Le moqueur polyglotte (mockingbird) prête son nom à cet album. L'oiseau est célèbre pour son mimétisme et sa capacité à s'imprégner des chants des autres espèces. Zorn utilise cette image pour composer un recueil d'une grande fluidité, interprété par le trio Gnostic Trio, étendu ici en quatuor : Ches Smith s'ajoute au trio pour apporter des percussions, c'est une tradition du compositeur d'essayer de faire bouger un peu les line up afin d'éviter un redondance musicale...
Le disque renvois aussi au roman classique de la littérature américaine de Harper Lee datant de 1960. L'écriture de Zorn s'appuie sur des mélodies d'une grande clarté. L'album oscille entre musique classique du XXᵉ siècle, jazz atmosphérique, minimalisme et touches folk-country apportées par le jeu de Bill Frisell. L'association de la harpe, du vibraphone et de la guitare crée un alliage sonore unique, à la fois pastoral, impressionniste et éthéré. Le maillage entre le vibraphone de Wollesen et la harpe d'Emanuel forme un tapis harmonique scintillant sur lequel la guitare vient dessiner des lignes d'une grande sobriété, tandis que Ches Smith vient enrichir les rythmes d'une touche organique subtile sans jamais alourdir l'ensemble.
Ce nouveau chapitre du Gnostic Trio est excellent, c'est l'une de mes formations récentes préférés, j'en recommande grandement l'acquisition...



