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mercredi 1 décembre 2010

NAKED CITY - Black Box (Torture garden/Leng tch'e) (20th anniversary edition)

On a donc pu remarquer le mois dernier voir apparaitre la réédition de la black box de Naked city, 20 ans aprés sa sortie originelle (le même artwork, avec seulement mentionné en dessous "20th anniversary edition"). La version d'origine était à priori sold out via Tzadik, et avait pour principal différence d'être un double album : cette nouvelle édition est un simple disque remplis à ras bord, avec exactement le même tracklisting.

Je ne vais pas détailler particulièrement "Torture garden", car la plupart des lecteurs de ce blog le connaisse d'une part, puis il y a les kroniks respectives dans la section du groupe.
"Leng tch'e" et sa réputation sulfureuse doit egalement parler à tous le monde : inverser la tendance des Hardcore pieces, et jouer un unique morceau agonisant, lourd et malsain de 32 minutes, quasi précurseur des notions de sludge et de doom, ayant pour inspiration le lingchi, ancienne torture chinoise, surnommé aussi " mort des mille coupures », soit entailler et retirer successivement des parties et des membres du condamné avant de lui trancher la tête. L'utilisation d'opium permettait aux bourreaux de maintenir en vie le supplicié plus longtemps. Une notion de douleur que le groupe essaira de retranscrire avec brio sur bande, Zorn ayant été marqué par "les larmes d'Eros" de Bataille, qui lui même avait été traumatisé par les dernières photos en date de lingchi avant son abolition en 1905.

Je posséde la box studio de Naked city, mais ne possédait pas la première version de cette black box (qui avait été surnommé ainsi face à un artwork trés sobre pour compenser les attaques incessantes dont était victime le groupe sur les artworks d'origine jugé choquants). On y apprend beaucoup de choses interessantes et inédites dans les notes de Zorn datant de 2010, dont voici furtivement quelques points (le livret est assez fournit et demeure à lire pour les fans)

1. "Torture garden" est un des grands moments marquants de la carrière du compositeur
2. "Leng tch'e" a peu été joué en live. Le groupe l'a pourtant fait en 1990 au festival de jazz de Montreux, et les amplis et lights seront coupés par l'organisation au milieu de la pièce, pour calmer l'audience grondante et indigné...
3. Les licenses de Torture garden pour shimmy disc et Earache n'ont rapporter aucune royalties à Zorn, il voulait avant tout faire connaitre Naked city au plus grand nombres de fervents de musique extrême...
4. les artworks d'origines des deux oeuvres (bondage japonais et photos de torture par lingchi) furent largement censuré (féministe, communauté asiatique, douanes à l'export), d'ou la necéssité de créer une boite noire d'extérieur pour eviter de choquer.
5. Zorn a voulu rééditer les artworks d'origines pour cette edition, et les imprimeurs américains ont tous refusé (!!). C'est assez consternant, et le boss de Tzadik est trés peu satisfait de l'aspect graphique du disque. Heug heug Chin a donc composé entre quelques images du premier disque, et des photos bondage/torture camouflé, etc...Pas une catastrophe graphique (c'est plutôt beau en fait), mais l'impact visuelle n'est pas forcément en adéquation avec le choc frontale de la musique de Naked city.
6. Un recit un peu détaillé des inspirations de Zorn pour ces deux oeuvres respectives du point de vue des artworks...

Puis d'autres choses, vous vous en doutez...Un classique a posséder de toute façon. "Every 15 years, Naked city make other bands sound fat and lazy" clamait ce bon vieux Patton. Il a pas vraiment tord quand t'ecoutes cet opus...

mercredi 20 mai 2009

NAKED CITY - Live at Knitting factory 1989

10 ans aprés l'arrêt du groupe, Tzadik annonce une série de live retraçant les 5 ans d'épopée d'un des plus grands groupes contemporrain ayant existé. 7 ans aprés le premier volume de 2002, rien de nouveau n'est sortis, Zorn n'ayant vraisemblablement pas eu le temps de s'en occuper. Alors on se consolera avec ce volume 1 qui tient cependant toute ces promesses. Enregistré à la Knitting factory de NY (club aujourd'hui défunt) début 1989, peu de temps avant l'enregistrement du premier opus du combo. C'est d'ailleurs dans cette logique que l'illustration du disque est aussi une photo de Weegee montrant un autre maccabé abattu dans les rues de la grosse pomme, tout comme l'album éponyme. 17 des 20 titres joués finiront d'ailleurs sur le disque. Ils ne ressemblent evidemment pas vraiment aux sessions studio : le tout y est plus sauvage, plus expéditif, et plus à l'arraché. Mais quel groupe ! Ce concert est tout bonnement incroyable. Du grand grand art, Zorn ayant créé une entité monstrueuse tellement en avance sur son temps. On passe donc de la country au jazz, en passant par le grindcore et la noise, le tout malaxé avec l'énergie du "on the spot". 2 titres inédits s'échappe du lot : les 10 minutes de la reprise de John Patton "the way i feel", jazzy et parfait pour finir le concert, et les 5 minutes de "exotico", instrumental de world music qui fait bouger le boule. Au final, un live énorme, pour un groupe qui n'en demeure pas moins culte. On reste aussi assez frustré que cette fameuse série de concerts de Naked city n'est pas été poursuivie jusqu'ici. Mais gardons espoir, et il vous reste pour vous consoler les quelques autres bootlegs de ce site...

NAKED CITY - Live Victoriaville 1988


Recorded live au 6eme festival international de musique actuelle de Victoriaville, Quebec, Canada 9 octobre 1988

Un live de 1988 assez énorme il faut l'avouer, peut être le meilleur bootleg entendu jusqu'içi. Les premiers témoignages d'un combo hors norme, le festival des musiques actuelles de Victoriaville ne s'y est d'ailleurs pas trompé en conviant Zorn et sa bande avant même la sortie de leur premier opus. Justement, on aura peu de compositions, mais beaucoup de reprises énormes, certes des classiques du répertoire (Morricone, Barry, Mancini...) et d'autres surprenantes (Big John Patton, Live skull, les beach boys !). De l'archi-lourd. Le son est extrêmement bon, et le concert est dantesque. L'autre point surprenant, c'est que ce concert a été diffusé sur une radio québecoise, et on a le droit à des commentaires de l'animatrice (balancer du Naked city en 88 sur une radio, bravo à elle d'ailleurs) entre chaque morceau, ce qui donne des commentaires coquasses, dont l'énorme

"Si vous n'avez pas reçus votre vaccin anti-décibels, balisez vos oreilles, car ce titre risque de ne pas passer inentendu..."

http://rapidshare.com/files/69562684/Naked_City_-_VI-FIMAV___Victoriaville_Festival____1988_.rar

NAKED CITY - Live Reunion Concert 2003

Recorded Live at the theater Carre in Holland Festival, Amsterdam, The netherlands in june 17th 2003

LE fameux reunion show de 2003, celui qui vut la participation exceptionnelle de Mike Patton, en lieu et place de Yamatsuka Eye. Patton n'est présent évidemment que sur les Hardcore pieces de "Grand guignol". Une bonne partie du répertoire est ensuite interprété, ainsi qu'une petite introduction pour la radio hollandaise qui rediffusé le concert. 35 titres, 87 minutes.

http://rapidshare.com/files/143299322/NC_MP-HF2003.rar

NAKED CITY - Live North sea jazz Festival


Recorded Live at the North Sea jazz Festival in the Hague, The netherlands on july 13rd 1991

Un live assez court et assez intense. Seulement 8 morceaux pour 14 minutes de musique, mais ce sont quelques Hardcore pieces de "Torture garden" qui y passe, et Eye et Zorn sont bien déchainés.

http://rapidshare.com/files/116861577/NC-DH_NSJF1991.rar

dimanche 10 mai 2009

NAKED CITY - Absinthe

"Absinthe" est l'ultime album de ce super groupe, dans tous les sens du terme, et se montre être une rupture totale avec ces prédécesseurs. Là où "Naked City" ou "Torture Garden" faisaient dans ce que l'on peut appeler du terrorisme musical en agressant l'auditeur par des assauts intempestifs et incontrôlables, chose que Fantômas a repris à son compte, le traitement des titres développés sur le présent disque s'oriente vers la création de motifs vaporeux, aux résonances quasi industrielles. Un voyage tout aussi dérangeant. Les fans de la première heure ont eu une réaction quasi allergique à ce disque, le dénigrant très vite uniquement parce qu'il dévie de la trajectoire que le groupe semblait s'être fixé. Personnellement, j'aime tous les disques de Naked City, sans exception, pour leur grain de folie, leur anti conformisme, leur vitalité, mais si chacun de ces albums étaient autant de façon de disséquer l'absurdité de nos vies, "Absinthe" est le reflet du froid glacé qui reste après l'autopsie. Terrifiant. Tétanisant. Fascinant. Ce disque n'en est pas un : c'est un passeport pour les couloirs de la mort.

Chronique extraite de l'excellent webzine Guts of darkness (lien çi dessous). Je n'ai pas un mot de plus à ajouter, tant je pense la même chose.

NAKED CITY - Heretic, jeux des dames cruelles

Le disque le plus expérimental de Naked city. Certainement le plus casse couille aussi, du moins à mes yeux, même si certains ne jurent que par celui çi. Ca nous rappelle la période des Parachute years, sauf que Yamatsuka Eye fait le con avec Zorn une majeure partie du temps. L'opus reste correct niveau expérimental et improvisation, on a connu pire en Zorneries étranges voir inécoutables ; Mais compte tenu du haut niveau de Naked city, de l'importance historique du groupe, ca ne fera aucun doute : ce disque est le moins bon de la discographie du groupe...

samedi 2 mai 2009

NAKED CITY - Radio

Ennio Morricone, Napalm Death, Ornette Coleman, John Barry, Henry Mancini, Johnny Mandel, Georges Delerue, Jerry Goldsmith, Charles Mingus, Eric Dolphy, Paul Bley, Bob Demmon + The Astronauts, Little Feat, Ruins, Booker T. and the MGs, Colin Wilson, Albert King, Chuck Brown, Jean-Luc Godard, Orchestra Baobab, Terauchi Takeshi, EM Elanka, The Accused, The Meters, Yakuza Zankoku Hiroku, Mickey Spillane, Tony Williams' Lifetime, Old, Anthony Braxton, Anton Webern's Six Bagatelles, Sammy Cahn's "Guess I'll hang my tears out to dry," Frank Sinatra, Morton Feldman, Jean Genet, Carl Stalling, Igor Stravinsky,The Melvins, Beatmasters, Spetic Death, Hellfire, Leather Folk (the book), Abe Schwarz, Ivo Papasov, Naftule Brandwein, Repulsion, Led Zeppelin, Akemi and Jagatara, Bernard Herrmann, Santana, Edgard Varese, Extreme Noise Terror, Conway Twitty, Agnostic Front, Siege, Corrosion of Conformity, Massacre, Quincy Jones, Sam Fuller, Funkadelic, Carcass, Liberace, Jan Hammer, Eddie Blackwell, Charlie Haden, Mick Harris, Carole King, Red Garland, The Boredoms, Jerry Reed, SPK, Roger Williams...
Les influences de Naked city. Tous ces noms justifieront de la bonne teneur de ce "Radio" légendaire. Des légendes du Jazz, du Free jazz, du cinéma, de la surf music, du trash, du blues, du punk hardcore, du funk, de la musique instrumentale, du grindcore, du minimalisme, du psyché 70's, du klezmer, de la musique contemporraine, du death metal, etc...

jeudi 23 avril 2009

NAKED CITY - Grand guignol

Le premier choc avec ce disque sera frontal : 33 titres qui marqueront l'histoire de la folie créatrice, et qui marqueront de trés nombreuses personnes de la scène musicale d'abord New Yorkaise, puis américaine, pour finir par un impact mondial et un statut culte. La folie de ces compositions est hallucinante, et on a rarement atteint un tel niveau d’intensité : combinant free jazz, bebop, r&b, country, funk, rockabilly, surf, metal hardcore et grindcore, parfois dans un seul même morceau, croyez moi, vous n’en reviendrez pas !!. On notera la présence de Yamatsuka Eye (boredoms) toujours au chant, hurlant comme un damné. Les « Hardcore miniatures » (autres noms de ces chansons si particulière…) restent vraiment incontournable, et auront pesé de tous leurs poids pour bouleverser la musique contemporaine extrême.
Après cette boucherie sonore, place à l’accalmie avec une série de titres ambiant complètement géniaux. Malsain, doux, sombre, apaisant, les qualificatifs de ces 7 titres (entre 49 secondes et 7 minutes) tranchent un peu avec la folie des titres Hardcore. On retiendra particulièrement « la cathédrale engloutie » ou encore « louange à l’éternité de Jesus » (en français dans le texte !!). Le combo maîtrise toutes les ambiances, ce qui est impressionnant de dextérité et de technique instrumentale.
Pour finir, vient le titre « grand guignol ». Il a été conçus comme une bande originale de film (un film de suspense bien trippant alors…). Le première version de cette composition de 18 minutes se trouve au début de la galette (juste avant les Hardcore miniatures) et demeure intégralement instrumentale. Mais John Zorn ne l’avait pas conçus dans cette esprit à l’origine : il avait pensé inséré diverses variantes vocales afin de donner de l’ampleur au titre. Faute de chanteur compétent, « grand guignol » de 1989 était resté instrumentale. Mais pour cette réédition exceptionnelle, Zorn a fait appel à la seul personne capable d’être aussi fou que lui au niveau vocal : Mike Patton bien sur !! Et croyez moi, « grand guignol » version 2005 est nettement meilleure (les deux sont dessus, vous pourrez comparer) ; Patton y fait tout : chuchotement, chorale, cris démoniaque, omomatopé, etc…..bref, du grand art vocal !. Cette réédition du disque « grand guignol » (beau digipack) demeure absolument indispensable pour tout amateur de musique complètement déjanté…Chef d’œuvre !!

jeudi 16 avril 2009

NAKED CITY - Naked city 1989

Naked city est sans aucun doute un des projets les plus ambitieux et des plus barrés de la musique contemporaine moderne. A l’initiative de John Zorn (accompagné de Fred Frith, Bill Frisell, Joey Baron, et wayne Horvitz), ce quintet aura dépassé toute les limites musicales en son temps, et son influence aujourd’hui demeure encore énorme sur des groupe tels Mr Bungle, An albatross ou bien Candiria (d’ailleurs, ces groupes le revendique eux même). Car naked city, c’est avant tout le projet bruitiste que Zorn a voulu créer avec un super groupe, son "big band" : sur une base free jazz, vous mélangez des éléments noise, country, grind, psychédélique, et vous obtiendrez un léger aperçu de la musique du combo. Il est évidemment difficile de décrire une telle musique, tant les morceaux partent dans tous les sens. Cependant, le groupe arrive à alterner les changements de structures avec une quasi facilité déconcertante. Le début du disque est plus jazz classique (encore que, bien barré quand même). S’enchaîne ensuite une série de 8 titres entre 20 et 40 secondes, complètement déjanté, bruitiste à souhait ou le hurleur Yamatsuka eye vient hurler comme un damné. Un des morceaux rappelle d’ailleurs fortement Dillinger (10 ans avant la formation de la scène HxC barré). Puis après ce passage de fureur extrême, on retombe dans des passages plus exploitables, ou Zorn continue d'exploiter son instrument comme il se doit, tandis que tous le monde assure derrière avec les partitions. Le groupe se fend même de quelques reprises (batman, ennio morricone, james bond, henry mancini, etc….). Naked city est l’œuvre de John Zorn avec sa vision unique, compositeur de génie, et son influence sur certains groupes d’aujourd’hui est sans limite. Ce premier album l’atteste grandement (il y en aura sept autres ensuite). A vous donc de découvrir les prémices de la musique « extrême », barrée et anti-commerciale…