vendredi 12 juin 2009

JOHN ZORN - Volac book of angels 8

En premier lieu, l’artwork de ce skeud’ est sublime : un digipack de toute beauté avec étoile gravé sur le front et tout…la grande classe ! Ensuite, Après la série sur radical jewish culture qui voyais à l’honneur des disques hommage pour les 10 ans de Masada, voici une nouvelle série d’album hommage ou des groupes reprennent des standards du groupe de Zorn à leurs sauces, puisant dans le repertoire des 300 chansons écrites par Zorn en 2004 ("book of angels") mais que Masada ne garda pas.

Aprés 7 volumes qui commence à nous faire une véritable saga, voici le retour d'un nouveau démon (chaque opus de cette catégorie porte un nom de démon) en la présence d'un membre vital de la famille Masada, à savoir Erik Friedlander. Le violoniste connait Zorn depuis de nombreuses années, a beaucoup collaboré avec, fait partis intégrante du Masada string trio. Bref, il sait !. Seul avec son violoncelle, la tâche pouvait s'avérer difficile. C'etais vite enterrer la virtuose et l'émotion donc Friedlander est grandement capable. 12 titres absolument magnifique, envoutant, ne tombant jamais dans la démonstration. Se lachant parfois, restant souvent dans la réserve, la musique de Erik s'en trouve renforcé d'un romantisme et d'une richesse incroyable. 40 minutes authentique, et parfaitement dans l'esprit du groupe de jazz hommage au racine juive de tous les musiciens présent sur la série book of angel...

JOHN ZORN - Asmodeus book of angels 7

En premier lieu, l’artwork de ce skeud’ est sublime : un digipack de toute beauté avec étoile gravé sur le front et tout…la grande classe ! Ensuite, Après la série sur radical jewish culture qui voyais à l’honneur des disques hommage pour les 10 ans de Masada, voici une nouvelle série d’album hommage ou des groupes reprennent des standards du groupe de Zorn à leurs sauces, puisant dans le repertoire des 300 chansons écrites par Zorn en 2004 ("book of angels") mais que Masada ne garda pas.

Aprés 6 volumes qui commence à nous faire une véritable saga, voici le retour d'un nouveau démon (chaque opus de cette catégorie porte un nom de démon) en la présence d'un membre vital de la famille Masada, à savoir le grand Marc Ribot. suite au relachement de Arto Lindsay et au décés de Robert Quine, on pourra sans se tromper lacher le fait que Ribot est LE guitariste fétiche de Zorn (et pas que de lui d'ailleurs). Logique donc qu'il s'attaque à un livre des anges. Un volume qui m'a laissé perplexe. Calvin weston à la batterie, assez débridée et free de surcroit. Trevor Dunn à la basse, donnant le meilleur de lui même, rappelant ses assauts sur Moonchild. Et Ribot et son jeu incroyable. la ou j'ai été un peu déçus, c'est que contrairement à Masada guitars ou Masada rock, Marc ne laisse pas l'émotion transpirer dans son jeu, envoyant surtout de grandes rasades dissonantes, aussi free que habile ou barré. Techniquement monstrueux (qq'un en doutait ?), ce volume laisse cependant trés peu de part à l'émotion, aux mélodies, et ne montre que le coté "sauvage" de Ribot. Et c'est un peu dommage. Semi deception donc...

jeudi 11 juin 2009

FRED FRITH - Clearing

Je suis vraiment fan de Fred Frith, au même titre que John Zorn par exemple. Je le considère comme un immense monsieur de la guitare, hélas beaucoup trop en avance sur son temps pour que ce dernier soit reconnu à sa juste valeur. Tel son collègue new yorkais saxophoniste, Frith possède une discographie aussi impressionante en quantité qu'en qualité. Entre ses groupes reconnus et mythiques (Massacre, Skeleton Crew, Henry Cow, Art bears...), ses travaux multiples pour le cinéma et le théatre, ses collaborations (avec Henry Kaiser, Evelyn Glennie, Zorn, Naked city), ses pièces de compositions (beaucoup sur la composer series de Tzadik), On assiste vraiment à une oeuvre majeure de la musique contemporraine. Mais Fred Frith est avant tout un improvisateur. Sortis 7 ans avant "To sail, to sail", "Clearing" est son premier retour aux sources à la guitare en solo improvisé depuis "guitar solos" en 1974. Que dire de plus sinon que c'est brillant. Qui a vu Frith en concert le comprendra : ses performances restent autant visuelles qu'auditives (Il utilise beaucoup d'objet pour jouer). On reste éssouflé par cet opus, les 11 titres présents sont d'une inspiration immense et sans limites. Un classique de l'oeuvre Frithienne à découvrir d'urgence...

lundi 8 juin 2009

FRED FRITH - To sail, to sail

Disque clé et majeur pour le monde de la musique expérimental, intégralement justifié dans la key series de Tzadik qui nous offre la sa 25eme production. Qui d'autre que Fred Frith pour passer cette étape, lui qui a été l'origine du premier disque de cette section avec son groupe Massacre. Génie contemporrain, innovateur guitaristique, improvisateur hors pair, et figure majeure de la musique expérimentale, On se rappelle bien evidemment de son opus "guitar solos" de 1974, qui nous dévoilé déja un immense talent guitaristique. C'est dans cette même veine que sort "to sail, to sail" en 2008, Fred n'interprétant ses titres que sur une steel guitar acoustique Taylor 810. Enregistré en deux jours, les 16 titres présents ne sont pas vraiment interprétés, puisque tous improvisés en one shot, nous rappelant ainsi que le compositeur anglais est professeur d'improvisation musicale à la Mills University d'Oakland. Quand on sait ces éléments, impossible de ne pas être sécher sur place, voir de renoncer à l'instrument si on est musicien. Toute techniques de guitare (picking, sweeping, slide, taping...) est au service de tout styles musicaux (classique, blues, folk, gypsy et improvisation libre). Une technique plus que prodigieuse au service d'un sens aigu de l'improvisation et de la sensibilité guitaristique. Une oeuvre absolument essentielle, et certainement l'un des plus beau document de la guitare acoustique moderne.

FRED FRITH - The sugar factory

Mon admiration profonde pour Fred Frith m'a fait honteusement estampillé le disque à son seul crédit, mais il s'agit bien la d'une collaboration avec Evelyn Glennie, percussioniste virtuose écossaise qui fit l'objet d'un film "touch the sound" dont voici l'une des parties de la BO, sa collaboration avec l'improvisateur/compositeur anglais. C'est en effet le talent d'improvisateur qui est mis en avant, puisque les 50 minutes de musique (pour 6 titres) sont entièrement improvisés. Il aura fallu en effet tout le gigantesque talent de Frith pour pouvoir créer un univers musical sans se concerter, en jouant uniquement sur le ressenti et les émotions passant au travers des notes, et pour cause : Glennie est sourde depuis l'age de 12 ans (!). A partir de la, on reste completement bluffé de l'incroyable talent des deux protagonistes qui nous délivre un ambiant expérimental sombre, froid et terriblement hypnotique, même si peu basé sur la répétition. Evelyn Glennie execute la totale : batterie, gongs, cymbales, objets métalliques, Simtak, vibraphone, Marimba, cloche et autres cris lointain. Fred Frith s'attache à consolider le tout à la basse, guitare éléctrique et autre orgue. La sensibilité dont font preuve les deux partenaires est tout simplement sublime, ce qui est plutôt rare pour de l'improvisation pure. Au final, "The sugar factory" est un disque majeur de la Key serie de Tzadik.

samedi 6 juin 2009

ANTON FIER - Dreamspeed/blindlight (1992-1994)

Une figure emblématique du rock indépendant américain, Anton Fier a bien roulé sa bosse dans le milieu, membre des Lounge lizards, tête pensante de Golden palominos, et membre de Locus solus, le groupe fondé par Zorn et Arto Lindsay. Il était aussi le compositeur de 3 albums solos dont deux était devenu out of print via les labels Avant (japon) et Alida records. Ces deux disques sont donc réédités pour la joie de tous le monde, et présenté en double album sur la Key series de Tzadik, la section des albums perdus...

Il est étonnant de voir un tel disque sortir sur Tzadik, tant son contenu n'a rien à voir avec les oeuvres habituels du label, prouvant ainsi son statut "hors norme" et sans limite. Place ici à un rock sensuel et débridé, exampt de tout code de style. Il est assez marrant de constater combien un batteur qui compose aura toujours une vision complétement différente d'un compositeur normal. Anton Fier a choisi de ne pas se mettre en avant, exécutant un jeu de batterie efficace mais somme toute assez sommaire, proche par moment de la boite à rythme, même si le disque est bourré de détails rythmiques excellents. "Dreamspeed" est bien cool. Bill Laswell, présent au poste de bassiste terroriste, tient vraiment la baraque avec un groove sans limite, s'accordant parfaitement au rythmique de Fier. Buckethead vient taper le boeuf sur quelques morceaux, renforcant ainsi que le coté psychédélique des titres souvent long (entre 6 et 15 minutes). "blindlight" joue dans la même catégorie que "dreamspeed" : rock lanscinant et groovy, à mi chemin entre trip hop, indie rock, psyché 70's et lo-fi electronica. Laswell est toujours aussi impérial, Phew, chanteuse japonaise officie sur les deux opus avec sa voix sensuelle. Quelques titres "previously unreleased" sont venus se glisser, histoire de combler les fervants qui posséder les originaux. Au final, deux excellents opus pas vraiment expérimentaux, mais bougrement relaxant...

vendredi 5 juin 2009

DEREK BAILEY - Mirakle

Derek Bailey est un artiste qui aura été durant toute sa carrière véritablement en marge de tous codes musicals. Sans même écouter ses disques, regarder les quelques vidéos qui traine de lui sur youtube, et vous comprendrez parfaitement la démarche d'un papy (il semble toujours avoir été vieux...) qui aura toujours jouer de la guitare en totale roue libre. Pour des auditeurs peu familiers des musiques expérimentales, le style très particulier de Bailey peu sembler au départ un peu ardu. Une de ses principales caractéristiques est son aspect très discontinu, dissonant, très peu mélodique, les notes consécutives étant souvent séparées par de grands intervalles et jouées de manières différentes (cordes à vide, cordes "frettées", harmoniques, ...). Quand Zorn proposa une rencontre avec Jamaaladeen Tacuma et Calvin Weston (basse et batterie), rythmique légendaire d'Ornette Coleman, le défi fut autant fou, qu'osé. Une section rythmique aussi débridé allait t'elle s'accorder avec une guitare aussi dissonante ? Bailey étant un habitué des collaborations, il s'y colla sans trop de soucis, et aujourd'hui encore, on s'en félicite à l''écoute de ce "Mirakle". La crainte première était d'obtenir une cacophonie sans nom. Evité pour le coup. Les 6 morceaux ne sente pas la structure, chacun se lache, on est en total free wheeling musical. Mais on s'y attendait forcément. Des morceaux de 16 minutes nous le rappelle bruyamment. Le niveau de jeu force le respect pour sur, et personne ne se marche dessus. Le résultat, une sorte de funky noisy party, ne fera pas danser les culs, mais propose une vrai alternative à l'improvisation libre en formulte trio. Et c'est ce constat qui rend ce "mirakle" aussi captivant qu'épatant...

jeudi 4 juin 2009

STEVE COLEMAN - Invisible paths : first scattering

Saxophoniste de renom, Steve Coleman nous propose un disque de pur album solo de saxophone alto. Bien joué, techniquement excellent, casse couille à écouter, car pas de langage propre içi. On est assez loin du "classic guide to strategy" de Zorn, dont le concept pourrait se rapprocher dans l'esprit. Steve Coleman est assez "académique" dans son approche, ce qui fait qu'au bout de 20 minutes, on sature assez vite, à moins d'être saxophoniste. Et le disque dure plus de 70 minutes !. Ce mec, dans un combo jazz, doit assuré à mort. Tout seul, il est relou. Un tzadik assez inutile, à écouter histoire de dire qu'on l'a entendu. Mais qui m'a laissé assez impassible...

mercredi 3 juin 2009

MILTON BABBITT - Occasional variations

Compositeur américain de renom, maître dans l’art du dodécaphonisme, créateur à l’origine du premier synthétiseur en 1961, Milton Babbitt est une figure de la musique d’avant-garde, bien que sa musique n’est jamais été reconnu et souvent incomprise. Tzadik sort aujourd’hui ses compositions les plus radicales. 2 string quartets plutôt dispensables (dont un datant de 1952 tout de même). Vint ensuite une composition électronique de renom et qui était devenu rare à trouver : « occasional variations » est certes pour l’époque assez tordu (1968), mais pas de quoi se retourner le cerveau non plus. Il s’agit d’un montage de sonorités de synthé peu descriptible. Pour finir, une composition pour guitare tordu et que n’aurait pas renier Derek Bailey. Au final, on ne contestera pas le talent et l'avant gardisme de babbitt en son temps, mais ce disque n’est pas transcendant, avouons le…

Edit : le compositeur est décédé le 29 janvier 2011. R.I.P

lundi 1 juin 2009

JOHN ZORN - New traditions in east asian bar bands

11eme référence de la section Archival series, qui classifie tous les travaux de John Zorn, de ses début en 1973 jusqu'à aujourd'hui. Une référence historique car en premier lieu, elle n'était jamais sortis sur disque avant 1997, en second lieu, il s'agit d'une des rares oeuvres ou il aura fallu dix ans avant de voir le jour...

Il y a une explication principale à ce nombre d'années d'attentes excessives : Le démarrage du projet (1986) à lieu en pleine période de sur-activité pour John Zorn : début du succés avec les reprises d'Ennio Morricone en 1985, enregistrements de ces premier filmworks en 1986, participation à de nombreux projets jazz ("news for lulu" en 1988, un album avec le sonny Clark memorial quartet en 1986), et démarrage de son nouveau groupe fétiche Naked city en 1988. Hormis ce dernier, on remarque que tous les projets mené à cette période sont assez sages et conventionnels pour l'oeuvre de Zorn, la constitution de la première pièce de cet album demeure donc un véritable ovni sonore qui aurait été parfaitement incompris dans le contexte de l'époque.

Cette fameuse première tirade sonore de 1986 se nomme "Hu die". John Zorn demande à ses deux guitaristes fétiches de l'époque (qui finiront tous deux au sein de Naked city) de se réunir en studio pour enregistrer une pièce instrumentale pour deux guitares. Fred Frith et Bill Frisell s'y colle, mélangeant interprétation et improvisation sur plus de 25 minutes. Ce n'est que quatre ans aprés, en 1990, que son ami proche Arto Lindsay lui donnera un texte que le compositeur New Yorkais songera à utiliser dans le cadre de "Hu die", demandant à une narratrice de réciter ce texte en chinois ! Le résultat est brillant, sensuel et étrange, plait à son auteur qui décide de poursuivre son exploration dans le même concept, mais avec d'autres instruments.
Ce n'est que deux ans aprés l'écriture instrumentale de "Hu die" que Zorn se décide à convier deux autres musiciens en studio afin d'enregistrer la seconde partie de cette oeuvre. Pièce pour deux batteries composé en 1988 "Hwang chin-ee", avec Joey Baron et Samm Bennett qui récite la composition. La partie vocale quand à elle sera enregistré en 1996, soit 10 ans aprés la composition de "Hu die", d'ou effectivement un album qui mettra une décénnie à sortir dans son intégralité (mais que Zorn aura bossé à la sauvette, quand il aura un moment de libre). Pour être honnête, cette pièce est brillante techniquement, mais le texte coréen au milieu fait un peu intrusion, et le final sonne aussi agressif que dérangeant, surtout dans le concept du disque.
Deux ans aprés "Hwang chin-ee", John Zorn décide d'achever son oeuvre en écrivant le dernière pièce du disque (et la plus longue aussi) "Que Trân". Composé pour deux claviers, c'est ses deux amis proches Anthony Coleman et Wayne Horvitz qui achèvent l'oeuvre en studio instrumentalement parlant en 1990. La partie narrative en Vietnamien est enregistré deux ans plus tard (1992) et demeure extrêmement longue, puisque la narratrice récite une histoire sur 30 minutes de musique. Je ne me suis pas penché sur l'histoire (la flemme...) mais la partie musicale et l'ensemble sonne trés apaisant, dans un ambiant relaxant et exotique absolument envoutant.

11 ans aprés que l'idée est germé de son cerveau, l'assemblage des trois pièces voit donc le jour sur Tzadik, portant le nom final de "New traditions in east asian bar bands", faisant référence à toute la culture asiatique qui imprégne ce disque. Trés bel artwork constitué de trois livrets différents pour chacune des pièces, avec la traduction en anglais de la narration. Une oeuvre singulière, étrange et quasi mystique proposé par Zorn, dans la droite lignée de sa chamber music, qui demeure un fabuleux travail de composition. Idéal si vous rêvez de vous transporter en Asie à moindre frais...