mardi 23 juin 2009

NED ROTHENBERG - Solo works-The lumina recordings

Ned Rothenberg est une figure de proue de la downtown scene new yorkaise, ayant commencé à œuvrer parmi cette dernière dés 1978. Ayant créer à l’époque son propre label, Lumina, afin d’y éditer ses projets personnels en marge de son groupe Fall mountain, Une série de disques ont vu donc le jour à l’époque dans ses séries vynils limitées qui sont devenu introuvable avec le temps. John Zorn a donc proposé la réédition des ces opus, qui paraît en 2006 sous la forme de ce double disque intitulé « the lumina recordings », et qui regroupe donc tous les travaux solos du saxophoniste enregistrés entre1980 et 1985. Si tous les morceaux ont été remasterisés pour l’occasion, on notera également la présence d’un livret de 36 pages ou on retrouve des notes du compositeurs, des flyers d’époques, des photos anciennes, etc…On retrouve donc à l’intérieur de ce disque les 3 premiers albums solos de Ned Rothenberg, à savoir « trials of the argo », « trespass » et « portal ». La plupart de ces compositions se basent sur de longues improvisations et processions à base de Saxophone alto et de basse clarinette. On retiendra principalement parmi ses œuvres la plus élaboré d’entre elles, à savoir les 22 minutes de « trials of the argo ». Puis il y a ensuite quelques compositions plus variées sur le second disque : la présence de Gerry Hemingway sur un titre, un duo impressionnant avec John Zorn, un titre composé à l’ocarina, puis également trois enregistrements lives inédits mélangeant saxo et éléments électroniques, nous livrant ainsi une vingtaine de minutes de musique inédites. Un disque important au sein de la downtown scene qui nous dévoile tout l’impact de la Key serie du label Tzadik, et tout le travail de réédition qu'il y a sur ces opus disparus.

lundi 22 juin 2009

MISHA MENGELBERG - Senne sing song

Disque de jazz ultra classique, proposé par la Key series de Tzadik, mettant en avant les disques importants de la scène expérimentale mondiale. Le pianiste Hollandais Misha Mengelberg s’y colle avec 9 titres bien exécutés. Greg Cohen à la basse (Masada), le batteur Ben Perowsky à la batterie, et du jazz piano sympa à écouter peinard au coin du feu…Bien, mais pas révolutionnaire…

samedi 20 juin 2009

MASSACRE - Funny valentine

Au bouillonement de la fameuse downtown scene, fin 70's et debut 80's, l'élaboration d'un groupe comme Massacre ne semblait pas trop incongru. L'envie tout simplement de deux membres important de la scène (qui n'en font plus partie aujourd'hui) de jouer une musique au format rock résolument libre et affranchie de toute barrière. Fred Frith et Bill laswell fondérent alors Massacre (à ne pas confondre avec le groupe de death floridien qui a existé mid 90's) en 1980 avec Fred Maher, commencèrent à tourner dans les clubs de la ville crééant ainsi la grosse sensation rock "libre". Un disque vut le jour en 1981 "killing time", puis le groupe disparut dans les méandres des nombreux projets de Frith et Laswell.

A la surprise générale, le groupe ressurgit en 1998, sous l'impulsion de ces deux membres fondateurs, et recrute Charles Hayward à la batterie, la nouvelle monture de Massacre est né ! Emporter dans son élan, Le trio enregistre son second album, et Tzadik s'occupe de sa sortie, crééant au passage une nouvelle section du label, la Key Series, qui regroupera tous les enregistrements clé et historique de la musique expérimentale. "Funny valentine" est aussi historique qu'essentiel. Non seulement, nous y retrouvons un combo talentueux au meilleur de sa forme, mais ce dernier sonne aussi comme une véritable leçon de musique pour un style toujours enclin au codes et autres clichés (le rock). Car chez Massacre, pas de composition pure, une base sur laquelle la musique est improvisé en totale roue libre. 11 titres géniaux, ou Frith n'a jamais aussi sonné libéré, ou Laswell n'a jamais sonné aussi groovy, et ou Hayward sonne plus que brillant. 11 titres flirtant avec l'ambiant, la drum n' bass et l'avant rock complexe et peu structuré. Un disque majeur pour le monde du rock...

MASSACRE - Lonely heart

Pour les détails du retour de Massacre, voir la kronik du premier disque. Quelques concerts ont été donné par la formation aux cours de ces dernières années, et Zorn et Frith sont toujours chaud pour faire plaisir au public. Frith car il joue et produit ce disque, et Zorn car il l'édite sur Tzadik. Live officiel de Massacre donc, suite de "Meltdown" sortis en 2001. Enregistré en France, et au Rockslide festival (Danemark) en ouverture de Metallica devant 10 000 metalleux, je vous rassure, on entend pas des cris de fureur hurlant "Master of puppets", mais plutôt un public polis qui applaudit. Sinon, on a le droit à du bon massacre dans l'art des régles, celui qui dérive, qui improvise, et celui qui doit le faire terriblement en concert. Mais sur disque, la sauce a plus de mal à prendre ce coup çi perso. Même si Fred Frith reste un génie sans nom de la guitare...les fans de Massacre se doivent tout de même de le posséder...

MASSACRE - Meltdown

3eme opus du trio, aprés leur deux disques studio, qui s'avère être cette fois un live. Evidemment, c'est en concert que toute la musique de Massacre prend sa dimension. Enregistré le 17 juin 2001 au festival Meltdown à Londres (évenement organisé par Robert Wyatt), la prestation fournis içi est excellente, supérieure je trouve au second live parut sur Tzadik (voir plus haut). "Figure out" : 25 minutes, "closing circles..." : 20 minutes, plus d'autres titres entre 3 et 10 minutes. Aucun doute, on a le droit à de la pure improvisation Avant-rock de trés haute qualité.
Charles Hayward balance toujours un tempo ou il se permet multiples disgressions, polyrythmie et autres contretemps, Bill Laswell le suit à la basse, en la faisant sonner hyper groove grâce à ses pédales d'effets. Et Fred Frith part dans ses délires guitaristiques au dessus des deux autres, même si il reste surement le meilleur improvisateur des deux (c'est sa spécialité). Le final sonne unique, et résolument inspiré. Conseillé...

jeudi 18 juin 2009

JOHN ZORN - Ganryu island

19eme référence de la section Archival series, qui classifie tous les travaux de John Zorn, de ses début en 1973 jusqu'à aujourd'hui. Cet opus s'inscrit pleinement dans la réédition complète que John Zorn instaura afin de rendre accessible ses oeuvres au grand public. Sortis à l'origine en 1984 en LP sur le label Yukon, "Ganryu island" sortira aux USA en 1998, soit 14 ans aprés sa création...

Aprés l'élaboration de toutes ces parachutes years et autres games pieces entre 1977 et 1982, de l'enregistrement de Locus Solus en 1983 et de la longue écriture du "guide classique de la strategie", John Zorn se décida en fin d'année 1984 à collaborer. Aussi incroyable que ça puisse paraitre quand on connait la disco de l'homme, il s'agit pourtant la d'une de ses premières collaborations en duo (il y en aura beaucoup par la suite...), et d'une de ses premières collaborations tous court. La trentaine fraichement dépassé, Zorn rencontre Michihiro Sato à NY, ce dernier trainant ces guêtres dans la grosse pomme (il enregistrera d'ailleurs avec quelques musiciens de la downtown scene d'époque comme Frisell, Frith ou Cora). Impossible d'en savoir plus sur l'aboutissement de la rencontre, mais le tout semble avoir été convenu assez vite, une récurrence chez Zorn lorsqu'il rencontre des musiciens. Un journée d'enregistrement, le 23 novembre 1984, et 12 morceaux improvisés fûrent dans la boite : 7 finirent sur le LP de 1984, 5 supplémentaires feront leur apparition sur la réédition CD, apportant donc un vrai plus à l'oeuvre.

Un disque unique en son genre. Sato au Shamisen, instrument traditionel japonais (comme le koto) d'un coté, Zorn au "reeds" de l'autre, soit comprendre au saxo, clarinette, duckcalls, e-flat en tous genre. C'est partis pour plus d'une heure de délire entre les deux hommes. Le japonais improvise dans la grande tradition de l'instrument, et Zorn trippe généralement à le suivre, à le parodier, à se répondre l'un à l'autre, et tout simplement à s'amuser. La virtuose des deux hommes en font rééllement une oeuvre, et non pas un délire de gars bourrés qui improvisent n'importe quoi. Amis de la mélodie, passez votre chemin, il n'y a que du fun au rendez vous de cette île. Parlons en d'ailleurs : "Ganryu island" est le nom de la fameuse île ou le légendaire maitre samourai Miyamoto Musashi engaga un duel contre son ennemi Sasaki Kojiro lors du film "Samurai III : duel at ganryu island". La fameuse scène sur la plage est d'ailleurs visionnable sur youtube, et je vous la recommande (Un certain Tarantino s'en est grandement inspiré). Un classique du cinéma de samourai nippon pour Zorn qui se servit donc de cette référence pour nommer cette collaboration inspiré comme un duel entre l'orient et l'occident. Quoi qu'il en soit, si "Ganryu island" ne fait pas partie des indispensables de l'auteur, il reste assez fun pour y jeter au moins une oreille...

mardi 16 juin 2009

JOSEPH HOLBROOKE TRIO - The moat recordings

La rencontre de ces 3 monstres de l'improvisation musicale ne date pas d'hier. Gavin Bryars, Tony Oxley et Derek Bailey se rencontrent en 1965 dans un pub et éméttent ensemble l'idée de jouer du jazz harmonique. Les répétitions démarrent, la cohésion se forme, le combo prend l'habitude de donner des concerts dans des pubs précis, et le public se fait fidèle, quoique peu nombreux à mon avis. Puis la destinée de chacun veut que le groupe s'arrête, et ceux sans avoir enregistrer quoi que ce soit.

Projet longtemps relégué au statut de culte, voir de rumeurs, Un ami commun des trois membres leur propose une reformation en 1995, qui resta vacante à cause de soucis de santé de Bryars et Bailey. Tony Oxley, seul au rendez vous à Londres, joua une soirée avec Fred Frith pour la petite histoire. Trois ans aprés, la rencontre eu enfin lieu. Pas de répétition avant le concert, juste une balance de deux minutes, et le sentiment commun pour les trois de ne s'être jamais quitté musicalement. Le live sortis sur le label de Bailey sous le nom "joseph holbrooke 98' ".
Fort de cette nouvelle expérience, le groupe se rendit aux Moat studios à Londres pour enfin enregistrer son premier disque studio. Formation en triangle, on ressent pleinement lors des 15 titres l'imrovisation pure qui en découle. Le jeu de Bailey, toujours aussi symtomatique et étrange, dissonant à souhait. La basse de Bryars se fait discrète mais présente, s'éxécutant en totale contradiction avec le jeu de Bailey. Oxley quand à lui se laisse aller totalement freestyle, entre susurement et combinaison électronique (on peut pas vraiment parler de jeu de batterie). Des titres parfois longs qui dépassent les 15 minutes. Le dernier jour de studio se fit en petit comité, mais ne sera pas publié sur cet retrospective.

15 titres en boite, une attente de presque 40 ans, les fervents de l'improvisation anglaise attendaient cet opus depuis longtemps. Une sortie était prévue sur Incus, mais Derek Bailey tomba de plus en plus malade, et fut incapable de s'en occuper. Les deux autres pensèrent alors à Zorn, que le guitariste connait bien et qui a sortis plusieurs disques sur le label New Yorkais. Zorn fut enthousiaste et décida de publier l'intégralité des enregistrements (une sélection seulement à l'origine) sur un double album. Bailey s'impliqua jusqu'au dernier moment dans la conception du disque, mais mourut avant même sa publication au mois de décembre 2005. Voici donc l'ultime témoignage du guitariste anglais. RIP

lundi 15 juin 2009

KAISER/NOYES/PARK - Invite the spirit 1983

Un jour brumeux de 1982, Henry Kaiser et un pote à lui traine au Metropolitan museum de NY pour assister à une prestation de Sang won park, jeune virtuose de Kayagum, instrument traditionnel coréen à 12 cordes. Le fameux musée de NY renferme d'ailleurs la plus grande collection mondiale d'instruments (environ 5000) et les exhibe de temps en temps en faisant venir des musiciens du monde entier. Ce jour la, Kaiser fut soufflé par la prestation de Park, et il lui proposa d'enregistrer au studio de son pote que celui çi posséde sur Morton street. Aux débuts des sessions, l'idée jaillit que Henry Kaiser pouvait se joindre à Park, idée qui fut de suite accepté par ce dernier, à la surprise générale. Le duo manquant de rythmique, Kaiser appela son ami Charles k noyes, et le trio fut constitué.

Son importance est historique, car il s'agit de la toute première association entre l'improvisation libre occidentale et la musique traditionnelle coréene chamanique. On peut voir dans le livret que l'une des prestations fut télévisé. L'impact sur NY de ce trip appelé "invite the spirit" fut conséquente. Leur premier concert à NY eu lieu au club "the kitchen" et fut organisé par...John Zorn. Kaiser et Noyes connaissent d'ailleurs bien Zorn, ils participèrent entre 78 et 81 à l'élaboration de ces fameuses "parachute years". Bill Laswell sortit le disque sur son label Celluloid, objet devenu rapidement collector, car peu trouvable. Zorn proposa donc une réédition avec un nouveau mastering à partir des cassettes originales, et balanca le tout dans la key series evidemment, section qui regroupe les enregistrements historiques en matière de musiques expérimentales. La 1ere version de ce "invite the spirit" semble plus introspective. La présence de Kaiser et Noyes n'est qu'un renfort, laissant la part belle à la prestation majesteuse de Sang won park. Ce dernier nous berce en effet tout au long de 70 minutes de sonorités qui evidemment nous rappelle la Corée. Kaiser, plutôt discret, accompagne Park dans son rite, se lachant qu'à de rare occasion ("Tah"). Noyes s'affiche dans la grande tradition des batteurs improvisateurs comme Chris Cutler ou Tony Oxley, à savoir qu'on l'entend peu, mais que sa prestation demeure tout de même essentiel à la construction des morceaux. Park chante de temps en temps, chant coréen rituel oblige, faisant sonner encore plus la prestation comme un rite asiatique.
La rencontre de l'improvisation et de la tradition, de l'orient et de l'occident sonne plus que jamais comme une bonne idée, et l'écoute de cet opus presque 25 ans aprés marque toujours les esprits. Une oeuvre aussi singulière que marquante, dont cette réédition profitera à beaucoup de monde, et qui interessera autant les fervents de world music que ceux d'improvisation libre.

KAISER/NOYES/PARK - Invite the spirit 2006

Zorn, décidemment jamais à cours d'idée, connaissait bien evidemment le trio "invite the spirit" depuis sa création, ayant cotoyé la formation et ayant organisé leurs concerts new yorkais. Et 23 ans aprés leur premier disque introuvable (que tzadik réédita peu aprés cet opus), le compositeur new yorkais proposa au trio de se reformer pour enregistrer le second volume, intitulé sobrement 2006.La 2nd version de ce "invite the spirit" semble plus débridé. La première plage renvoit comme en 1983, à savoir une plage d'influence coréénne géré par Park avec Noyes et Kaiser en renfort. Mais dés la seconde plage trés noisy, ce sont les deux américains qui viennent en renfort, en improvisant bruyamment au dessus de Park. On notera la présence de deux vocalistes coréénne venu faire les choeurs et les gongs, un hommage assez chiant à Derek Bailey, quelques plages fantastiques et d'autres assez pénibles, nous mitigeant sur la bonne teneur de cet opus.
La rencontre de l'improvisation et de la tradition, de l'orient et de l'occident sonne plus que jamais comme une bonne idée, et l'écoute de cet opus presque 25 ans aprés marque toujours les esprits. Une oeuvre aussi singulière que marquante, dont cette nouvelle étape profitera à beaucoup de monde, et qui interessera autant les fervents de world music que ceux d'improvisation libre.

BRAXTON / GRAVES / PARKER - Beyond quantum

La section des disques clés de la musique expérimentale, oeuvre majeure et singulière édité sur Tzadik. Pour le coup, le label réussit un joli coup en ayant réunis trois monstres du Free jazz new yorkais (pour plus d'infos sur les gaillards, voir le wikipedia de chacun). Milford Graves est un habitué de Tzadik, William Parker n'y a fait qu'un featuring, et l'apparition de Anthony Braxton est carrément un événement, mais on se demande comment ce n'est pas arrivé avant, tant Zorn voue une admiration à ce saxophoniste avant gardiste qui a bercé sa jeunesse.
Pour le reste, 5 "meetings", tous improvisés, tous relativement long, tous excellent si on aime le free jazz débridé. Pour ma part, ça l'a bien fait...