samedi 17 janvier 2026

GERRY HEMINGWAY - Chamber works

 

Né le 23 mars 1955 à New Haven (États-Unis), issu d’une famille musicienne (sa mère est pianiste concertiste, son père a étudié avec Paul Hindeminth), Gerry Hemingway débute la batterie à dix ans, devenant professionnel dès dix-sept ans. Au cours des années 1970, il étudie avec Alan Dawson, suit des cours de percussions indiennes et africaines aux universités de Yale et Wesleyan. C’est dans sa ville natale, New Haven, qu’ont lieu les rencontres déterminantes : Anthony Davis et George Lewis (avec lesquels il forme Advent), Leo Smith, Anthony Braxton… des musiciens issus de l’AACM dont les ambitions de compositeurs, ancrés dans la musique contemporaine, sont manifestes. Pendant douze ans, de 1983 à 1994, il sera le batteur du quartet d’Anthony Braxton (avec la pianiste Marilyn Crispell) expérimentant les systèmes d’écriture ouverte du saxophoniste. Si le trio BassDrumBone créé en 1977 et toujours actif (avec le tromboniste Ray Anderson et le contrebassiste Mark Helias) est porté vers l’émulation collective, ses formations personnelles depuis le milieu des années 1980 privilégie l’ouverture polyphonique sous un angle « formaliste » : Je m’intéresse au jeu des formes dans l’espace, aux différentes strates dans la musique, déclare-t-il.

Parmi les rares jazzmen américains à l’écoute des avant-gardes européenne, John Zorn lui offre la possibilité d'enregistrer son premier disque de musique contemporaine en 1999. Un chapitre de la composer serie assez intéressant si l'on excepte le classique string quartet de départ. Pas mal d'instruments, avec des cuivres discrets, des cordes mystérieuses, sur trois longues pièces sonores. Mention spécial à "The visiting tank" est son côté cinématographique avec Hemingway lui même au sampler...  

samedi 10 janvier 2026

PETER GARLAND - The days run away

 

Peter Garland est un traveller, on s'en rend compte clairement en lisant sa biographie : il n'a jamais cessé de voyager entre 1973 et 2005, visitant des dizaines de pays, s'imprégnant sans cesse de multiples cultures, rencontrant de multiples personnes au grés de ses périples (il était proche entre autre de John Cage, Harry Partch, ou Colon Nancarrow). Si la Californie est son pays d'adoption (c'est l'endroit ou on était enregistré toutes les pièces du disque), il est tombé amoureux du Mexique plus particulièrement, s'y installant à plusieurs reprises, puisant ainsi son inspiration dans la musique amérindienne et la musique rituelle mexicaine. Après des dizaines d'années de voyages, il vit aujourd'hui une retraite paisible dans le Maine. Compositeur parmi les plus méconnus de la seconde génération des minimalistes de la West coast, il a cependant toujours eu le soutien indéfectible d'une personne qui adore sa musique : John Zorn. Après deux disques sur Avant, le label japonais pour qui Zorn fût le directeur artistique entre 1992 et 1995, Peter Garland a naturellement bifurqué sur Tzadik afin de sortir la suite de ces travaux. Premier disque du compositeur à sortir sur Tzadik en 2000, les deux autres étant déjà chroniqué sur la section compser serie. Assurément le plus minimaliste de la série, puisque nous avons affaire ici à un disque de piano en solo, interprété par la pianiste japonaise Aki Takahashi. Un joli disque épuré et trés calme pour mettre en fond sonore quasiment pour faire de la méditation. Takahashi est toujours en activité à 81 ans, et a sortis un disque en 2017 en compagnie de...Peter Garland. Une collaboration qui dure donc !

lundi 5 janvier 2026

JOHN ZORN - Andras book of angels 28

 

28eme volume du bouquin des anges, encore une nouvelle fois enregistré en une journée en novembre 2015 à NY

Cette fois c'est un quintet qui sonne comme un mix de 
The Dreamers, pour la couleur du vibraphone et de Bar Kokhba pour la présence de John Medeski et le cocktail de couleurs à côté du couple percussif, En tant que quartet, sans la présence des percussions de Cyro Baptista, Nova Express avait publié un premier album (Tzadik 7389) composé par John Zorn en 2011. Une musique de chambre tonique et insidieusementatonale de l'East Village new-yorkais. Medeski n'y jouait que du piano. Avec l'orgue et les bruissements ludiques du lutin Cyro Baptista, la musique devient follement charmeuse. La face angélique du diablotin John Zorn...

Un assez bon volume, plaisant et sympathique...

WADADA LEO SMITH - Light upon light

 

Trompettiste, multi-instrumentiste, improvisateur et théoricien, Wadada Leo Smith est l'un des compositeurs les plus importants de notre époque. Membre fondateur de l'AACM de Chicago, ses œuvres captivantes, mêlant composition et improvisation, ont été interprétées par de nombreux ensembles et solistes parmi les plus prestigieux au monde. Avec une composition originale pour ensemble de chambre et quatuor de gamelan, une magnifique pièce pour alto solo, un concerto pour basse écrit pour le virtuose Bert Turetzky et deux pièces électroniques mettant en valeur ses improvisations uniques à la trompette, Wadada considère « Light Upon Light » comme son meilleur enregistrement à ce jour.


Extrait du OBI Tzadik, je n'ai parfois plus trop le temps et l'énérgie de faire une critique détaillé des disques Tzadik qui sont compliqué à décrire. Mais je peux dire que je me suis fait un peu chier sur celui çi. A voir pour les autres disques de Wadada Leo Smith sur la composer serie...

PURPLE TRAP - The stone (2005)

 

Reprise de l'année 2026 avec un disque qui n'est PAS estampillé Tzadik, mais qui a pleinement sa place ici : Un groupe qui n'a sortis qu'un seul album sur la New japan en studio. Pour un disque Live qui a eu lieu au Stone, la salle de concert de John Zorn qui était dans le lower east side à l'époque. 

Nous sommes en 2005, la salle de concert a ouvert quelques mois plus tôt et les programmateurs se succèdent chaque mois pour des séries de concerts plus ou moins événements et thématique. En décembre, un mois complètement japonais se produisait puisque Makagami Koichi, Yoshida Tatsuya (batteur de Ruins), Otomo Yoshihide se succédaient à la programmation. 

Au milieu de ce carnage bruitiste ? Keiji Haino Himself (lui qui bouge assez peu de Tokyo) qui offre 5 jours de programmation démoniaque : du solo, du duo (avec Thurston Moore !), du trio (Avec John Zorn et Ikue Mori)(Trevor Dunn est même de la partie à un moment) et un soir avec deux sets de Purple trap, ce groupe éphémère crée en 1999 avec Bill Laswell et Rashied Ali, mythique batteur de la scène Free jazz.

La soirée avait été enregistré, et la prestation est longtemps resté sur le disque dur de Bill Laswell, et qui un beau jour de 2023 l'as exhumé de ses archives et l'a balancé en digital. Le label allemand Karl records nous balance l'objet deux ans aprés dans un LP avec chouette artwork...

Improvisation Noise à son maximum ! 



vendredi 15 août 2025

JOHN ZORN - The painted bird

Sortis en 2016, ce disque est le quatrième volume du power trio fraîchement crée à l'époque, Simulacrum. Quand Zorn tient sa série de jeunes prodiges dans leurs instruments respectifs, il ne les lâche plus et multiplie les chapitres sans s'arrêter, en bon compositeur compulsif qu'il est.  

Histoire de ne pas épuiser une formule jusqu'à la moelle, il y a toujours un guest qui fait son apparition pour apporter une petite coloration différente. C'est cette fois çi Kenny Wollesen et son vibraphone infernal qui s'invite dans la danse.L'instrument et la virtuosité de Wollesen apporte clairement un peu de lyrisme dans ce volume. Comme le dit le OBI de Tzadik : ligne de partition atonal complexe, folie d'improvisation, riffs heavy metal, solos de folie et profond lyrisme se côtoient dans un cocktail détonnant. Honnêment, "The painted bird" est un bon disque de John Zorn avec son groupe coqueluche de l'époque, la pochette est par ailleurs magnifique... 
 

lundi 11 août 2025

JOHN ZORN - Flaga book of angels 27

 

27eme Volume du bouquin des anges sortis en 2016. "Flaga", Démon avec cette fois çi une forme de volatile. John Zorn a lui même appeler les musiciens pour monter le projet. Craig Taborn au piano gravitait déjà dans le giron de Zorn à cette époque. Idem pour Tyshawn Sorey à la batterie qu'on retrouve sur divers disques de Zorn sur Tzadik ("In the hall of mirrors"). En revanche Christian McBride à la basse fait sa première session pour le sorcier de la downtown scene.

9 titres, enregistré en 1 seul journée le 25 novembre 2015 à NY, ça force toujours le respect, surtout quand on voit le niveau hallucinant des compositions. On a le droit évidemment à un gros jazz en version power trio avec piano, une formule que le boss de Tzadik à tendance à développer de plus en plus ces dernières années. Ca joue de manière dingue, quelques solos bien envoyés, on n'arrive pas trop à déterminer si il y a beaucoup d''improvisation mais on sent avant tout que le trio, accompagné par Zorn aux arrangements, donne tous ce qu'il peut pour donner vie à ces partitions. Gros gros niveau et sympathique volume du book of angels dans le registre jazz...

dimanche 10 août 2025

MAKIGAMI KOICHI - Electric eel

 

Makigami Koichi, c'est le vieux pote japonais un peu fou des 90's de John Zorn. Ok il en a connus un paquet lorsqu'il séjourné à Tokyo à l'époque, mais ce chanteur hors norme sortira par la suite 3 autres disques pour le label new yorkais, démarrant une relation de confiance avec les années à venir. 

Koichi, c'est aussi le pendant japonais de Mike Patton, surtout lorsque ce dernier s'essayait beaucoup aux onomatopées vocaux à l'époque, que ce soit en solo via Tzadik ou avec Moonchild (il semble depuis en nette panne d'inspiration dans ce domaine, voir tout court...). Makigami a du servir de référence pour ce vieux Mike, tant ces acrobaties vocales sont fun et folles. Il est ici accompagné par Anton Bruhin qui joue de "l'electric jew harp". On se sait pas exactement ce que sait mais ça sonne comme une sorte de guimbarde. "L'anguille electrique" est un disque sympa, ludique, évidemment très expérimental, mais qui donne un bon aperçus de l'art un peu fou de Koichi. La rencontre date de 1998...

dimanche 23 mars 2025

ANTHONY COLEMAN TRIO - Sephardic tinge

 

Seconde référence historique de la Radical Jewish culture sortis en 1995, qui allait donner le ton sur quasi 20 ans de disques divers et variés avec comme point commun l'identité juive. 

Pochette Arty comme on l'aime, certainement un resto marquant pour Anthony Coleman et John Zorn, deux amis de longue date qui se sont toujours soutenus l'un l'autre. Le pianiste est apparus sur quelques game pieces de Zorn, tandis que le boss de Tzadik lui offrait l'opportunité de continuer à s'exprimer sur son nouveau label new yorkais à l’époque (Coleman était déja apparus sur le label japonais précédent chapeauté par Zorn, Avant). Ayant grandis dans un quartier doménicain de Brooklyn, le musicien voulais s'éloigner à tous prix du Klezmer, LA musique emblématique de l'identité juive. Il parle dans le livret d'influence cubaine et latine, etc. A l'écoute du disque, on les cherche encore un peu, si on résume en version bête et méchante, il s'agit d'un disque de Jazz en mode trio Piano/Batterie/Basse. Les compositions avaient écrites pour être interprété dans un festival Radical jewish culture, ces festivals même ou Zorn composera son premier disque "Kristalnacht". Pas con, Zorn demande à la section rythmique de son nouveau groupe de Jazz de l'époque, Masada, d'allait aider son vieux pote pour l'enregistrement qui a lieu en décembre 93 et janvier 94. Hors quand tu as Greg Cohen et Joey Baron dans tes rangs, tu sais que l'ensemble va être solide. C'est la cas avec ce cool disque de jazz qui multiplie les ambiances diverses, toujours avec une grande classe. J'ai mis pas mal d'années à me procurer ce disque, je comble les trous petit à petit, et je me suis retrouvé dans l'est village dans les 90's le temps d'une quarantaine de minutes...

samedi 1 mars 2025

ANNIE GOSFIELD - Burnt ivory and loose wires

 

Premier Album historique d'Annie Gosfield sur la composer serie de Tzadik sortis en 1998. J'avais déjà chroniqué son second disque sortis quelques années après et qui m'avait bien plus. Ce premier disque ne déroge pas de mon sentiment premier. Annie Gosfield a une vision de la musique expérimentale qui me passionne. La musique expérimentale possède un spectre évidemment très large étant donné qu'il n'a pas vraiment de limite dans l'art musical qui repousse les limites. Mais il y a parfois des visions auxquels on n'adhère pas, voir qui peuvent s’avérer carrément irritantes.  

La pochette de ce "Burnt Ivory..." donne le ton de ce qui va suivre : un piano explosé, des sonorités hors normes avec Annie qui se place aux claviers "samplés", et toute une bande de musiciens qui l'accompagne pour ce voyage intersidéral (guitare, batterie, percussion, violon). 6 compositions absolument fantastiques, évidemment très difficile à décrire, mais qui mérite clairement le détour. Le dernier titre est un peu plus conventionnel, dure 10 minutes et voit le Rova saxophone quartet le décrypter avec virtuosité. Comme toujours, on saluera la prise de risque de John Zorn à l'époque de sortir sur son label un tel ovni musical, 40eme référence du label et trois ans après sa création...