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jeudi 18 juin 2026

MARK DRESSER - Marinade

 

Second disque de Mark Dresser pour le label Tzadik en 2000 sur la composer serie, Il aura ensuite fallu attendre 24 ans pour que le suivant sorte sur la Spectrum serie, mais c'est une autre histoire. 


Ce volume est excellent, remplis ras la gueule de musique diverse et variée : des pièces en solo du contrebassiste, des duos, des trios, du quatuor, du quintet, et pas mal d'instrumentations présentes avec une représentation piano, cordes diverses et instruments à vent, percussions, etc...


Il m'a fallu pas mal d'écoutes pour apprivoiser cette longue trame sonore contemporaine mais le jeu en vaut la chandelle et je pense que cet opus est supérieure à son chapitre précédent sur Tzadik ("Banquet"). L'artwork est intéressant comme toujours, et nous sommes en présence d'un volume très correct de la composer serie...

mercredi 17 juin 2026

IKUE MORI - Labyrinth


 Il me manquait pas mal de disques d'Ikue Mori dans la collection Tzadik, étant donné que je n'ai jamais été trop fan de son travail. 

"Labyrinth", troisième disque de la japonaise sur la composer serie ne déroge pas aux règles immuables du laptop, des drum machines et des sons ultra synthétiques. Il y a des petits passages ambiant assez chill par moment qui peuvent être cool. Mais dans l'ensemble, quand le côté électronique prend le dessus, j'ai toujours autant de mal et ça ne passera jamais je pense...On saluera cet artwork un peu fou qui demeure sympathique. Les fans seront conquis par ce disque, les autres seront septiques comme moi...Peu importe, Ikue Mori continue son bout de chemin sans se soucier du reste...

DAVID MAHLER - Hearing voices

 

Il a pu arriver avec les années que des disques Tzadik me laisse complètement perplexe. Je suis en train de compléter ma collection en choppant tous les volumes qui me manque au sein de la composer serie par exemple. Ce disque de David Mahler m'inspirait moyennement, à part cette pochette sympa, quasiment comme toujours. Son faible prix sur le marché de l'occasion pouvait également mettre la puce à l'oreille : Quel merde !  

Pas de musique ! juste du spoken words ultra long sans queue ni tête. Pour le coup, je n'ai absolument pas compris le concept et je ne le réécouterais certainement jamais. A éviter !

dimanche 19 avril 2026

SUSIE IBARRA - Flower after flower

Fin de siècle, début de millénaire. Le jazz a depuis longtemps laminé le tempo ; le free l’a explosé ; Schoenberg et l’école de Vienne, puis d'autres Sériels, ont nié, détruit la métrique ; le monde a pénétré l’occident, répandu partout ses comptes asymétriques ; partout aussi les machines clouent le beat ; depuis un moment, déjà, des circuits imprimés bourdonnent sans mesure. Alors qu’est-ce qu’il reste du Rythme ? Qu’est-ce qu’on peut en faire ? Comment peut-on encore en faire ? Ces questions-là, les musiciens ici présents ne les posent pas : ils préfèrent les pratiquer. La réponse (libre et provisoire) qu’ils proposent en l’espèce de cette suite – huit plages alternant mouvements d’ensemble en effectif variable et courts passages solistes (les Fractals) - s’appelle vitesse. Ou plutôt vitesses. Non pas la constante précipitation, la double-pédale, la frénésie sans pause. Non : la vitesse comme écoulement plutôt que pulsation. Question de débit, d’intensités. De différentiel et de glissements. La vitesse comme usage et perception du temps. Ce que cette musique puise dans le passé, les écoles, divers courants et traditions, ce sont moins des timbres, des arrangements, des modes ou des gammes que de telles perceptions. Des topographies qui sont des espaces-temps. Des affects plus que des sentiments. The Ancients, par exemple, déploie cette lenteur tendue, parcourue de trajectoires sinueuses, propre à certaines traditions extrême-orientales : gagaku japonais, chinois ou coréen, mais surtout gamelan javanais ; aucun emprunt direct pourtant, aucune citation ; ni exotisme ni fusion ; ce qui dans cette pièce est un Ailleurs, une Asie du Sud Est, c’est moins la présence finalement anecdotique du kulintang (xylophone Philippin) qu’une étale alacrité, un état de méditation vivide. Human Beginings est d’abord un mouvement de houle, ample, puissant, qui soudain s’emballe en danse de noce, une espèce de gigue extraordinairement entraînante, scandée par une clavé pourtant étrangement décalée et des claquements de mains impeccables. Le tout se transmute en une folie afro-klezmer perturbée par les cymbales cisaillantes de Susie et par ses peaux tout en syncopes polyrythmiques (ce n’est pas en vain qu’elle a étudié avec Milford Graves, ce maître singulier) ; puis en souffles mêlés qui s’apaisent (la trompette de Wadada Smith et l’accordéon deep listening de Pauline Oliveros) ; enfin tout se résout (très momentanément) en un swing d'Asie Mineure aux rudes accents mingusiens. Et juste après, la tempête rythmique du Fractal 4 (Ibarra seule derrière son kit). On pourrait scruter ainsi toute l’œuvre : jamais on n’a l’impression d’un collage, d’éléments décoratifs plaqués sur une structure jazz ou contemporaine. Aucun cliché d’Orient, benjoin ou arabesques, aucun tic d’improvisation. Chaque partie reste ouverte et indépendante, unique mais cohérente avec ce qui l’entoure. L’unité de cette musique (et sa brillante réussite) vient de ce qu’elle sécrète son temps propre et nous les transmet. Elle n’use pas du rythme : elle est son propre rythme. Et on le suit, sans jamais marcher au pas. On danse sans avoir à compter. On veut voir où il nous entraîne. On aime sa vitesse parce qu’elle est mystère. (Review par Guts of darkness)

 

dimanche 29 mars 2026

IKUE MORI - One hundred aspects of the moon

 

Je ne suis pas un grand fan d'Ikue Mori, il y a plusieurs disques de son oeuvre chroniqué sur ce site et je l'ai deja vu plusieurs fois en live lors de Masada marathon, le verdict tombe à chaque fois : c'est chiant. Les bruits bizarres au laptop sont souvent ennuyeux au possible, mais même dans le cadre de DNA, ces interventions et même le combo en lui même me laisser souvent indifférent. 

Mais ce premier chapitre sur la composer serie de Tzadik change la donne : Il est bon ! Et pour cause, c'est certainement celui ou on entend le moins la compositrice. Un beau line-up compose le disque : Erik Friedlander au violon, Kato Hideki, son college dans Death Ambiant à la basse, Anthony Coleman au piano, Quelques apparitions de vocalistes dont Makigami Koichi, etc...L'ensemble sonne comme un volume interessant de la composer serie, expérimental, mystérieux, tirant un poil vers l'ambiant, avec des sonorités vraiment innovantes et agréables à l'écoute. Inspiré d'un peintre nommé Yoshitoshi, dont on retrouve les superbes peintures dans les différents artworks du disque, je ne regrette pas l'achat très tardif de ce chapitre de Tzadik...

samedi 17 janvier 2026

GERRY HEMINGWAY - Chamber works

 

Né le 23 mars 1955 à New Haven (États-Unis), issu d’une famille musicienne (sa mère est pianiste concertiste, son père a étudié avec Paul Hindeminth), Gerry Hemingway débute la batterie à dix ans, devenant professionnel dès dix-sept ans. Au cours des années 1970, il étudie avec Alan Dawson, suit des cours de percussions indiennes et africaines aux universités de Yale et Wesleyan. C’est dans sa ville natale, New Haven, qu’ont lieu les rencontres déterminantes : Anthony Davis et George Lewis (avec lesquels il forme Advent), Leo Smith, Anthony Braxton… des musiciens issus de l’AACM dont les ambitions de compositeurs, ancrés dans la musique contemporaine, sont manifestes. Pendant douze ans, de 1983 à 1994, il sera le batteur du quartet d’Anthony Braxton (avec la pianiste Marilyn Crispell) expérimentant les systèmes d’écriture ouverte du saxophoniste. Si le trio BassDrumBone créé en 1977 et toujours actif (avec le tromboniste Ray Anderson et le contrebassiste Mark Helias) est porté vers l’émulation collective, ses formations personnelles depuis le milieu des années 1980 privilégie l’ouverture polyphonique sous un angle « formaliste » : Je m’intéresse au jeu des formes dans l’espace, aux différentes strates dans la musique, déclare-t-il.

Parmi les rares jazzmen américains à l’écoute des avant-gardes européenne, John Zorn lui offre la possibilité d'enregistrer son premier disque de musique contemporaine en 1999. Un chapitre de la composer serie assez intéressant si l'on excepte le classique string quartet de départ. Pas mal d'instruments, avec des cuivres discrets, des cordes mystérieuses, sur trois longues pièces sonores. Mention spécial à "The visiting tank" est son côté cinématographique avec Hemingway lui même au sampler...  

samedi 10 janvier 2026

PETER GARLAND - The days run away

 

Peter Garland est un traveller, on s'en rend compte clairement en lisant sa biographie : il n'a jamais cessé de voyager entre 1973 et 2005, visitant des dizaines de pays, s'imprégnant sans cesse de multiples cultures, rencontrant de multiples personnes au grés de ses périples (il était proche entre autre de John Cage, Harry Partch, ou Colon Nancarrow). Si la Californie est son pays d'adoption (c'est l'endroit ou on était enregistré toutes les pièces du disque), il est tombé amoureux du Mexique plus particulièrement, s'y installant à plusieurs reprises, puisant ainsi son inspiration dans la musique amérindienne et la musique rituelle mexicaine. Après des dizaines d'années de voyages, il vit aujourd'hui une retraite paisible dans le Maine. Compositeur parmi les plus méconnus de la seconde génération des minimalistes de la West coast, il a cependant toujours eu le soutien indéfectible d'une personne qui adore sa musique : John Zorn. Après deux disques sur Avant, le label japonais pour qui Zorn fût le directeur artistique entre 1992 et 1995, Peter Garland a naturellement bifurqué sur Tzadik afin de sortir la suite de ces travaux. Premier disque du compositeur à sortir sur Tzadik en 2000, les deux autres étant déjà chroniqué sur la section compser serie. Assurément le plus minimaliste de la série, puisque nous avons affaire ici à un disque de piano en solo, interprété par la pianiste japonaise Aki Takahashi. Un joli disque épuré et trés calme pour mettre en fond sonore quasiment pour faire de la méditation. Takahashi est toujours en activité à 81 ans, et a sortis un disque en 2017 en compagnie de...Peter Garland. Une collaboration qui dure donc !

lundi 5 janvier 2026

WADADA LEO SMITH - Light upon light

 

Trompettiste, multi-instrumentiste, improvisateur et théoricien, Wadada Leo Smith est l'un des compositeurs les plus importants de notre époque. Membre fondateur de l'AACM de Chicago, ses œuvres captivantes, mêlant composition et improvisation, ont été interprétées par de nombreux ensembles et solistes parmi les plus prestigieux au monde. Avec une composition originale pour ensemble de chambre et quatuor de gamelan, une magnifique pièce pour alto solo, un concerto pour basse écrit pour le virtuose Bert Turetzky et deux pièces électroniques mettant en valeur ses improvisations uniques à la trompette, Wadada considère « Light Upon Light » comme son meilleur enregistrement à ce jour.


Extrait du OBI Tzadik, je n'ai parfois plus trop le temps et l'énérgie de faire une critique détaillé des disques Tzadik qui sont compliqué à décrire. Mais je peux dire que je me suis fait un peu chier sur celui çi. A voir pour les autres disques de Wadada Leo Smith sur la composer serie...

samedi 1 mars 2025

ANNIE GOSFIELD - Burnt ivory and loose wires

 

Premier Album historique d'Annie Gosfield sur la composer serie de Tzadik sortis en 1998. J'avais déjà chroniqué son second disque sortis quelques années après et qui m'avait bien plus. Ce premier disque ne déroge pas de mon sentiment premier. Annie Gosfield a une vision de la musique expérimentale qui me passionne. La musique expérimentale possède un spectre évidemment très large étant donné qu'il n'a pas vraiment de limite dans l'art musical qui repousse les limites. Mais il y a parfois des visions auxquels on n'adhère pas, voir qui peuvent s’avérer carrément irritantes.  

La pochette de ce "Burnt Ivory..." donne le ton de ce qui va suivre : un piano explosé, des sonorités hors normes avec Annie qui se place aux claviers "samplés", et toute une bande de musiciens qui l'accompagne pour ce voyage intersidéral (guitare, batterie, percussion, violon). 6 compositions absolument fantastiques, évidemment très difficile à décrire, mais qui mérite clairement le détour. Le dernier titre est un peu plus conventionnel, dure 10 minutes et voit le Rova saxophone quartet le décrypter avec virtuosité. Comme toujours, on saluera la prise de risque de John Zorn à l'époque de sortir sur son label un tel ovni musical, 40eme référence du label et trois ans après sa création...

lundi 17 février 2025

MILFORD GRAVES - Grand unification

 

Considéré dans la Downtown scene comme l'un des pionniers du free jazz et de l'expérimentation au niveau des percussions, Milford Graves est certainement connus des amateurs de Tzadik pour son duo fait avec Zorn pour ses 50 balais. Un compositeur qui maitrise ses instruments sur le bout des doigts, et qui sait taper n'importe quoi, même ton portefeuille si ça se trouve...


Milford Graves, c'est aussi deux disques sur le composer series, dont voici le premier volume sortis en 1998. Enregistré en total improvisation, en direct live et sans overdub, la performance de plus d'une heure est envoutante. Au départ, on se dit que c'est pas gagné, Milford frappe tout azimuth, n'arrête pas de sortir tout au long du disque des espèces d'incantations, et demeure en roue libre total. Puis au bout d'un moment, à l'instar du Haino Keiji sur la New japan ou "IAO" de Zorn, le rituel hypnotique se met petit à petit en place, et notre cerveau est vite aspiré dans le tourbillon tambourinant mystique. Rien qu'à voir le "kit" de l'américain, on devine et perçoit de multiples sons différents. Les disques de Percussions ne sont pas mes préférés du label mais celui çi fait figure de référence historique pour le label New Yorkais, 3 ans seulement après sa création...

Milford Graves a disparu le 12 février 2021 à l'âge de 79 ans. R.I.P

jeudi 25 janvier 2024

TEIJI ITO - King Ubu

Premier disque historique de Teiji Ito sur la composer serie de Tzadik sortie en 1998 (il y en aura 4 autres par la suite de mémoire, deux sont deja chroniqués sur cette même section) . D'origine japonaise, Ito commence à traîner ses espadrilles dés 1952 à NY, devenant un musicien actif de la downtown scene, sa rencontre avec Maya Deren est un tournant dans sa vie de musicien, c'est à ce moment qu'il commence à composer massivement pour les pièces de théâtre, pièces de danse et film divers. C'est Guy Klucevsek, compositeur responsable de plusieurs chapitres sur Tzadik (composer et key serie) qui fût mandaté à l'époque par la femme de Teiji Ito (ce dernier est mort en 1982 à 47 ans) pour écouter une centaine d'heures de cassettes qui était dans les archives de la New york public library for the performing arts. Klucevsek les a classés selon leurs contenus, leurs conditions et leurs instrumentations. Une d'entre elle se nommé "King Ubu" composé en 1961 (pendant son service militaire, le compositeur écrivait ses partitions la nuit pendant les périodes de repos) pour une pièce de théâtre de l'époque (dont on peut deviner le contenu en à l'écoute et en contemplant l'artwork du disque). Trés asiatique, se servant d'une multitude d'instruments obscurs (nohkan, orkon, hichiriki, mosquito drum, marimbula, etc...). L'ensemble sonne évidemment très expérimental, et sert plus de texture et de bruits d'ambiance que de grande musique grandiloquente comme on peut le remarquer dans de nombreux films. Mais ce petit chapitre Tzadik, quoique forcément un peu anecdotique, n'est pas déplaisant pour autant. A découvrir au moins une fois...

 

dimanche 14 janvier 2024

OTOMO YOSHIHIDE - Cathode

 

J'avais chroniqué le second album d'Otomo Yoshihide en 2010 sur ce présent site. Et comme je n'avais pas été vraiment convaincu à l'époque, j'ai juste mis treize ans à me procurer le premier album sortis en 1999. J'ai réécouté "Anode" du coup, et je l'ai un peu réévalué, ce n'était pas si horrible que dans mon souvenir, simplement du pur expérimental très représentatif de l'esprit de Tzadik finalement. Evidemment, "Cathode" est plus ou moins dans la même veine. 4 longues plages entre 15 et 20 minutes ("Modulations 1 et 2" et "Cathode 1et 2"). La première est surement la plus intéressante avec cette guitare acoustique qui improvise pendant que les modulations analogiques l'accompagne, c'est franchement pas mal. Décrite comme ses compositions "les plus provocantes" sur l'obi tzadik, il est vrai que l'improvisation noisy et les nappes ambiant-drone ne sont véritablement pas présent pour adoucir l'oreille de l'auditeur, mais plutôt pour la mettre à l'épreuve. Les pièces Cathode regroupe un ensemble d'improvisateurs musicaux regroupant de l’électronique analogiques, des platines, des samplers et des manipulateurs de bandes magnétiques pour créer un magma sonore toujours aussi bouillonnant et déstabilisant. Il faut aimer et être un petit peu masochiste d'entendre tous ces sifflements parfois perçant, mais la aussi, on est dans l'esprit expérimental sans compromis de Tzadik.... 

lundi 4 décembre 2023

ALVIN CURRAN - Theme park

 

Apres avoir créer le premier disque estampillé Tzadik de la composer serie en 1995, et avoir sortis un troisième volume en 2004 (regroupant des titres inédits et rares), voici donc le second volume de 1998 enfin chroniqué en ces lieux "Theme park". Pochette mystère et disque qui ne l'est pas moins, le contenu du disque est hautement expérimental, du pur Tzadik dans sa conception. 

"Theme park" est une longue composition de 32 minutes uniquement dédié aux percussions. C'est William Winant, percussionniste reconnus de la west coast qui se colle à la retranscrire de la partition à la réalité auditive. Tout y passe niveau percus et sonorités, j'imagine que le prestation devait être hautement visuelle, on y entend toutes sortes de sonorités improbables et c'est véritablement captivant à suivre, sachant que le compositeur à essayer d’aérer l'ensemble et non pas se contenter d'une virevolte de roulements de batterie continuel (même si il y en a un peu, je vous rassure)

La seconde composition "Charlie's park" est du pur Alvin Curran puisque c'est lui même qui se charge des collages sonores, samples et trituration de bandes magnétiques. Evidemment, l'ensemble sonne ultra bizarre durant 15 minutes, entre bruits de sirènes d'alarme, ambiant déviant, chant mongol traditionnel et cuivre de Charlie Parker déformé. Tout un programme franchement indescriptible mais qui fonctionne pour tout auditeur appréciant la composer serie de Tzadik...   

dimanche 7 février 2021

JERRY HUNT - SongDrapes

 

Jerry Hunt est né en 1943 à Waco, Texas. Jeune musicien talentueux au piano, il fait ses classes avec Jack Ruby, pianiste houleux de strips clubs. Fondateur de sa propre église par correspondance à l'age de treize ans, il devient trés vite un adepte de l’ésotérisme, un fervent des croyances mystiques, des rituels exotiques, de l'approche spirituel des sciences modernes et de la vision d'Aleister Crowley. Aprés l'université, il travaille comme pianiste en 1969 et commence des performances dans des concerts de musique contemporaine. Il devient consultant technique pour des sociétés de productions de films et de vidéos et travaille avec plusieurs directeurs musicaux. A coté de ça, il développe de plus en plus la vision d'un shaman moderne : il commence la construction de ses propres instruments électroniques, et il devient un pionnier de la musique électronique en live, et ceux bien avant l'apparition des samplers commerciaux, des logiciels d’éditions de musiques et des ordinateurs. Il continue de tenter de développer sa vision les années suivantes avec des performances live avec différents artistes comme Karen Finley, Maria Blondeel et le compositeur Joel Ryan. Jerry Hunt restera cependant très confidentiel : seulement deux disques verront le jour en 1979 et 1992. Il meurt fin 1993 d'un cancer, et c'est après sa mort qu'on découvre une partie de sa vision musicale. Tzadik exhume en 1999 les enregistrements nommé "Song drapes", dont une partie seront joué live au Kitchen, un lieu de performance expérimental à NY en 1992 (il y a fort à parier que Zorn était dans l'assistance) avec la récitante Karen Finley que l'on retrouve sur 5 titres du disque. L'atmosphère de cet album est folle : de la musique electro-acoustique bien débridé, certainement joué sur des instruments modifiés ou bien directement sortis des entrailles des "machines" de Jerry Hunt. Les instrumentaux sont absolument envoûtant, la performance de Karen Finley est quand à elle possédée : elle vit son texte à fond. Plusieurs instrumentaux méritait cependant egalement des textes : Zorn a donc envoyé en studio Shelley Hirsch (qui amène un peu plus de musicalité parfois, elle chante plus qu'elle ne parle) sur quatre titres et l'incontournable Mike Patton sur un titre, ou le lascar le transcende, pour devenir une beauté expérimentale. Beau chapitre qui s'inclut à 100 % dans la composer serie, on est clairement dans l'avant garde musicale...

vendredi 1 janvier 2021

DAVID SLUSSER - Delight at the end of the tunnel

 

David Slusser a commencé par jouer du saxophone à l'age de 10 ans avant de s’intéresser aux collages de bandes et autres manipulations du son. Il déménage à San Francisco en 1977 aprés avoir obtenu son premier boulot dans l'industrie du cinéma, puis il rejoint la société Lucasfilm en 1984 pour se consacrer à plein temps aux bruitages et autres effets sonores dans les films. Il a travaillé avec David Lynch, Francis Ford Coppola et bien évidemment Georges Lucas. Il rencontre John Zorn au milieu des années 80 et on le retrouve sur quelques disques du patron de Tzadik ("elegy" "dictée/liber novus"...), une relation amicale comme Zorn doit en avoir avec des centaines de musiciens. Slusser commençait à intégrer de plus en plus d'éléments musicaux dans ses effets sonores pour la télévision, et à ajouter plus d'effets de sons dans ses performances musicales; il était à l'aise avec cette ambiguïté jusqu’au jour ou Zorn lui demanda de composer un disque solo pour sa composer serie fraîchement nouvelle. Il dut réfléchir un moment puis se mettra à l'oeuvre avec pour but de mélanger de l’électronique, des effets sonores, des ambiances naturelles, des dialogues, des instruments de musique et des effets de studio, le tout dans une édition digitale. Pas facile à faire mais il releva le défi avec brio. Trés compliqué d’écrire sur ce disque en revanche, un maelstrom sonore indescriptible mais franche fascinant, de la pure musique expérimentale dans la grande tradition de Tzadik (une mention spéciale au dernier titre groovy et déjanté....). En tous cas, j'ai beaucoup aimé et je vous le recommande chaudement. Il semble que ce fut la seule incursion solo de David Slusser, et il semble de nos jours plus s'amuser à jouer du saxophone dans des tribute band à Sun ra !

dimanche 29 novembre 2020

BUN CHING LAM - ...Like water

 

J'avais déjà chroniqué le second disque de Bun ching Lam sortis en 1998 et que vous pouvez retrouver dans la catégorie "composer serie", j'avais été moyennement convaincu d'ailleurs. Ce premier disque sortis l'année d'avant en 1997 m'a beaucoup plus séduit. "...Like water" porte bien son nom : il y a une plénitude et un calme comme si on regardait un lac tout calme sur une berge dans la forêt. On oeuvre içi dans un minimalisme expérimental vraiment sympa, frôlant parfois avec de l'ambiant. La compositrice chinoise a fait appel au trio Abel/Steinberg/Winant pour donner vie à l'opus, il aurait d'ailleurs été expressément composé pour eux. On retrouve donc qui s'entrecroise un piano, un violon, et des percussions qui s'avère souvent être du marimba, ou autres instruments tubulaires qui sont plus dans une veine relaxante qu'autre chose. Fait assez notable, le disque est assez court (27 petites minutes au compteur), mais il n'indispose jamais du coup. Difficile d'en faire une plus longue description (comme chaque disques Tzadik ?) mais ce volume de la composer serie demeure fort agréable et je recommande sans soucis ce "...Like water". Détail amusant : Bun Ching Lam vit à Paris désormais et demeure facilement joignable pour nous autres français (son numéro de téléphone est même inscrit sur son site...)

vendredi 13 novembre 2020

GUY KLUCEVSEK - Stolen memories

 

Du old school Tzadik pour ce disque qui est le 18eme de la série Composer et qui date de 1996. Le label fête ses 25 ans cette année, joyeux anniversaire ! Guy Klucevsek est une connaissance de John Zorn puisque qu'il vit dans une maison de Staten Island et traîne dans la downtown scene depuis 1985. C'est en plein milieu de sa discographie que parait ce superbe disque sur le label new yorkais. C'est en entendant une mélodie africaine à la radio que l'accordéoniste eu l'idée de composer "stolen memories", il griffonna sur un papier toutes les partitions des futurs morceaux puis les oublia dans son bureau ! ce n'est qu'en faisant le ménage chez lui des mois plus tard qu'il retrouva ses notes et eu l'idée de les exploiter. Il réunit son groupe le "Bantam orchestra" pour donner vie aux titres : on retrouve les deux soeurs Parkins aux violons et violoncelle, Achim Tang à la basse et Klucevsek lui même à l'accordéon et au piano. Les neuf titres sont superbes, même si trés honnêtement, il ne rappelle en rien un coté africain. On est plutôt transporté dans un univers de mélodies juives, comme la radical jewish culture nous en a pondu des centaines d'exemples, certainement la faute à la présence de l'accordéon. On relèvera spécifiquement le superbe et ambiancé "Tesknota" (en mémoire à John Cage) qui dure 14 minutes et qui est d'une beauté lyrique magnifique. Mais les autres titres sont également excellents et ce disque "archive " de Tzadik mérite grandement d'être découvert...

samedi 29 août 2020

FRED FRITH - Pacifica

Le troisième disque de Fred Frith dans la composer serie, le dernier qui n'était pas présent sur le site mais aussi le premier qui est apparu sur Tzadik. Composé entre 1993 et 1995 lors d'un séjour en Californie ou Fred avait une location quelques mois qui avait vu sur le pacifique, La composition de Frith unique qui dure une cinquantaine de minutes est en tous point admirable. Dédié aux poésies du poète et homme politique chilien Pablo Neruda, nous tenons ici la composition la plus complexe, lyrique et hypnotique que le guitariste anglais a sortis sur cette faction du label. C'est au cours d'un atelier de composition et d'improvisation donné par Fred en hiver 1992 à Bologne que de nombreux musiciens italiens se réunissent et commencent à répéter "Pacifica". Après quelques concerts, le groupe se nomme désormais l'ensemble Eva Kant et compose ses propres compositions. 18 musiciens le compose avec un grand nombres variés d'instruments : percussions, flute, trombone, guitare, saxo, clarinette, accordéon, trompette, violon, basse, piano, marimba, claviers, etc...Et tous le monde se met au diapason d'une grande traversée spirituelle et musicale, à l'image de sa magnifique pochette. Superbe disque de large ensemble contemporain, indescriptible, mais pourtant évident quand on le découvre à l'écoute...

dimanche 16 août 2020

WADADA LEO SMITH - Tao-Njia

Premier disque de Wadada leo Smith sur la composer serie de Tzadik, sortis en 1996 soit un an après la création du label. J'aime beaucoup ces pochettes mystères qui ont clairement fait l'identité du label, crossover de tapis et de design minimaliste, œuvre de Kimsu Theiler, l'une des premières graphiste du label. Trois longues plages se découpe au sein de l'opus. La première composition dure 10 minutes, et elle est dédié au compositeur japonais Toru Takemitsu qui est décédé cette même année. Wadada y joue de la trompette accompagné de deux musiciens aux "percussions" diverses. Le seconde composition "Double thunderbolt" est un hommage à Don Cherry, dure 12 minutes et demeure exactement dans la même veine sauf qu'un poète japonais nous récite des lyrics du compositeur en même temps. La dernière pièce éponyme dure 22 minutes et demeure la plus intéressante : un travail remarquable de composition avec un orchestre complet et un conducteur. Six musiciens et Wadada leo Smith (toujours à la trompette) nous emmène dans un voyage contemporain remarquable comme on est en droit d'attendre dans la composer serie. Toujours difficile de décrire de telle trame sonore mais vraiment une superbe composition qui mérite à elle seule de se procurer cette œuvre...  

mardi 14 juillet 2020

ELLIOTT SHARP - XenocodeX

Premier disque d'Elliott Sharp sur le label tzadik sortis en 1996. Pochette ultra nébuleuse et musique cathartique sont au programme des réjouissances. Une première pièce nommé "X-topia" ouvre le disque de ces 20 minutes. Un string quartet assez dissonant se met en place et le compositeur new yorkais saupoudre le tout d'effets électroniques et disgressions bruitistes. Assez intéressant mais pas transcendantal non plus, ça nous rappelle parfois certains travaux de clint Mansell avec le kronos quartet. La seconde plage s'appelle "intifada" et dure quand à elle 30 minutes.   Une intifada désigne en général une révolte contre un régime oppresseur ou un ennemi étranger. La pièce a été composé en 1992 dans le cadre du festival "radical jewish culture" (dont le nom doit forcément tous vous parler) de Munich et demeure avant tout une réflexion sur le sionisme d'une part, et sur le nationalisme "fanatique" qui entraine généralement tout type de violences. Sharp nous mettant brièvement l'accent sur les violences entre les peuples israéliens et palestiniens. Puis vient cette pièce sonore encore plus complexe que la première, puisque le string quartet se trouve dorénavant accompagné par Sharp à la guitare modifié et clarinette. Expérimentale, innovante, surprenante, cette trame sonore est vraiment sympathique à entendre. L'ensemble du disque vaut donc clairement le coup d'oreille...