSIE IBARRA / WADADA LEO SMITH - 50th birthday celebration (8)

La série Celebration birthday rend hommage à l’historique performance de John Zorn qui a joué tous les soirs pendant le mois de septembre 2003 (au Tonic à NY) pour célébrer ses 50 ans. Le programme y est impressionnant, tous ces projets de l'époque étant représenté (mis à part Naked city). 22 septembre voit donc la soirée complétement intégralement présente sur ce volume : contrairement à l'intitulé, il s'agit de deux duos différents, le trio n'intervenant que pour le dernier titre de la soirée "Full fathom five" (et qui est excellent). Susie Ibarra démarre la soirée avec Zorn pour un duo batterie/saxophone rudement explosif. Ibarra, ancienne batteuse reconnue de la downtown scene semble moins présente de NY, et demeure discrète niveau actualité. Il n'empêche qu'elle se démène durant une trentaine de minutes pour tenir la chandelle avec son patron de la label qui lui semble disposer à jouer durant toute la nuit. Le changement de musicien ne le démonte d'ailleurs pas, et il reprend de plus belle avec Wadada Leo Smith, trompettiste renommé maitre dans l'art de l'improvisation. Une rencontre historique (à priori, une première) pour deux musiciens qui parlent le même langage : les instruments semblent se parler et communiquer entre eux, un set qui demeure fascinant de bout en bout...

dimanche 7 août 2016

EVAN LURIE - How i spent my vacation

Vétéran de la downtown scene de NY, Membre fondateur des lounge lizards (dans lesquels on retrouve aussi Marc Ribot entre autre et que je vous recommande) et pianiste virtuose, voici la seule incursion notable d'Evan Lurie au sein de Tzadik. C'est donc dans la catégorie des musiques de film qu'on le retrouve, lui qui s'est beaucoup attaché à la composition pour le 7eme art une fois sortis du cadre des Lizards. Cette compilation regroupe 26 titres pour une série de 6 films différents (donc un dirigé par l'acteur reconnu Steve Buscemi) plus un titre inédit pour un projet qui n'a jamais vu le jour. Contrairement aux autres volumes, les compositions sont ici présenté par ordre chronologique selon les films, les atmosphères sont donc clairement définis selon les films, au lieu du mélange traditionnel propre à la série. Une variété de composition qui oscille entre jazz posé, piano solo, musique ambiante pour film dramatique, et groove cinématique. On retrouve beaucoup de musiciens une nouvelle fois, dont plusieurs pensionnaires Tzadik (Ben Perowsky, Steven Bernstein, Greg Cohen, Marc Ribot, etc...). Un volume fort sympathique recommandé pour les amateurs de musique de films au sens noble du terme...

JOHN ZORN / MILFORD GRAVES - 50th birthday celebration (2)

La série Celebration birthday rend hommage à l’historique performance de John Zorn qui a joué tous les soirs pendant le mois de septembre 2003 (au Tonic à NY) pour célébrer ses 50 ans. Le programme y est impressionnant, tous ces projets de l'époque étant représenté (mis à part Naked city). Je ne posséde pas encore tous les volumes de cette série et la remplit dont petit à petit. 8 septembre 2003, double concert avec la relecture du classic guide to strategy (soit Zorn en solo pour l'exploration du saxo alto) et en première partie ce duo avec Milford Graves, pionnier américain du free jazz, batteur ayant révolutionné l'utilisations des percussions dans le jazz débridé. On l'entend de manière phénoménal sur ce live, le batteur exécutant une prestation de haute volée durant une demi heure d'improvisation totale à la batterie, ou strictement rien ne semble pouvoir l'arrêter. Graves se tente même vaguement aux incantations africaines, et ses percussions renvoient indéniablement du coté de l'Afrique. A ses cotés, John Zorn suit au saxo, en bon improvisateur qu'il demeure. Le patron sait être discret par moment, puis s'enflammer par la suite, comme à son habitude. John Zorn et Milford Graves continuent à se produire ensemble de manière épisodique (en 2013 au MoMa notamment) mais nous avons la l'unique trace discographique de ce duo improbable...

MASADA STRING TRIO - 50th birthday celebration (1)

La série Celebration birthday rend hommage à l’historique performance de John Zorn qui a joué tous les soirs pendant le mois de septembre 2003 (au Tonic à NY) pour célébrer ses 50 ans. Le programme y est impressionnant, tous ces projets de l'époque étant représenté (mis à part Naked city). Je ne posséde pas encore tous les volumes de cette série et la remplit dont petit à petit. 4 septembre 2003, Le Masada string trio officie sur scène avec John Zorn comme conducteur, pour l'une des premières apparitions sur disque des musiciens qui nous feront pas moins de deux book of angels par la suite. La cohésion et la virtuosité de Mark Feldman, Erik Friedlander et Greg Cohen n'est plus à prouver dans ce registre : bien qu'ils jouent en l'occurrence à la partition tous les trois, ils le font avec une telle aisance, que le rendu des titres est impressionnant, surtout en concert. Ce disque nous le prouve brillamment. Sortis en 2004, premier volume de douze disques qui fût une série étonnante à l'époque, voila un disque à ranger aux cotés des volume de Masada et de l'Electric Masada...

dimanche 22 mai 2016

FRANK LONDON - The debt

Dés l'ouverture de "The debt" démarre un titre de jazz-funk ultra classieux sobrement intitulé "The groove", composé à la base pour un documentaire qui ne verra jamais le jour, pour 5 minutes vraiment superbes. Mais déjà Frank London, compositeur habitué des rangs de Tzadik (au sein de la RJC), prouve que son talent de composition musicale mérite vraiment d'être exploité. 6 films différents se succèdent, ainsi qu'un grands nombres de musiciens différents, pour évidemment un grand nombre de pièces miniatures radicalement différentes dans leurs constructions et leurs genres musicaux. Frank London exploite donc en premier un groupe exclusivement vocal féminin (et ceux plusieurs années avant le mycale de Zorn qui s'en rapproche), du string quartet traditionnel, de la musique expérimentale SF de haute volée, du jazz avec des arrangements à la Mingus (ou Mark Dresser qui tient la basse est absolument énorme et se retrouve d'un titre gratifié de son nom) avec Frank London et sa trompette sourdine, et une session Jazzy groove latin avec conga, bongo, percussions, cuivres et section rythmique qui déboite. 28 titres, 70 minutes de musique, et unique incursion de Frank London dans la section "film music" qui semble avoir fournis tous ses travaux pour le 7eme art d'un seul bloc, mais dont la cohérence, la diversité et l'habileté à habiller musicalement les films nous séduit amplement. Puis "The groove" est un incontournable...

LOST AARAAFF - Same

Formé le 26 juillet 1970 pour un festival, la formation Lost Aaraaff se terminera aux alentours de 1975/76 dans un complet anonymat, qui perdure d'ailleurs de nos jours, et dont une reformation n'intéresserait pas grand monde, hormis quelques die hard fans obscurs. Premier groupe historique de Keiji Haino, accompagné donc d'un batteur, d'un saxophoniste durant quelques moments, on ne sait pas trop si Haino y joue de la guitare (que l'on entend très peu) ou si c'est lui qui officie au piano durant de très longs passages sur les trois plages présentes sans titres, dont une de 40 minutes. Intégralement improvisé, la musique oscille entre rock expérimental et free jazz, dans la plus pure tradition de folie japonaise. On y découvre surtout pour la première fois un Keiji Haino au chant qui nous sort déjà son empreinte vocale reconnaissable entre milles voix différentes. Et on peut être que même si il s'agit des années 70, âge d'or du psychédélisme musicale, les auditeurs en concert ont du halluciné complet à l'écoute du combo. Il aura fallu cependant de nombreuses années avant que ce disque studio (ou live, on ne sait pas trop) voit le jour sur le label PSF (1991). Il existe aussi de manière avéré un live de Lost Aaraaff (datant de 1971), mais il n'est même pas référencé sur discogs et demeure assez compliqué à trouver...

dimanche 8 mai 2016

MARC RIBOT - Soundtracks II

Sortis en 2003, quelques années après sa première incursion dans la section Film music de Tzadik, Marc Ribot remet le couvert pour un volume dédié au 7eme art, et il n'y en a pas eu de nouveau depuis. c'est certainement très dommage quand on voit la bonne teneur de ce "soundtracks 2". Le disque propose les sonorités de seulement deux films "Joe Schmo" et "The killing zone" mais je ne peux pas vous en dire plus, je n'ai pas eu le temps de me renseigner. En revanche, j'ai beaucoup écouté le disque. Il est très difficile de s'en lasser tant les ambiances sont drastiquement différentes les unes des autres. Il y a de tout : Suspense, thriller, ambiant, science fiction, comédie, et ceux dans beaucoup de styles : jazz, groove, rock, easy listening, et j'en passe. Et c'est vraiment un très bel ouvrage, certainement l'un des meilleurs que j'ai entendu du guitariste, et quand on connais son immense talent, aussi de compositeur donc, ça veut vraiment dire quelque chose. Chaque titres sonnent juste, on sent qu'ils ont le réel potentiel de sublimer chaque scènes des films. Evidemment, un florilège de musiciens s'exécutent, dont un bon nombre qui sont dans le giron de Tzadik (Alex Foster, Roberto Rodriguez, Anthony Coleman, Frank London, Steven Bernstein, Mark Feldman, Peter Scherer, Ned Rothenberg, et plusieurs autres...) pour rendre les titres incroyablement riches. Assurément l'un des meilleur volume de la série...

KEIJI HAINO - 息をしているまま = Keeping On Breathing

Sortis en 1997 sur le label japonais J-Factory, ce disque du démon japonais semble à priori avoir été enregistré en studio, même si il est difficile de faire parfois la différence entre live et analogique dans l'œuvre tentaculaire et folle de Keiji Haino. Le disque n'est pas enregistré en One shot comme cela lui arrive souvent et des plages constituent le disque, même si les coupures et le silence sème parfois le trouble dans le tracklist. Un disque de Haino une nouvelle fois en solo avec sa guitare et sa voix improbable. L'art du génie dérangé dans toute sa splendeur. Un malaise palpable de bout en bout, des accords et de la dissonance sortis de nulle part, et un exutoire auditif ou complaintes, chuchotements, palabres, et hurlements se mêlent dans la seule cohérence de nus enfermer dans un tourbillon noire. Et pour le coup, c'est vraiment une réussite...

dimanche 20 mars 2016

MARC RIBOT - Shoe string symphonettes

Avec tous les filmworks qu'ils avaient enregistré ensemble, il était quasi logique que John Zorn demande à son guitariste fétiche de faire un disque pour son label Tzadik, et en particulier pour la section "Film music". Or il se trouve qu'entre 1991 et 1996, Marc Ribot avait reçus quelques demandes de collaborations pour des films indépendants toujours très obscurs mais réellement présent. "Shoe string symphonettes" est la compilation des titres regroupés sur cinq films différents, avec une bonne poignée de musiciens différents selon les disponibilités et les studios d'enregistrement. On notera donc en vrac les présences de Los postizos (le groupe cubain de Ribot) pour quelques titres d'humeur latine, de la musique de chambre avec atmosphère inquiétante, de la musique baroque et romantique typiquement dans la veine d'une comédie sentimentale. Ribot ne s'est pas trop mis en avant avec ses guitares, laissant la part belle aux Ikue Mori, Greg Cohen, Jill Jaffe, Anthony Coleman, Dave Douglas, et encore de nombreux autres. Et une mention toute spéciale pour "Surf's down", titre de Surf music endiablé sur lequel on retrouve Ribot, Andy Haas au saxo, Cyro Baptista à la batterie et Mr Zorn Himself au saxophone. Un disque vraiment sympa de la part de Marc Ribot, et sa première incursion en son nom sur Tzadik...