97eme référence de la section Archival series, qui classifie tous les travaux de John Zorn, de ses début en 1973 jusqu'à aujourd'hui. Packaging new era de Tzadik, un digisleeve à l'artwork minimaliste qui aurait pu être plus attrayant étant donné la thématique je pense, un livret de la pièce de théâtre dont ce disque est la bande et les crédits du disque, on a vu mieux dans le genre. C'est pour le spectacle d'une troupe polonaise que ce score a été composé. Et,
pour la petite histoire, on se doit de préciser qu'il est sorti le jour des 100
ans de la mort de Bram Stoker (auteur de Dracula), le 20 avril 1912 donc...
Ce disque de John Zorn aurait pu évidemment faire partie de la série des filmworks de par son contenu : hommage non dissimulé au film de Murnau "Nosferatu", l'un des premiers films d'horreurs reconnus, sortis en 1922 sur les écrans (film muet en noir et blanc, il est assez souvent diffusé en France sur arte), qui s'inspirait largement du roman de Bram Stoker paru en 1897. A la grande satisfaction de son public fidèle, John Zorn a changé son cercle de collaborateurs ce coup çi, nous dévoilant ainsi de nouvelles sonorités. Kevin Norton aux percussions et batterie, Rob Burger impeccable au piano et à l'orgue, et le grand retour de Bill Laswell à la basse, ça faisait un moment qu'il n'était plus apparus sur un disque de son comparse dans Painkiller. Ces sonorités de basse sont absolument saisissantes, l'association de Zorn au piano ou orgue couplé à Burger fait clairement son effet, et quand le sax s'invite sur quelques titres, c'est du grand art. "Nosferatu" visite pas mal de facettes zornienne, de la ballade au jazz, de l'ambiant à l'expérimental bruitiste, du dub au hardcore façon Painkiller (sur "the battle of good and evil" ou encore "the slalking"). L'ensemble est assez cohérent, du moins jouissif et surprenant pour les zornologues. On se réjouira donc de cette nouvelle oeuvre incroyable, et on aurait aimé voir l'utilisation de la musique dans la pièce polonaise (qui ne doit utilisé que les titres les plus calmes je pense). La remarque idiote du jour viendra entre une eventuelle affiliation entre John Zorn et Tom Waits : ils utilisent regulièrement les mêmes musiciens (Ribot, Cohen entre autres...), Zorn nous offre donc ce disque ayant pour inspiration l'univers de Bram Stoker, Waits à joué le rôle de Reinfield dans le film de Françis ford Coppola "Dracula"...A quand une collaboration ?








Andy Laster nous livre en cette fin d'année 2011 son premier volume sur Tzadik, tourné résolument vers la musique de chambre comme thématique, ce qui tranche un peu avec le reste de sa discographie. Diverses pièces sonores composé entre 2001 et 2011, la dernière en date étant "Riptide", piéce pour piano solo. On est sinon dans la grande tradition du string trio, du string quartet, du quartet à formation variable ou du quintet. Les musiciens exécutent de manière impeccable les pièces et donnent ainsi vie à la vision assez sombre de Laster. Lyrique, inquiétante, envoutante, la trame sonore du disque est bonne, la classique contemporain résonne ici de mille éclats, le but avouée de cette section de Tzadik. Pochette superbe, comme d'habitude...
Premier volume de Ned Rothenberg sur la composer serie, datant de 2000. Une pochette sympathique résume à elle seule les hautes teneurs asiatiques qui sont présentes tout au long du disque. Quatres compositions relativement différentes mais complémentaire dans la vision et les compétences du compositeur lorsqu'on connait son parcours. "Arbor vitae" aborde la rencontre de la clarinette (jouée par Rothenberg) et du Shakuhachi (flûte japonaise traditionnelle), joué ici par Riley Lee, référence dans le genre. "Ghost stories", la pièce majeure du disque, marque la rencontre de Satoshi Takeishi aux percussions, d'Erik Friedlander au violon et de Min Xiao Fen à la Pipa (deux musiciens qu'on retrouve dans le giron de John Zorn dans sa discographie) : magnifique pièce d'une vingtaine de minutes, rencontre parfaite entre l'exotisme de la Pipa et le lyricisme du violon, la composition est admirable, un grand moment nous prouvant tous le talent du compositeur de Brooklyn. Enchainement avec un duel alto saxophone de Rothenberg avec les percussions de Takeishi : improvisation de 18 minutes intéressante, prouvant la facilité des deux musiciens à parler leur propre langage et créer ainsi leur tourbillon sonore. Conclusion avec "Kagami", pièce solo pour Shakuhachi jouée par Ned, 6 minutes prouvant ses compétences pour egalement s'imposer dans une performance nous renvoyant directement au Japon quelques siècles auparavant. Un chapitre captivant de la serie...