Si je peux certes donner mon modeste avis sur quelques disques glaner par çi, par la, je déteste faire les lives reports, je me sens tout simplement mauvais dans cet exercice. De plus, ne vous étonnez pas de commentaires idiots et futiles de ma part, ainsi que du manque de détails ou de ne pas enjoliver le récit, tout ceci est NORMAL ! (don't like it, don't read it !).
Après avoir fait plusieurs dates européennes récentes dont il est d'ailleurs coutumier (le North jazz festival, celui de Vienne, la tuile de la date de Paris qui a été annulé pour au final être déplacé au New morning, petit club de jazz de la capitale, etc...), John Zorn s'offre une excursion dans le sud pour offrir son marathon au festival de Jazz de San Sébastian (dont nous sommes déjà allé) et pour la premier à celui de Marseille dans un cadre magnifique, le palais Longchamp étant un magnifique vestige de la grandeur de Marseille autrefois...
Masada quartet : On prend les même et on recommence ! c'est quasi une tradition que Zorn ouvre ses marathons lui même, en soufflant, postillonnant et couinant comme un furieux. Et comme très souvent, ce sera avec son groupe historique Masada, qui continueront certainement à jouer jusqu'à la mort de l'un d'entre eux. Petit coup de vieux d'ailleurs pour Dave Douglas et Greg Cohen, Joey Baron est toujours aussi fort à la batterie, et leur jazz est toujours aussi magique à entendre, la cohésion de groupe tutoie sans problème l'excellence, et ceux depuis de nombreuses années
Mark Feldman/Sylvie Courvoisier : Comme dans les marathons Book of angels d'il y a une décennie, le duo/couple est placé en seconde place étrangement, comme si qu'il s'agissait d'une requête de leur part (à moins que ce ne soit une volonté de Zorn...). Le couple joue depuis tellement longtemps la aussi, que les quelques titres bagatelles jouaient ici sonnait parfais. Sylvie est toujours aussi bourrine avec son piano (parfois, elle ne joue pas léger, elle tape du poing dessus !) et son mari suit parfaitement derrière. Comme d'habitude serait t'on tenter de dire...
Mary Halvorson quartet : Enfin du sang neuf dans le marathon ! je n'avais jamais vu, ni entendu cette formation que j'ai beaucoup aimé. La formation rythmique était impeccable (un jeune batteur avec Drew Gress, vieux briscard de la downtown...), puis il y avait ces deux guitaristes assez différents dans leur jeu, mais complétement raccord dans les compositions. Mary Halvorson, dans sa petite robe verte, qui jouait de manière très atonale, en suivant attentivement sa partition, et son comparse Miles Okazaki qui lui était en roue libre complète, enchainant les arpèges ultra mélodiques puis de la dissonance totale en partant dans des délires improvisés géniaux et bruitistes à souhait. Et c'était encore pire quand sur le dernier morceau, on lui a laissé une pédale de disto à disposition. Un set entre rigueur jazz et fureur parfois rock, vraiment du plaisir à voir et à entendre...
Erik Friedlander / Mike Nicholas duo : Friedlander était déjà présent sur le book of angels et sur les marathons à l'époque, il rempile une nouvelle fois en s'étant trouvé un pote avec qui jouer. Chamber music belle et virtuose avec deux violoncelles. Un set entier d'une heure serait peut être un peu long, pour une vingtaine de minutes, c'est juste parfait...
Trigger : Zorn y va de sa blague "After the chamber music, we need a Punk band ! What else ?" lors de la présentation du groupe (qu'il fera avec chaque formation). Le groupe le plus jeune de la bande et donc le plus foufou. Ce genre de formation qui insupporte les vieux jazzeux qui ont pris leurs abonnements pour toutes les dates du festival et qui sont la pour le jazz conventionnel. Rien de tout ça ici, plutôt un Math rock bien bien noise et furax, du bonheur pour nous ! Ils ont joués pas mal de titres et ça a décapé les oreilles de l'assemblée. Rien de bien punk dans la musique (aucun groupe punk ne serait capable de jouer de manière aussi technique) mais plutôt dans l'attitude ou le bassiste à cinq cordes remporte la palme, tapant du poing sur sa basse, se roulant par terre ou bien saute à pied joint de manière rageuse sur la scène. Génial !
Craig Taborn solo : Comme Uri caine à l'époque, toujours un set de piano solo. Toujours un petit peu chiant, ça permet de faire un tour pour aller prendre à boire en écoutant au loin...
John Medeski Trio : le medeski, martin and wood enterré, John Medeski s'est trouvé un nouveau duo pour l'accompagner dans ses pérégrinations zorniennes. Ca sonne comme avant pour le coup ! j'encaisse un petit peu plus son orgue strident cette fois çi. Le gros batteur black Calvin Weston fais le taff comme il faut (solo à l'appuis) et le guitariste est très bon également, L'ensemble sonnait parfois un petit peu funky...
Nova quartet : Je préfére largement John Medeski au piano dans la formation du Nova quartet (rescapé en tant que groupe lorsque ils ont enregistré "Nova express" de Zorn il y a déjà quelques années). Ca joue formidablement bien, c'est juste magnifique. Joey Baron au top avec son jeu de batterie jazzy et souple, mais tout en subtilité. On est content de voir notre copain Trevor Dunn, toujours aussi balèze. Mais la star de cette formation, c'est Kenny Wollesen ("aka le mac Lesgy new yorkais") avec son vibraphone. Il joue de manière virtuose cette instrument, juste un plaisir des yeux à voir...
Gyan Riley/Julian Lage : Je n'ai pas entendu les disques du duo qu'ils ont fait pour John Zorn encore. Mais c'était somme toute très sympathique à écouter en concert. Duo de gratte acoustique, mais qui sonne et joue ultra virtuose, on est loin de la reprise d'oasis bourré un samedi soir. J'ai hâte de découvrir sur disque...
Brian Marsella Trio : Pure formation jazz, on retombe toujours sur les pattes du cadre d'un festival de jazz malgré les digressions, c'est certainement la diversité et la magie Zornienne. Kenny Wollesen repasse à la batterie, et il excelle aussi dans ce rôle (n'oublions pas qu'il a fait de l'intérim pour Masada dans les années 90), Trevor Dunn quitte de plus en plus son carcan rock pour devenir un vrai jazzeux et Brian Marsella est un super pianiste. On l'avait déjà vu dans le cadre du Banquet of spirits (un peu éclipsé par Cyro Baptista), mais il prend ici toute la lumière du trio, et c'est une bête, aucun doute la dessus...
Ikue Mori : l'interrogation de la soirée. Pourquoi ? c'est la question qui nous vient à l'esprit. Le rendu visuel est famélique, et la performance est étrange. On ne sait pas si on aime ou pas, on y trouve un intérêt plus que limité, je vois même pas trop comment elle a pu interprété des partitions du bagatelles. Ces disques m'ont toujours laissé perplexe, et son laptop me laisse un peu de marbre. Zorn l'emmène pourtant quasiment partout, tel un porte bonheur. Ne cherchons pas trop à comprendre, mais après plus de trois heures de concert, elle aura un peu dissipé la soirée (pour être polis...)
Kriss Davis : Heureusement, Kriss Davis reprend le flambeau avec brio pour nous offrir la aussi un pur set de jazz. Kenny Wollesen, Drew Gress et Mary Halvorson sont de retour à la batterie/basse/guitare et jouent incroyablement bien tous ensemble. Et Kriss Davis fait le liant de tout ça en survolant les partitions bagatelles avec son piano. Vraiment un super set de jazz traditionnel...
Peter Evans solo : Avec sa trompette, ses lunettes de soleil et son coté rock star en vacance, Peter Evans nous a servis une prestation costaud ou souffle continu et technique ultra pointue ont cohabité durant 20 minutes. Personnellement, j'ai trouvé ça cool, je sais pas si c'est le cas de tous le monde en revanche...
Asmodeus : Il fallait bien finir ce marathon par une énorme claque. Un trio allait nous la donner. Marc Ribot est dans la place, ça reste le king du game. Trevor Dunn quitte enfin sa contrebasse pour prendre sa basse Fender precision de 1975, et Kenny Grohowski s'assoit derrière le kit de batterie, déterminé à nous prouver que Ches Smith est certes un bon batteur, mais qu'il faut un peu de puissance aussi pour le free rock. John Zorn s'assoit à coté d'eux pour les guider dans les improvisations et dissonances les plus sauvages. Ribot déchire ses cordes, tout comme Trevor qui tape du poing dessus ou utilise un stylet pour faire du slide débridé. Puis Kenny ! mais quel monstre ! Vu son âge, peut être le meilleur batteur de la soirée. Jazzy, rapide, puissant, méchant alternant roulements de dingue et blast beats ultra virulent et étant comme un poisson dans l'eau de cette formation Asmodeus. Un super set pour finir, le public est conquis. Les 29 musiciens reviennent sur scène (quel logistique à chaque fois !). Zorn présente, harangue la foule puis redonne l'ordre à tous les zicos de se rentrer, en bon chef d'orchestre qu'il est. Merci pour cette soirée, Maestro New yorkais...
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dimanche 28 juillet 2019
vendredi 10 août 2012
JOHN ZORN'S BOOKS OF ANGELS (Marciac, France, 6/08/2012)
Si je peux certes donner mon modeste avis sur quelques disques glaner par çi, par la, je déteste faire les lives reports, je me sens tout simplement mauvais dans cet exercice. De plus, ne vous étonnez pas de commentaires idiots et futiles de ma part, ainsi que du manque de détails ou de ne pas enjoliver le récit, tout ceci est NORMAL ! (don't like it, don't read it !).
Sachant que je suis allé le voir bien plus loin (Verona, Milan, NY, Paris, entre autre), il était assez logique de se déplacer au festival de jazz de Marciac dans le Gers pour aller voir une sympathique affiche de l'incarnation du Book of angels de John Zorn : une première pour ma part, et un chouette cadre de festoche (en vrac : petit village, des bars, des animations partout,des stands de bouffe partout, du foie gras, des groupes de jazz jouant à tout heure, et une ambiance feria du sud ouest mortel).
Abraxas : après une looonngue première partie d'Avishai Cohen, jazz chiant et poussif, c'est aux alentours de 23 heures que les "petits jeunes" qui interprètent le book of angels 19 montent sur scène. Je n'ai jamais écouté encore ce volume (il vient de sortir il y a peu sur Tzadik) donc pleine surprise pour ma part. Un set de rock noisy d'une quarantaine de minutes qui sera bien cool pour les oreilles très initiés de l'univers Zornien : le chapiteau de Marciac doit bien compter environ 5000 personnes, 1/3 du public s'est barré au bout de 3 minutes (majoritairement agé), on est passé du rang 38 au rang n°4, ce qui est plutôt chouette. Shanir bidule à l'air de diriger un peu le business, il regarde beaucoup les autres musiciens avec un instrument cosmique qui s'appelle du Gimbri, une espèce de basse à trois cordes du Ghana. Le batteur metalleux Kenny Grohowsky est en mode énervé, Eyal maoz est assis et attentif (limite attentiste), et laisse Aram Bajakian s'éclater avec l'autre guitare : ce mec est un sacré guitariste, il aura fait un festival de dissonance noisy, de solos sauvages, de riffs bourrins, avec une énergie rock bien cool. Un super set et j'ai hâte d'entendre ce fameux volume en studio...
Aleph trio : J'avais déjà vu l'incarnation de ce trio à Paris il y a deux ans (avec Baron et Trevor Dunn, pour un set sauvage et déchaîné, proche de Painkiller), ce second set de l'Aleph trio n'avait strictement rien à voir. Cette prestation sentait surtout le "bouche trou" pour John Zorn qui était un peu en rade de musiciens : Shanir est donc présent à la contrebasse, Zorn au saxo, et Ches Smith à la batterie, en total roue libre pour le coup, ce qui nous prouve que ce mec est un monstre dérrière les fûts. Hélas, les improvisations n'était pas toute incontournables (un bon moment pur jazz au début, ça s'est un peu enlisé par la suite). Puis le set s'est un peu énervé, un autre tiers de la salle s'est barré, on bascule au rang n°2, c'est cool. Des titres de masada ont été joué (dont un "Shilim" tonitruant), mais force de constater que l'ensemble était moins cohérent qu'avec les musiciens de Masada (Shanir et Ches était un peu largué parfois). Une prestation en demi teinte mais on aura eu le plaisir de voir John Zorn et de l'entendre couiner, et ça, ça n'a pas de prix...
Secret chiefs 3 : je les ai déjà vu 3 fois, puis une fois interprété trois titres de "Xaphan" lors du Masada marathon de NY. Ils auront joué tous le disque pour le coup, lors d'une prestation tellement impériale qu'elle valait le déplacement à elle seule, il reste moins d'un tiers de la salle, on est au premier rang désormais. Sans leur grimmrobes (dommage), ils auront survoler le débat d'interpréter le volume 9 du bouquin des anges : Matt Lebofsky impec' aux claviers, April Centrone convenue aux percus, Timb Harris élément important au violoncelle, Ches Smith encore plus à l'aise derrière sa batterie, Gyan Riley très présent avec sa gratte, plus parfois que Trey Spruance, assez discret avec sa barbiche et ses bottes en cuir, mais en bonne tête pensante de sa formation. La surprise viendra aussi de la présence de Toby Driver, leader de Kayo dot, et à l'aise dans le rôle de bassiste de luxe (c'était trevor Dunn la dernière fois que je les ai vus, Secret chiefs ne semble plus avoir de bassiste attitré). Le public, bien que peu nombreux (environ 500 personnes je pense) dans ce grand chapiteau, est chaud bouillant, se lève et forme une fosse. Surprise, tous les musiciens se retrouvent sur scène pour interpréter un titre explosif de l'Electric masada (vous me rappellerez lequel, je ne me souviens plus de son nom) dans un délire improvisé bien cool. Départ. Puis le public hurle comme des dingues, on est au milieu d'un champs dans le Gers, on peut foutre le bordel, et les gars viennent de NY. Alors ils reviennent pour faire un game piece digne de Cobra avec John Zorn en chef d'orchestre : une ligne de guitaristes ultra high energy (4 gratteux si vous suivez, dont un Aram Bajakian en transe et ravis d'être la), deux bassistes (dont un Toby Driver qui toise amusé John Zorn qui s'agite), trois percussionnistes/batteurs, puis le clavier/violon. Tous le monde s'éclate, c'est une explosion sonique, un capharnaum sonore dirigé par Zorn, mais c'est vraiment trippant à voir. Salutations, clap de fin, il doit être deux plombes du mat', on est assommé par l'alcool, le foie gras, et la déferlante de son, mais on est heureux. Un super concert qu'il ne fallait pas rater.
Cheers !
Edit : j'ai fait quelques photos cool, mais il y a déjà des vidéos pros qui circule sur le tube, regardez les liens dans le blog du Zornographe (lien ci contre)
Sachant que je suis allé le voir bien plus loin (Verona, Milan, NY, Paris, entre autre), il était assez logique de se déplacer au festival de jazz de Marciac dans le Gers pour aller voir une sympathique affiche de l'incarnation du Book of angels de John Zorn : une première pour ma part, et un chouette cadre de festoche (en vrac : petit village, des bars, des animations partout,des stands de bouffe partout, du foie gras, des groupes de jazz jouant à tout heure, et une ambiance feria du sud ouest mortel).
Abraxas : après une looonngue première partie d'Avishai Cohen, jazz chiant et poussif, c'est aux alentours de 23 heures que les "petits jeunes" qui interprètent le book of angels 19 montent sur scène. Je n'ai jamais écouté encore ce volume (il vient de sortir il y a peu sur Tzadik) donc pleine surprise pour ma part. Un set de rock noisy d'une quarantaine de minutes qui sera bien cool pour les oreilles très initiés de l'univers Zornien : le chapiteau de Marciac doit bien compter environ 5000 personnes, 1/3 du public s'est barré au bout de 3 minutes (majoritairement agé), on est passé du rang 38 au rang n°4, ce qui est plutôt chouette. Shanir bidule à l'air de diriger un peu le business, il regarde beaucoup les autres musiciens avec un instrument cosmique qui s'appelle du Gimbri, une espèce de basse à trois cordes du Ghana. Le batteur metalleux Kenny Grohowsky est en mode énervé, Eyal maoz est assis et attentif (limite attentiste), et laisse Aram Bajakian s'éclater avec l'autre guitare : ce mec est un sacré guitariste, il aura fait un festival de dissonance noisy, de solos sauvages, de riffs bourrins, avec une énergie rock bien cool. Un super set et j'ai hâte d'entendre ce fameux volume en studio...
Aleph trio : J'avais déjà vu l'incarnation de ce trio à Paris il y a deux ans (avec Baron et Trevor Dunn, pour un set sauvage et déchaîné, proche de Painkiller), ce second set de l'Aleph trio n'avait strictement rien à voir. Cette prestation sentait surtout le "bouche trou" pour John Zorn qui était un peu en rade de musiciens : Shanir est donc présent à la contrebasse, Zorn au saxo, et Ches Smith à la batterie, en total roue libre pour le coup, ce qui nous prouve que ce mec est un monstre dérrière les fûts. Hélas, les improvisations n'était pas toute incontournables (un bon moment pur jazz au début, ça s'est un peu enlisé par la suite). Puis le set s'est un peu énervé, un autre tiers de la salle s'est barré, on bascule au rang n°2, c'est cool. Des titres de masada ont été joué (dont un "Shilim" tonitruant), mais force de constater que l'ensemble était moins cohérent qu'avec les musiciens de Masada (Shanir et Ches était un peu largué parfois). Une prestation en demi teinte mais on aura eu le plaisir de voir John Zorn et de l'entendre couiner, et ça, ça n'a pas de prix...
Secret chiefs 3 : je les ai déjà vu 3 fois, puis une fois interprété trois titres de "Xaphan" lors du Masada marathon de NY. Ils auront joué tous le disque pour le coup, lors d'une prestation tellement impériale qu'elle valait le déplacement à elle seule, il reste moins d'un tiers de la salle, on est au premier rang désormais. Sans leur grimmrobes (dommage), ils auront survoler le débat d'interpréter le volume 9 du bouquin des anges : Matt Lebofsky impec' aux claviers, April Centrone convenue aux percus, Timb Harris élément important au violoncelle, Ches Smith encore plus à l'aise derrière sa batterie, Gyan Riley très présent avec sa gratte, plus parfois que Trey Spruance, assez discret avec sa barbiche et ses bottes en cuir, mais en bonne tête pensante de sa formation. La surprise viendra aussi de la présence de Toby Driver, leader de Kayo dot, et à l'aise dans le rôle de bassiste de luxe (c'était trevor Dunn la dernière fois que je les ai vus, Secret chiefs ne semble plus avoir de bassiste attitré). Le public, bien que peu nombreux (environ 500 personnes je pense) dans ce grand chapiteau, est chaud bouillant, se lève et forme une fosse. Surprise, tous les musiciens se retrouvent sur scène pour interpréter un titre explosif de l'Electric masada (vous me rappellerez lequel, je ne me souviens plus de son nom) dans un délire improvisé bien cool. Départ. Puis le public hurle comme des dingues, on est au milieu d'un champs dans le Gers, on peut foutre le bordel, et les gars viennent de NY. Alors ils reviennent pour faire un game piece digne de Cobra avec John Zorn en chef d'orchestre : une ligne de guitaristes ultra high energy (4 gratteux si vous suivez, dont un Aram Bajakian en transe et ravis d'être la), deux bassistes (dont un Toby Driver qui toise amusé John Zorn qui s'agite), trois percussionnistes/batteurs, puis le clavier/violon. Tous le monde s'éclate, c'est une explosion sonique, un capharnaum sonore dirigé par Zorn, mais c'est vraiment trippant à voir. Salutations, clap de fin, il doit être deux plombes du mat', on est assommé par l'alcool, le foie gras, et la déferlante de son, mais on est heureux. Un super concert qu'il ne fallait pas rater.
Cheers !
Edit : j'ai fait quelques photos cool, mais il y a déjà des vidéos pros qui circule sur le tube, regardez les liens dans le blog du Zornographe (lien ci contre)
John Zorn + Ryuichi Sakamoto (The Stone, NYC, 25/04/2012)
Si je peux certes donner mon modeste avis sur quelques disques glaner par çi, par la, je déteste faire les lives reports, je me sens tout simplement mauvais dans cet exercice. De plus, ne vous étonnez pas de commentaires idiots et futiles de ma part, ainsi que du manque de détails ou de ne pas enjoliver le récit, tout ceci est NORMAL ! (don't like it, don't read it !).
Petit retour rapide sur mon excursion 2012 à New York (je m'y rend chaque année, meilleur ville au monde oblige), j'ai eu la chance d'aller voir la reformation de Refused en concert, et aussi (malgré que ce soit purement tombé au pif) d'aller voir un set au Stone, et pas n'importe lequel, puisqu'il s'agissait de la rencontre entre Ryuichi Sakamoto (curateur du stone durant une partie du mois) et John Zorn, créateur et directeur artistique du club. Nous avons bien cru ne jamais rentré car il y avait déjà pas mal de monde devant l'entrée lors de notre arrivée, mais c'est sans compter sur la débrouillardise de Zorn qui a tassé le club lui même comme un sapeur pompier, faisant asseoir les gens par terre à même la scène (on devait être environ une petite centaine). Je me suis retrouvé assis à deux mètres de lui, fun !
Sinon, un piano sur lequel Sakamoto restera très évasif, tapant et bidouillant les cordes la tête directement dans l'instrument et jouant de manière très éparse et vague, ce qui donnait l'impression que c'est Zorn qui faisait tout le boulot au saxo. Au jeu de l'improvisation, c'est le maître de l'East village en la matière, alors ça reste du solide, il nous fera un festival. Quelques passages ambiant très agréable se dégageront du set, mais l'association aura du mal à décoller, la symbiose entre les musiciens n'étant pas des meilleures. Chaque set du stone dure normalement deux heures, 40 minutes plus tard, c'est déjà le final, même si Zorn aura joué sans s'interrompre, chapeau bas...
Petit retour rapide sur mon excursion 2012 à New York (je m'y rend chaque année, meilleur ville au monde oblige), j'ai eu la chance d'aller voir la reformation de Refused en concert, et aussi (malgré que ce soit purement tombé au pif) d'aller voir un set au Stone, et pas n'importe lequel, puisqu'il s'agissait de la rencontre entre Ryuichi Sakamoto (curateur du stone durant une partie du mois) et John Zorn, créateur et directeur artistique du club. Nous avons bien cru ne jamais rentré car il y avait déjà pas mal de monde devant l'entrée lors de notre arrivée, mais c'est sans compter sur la débrouillardise de Zorn qui a tassé le club lui même comme un sapeur pompier, faisant asseoir les gens par terre à même la scène (on devait être environ une petite centaine). Je me suis retrouvé assis à deux mètres de lui, fun !
Sinon, un piano sur lequel Sakamoto restera très évasif, tapant et bidouillant les cordes la tête directement dans l'instrument et jouant de manière très éparse et vague, ce qui donnait l'impression que c'est Zorn qui faisait tout le boulot au saxo. Au jeu de l'improvisation, c'est le maître de l'East village en la matière, alors ça reste du solide, il nous fera un festival. Quelques passages ambiant très agréable se dégageront du set, mais l'association aura du mal à décoller, la symbiose entre les musiciens n'étant pas des meilleures. Chaque set du stone dure normalement deux heures, 40 minutes plus tard, c'est déjà le final, même si Zorn aura joué sans s'interrompre, chapeau bas...
mardi 5 avril 2011
MASADA MARATHON - David Koch Theater, New York city Opera (30/03/2011)
Si je peux certes donner mon modeste avis sur quelques disques glaner par çi, par la, je deteste faire les lives reports, je me sens tout simplement mauvais dans cet exercice. De plus, ne vous étonnez pas de commentaires idiots et futiles de ma part, ainsi que du manque de détails ou de ne pas enjoliver le recit, tout ceci est NORMAL ! (don't like it, don't read it !). Je vous rappelle aussi que j'ai écris un report du premier Marathon à Milan sur ce même blog (j'aurais pu faire copier-coller parfois...)
Nous revoila donc pour de nouvelles aventures avec l'ami Zorn, puisqu'on a eu la chance de partir directement à New York, ville si chère à notre compositeur favori. Un petit détour par nos péripéties dans la grosse pomme (liste pas exhaustive, on est resté quelques jours aprés le Marathon): aprés une arrivée fracassante ou nous sommes allés voir les 25 ans de Sick of it all, légende du Hardcore new yorkais, au webster hall (le conflit en Libye, c'étais un thé dansant à coté...), nous avons donc essayé de nous incruster au Miller Theater de la columbia university pour assister au Benefit for Japan show le dimanche 27 mars. Regroupant Ribot, l'aleph trio, Patton, Sonic youth, Cibo matto entre autres, l'affiche avait de quoi faire saliver. Vous imaginez notre blase quand on est resté dehors comme des cons car on n'avait pas de tickets, le show étant sold out en seulement 3 heures sur internet (600 places). On aura tout essayé pour rentrer, on aura les flics (très sympa au demeurant) au final qui nous dise de partir, nous et deux filles très fans de Patton. On ira se saouler dans des bars de Chelsea pour se venger de notre mécontentement...
Mardi 29 mars, aprés avoir pris un solide apéro dans les pubs de l'East village, on débarque au corner de la 2nd street et avenue C pour se rendre au Stone, la salle de concert de qui vous savez. On galérera pour la trouver, si tu vire le sticker minuscule devant l'entrée, c'est la porte la plus anonyme du monde. Le lieu est minuscule, ça étonne, et demeure très etrangement disposé (les toilettes sont dérrière la scène, nous serons placés nous aussi dérrière les artistes, à un métre d'eux). 53 places en tout et pour tout, on les a compté. Un petit set d'expérimental avec Ikue Mori au laptop, DJ Olive aux platines, et Billy Martin à la batterie et aux percus. On a bien apprécié...
Le lendemain, aprés un resto tenus par des mafieux (si, si...) dans Little Italy (délicieux d'ailleurs), on choppe un taxi pour se rendre au David Koch theater pour voir donc la fameux marathon, le deuxième en ce qui concerne mon pote Alex et moi même, puisqu'on s'était déjà rendu à Milan en novembre dernier (report disponible). A noter justement que ce n'etait pas du tout le programme de prévu : on devait avoir droit à la première de Moonchild, un set avec Lou reed, l'Aleph trio, etc...On a donc été un peu déçus du changement, mais ce marathon restera magique de bout en bout de toute façon (puis soyons conscient de notre chance d'avoir pu assister au deux...). Le New york city Opera est absolument magnifique, avec pas moins de quatres étages, on était mortellement placé (quasiment devant). Je suis sur des ordres de passage cette fois.
Masada quartet : John Zorn en treillis orange, Dave Douglas de nouveau avec son béret sur la tête. J'aurais pu noter la même chose qu'à Milan, puisque les titres joués sont les mêmes. La cohésion du groupe impressionne touours d'entrée de jeu. La folie furieuse de Joey Baron, les batailles trompette/sax, les stop and go bargeots, on les a déjà vu 4 fois, on s'en remet toujours pas à chaque fois...
Sylvie Courvoisier / Mark Feldman : les quatres premiers titres de Malphas interprété toujours avec autant de justesse. La 3eme fois que je les vois en moins d'un an, j'ai eu ma ration pour les années à venir cependant...
Banquet of the spirits : Zorn les présente comme un groupe « incroyable ». Shanir blumenetc à quitter son poste pour laisser place à un contrebassiste qui prend de la drogue et un guitariste qui apportera beaucoup au set. La cohésion du groupe est vraiment puissante. Cyro Baptista est un percussioniste incroyable, avec des percussions vraiment unique, et jouant comme un chef les instrus brésiliens. La folie ambiante qui se dégage des titres est communicative, et j'ai hâte d'écouter leur opus (je l'ai acheté à la fameuse « downtown music gallery »). Pas mal de personnes du public seront scotchés au siège.
Mycale : les quatre girls débarquent avec des robes plus jolies qu'à Milan. Les quatres même titres seront chantés, et je pourrai faire la même remarque sur l'omniprésence de Ayalet rose qui lance quasiment tous les morceaux (elle a d'ailleurs un diapason pour s'aider). Leur performance est cependant envoutante, et demeure un véritable acte de bravoure vocal. On s'en rend compte d'autant plus que les vocalises sont en théorie (et seulement qu'en théorie) à la portée de tout le monde, contrairement à une dextérité d'instrument. Je l'avoue, j'ai encore plus apprécié ce set, et aurait été prêt à entendre le disque au complet, qui l'eut cru, sachant que ma kronik du disque avait été assez négative...
Medeski, Martin & Dunn : « Chris Wood est en tournée, voici donc son remplacant », c'est ainsi que Zorn présente ce trio purement inédit. Trevor Dunn qui demeure à proprement parler le musicien de la soirée, puisque présent de nombreuse fois sur scène. Le bassiste aura cependant un peu de mal à s'associer à Billy Martin, batteur en roue libre qui cassera un peu la rythmique du trio. De plus, Dunn a apparement appris les morceaux (pas de partitions), et s'en ai mieux sortis avec sa contrebasse qu'avec sa basse. Mais sa présence était globalement bénéfique par rapport au trio originel, avec des moments d'improvisation bien sentie (il est excellent dans ce domaine). John Medeski est fatiguant avec son orgue...
Bar Kokhba : Les 3 premiers titres de « Lucifer » joués, exactement comme à Milan. Toujours aussi beau, on reste cependant attristé que l'album ne soit pas joué dans son intégralité, frustration quand tu nous tiens. On entendais beaucoup Marc Ribot (peut être un peu trop...), Zorn dirige toujours avec classe, les cordes sont magnifiques, et c'est rythmiquement du costaud. La plus belle incarnation Post-Masada je pense...
Intermission de 15 minutes...
Secret chiefs 3 : John Zorn a l'air particulièrement ravis qu'ils soient la (« ils viennent de Californie, faites leur un triomphe... »). Sans Grimmrobes, Trey Spruance, Timb Harris, Jason Schimmel, Ches Smith, une percussioniste et un claviériste, et revoila Trevor Dunn de nouveau à la basse, beaucoup plus à l'aise d'ailleurs que son set précédent. Les 2/3 de la formation présente de la salle, plus d'un fan de Bungle se met à rêver. Mais pour le coup, c'est Spruance qui méne le bal, avec trois titres de « Xaphan » superbement interprétés. Peut être pas le set le plus barge (Cyro Baptista et son banquet sont bien décadent dans le domaine), mais de loin le plus saturé avec ses deux grattes électriques. C'étais énorme, et surtout la principale démarquation par rapport à Milan.
Erik Friedlander : Impeccable une nouvelle fois. « Volac » est vraiment une superbe oeuvre. Un élément essentiel du downtown, le mec touche sa bille avec son instrument...
The dreamers : Idem qu'à Milan, les 3 premiers titres de « Ipos ». Retour de trevor Dunn une nouvelle fois, Ribot monstrueux, et formation sublime. Nouvelle frustration, jouez 15 titres les gars, nom de nom ! Pas grand chose à dire de plus. Zorn aurait annoncé qu'un nouvel album a été enregistré quelques jours avant (avec Patton) selon les bruits, mais sachez que je ne l'ai aucunement entendu (non, je n'avais pas piccolé cette fois çi). Cependant, Patton était à NY durant quelques jours, c'est absolument certain...
Uri Caine : Il faut remettre dans le contexte cette prestation : non seulement on voyais à peine le musicien (un orgue était placé devant le piano, on ne distinguait que ses cheveux) et on vient d'écouter plus de deux heures de concert. C'est donc sur ces deux faits que Uri Caine aura réussi le tour de force d'endormir la moitié de la salle (littéralement !). On a commencé à taper un fou rire quand on a vu les personnes agés s'endormir la tête en arrière la bouche ouverte, ou que mon voisin d'à coté (un papy en costard) s'est mis à fortement ronfler. Bref, sa prestation était bonne dans le genre, mais la place dans la programation n'étais vraiment pas judicieuse...
Masada string trio : avec Masada, la formation qui posséde la meilleure cohésion, c'est quasiment télépathique à ce niveau la. Zorn est toujours assis face au trio pour diriger, mais c'est surtout la virtuosité des musiciens qui l'emporte dans ce tourbillon lyrique d'une beauté absolu. Un deuxième book of angels griffé de leur nom a du apparaître comme une évidence pour John Zorn. J'accroche mieux sur scène que sur disque cependant.
Electric Masada : Trevor Dunn a rencontré quelques problèmes pour le reglage de sa basse, obligeant tout le groupe à l'attendre durant quelques minutes (railleries de Zorn à l'appui). Big band, Grosse masse sonore, titres identiques à Milan. La seule surprise est evidemment l'apparition de Mike Patton sur la dernière pièce « Idalah-abal » qui se contenta de suivre le morceau vocalement en gueulant parfois comme un âne. Une prestation assez moyenne en somme, mais une véritable exclusivité en soi puisque le big band ne s'était jamais associé au vocaliste. Zorn a du l'utiliser en studio en revanche. Affaire à suivre...
Fin du concert, tous le monde est debout, cinq minutes aprés, tout le monde est partis (contrairement en Italie ou tous le monde était à fond). A noter aussi qu'au moins une cinquantaine de personnes se sont cassés à l'entracte, laissant une partie des sièges vides. Oui, Zorn est une figure récurrente new yorkaise et il n'y a rien d'exceptionnel de le voir jouer dans la big apple. Ca nous rappelle qu'on est pas forcément prophéte dans son pays. J'ai pu écouter Marc Ribot discuter avec quelques gars aprés le concert (il est vraiment sympa...) et John Zorn n'aime vraiment pas tout ce qui est hors contexte musical : il discutait avec des amis à lui sur le rebord de la scène puis il s'est empressé de filer quand 3 ou 4 pauvres bougres ont voulu se faire signer des trucs (j'ai assisté à la scène avec amusement tandis que je cherchais mon écharpe dans l'opéra aprés le concert) : c'est con, j'aurais bien aimé lui parler un peu. Next time i guess...
Cheers fellows !
Nous revoila donc pour de nouvelles aventures avec l'ami Zorn, puisqu'on a eu la chance de partir directement à New York, ville si chère à notre compositeur favori. Un petit détour par nos péripéties dans la grosse pomme (liste pas exhaustive, on est resté quelques jours aprés le Marathon): aprés une arrivée fracassante ou nous sommes allés voir les 25 ans de Sick of it all, légende du Hardcore new yorkais, au webster hall (le conflit en Libye, c'étais un thé dansant à coté...), nous avons donc essayé de nous incruster au Miller Theater de la columbia university pour assister au Benefit for Japan show le dimanche 27 mars. Regroupant Ribot, l'aleph trio, Patton, Sonic youth, Cibo matto entre autres, l'affiche avait de quoi faire saliver. Vous imaginez notre blase quand on est resté dehors comme des cons car on n'avait pas de tickets, le show étant sold out en seulement 3 heures sur internet (600 places). On aura tout essayé pour rentrer, on aura les flics (très sympa au demeurant) au final qui nous dise de partir, nous et deux filles très fans de Patton. On ira se saouler dans des bars de Chelsea pour se venger de notre mécontentement...
Mardi 29 mars, aprés avoir pris un solide apéro dans les pubs de l'East village, on débarque au corner de la 2nd street et avenue C pour se rendre au Stone, la salle de concert de qui vous savez. On galérera pour la trouver, si tu vire le sticker minuscule devant l'entrée, c'est la porte la plus anonyme du monde. Le lieu est minuscule, ça étonne, et demeure très etrangement disposé (les toilettes sont dérrière la scène, nous serons placés nous aussi dérrière les artistes, à un métre d'eux). 53 places en tout et pour tout, on les a compté. Un petit set d'expérimental avec Ikue Mori au laptop, DJ Olive aux platines, et Billy Martin à la batterie et aux percus. On a bien apprécié...
Le lendemain, aprés un resto tenus par des mafieux (si, si...) dans Little Italy (délicieux d'ailleurs), on choppe un taxi pour se rendre au David Koch theater pour voir donc la fameux marathon, le deuxième en ce qui concerne mon pote Alex et moi même, puisqu'on s'était déjà rendu à Milan en novembre dernier (report disponible). A noter justement que ce n'etait pas du tout le programme de prévu : on devait avoir droit à la première de Moonchild, un set avec Lou reed, l'Aleph trio, etc...On a donc été un peu déçus du changement, mais ce marathon restera magique de bout en bout de toute façon (puis soyons conscient de notre chance d'avoir pu assister au deux...). Le New york city Opera est absolument magnifique, avec pas moins de quatres étages, on était mortellement placé (quasiment devant). Je suis sur des ordres de passage cette fois.
Masada quartet : John Zorn en treillis orange, Dave Douglas de nouveau avec son béret sur la tête. J'aurais pu noter la même chose qu'à Milan, puisque les titres joués sont les mêmes. La cohésion du groupe impressionne touours d'entrée de jeu. La folie furieuse de Joey Baron, les batailles trompette/sax, les stop and go bargeots, on les a déjà vu 4 fois, on s'en remet toujours pas à chaque fois...
Sylvie Courvoisier / Mark Feldman : les quatres premiers titres de Malphas interprété toujours avec autant de justesse. La 3eme fois que je les vois en moins d'un an, j'ai eu ma ration pour les années à venir cependant...
Banquet of the spirits : Zorn les présente comme un groupe « incroyable ». Shanir blumenetc à quitter son poste pour laisser place à un contrebassiste qui prend de la drogue et un guitariste qui apportera beaucoup au set. La cohésion du groupe est vraiment puissante. Cyro Baptista est un percussioniste incroyable, avec des percussions vraiment unique, et jouant comme un chef les instrus brésiliens. La folie ambiante qui se dégage des titres est communicative, et j'ai hâte d'écouter leur opus (je l'ai acheté à la fameuse « downtown music gallery »). Pas mal de personnes du public seront scotchés au siège.
Mycale : les quatre girls débarquent avec des robes plus jolies qu'à Milan. Les quatres même titres seront chantés, et je pourrai faire la même remarque sur l'omniprésence de Ayalet rose qui lance quasiment tous les morceaux (elle a d'ailleurs un diapason pour s'aider). Leur performance est cependant envoutante, et demeure un véritable acte de bravoure vocal. On s'en rend compte d'autant plus que les vocalises sont en théorie (et seulement qu'en théorie) à la portée de tout le monde, contrairement à une dextérité d'instrument. Je l'avoue, j'ai encore plus apprécié ce set, et aurait été prêt à entendre le disque au complet, qui l'eut cru, sachant que ma kronik du disque avait été assez négative...
Medeski, Martin & Dunn : « Chris Wood est en tournée, voici donc son remplacant », c'est ainsi que Zorn présente ce trio purement inédit. Trevor Dunn qui demeure à proprement parler le musicien de la soirée, puisque présent de nombreuse fois sur scène. Le bassiste aura cependant un peu de mal à s'associer à Billy Martin, batteur en roue libre qui cassera un peu la rythmique du trio. De plus, Dunn a apparement appris les morceaux (pas de partitions), et s'en ai mieux sortis avec sa contrebasse qu'avec sa basse. Mais sa présence était globalement bénéfique par rapport au trio originel, avec des moments d'improvisation bien sentie (il est excellent dans ce domaine). John Medeski est fatiguant avec son orgue...
Bar Kokhba : Les 3 premiers titres de « Lucifer » joués, exactement comme à Milan. Toujours aussi beau, on reste cependant attristé que l'album ne soit pas joué dans son intégralité, frustration quand tu nous tiens. On entendais beaucoup Marc Ribot (peut être un peu trop...), Zorn dirige toujours avec classe, les cordes sont magnifiques, et c'est rythmiquement du costaud. La plus belle incarnation Post-Masada je pense...
Intermission de 15 minutes...
Secret chiefs 3 : John Zorn a l'air particulièrement ravis qu'ils soient la (« ils viennent de Californie, faites leur un triomphe... »). Sans Grimmrobes, Trey Spruance, Timb Harris, Jason Schimmel, Ches Smith, une percussioniste et un claviériste, et revoila Trevor Dunn de nouveau à la basse, beaucoup plus à l'aise d'ailleurs que son set précédent. Les 2/3 de la formation présente de la salle, plus d'un fan de Bungle se met à rêver. Mais pour le coup, c'est Spruance qui méne le bal, avec trois titres de « Xaphan » superbement interprétés. Peut être pas le set le plus barge (Cyro Baptista et son banquet sont bien décadent dans le domaine), mais de loin le plus saturé avec ses deux grattes électriques. C'étais énorme, et surtout la principale démarquation par rapport à Milan.
Erik Friedlander : Impeccable une nouvelle fois. « Volac » est vraiment une superbe oeuvre. Un élément essentiel du downtown, le mec touche sa bille avec son instrument...
The dreamers : Idem qu'à Milan, les 3 premiers titres de « Ipos ». Retour de trevor Dunn une nouvelle fois, Ribot monstrueux, et formation sublime. Nouvelle frustration, jouez 15 titres les gars, nom de nom ! Pas grand chose à dire de plus. Zorn aurait annoncé qu'un nouvel album a été enregistré quelques jours avant (avec Patton) selon les bruits, mais sachez que je ne l'ai aucunement entendu (non, je n'avais pas piccolé cette fois çi). Cependant, Patton était à NY durant quelques jours, c'est absolument certain...
Uri Caine : Il faut remettre dans le contexte cette prestation : non seulement on voyais à peine le musicien (un orgue était placé devant le piano, on ne distinguait que ses cheveux) et on vient d'écouter plus de deux heures de concert. C'est donc sur ces deux faits que Uri Caine aura réussi le tour de force d'endormir la moitié de la salle (littéralement !). On a commencé à taper un fou rire quand on a vu les personnes agés s'endormir la tête en arrière la bouche ouverte, ou que mon voisin d'à coté (un papy en costard) s'est mis à fortement ronfler. Bref, sa prestation était bonne dans le genre, mais la place dans la programation n'étais vraiment pas judicieuse...
Masada string trio : avec Masada, la formation qui posséde la meilleure cohésion, c'est quasiment télépathique à ce niveau la. Zorn est toujours assis face au trio pour diriger, mais c'est surtout la virtuosité des musiciens qui l'emporte dans ce tourbillon lyrique d'une beauté absolu. Un deuxième book of angels griffé de leur nom a du apparaître comme une évidence pour John Zorn. J'accroche mieux sur scène que sur disque cependant.
Electric Masada : Trevor Dunn a rencontré quelques problèmes pour le reglage de sa basse, obligeant tout le groupe à l'attendre durant quelques minutes (railleries de Zorn à l'appui). Big band, Grosse masse sonore, titres identiques à Milan. La seule surprise est evidemment l'apparition de Mike Patton sur la dernière pièce « Idalah-abal » qui se contenta de suivre le morceau vocalement en gueulant parfois comme un âne. Une prestation assez moyenne en somme, mais une véritable exclusivité en soi puisque le big band ne s'était jamais associé au vocaliste. Zorn a du l'utiliser en studio en revanche. Affaire à suivre...
Fin du concert, tous le monde est debout, cinq minutes aprés, tout le monde est partis (contrairement en Italie ou tous le monde était à fond). A noter aussi qu'au moins une cinquantaine de personnes se sont cassés à l'entracte, laissant une partie des sièges vides. Oui, Zorn est une figure récurrente new yorkaise et il n'y a rien d'exceptionnel de le voir jouer dans la big apple. Ca nous rappelle qu'on est pas forcément prophéte dans son pays. J'ai pu écouter Marc Ribot discuter avec quelques gars aprés le concert (il est vraiment sympa...) et John Zorn n'aime vraiment pas tout ce qui est hors contexte musical : il discutait avec des amis à lui sur le rebord de la scène puis il s'est empressé de filer quand 3 ou 4 pauvres bougres ont voulu se faire signer des trucs (j'ai assisté à la scène avec amusement tandis que je cherchais mon écharpe dans l'opéra aprés le concert) : c'est con, j'aurais bien aimé lui parler un peu. Next time i guess...
Cheers fellows !
samedi 13 novembre 2010
MASADA MARATHON - Teatro Manzoni, Milano, Italy (08/11/10)
Si je peux certes donner mon modeste avis sur quelques disques glaner par çi, par la, je deteste faire les lives reports, je me sens tout simplement mauvais dans cet exercice. De plus, ne vous étonnez pas de commentaires idiots et futiles de ma part, ainsi que du manque de détails ou de ne pas enjoliver le recit, tout ceci est NORMAL ! (don't like it, don't read it !)
Sinon, en tans qu'habitant du sud de la France, j'ai eu la chance d'aller au Masada marathon donner en première européenne à Milan, Italie. Arrivé dans un quartier bien huppé (Gucci, Versace, Dior, etc...), On rencontre des français dans le resto en face du theâtre qui se sont déplacé de Paris. Un solide apéro et une magnifique herbe nous mettra du baume au coeur à l'entrée (en gros, on était au taquet) : Le teatro Manzoni est un magnifique endroit à l'italienne (faites travaillez votre imagination), et l'acoustique fut parfaite pour toutes les formations. A noter que je ne suis plus tout à fait sure des ordres de passage, la réponse à ce fait trois lignes au dessus...
Masada quartet : John Zorn en treillis qui présente ses potes, Dave Douglas en béret, 20 premières minutes qui nous font direct rentrer dans le bain, la magie masada se met en branle. Des stop and go de fou, Zorn qui s'agite à faire des signes, un Baron plus que monstrueux, le summum du jazz moderne à son sommet. Standing ovation dés la fin des 3 premiers titres. Mes potes étaient bouches bées, je me sentais comme un totem érotique...Ca démarre fort !
Sylvie Courvoisier et Mark Feldman : Je les ai vu il y a pas longtemps en première partie de l'Aleph trio à Paris en mai dernier, donc pas de grosse surprise. Quatre titres de Malphas joués (les 4 premiers il me semble), leur cohésion musicale (quasi sexuelle en fait...) est impressionnante. J'aime beaucoup quand Sylvie donne des coups de poings sur le piano, ça résonne à mort, c'est presque heavy.
Banquet of the spirits : une vrai surprise pour tous le monde puisque leur book of angels n'est pas sortis pour le moment. Le quatuor ne s'est pas laissé démonter, sous l'égide d'un Cyro Baptista presque hystérique par moment : il nous a sortis des percussions de dingue que même Macgyver n'oserait fabriquer. Shanir bidule est incroyable, que ce soit avec sa basse ou son oud (quel solo d'intro !). Un combo avec une cohésion passionnante, pour plusieurs titres de World music digne de ces disques sortis sur la key series de Tzadik. Une des meilleures prestations milanaise, assurément...
Mycale : Zorn vient lui même leur installer leur micro, en papa-compositeur qu'il est. Les demoiselles arrivent avec des robes pastels qui piquent au yeux. Le premier titre fut celui ou Malika Zarra lance des "je tourbillone" (me demandez pas le titre, je ne m'en souviens plus...). Leur prestation était plus intéréssante que sur disque, même si les 3 titres m'ont amplement suffis pour me faire une idée. Ayalet Rose est la plus canon des quatres, et demeure étrangement mise en avant dans la composition (des solos, lancement des rythmiques...). A l'inverse, Baysa Schecter est prodigieusement écarté, on la remarquait à peine dans le flow des trois autres...
Medeski, Martin & Wood : Présenté furtivement par Zorn. Billy Martin est un bon batteur, qui pourrait faire un malheur dans un groupe rock à tendance progressif. Malheuresement, il est accompagné par Chris Wood, l'homme qui se dandine comme un ver de terre homo avec sa basse, et John Medeski qui nous a sortis des solos insupportables et criards au possible. Je deteste "Zeabos" et je deteste ce trio. La fin du set de trois titres sonna comme la libération de 1945 pour moi, mais ne soyons pas trop injuste, leur présence nous permit d'aller acheter quelques bières au bar sans faire la queue...
Masada string trio : Le trio en face de Zorn, assis à terre face à eux. C'est beau. Il se passe vraiment quelque chose quand ces trois la se réunissent. Ils avaient de quoi faire puisque ils sont les auteurs de deux book of angels, je n'ai aucune idées des titres qu'ils ont joués, mais ça l'a terriblement effectué. Zorn dirigé le tout, donnant le signe pour d'eventuels solos, et accompagnant les compositions que les musiciens lisent de toute façon à la partition. Mais il apporte un support presque moral pour ses potes, puis peut provoquer d'éventuels débordements (surtout lors de la conclusion) au sein d'une gestuelle codifiée et theâtrale qui apporte un indéniable plus en concert.
10 minutes d'entracte. C'était un peu mesquin, mais le concert a duré de 21 h à quasiment 1 heure du mat', donc on le comprendra. Les gars du bar, eux, ont rien compris à ce qu'ils leur arrivaient en revanche...
The dreamers : Enfin je réalise un vieux fantasme en voyant enfin cette formation que j'affectionne tant. Que dire de plus ? que c'etais magique, beau, émouvant ? Eh bien, ça l'était ! Ce sont les 3 premiers titres d'"Ipos" qui furent joués. Par contre, l'expérience est donc purement déceptive à ce niveau la, j'aurais aimé un set complet, celui çi n'a pas duré plus de 3 minutes dans ma tête. Marc Ribot est un monstre. Kenny Wollesen fait un peu le spectacle car son vibraphone est au centre et proche du public. Trevor Dunn avait une chemise horrible (mais le revoir nous a rappelé ce moment historique de Fantômas jouant au ATP). Zorn dirige aussi, même si c'est un petit peu plus inutile que pour les trois autres sets "directifs".
Bester quartet : Les mecs sont venus de Pologne, on a quand même été gaté au niveau de la programmation de ce marathon. Le set dans mon souvenir fut rapide niveau tempo, et bien exécuté. 4 titres, surement issus de "Balan" j'imagine. On ne voit pas trop le changement par rapport au Cracow Klezmer band, hormis quelques musiciens différents.
Erik Friedlander : qui s'attela à jouer quelques titres de "Volac". Ce fût excellent aussi, et le mec ne se démonte pas puisque c'étais la seule prestation solo de la soirée. Erik sait la jouer fine et émotionnelle. Mais quand il s'énerve, c'est une prestation autant visuelle qu'auditive. C'est passé super vite pour moi, et le public semble avoir bien apprécié aussi...
Bar Kokhba : avec les dreamers, certainement le plus beau set de la soirée. "Lucifer" est à l'honneur, ce qui tombe bien puisque c'est le meilleur volume de la série. Tout simplement renversant. Pas plus de détails à donner malheuresement, un concert de cette trempe se vit et ne se décrit pas. Zorn a un impact considérable dans l'art de conduire les morceaux de cette formation, surtout la section à cordes. Quelle classe atomique, bordel !
New Klezmer trio : Peut être parce que j'accusais un peu le coup à cause de la fatigue et de l'alcool ingurgité, mais leur set m'a paru mou et un poil longuet. Wollesen est un bon batteur, pas de doute la dessus, Greg Cohen a plus fait acte de présence qu'autre chose à l'inverse du masada string trio ou il demeure un élément plus qu'important. Et Ben Goldberg est certes bon dans son registre, mais aprés toute ses prestations brillantes et énergique, sa pauvre clarinette a eu du mal à passionner l'assistance. Sa place dans la programmation ne fut peut être pas des plus judicieuses...
Electric Masada : Le big band s'installa assez vite, ils devaient pas être spécialement en avance. Comme pour The dreamers, est ce que j'ai besoin de vous vanter les mérites du truc ? La double batterie, et la masse sonore fût la plus puissante de la soirée, en toute logique. Ikue Mori fera donc sa bréve apparition pour trois titres (tous présent sur "at the mountains...") et une vingtaine de minutes. Zorn est présent, dos au public, dirige et s'époumone dans son saxo comme pour nous achever. Le set est fini, standing ovation, tout le monde est debout. Tous les musiciens débarque sur scène, ils sont une chiée, c'est la que tu te rend compte de la logistique monstrueuse de ce marathon (et ne parlons même pas du cachet, alors que les places valaient 20 euros et qu'il y avait 1500/2000 personnes a tout casser, comme fait le theâtre ?). Le public hurlera pour un rappel, Zorn vient et hurle un truc du genre "on peut pas, désolé..." entre les applaudissements et les cris. Ce sera le final d'une méchante soirée, avouons le tendrement.
Cheers !
Sinon, en tans qu'habitant du sud de la France, j'ai eu la chance d'aller au Masada marathon donner en première européenne à Milan, Italie. Arrivé dans un quartier bien huppé (Gucci, Versace, Dior, etc...), On rencontre des français dans le resto en face du theâtre qui se sont déplacé de Paris. Un solide apéro et une magnifique herbe nous mettra du baume au coeur à l'entrée (en gros, on était au taquet) : Le teatro Manzoni est un magnifique endroit à l'italienne (faites travaillez votre imagination), et l'acoustique fut parfaite pour toutes les formations. A noter que je ne suis plus tout à fait sure des ordres de passage, la réponse à ce fait trois lignes au dessus...
Masada quartet : John Zorn en treillis qui présente ses potes, Dave Douglas en béret, 20 premières minutes qui nous font direct rentrer dans le bain, la magie masada se met en branle. Des stop and go de fou, Zorn qui s'agite à faire des signes, un Baron plus que monstrueux, le summum du jazz moderne à son sommet. Standing ovation dés la fin des 3 premiers titres. Mes potes étaient bouches bées, je me sentais comme un totem érotique...Ca démarre fort !
Sylvie Courvoisier et Mark Feldman : Je les ai vu il y a pas longtemps en première partie de l'Aleph trio à Paris en mai dernier, donc pas de grosse surprise. Quatre titres de Malphas joués (les 4 premiers il me semble), leur cohésion musicale (quasi sexuelle en fait...) est impressionnante. J'aime beaucoup quand Sylvie donne des coups de poings sur le piano, ça résonne à mort, c'est presque heavy.
Banquet of the spirits : une vrai surprise pour tous le monde puisque leur book of angels n'est pas sortis pour le moment. Le quatuor ne s'est pas laissé démonter, sous l'égide d'un Cyro Baptista presque hystérique par moment : il nous a sortis des percussions de dingue que même Macgyver n'oserait fabriquer. Shanir bidule est incroyable, que ce soit avec sa basse ou son oud (quel solo d'intro !). Un combo avec une cohésion passionnante, pour plusieurs titres de World music digne de ces disques sortis sur la key series de Tzadik. Une des meilleures prestations milanaise, assurément...
Mycale : Zorn vient lui même leur installer leur micro, en papa-compositeur qu'il est. Les demoiselles arrivent avec des robes pastels qui piquent au yeux. Le premier titre fut celui ou Malika Zarra lance des "je tourbillone" (me demandez pas le titre, je ne m'en souviens plus...). Leur prestation était plus intéréssante que sur disque, même si les 3 titres m'ont amplement suffis pour me faire une idée. Ayalet Rose est la plus canon des quatres, et demeure étrangement mise en avant dans la composition (des solos, lancement des rythmiques...). A l'inverse, Baysa Schecter est prodigieusement écarté, on la remarquait à peine dans le flow des trois autres...
Medeski, Martin & Wood : Présenté furtivement par Zorn. Billy Martin est un bon batteur, qui pourrait faire un malheur dans un groupe rock à tendance progressif. Malheuresement, il est accompagné par Chris Wood, l'homme qui se dandine comme un ver de terre homo avec sa basse, et John Medeski qui nous a sortis des solos insupportables et criards au possible. Je deteste "Zeabos" et je deteste ce trio. La fin du set de trois titres sonna comme la libération de 1945 pour moi, mais ne soyons pas trop injuste, leur présence nous permit d'aller acheter quelques bières au bar sans faire la queue...
Masada string trio : Le trio en face de Zorn, assis à terre face à eux. C'est beau. Il se passe vraiment quelque chose quand ces trois la se réunissent. Ils avaient de quoi faire puisque ils sont les auteurs de deux book of angels, je n'ai aucune idées des titres qu'ils ont joués, mais ça l'a terriblement effectué. Zorn dirigé le tout, donnant le signe pour d'eventuels solos, et accompagnant les compositions que les musiciens lisent de toute façon à la partition. Mais il apporte un support presque moral pour ses potes, puis peut provoquer d'éventuels débordements (surtout lors de la conclusion) au sein d'une gestuelle codifiée et theâtrale qui apporte un indéniable plus en concert.
10 minutes d'entracte. C'était un peu mesquin, mais le concert a duré de 21 h à quasiment 1 heure du mat', donc on le comprendra. Les gars du bar, eux, ont rien compris à ce qu'ils leur arrivaient en revanche...
The dreamers : Enfin je réalise un vieux fantasme en voyant enfin cette formation que j'affectionne tant. Que dire de plus ? que c'etais magique, beau, émouvant ? Eh bien, ça l'était ! Ce sont les 3 premiers titres d'"Ipos" qui furent joués. Par contre, l'expérience est donc purement déceptive à ce niveau la, j'aurais aimé un set complet, celui çi n'a pas duré plus de 3 minutes dans ma tête. Marc Ribot est un monstre. Kenny Wollesen fait un peu le spectacle car son vibraphone est au centre et proche du public. Trevor Dunn avait une chemise horrible (mais le revoir nous a rappelé ce moment historique de Fantômas jouant au ATP). Zorn dirige aussi, même si c'est un petit peu plus inutile que pour les trois autres sets "directifs".
Bester quartet : Les mecs sont venus de Pologne, on a quand même été gaté au niveau de la programmation de ce marathon. Le set dans mon souvenir fut rapide niveau tempo, et bien exécuté. 4 titres, surement issus de "Balan" j'imagine. On ne voit pas trop le changement par rapport au Cracow Klezmer band, hormis quelques musiciens différents.
Erik Friedlander : qui s'attela à jouer quelques titres de "Volac". Ce fût excellent aussi, et le mec ne se démonte pas puisque c'étais la seule prestation solo de la soirée. Erik sait la jouer fine et émotionnelle. Mais quand il s'énerve, c'est une prestation autant visuelle qu'auditive. C'est passé super vite pour moi, et le public semble avoir bien apprécié aussi...
Bar Kokhba : avec les dreamers, certainement le plus beau set de la soirée. "Lucifer" est à l'honneur, ce qui tombe bien puisque c'est le meilleur volume de la série. Tout simplement renversant. Pas plus de détails à donner malheuresement, un concert de cette trempe se vit et ne se décrit pas. Zorn a un impact considérable dans l'art de conduire les morceaux de cette formation, surtout la section à cordes. Quelle classe atomique, bordel !
New Klezmer trio : Peut être parce que j'accusais un peu le coup à cause de la fatigue et de l'alcool ingurgité, mais leur set m'a paru mou et un poil longuet. Wollesen est un bon batteur, pas de doute la dessus, Greg Cohen a plus fait acte de présence qu'autre chose à l'inverse du masada string trio ou il demeure un élément plus qu'important. Et Ben Goldberg est certes bon dans son registre, mais aprés toute ses prestations brillantes et énergique, sa pauvre clarinette a eu du mal à passionner l'assistance. Sa place dans la programmation ne fut peut être pas des plus judicieuses...
Electric Masada : Le big band s'installa assez vite, ils devaient pas être spécialement en avance. Comme pour The dreamers, est ce que j'ai besoin de vous vanter les mérites du truc ? La double batterie, et la masse sonore fût la plus puissante de la soirée, en toute logique. Ikue Mori fera donc sa bréve apparition pour trois titres (tous présent sur "at the mountains...") et une vingtaine de minutes. Zorn est présent, dos au public, dirige et s'époumone dans son saxo comme pour nous achever. Le set est fini, standing ovation, tout le monde est debout. Tous les musiciens débarque sur scène, ils sont une chiée, c'est la que tu te rend compte de la logistique monstrueuse de ce marathon (et ne parlons même pas du cachet, alors que les places valaient 20 euros et qu'il y avait 1500/2000 personnes a tout casser, comme fait le theâtre ?). Le public hurlera pour un rappel, Zorn vient et hurle un truc du genre "on peut pas, désolé..." entre les applaudissements et les cris. Ce sera le final d'une méchante soirée, avouons le tendrement.
Cheers !
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