92eme référence de la section Archival series, qui classifie tous les travaux de John Zorn, de ses début en 1973 jusqu'à aujourd'hui. Digipack classique de la "new era" tzadik, et magnifique de surcroit par ses artworks, directement issus des peintures de William Blake (qu'on retrouvait aussi en couverture du dernier Moonchild), par ailleurs quasi fils conducteur de ce nouveau chapitre de l'oeuvre Zornienne, qui explore donc la facette "mystique" de son imagination.
En résonance des textes visionnaires des grands Romantiques (WILLIAM BLAKE donc...) comme de la gnose distillée par les manuscrits coptes découverts après-guerre près de Nag Hammadi en Haute-Egypte, Zorn s'est donc une nouvelle fois appuyé sur ses précieux collaborateurs pour donner vie à ce disque. Nous voila donc de nouveau en mode "pilotage automatique" puisqu'on retrouve le même line-up que le disque "Nova express" sortis lui même 6 mois plus tôt par Tzadik (Dunn/Baron/Wollesen/Medeski). Donc oui, en toute logique, un sentiment redondant et répétitif nous envahis, malgrés un disque impeccable. En tant que pseudo-connaisseur de l'oeuvre globale de Zorn, et ayant un peu de recul sur celle çi, "At the gates of paradise" ne nous étonnera guère, et se place dans la droite lignée (déja bien exploré) de "In search", The goddess" et "nova express". Il reste donc huit titres plus lyrique et posé que l'hommage à Burrough. Medeski et Wollesen sont les éléments majeurs, le squelette des compositions, la section rythmique se connait plus que bien (et demeure plus exploité au sein de Moonchild), et l'ensemble demeure toujours à priori de "la composition improvisée" magistralement interprété par de trés grands musiciens New yorkais. Mais des oeuvres récentes de Zorn m'ont plus étonné et séduit ("Femina", "Dictée/liber novus", "Interzone") que cette phase mystique certes séduisante, mais assez convenue...





Andy Laster nous livre en cette fin d'année 2011 son premier volume sur Tzadik, tourné résolument vers la musique de chambre comme thématique, ce qui tranche un peu avec le reste de sa discographie. Diverses pièces sonores composé entre 2001 et 2011, la dernière en date étant "Riptide", piéce pour piano solo. On est sinon dans la grande tradition du string trio, du string quartet, du quartet à formation variable ou du quintet. Les musiciens exécutent de manière impeccable les pièces et donnent ainsi vie à la vision assez sombre de Laster. Lyrique, inquiétante, envoutante, la trame sonore du disque est bonne, la classique contemporain résonne ici de mille éclats, le but avouée de cette section de Tzadik. Pochette superbe, comme d'habitude...
Premier volume de Ned Rothenberg sur la composer serie, datant de 2000. Une pochette sympathique résume à elle seule les hautes teneurs asiatiques qui sont présentes tout au long du disque. Quatres compositions relativement différentes mais complémentaire dans la vision et les compétences du compositeur lorsqu'on connait son parcours. "Arbor vitae" aborde la rencontre de la clarinette (jouée par Rothenberg) et du Shakuhachi (flûte japonaise traditionnelle), joué ici par Riley Lee, référence dans le genre. "Ghost stories", la pièce majeure du disque, marque la rencontre de Satoshi Takeishi aux percussions, d'Erik Friedlander au violon et de Min Xiao Fen à la Pipa (deux musiciens qu'on retrouve dans le giron de John Zorn dans sa discographie) : magnifique pièce d'une vingtaine de minutes, rencontre parfaite entre l'exotisme de la Pipa et le lyricisme du violon, la composition est admirable, un grand moment nous prouvant tous le talent du compositeur de Brooklyn. Enchainement avec un duel alto saxophone de Rothenberg avec les percussions de Takeishi : improvisation de 18 minutes intéressante, prouvant la facilité des deux musiciens à parler leur propre langage et créer ainsi leur tourbillon sonore. Conclusion avec "Kagami", pièce solo pour Shakuhachi jouée par Ned, 6 minutes prouvant ses compétences pour egalement s'imposer dans une performance nous renvoyant directement au Japon quelques siècles auparavant. Un chapitre captivant de la serie...

Lesli Dalaba, trompettiste de la downtown scene, ayant joué entre autre avec les ensembles de Wayne Horvitz, d'Elliott Sharp ou de LaMonte Young. Son unique disque pour la série Oracles est vraiment ambitieux pour le coup : synthétiser toute l'histoire de la planète Terre en 48 minutes de musique. Vous n'y aviez pas pensé ? Lesli l'a fait, et avec brio j'ai envie d'ajouter. Oeuvre absolument indescriptible dans l'absolu, elle est composé en trois grande parties de 15 minutes qui correspondent a différente parties de l'humanité, entrecoupé d'interlude au Berimbau. Line up imparable sinon : Dalaba a la trompette, Carla Kihlstedt au violon, Zeena Parkins à la harpe, et Ikue Mori au laptop. Expérimental, mais aussi avec un touché ambiant et progressif indéniable, le quatuor emprunte l'improvisation du jazz pour le couplé avec l'approche de composition de la musique de chambre. Joué avec du coeur, "Timelines" est un superbe volume de série Oracles à découvrir d'humeur résolument baroudeuse...
John Zorn, grand gourou de la downtown scene, avait prévenu Steven Bernstein, responsable de la série Diaspora sur la radical jewish culture : "si il doit y avoir un prochain volume, je veux que ce soit que des compositions originales". Certes il y avait quelques arrangements traditionnels sur les autres volumes, mais voila l'art et la manière de mettre un coup de pression direct, Zorn croyant surtout à l'énorme potentiel de compositeur du trompettiste. C'est lors d'un concert de 2007 en hommage au réalisateur Robert Altman que l'idée de ce disque a germé, les compositions précédentes avaient été largement arrangé et structuré, place à la liberté absolu pour cette fois. Si il avait enregistré chaque volume dans des villes différentes auparavant, Berstein a cette fois décidé de rester chez lui, dans la ville de Oakland (Californie) afin de donner vie aux 12 titres qui composent ce "diaspora suite". Appel de ces plus camarades musiciens de la west coast (dont les reconnus Ben Goldberg, Peter Apfelbaum, ou John Schott) et enregistrement express dans une même pièce durant une unique journée, de 12h à 6h du soir avec une pause déjeuner au milieu (!). Du trés trés lourd. Dans la tradition musicale Hébraïque satiné de Miles Davis/Gil Evans, c'est du jazz absolument magnifique auxquel on a le droit. Virtuosité, improvisation, ambiance sombre, c'est un trés grand moment de musique. Volume important de la radical jewish !