mardi 30 juin 2009

JOHN ZORN - The big gundown

28eme référence de la section Archival series, qui classifie tous les travaux de John Zorn, de ses début en 1973 jusqu'à aujourd'hui. Cet opus s'inscrit pleinement dans la réédition complète que John Zorn instaura afin de rendre accessible ses oeuvres au grand public. Certainement l'un des disques clés dans la carrière du compositeur, c'est grâce à ce celui çi qu'une reconnaissance du grand public eut lieu, le permettant ainsi de pouvoir enchainer des projets plus ambitieux (d'ailleurs le point de départ de multiples projets tels les collaborations, les filmworks ou Naked city).

C'est en 1983 qu'un producteur de New York amateur de ces travaux lors des Parachute years, Yale Evelev, propose à John Zorn de s'atteler à reprendre des compositions du grand maitre italien à sa sauce. Ce dernier se voit comme un compositeur et un improvisateur, pas comme un interpréte : il refuse, pensant de toute façon que la musique de Morricone est "trop parfaite". Il est vrai que Ennio Morricone est un des plus grands (le ?) compositeurs de films de tous les temps, Zorn le sait et demeure un grand fan. Selon lui, le compositeur italien est l'un des premiers à avoir intégrer les éléments du post-modernisme musical au sein d'un langage personnel, et d'avoir réussi à conjuguer musique avant gardiste et succés retentissant.

En 1983, Zorn fut egalemment approché pour la ré-interprétation d'un morceau de Thelonious Monk "shuffle boil". Réunit avec ses musiciens en studio, il exécute le boulot, mais réalise aussi toutes les possibilités exploitable en studio, ainsi que le fait qu'il exploite à 10 % les capacités de ces brillants collaborateurs. Comme le projet Morricone devait être en partis produit par Evelev, Zorn changea d'avis, ravi à l'idée de retourner en studio d'une part, et de l'autre de bosser sur des pièces de son idole.

La casting de musiciens demeure tout simplement incroyable. Zorn voulait le plus de musiciens possible pour exploiter un maximum de possiblités et faire en sorte que les titres soit différents : rendez vous pris avec Fred Frith, Bill Frisell, Wayne Horvitz (trois futurs Naked City), les proches Anthony Coleman, Polly Bradfield, Bobby Previte, Christian Marclay, Carol emmanuel, David Weinstein, Guy Klucevsek, Cyro Baptista etc. Puis des bonnes surprises : Ned Rothenberg qui n'était plus à NY à l'époque, le retour d'Anton Fier, une présence de Michihiro Sato (qui avait signé la première collaboration duo avec Zorn), Tim Berne, Big John Patton en personne et même la Harpie Diamanda Galas qui gratifie de sa voix possédée un titre. 10 titres furent d'ailleurs mis en boite, tout plus brillant les un des autres. Zorn est arrivé à clairement intégré sa culture musicale à des titres d'obédience contemporrain, afin de mieux les déformer et le remanier à son goût. Bloc noise, improvisation libre, musique de films d'horreur, déviances soul jazz, mélodies folk japonaise, transgressions de duck calls, guitares hurlantes à résonnance métalliques, tout ça toujours sur fond de Morricone. C'est du trés grand art.

La rencontre fatidique entre John Zorn et "il Maestro" eut lieu. Zorn en apprit beaucoup, notamment sur la composition de musique de films, qu'il mettra d'ailleurs en application trés vite tout au long des 20 ans de la série des filmworks (dont le premier démarrera en 86, soit peu aprés la rencontre). Et coup de bol, L'album a été encensé par Morricone : « C'est un disque qui a de fraîches, bonnes et intelligentes idées. Il s'agit d'une réalisation à un haut niveau, un travail réalisé par un maître aux grandes fantaisie, connaissances et créativité... Beaucoup de gens ont fait des versions de mes morceaux, mais aucun ne l'a fait comme cela ». Le disque vit le jour sur Icon, sous division d'une major, et fût un succés immédiat, tirant Zorn d'une certaine confidentialité New Yorkaise jusque la, et l'amenant sur les sentiers d'une reconnaissance mondiale, et ceux grâce à l'un de ses héros musicaux...

Jamais avare en terme de boulot, Tzadik programma une réédition pour fêter le quinziéme anniversaire de la sortie du disque, avec nouvel artwork, nouveau mastering, etc...Puis John Zorn voulut s'offrir un petit plaisir, en incluant ses plus récents collaborateurs et amis à l'une de ses oeuvres majeures. Comme il le dit lui même, si il avait connus ces personnes en 1984, elles auraient indéniablement fait partie de l'équipe. On ne refait pas le passé, mais on peut s'adapter au présent. 5 nouveaux morceaux furent donc enregistrer : un duo Saft/Hatori, un trio Saft/Baptista/Mike Patton (superbe ballade, Patton donne son sens au titre), un quatuor noisy à souhait Baron/Dunn/Bailey/Ribot, et la réunion du Bar Kokhba sur deux titres (dont "the sicilian clan" que Naked city avait déja repris). Ces 5 morceaux completent ainsi pleinement l'oeuvre "The big gundown", disque historique conseillé aux fans de Zorn qui le connaissent déja par coeur, aux fervents d'Ennio Morricone, et aux amateurs de musique libres et inventives.

dimanche 28 juin 2009

JOHN ZORN - Cobra

"Cobra" est le 20eme Game piece composé par John Zorn depuis qu'il s'est attelé à la musique improvisée dés 1974 avec "Klarina". "Cobra" fut la plus populaire des pièces de ces 20 dernières années, tout simplement parce une première version est parut en 1984 chez Hat hut records (et sera réédité en 2002) la ou les autres trames sonores sont resté dans les cartons du grenier. A l'époque, Zorn, inspiré par les travaux de Cage sur l'improvisation, s'est mis dans l'idée de révolutionner la théorie de l'approche musicale en proposant des improvisations, basées non seulement sur des règles de jeu strictes (harmonie, vitesse, temps de jeu, etc…), mais aussi sur l'interaction des conditions sociales des musiciens dans le but de former une entité abstraite illustrant les comportements intuitifs spirituels et intellectuels de ces mêmes musiciens (ouf !). Les règles sont énoncés via des prompteurs, des flash, des gestes de mains, respectant un timing précis. La première version de "Cobra" avait inclus tous les collaborateurs et proches de Zorn de l'époque. Puis l'oeuvre fit le tour du monde, à tel point qu'elle fut la composition la plus jouée en matière de musique "nouvelle et avant gardiste".

Etrangement, alors qu'on pensait que le compositeur New Yorkais avait laché l'affaire en matière de Game pieces, il convoque en 2002 tous ses amis et collaborateurs plus récent pour enregistrer une seconde version de "Cobra". Hormis Roseman et Marcus Rojas (trombone/tuba), tous les autres musiciens sont des compositeurs de l'écurie Tzadik (en vrac, Jennifer Choi, Mark Feldman, Friedlander, Trevor Dunn, Mark Dresser, Ikue Mori, Annie Gosfield, Jamie Saft, Sylvie Courvoisier, Cyro Baptista, Susie Ibarra et Derek Bailey). Une belle brochette, tous des personnalités de la Downtown scene. Comparé au Maelstrom capharnaumique sonore que représenté le volume 1 d'époque, ce volume 2 est beaucoup plus fun. Les nouvelles technologies n'ont pas laissé Zorn indifférent, et on note la présence de Samples et autres éléments électroniques qui étaient tout simplement inexistant à l'époque. Montée bruitiste, passage ambiant glauque, et une prestation qui doit autant au visuel qu'à l'auditif. Pour les plus cramé d'entre vous, le disque Tzadik propose caché dérrière le boitier du disque les régles du jeu, qui apportent plus d'interrogations que de réponses. J'ai entendu parler via Tzadik d'une future réédition des autres game pieces qui ne sont jamais sortis."Cobra" reste cependant l'un des meilleurs game pieces jamais composé au monde, portant Zorn au panthéon de la musique improvisée...

JOHN ZORN - Xu feng

Composé juste après « Cobra » durant l'année 1985, « Xu feng » est dédié à l’actrice chinoise de film d’arts martiaux du même nom. Un des games pieces les plus violents composé par Zorn, écrit pour 6 joueurs (6 batteurs sont possibles d’après le livret). Heureusement, il n’y a qu’un batteur pour le coup, et c’est Dave Lombardo (de Slayer !!) qui s’y colle, pour l’une des seuls collaborations sur disque pour les deux hommes. Lombardo est également accompagné de William Winant aux percussions. David Slusser et Chris Brown aux machines (2 compositeurs sur Tzadik), John Schott et l’inévitable Fred Frith aux guitares, le line up est formé. 11 plages plus tard, on a la tête comme une citrouille. Dans la même lignée que « Cobra », le coté bruitiste nous ravira, mais le coté trop « joueur » (comprendre par la désorganiser) nous gonflera royalement. C’est plutôt dommage car « xu feng » fourmille de bonne idées, mais il n’y a pas assez de respirations entre les instruments je trouve, et le tout est souvent noyé dans une grosse masse sonore incohérente. Les règles du jeu ont l’air bien tordues…Zorn nous sert un concept un peu croque cerveau pour le coup, surtout que c'est lui qui s'est collé au "prompter" (donc sur le timing d'intervention des joueurs). Le débat des games pieces n’est pas à remettre en question, il est question avant tout d’improvisation…j’y adhère moyennement pour le coup…

JOHN ZORN - Lucifer book of angels 10

En premier lieu, l’artwork de ce skeud’ est sublime : un digipack de toute beauté avec étoile gravé sur le front et tout…la grande classe ! Ensuite, Après la série sur radical jewish culture qui voyais à l’honneur des disques hommage pour les 10 ans de Masada, voici une nouvelle série d’album hommage ou des groupes reprennent des standards du groupe de Zorn à leurs sauces, puisant dans le repertoire des 300 chansons écrites par Zorn en 2004 ("book of angels") mais que Masada ne garda pas.

Aprés une véritable saga de 9 volumes, voici le retour d'un nouveau démon (chaque opus de cette catégorie porte un nom de démon) et pas n'importe laquelle, puisque nous sommes bel et bien en la présence de Lucifer, certainement l'un des démons ayant la dénomination la plus commune. Peut être ce nom car il s'agit, il est vrai, de l'oeuvre la plus importante pour la série book of angels, et certainement la plus aboutie. Le dernière réunion studio du Masada chamber ensemble, prénommé egalemment Bar Kokhba, datait de 1998. Et hormis le triple album live des 50 ans de Zorn, on en avait plus entendu parlé durant un moment. Grand bonheur donc de retrouver cette formation aussi belle que talentueuse. Zorn à la composition et au chef d'orchestre. Puis tout ses fidèles camarades qui l'entoure : Le percussioniste Cyro Baptista, les deux violonistes Mark Feldman et Erik Friedlander, Le batteur Joey Baron et la bassiste Greg Cohen (transfuge du masada original), et l'eternel Marc Ribot à la guitare. Sur la papier, ça en jette. Sur disque, c'est plus que ça. C'est beau à crever, tout simplement. On frôle l'easy listening par moment, puis cette world/surf music sur fond de musique juive fait tout simplement vibrer à tout moment. Les musiciens se connaissent parfaitement, Zorn dirige avant tout ses amis, et le résultat de cette cohésion trancende tout simplement la musique. Pas la peine d'en dire plus, ce disque est tout simplement un must have de Tzadik, et le meilleur opus des book of angels...

JOHN ZORN - Xaphan book of angels 9

En premier lieu, l’artwork de ce skeud’ est sublime : un digipack de toute beauté avec étoile gravé sur le front et tout…la grande classe ! Ensuite, Après la série sur radical jewish culture qui voyais à l’honneur des disques hommage pour les 10 ans de Masada, voici une nouvelle série d’album hommage ou des groupes reprennent des standards du groupe de Zorn à leurs sauces, puisant dans le repertoire des 300 chansons écrites par Zorn en 2004 ("book of angels") mais que Masada ne garda pas.

Aprés une saga de déja 8 volumes, voici le retour d'un nouveau démon (chaque opus de cette catégorie porte un nom de démon) en la présence d'un combo qui a peu de liens avec la famille Masada a priori. Mais Trey Spruance est pote avec Zorn (il joue la gratte sur "Elegy"), ancien collegue avec Patton (copain comme cochon avec Zorn) et le compositeur new yorkais est toujours à la recherche d'artiste hors du commun pour interpréter son songbook 2. Assurément, Secret chiefs 3 en ai un : Trey Spruance en maitre d'oeuvre, des génies comme Ches Smith, Eyvind Kang, ou les Estradasphere qui en sont les membres, voila qui calme. La grande force de "Xaphan", c'est que Spruance se soit accordé à 200 % sur les chansons écrites par Zorn, comme si qu'il les avait lui même écrites. A partir de la, le talent globale de Secret chiefs suffira à faire de ce disque l'un des meilleurs de la séries (au coude à coude avec "orobas" et "lucifer"). La richesse des arrangements est tout simplement hors du commun : hymnes funèbres, drum'n'bass déjantée, acoustique klezmer venue tout droit de la terre promise, funk, swing, jazz balkanique, percussions africaines, world et surf-music mêlées à des violons à pleurer. Trey Spruance revisite toute la musique en onze titres avec une classe inégalée. Et si vous devez vous procurer un seul des book of angels, ne cherchez plus, c'est celui çi...

vendredi 26 juin 2009

WADADA LEO SMITH - Kabell years 1971-1979

Ma kronik sera assez succinte autant que cette compilation est longue. "The Kabell years" regroupe en effet quatre albums parus sur le label personnel de Wadada entre 1971 et 1979, et qui était devenus introuvable car le label avait céssé ses activités avant même la création du support Compact disc. Wadada Leo Smith ayant sortis une chiée de disque sur la composer series de Tzadik, Zorn demanda si il ne voulait pas réédité au passage ses touts premiers enregistrements paumé sur bandes. Leo Smith accepta, tout en remasterisant le tout, et en rajoutant pas moins de 12 titres inédits et completement "unreleased" (pour plus de 2 heures de musique supplémentaires donc...).

4 disques donc trés longs et purement expérimentaux. le 3eme du coffret "song of humanity" est de loin mon préféré, avec un quatuor vraiment inspiré qui part dans ses délires free pure souche. Le second "Reflectativity" est un trio (wadada/trompette, Davis/piano, Brown/bass) vraiment appréciable, même si il bénéficiera d'un re-enregistrement sur la composer series (que vous retrouverez sur ce blog un jour). Les deux qui restent "creative music" (1971) et "ahkreanvention" (1979) sont des disques de Wadada Leo Smith solo, soit le petit guide de l'improvisation avec une trompette (l'instrument principal), puis des gongs, cymbales, flûte, harmonica, marimba, et beaucoup de percussions. C'est trippant, mais parfois un peu long sur plus de 70 minutes par opus. Mais au moins, Tzadik ne s'est pas foutu de notre gueule niveau remplissage. On retiendra que Wadada Leo Smith reste une figure de proue de la musique d'avant garde et de l'improvisation libre, les années Kabell le prouvant largement.
Et sinon, RIP Michael Jackson. Ca n'a rien à voir, mais ça me faisait plaisir de le dire...

WADADA LEO SMITH - Golden quartet

A la manière de Zorn avec Naked city, Wadada leo smith décida à la veille de l'an 2000 de créer son "super-groupe" à lui, et de le nommer le "golden quartet" (rien que ça...). Son fidèle pianiste Anthony Davis reste un incontournable, puis vient le bassiste Malachi favors Magoustous et l'immense batteur Jack Dejohnette, qui joua à la grande époque avec John Coltrane et Miles Davis (entre autres...). La suite, c'est assez facile avec ce combo résolument moderne et en free-wheeling : Du jazz grossier ou toutes disgressions, improvisations, et performances te renverse les neurones. Obligatoire pour Jazzeux...

jeudi 25 juin 2009

JOHN ZORN - The bribe

20eme référence de la section Archival series, qui classifie tous les travaux de John Zorn, de ses début en 1973 jusqu'à aujourd'hui. Cet opus s'inscrit pleinement dans la réédition complète que John Zorn instaura afin de rendre accessible ses oeuvres au grand public. En l'occurence, il s'agit ici d'un traige des cartons de bande studio accumulés au fil des années car "The bribe" n'était jamais sortis avant 1998...

Le lien entre "The bribe" et la composition "Spillane" est essentiel. C'est dans le courant de l'année 1986 que Terry O' Reilly, scénariste et directeur avant gardiste de pièce de théatre New Yorkais contacte l'un de ses compositeur favori du moment pour l'aider à mettre en musique une pièce théatrale radiophonique de 30 minutes intitulé "The bribe". Le feeling passe bien, et Zorn accepte, d'autant que la fameuse pièce ne tarde pas à être décliné en vrai pièce au "Ontological theater" de Manhattan durant plusieurs mois.

John Zorn a beaucoup planché à cette période sur sa composition "Spillane", à tel point qu'il lui reste des chutes studio de la session d'enregistrement et pas mal d'idées sur fiche à mettre en oeuvre. Etant donné que O'Reilly avait adoré le morceau dédié à l'écrivain américain, le fondateur de Tzadik décide de convoquer la même équipe de musiciens dans le même studio pour assembler et jouer les multiples pistes qui formeront "The bribe" en tant qu'oeuvre sonore uniforme (manière de parler evidemment). Les fidèles de Zorn (era 86') sont tous présent : Quine à la gratte, Ses amis proches Ikue Mori, Coleman et Horvitz aux claviers, Zeena Parkins, Carol Emmanuel à la harpe, Marty Ehrlich, Bobby Previte, Christian Marclay, et quelques autres...Zorn insiste d'ailleurs à les remercier et à les féliciter pour leur brillant feeling et interprétation, car si "The bribe" sonne accessible aujourd'hui, c'était apparemment tout à fait différent à l'époque. En effet, ce disque est une montagne russe incessante en matière de styles musicaux. Pas à la manière de Naked city qui eux mélangeaient vraiment tout ensemble, mais il s'agit d'une véritable compilation de toutes les lubies sonores du compositeur à l'époque : Noise, world music, les influences movies Morricone/Herrmann, rock, jazz, funk, cartoon, improvisation, groove latin, etc...

Un gros brassage qui, si il ne donne pas forcément un disque cohérent, s’écoute sur la longueur et à le mérite de ne pas lasser, car nous transportant dans diffèrent lieux et différentes ambiances. On peut parler de grand art et de disque unique, tant la richesse du disque demande réflexion et beaucoup d’écoutes. Un disque des archives de Zorn brillant, qui aurait pu faire partie de ces nombreux filmworks, mais que la longueur des parties (le disque est découpé en trois grande parties, puis décliné ensuite en de multitudes d’interludes plutôt court) l’empêcha certainement d’inclure dans cette série (et ce n'était pas un "film"). The bribe reste cependant un disque majeur et cohérent de l'oeuvre de John Zorn au milieu des années 80. Nécéssaire...

mercredi 24 juin 2009

TONY OXLEY - The advocate

Ami depuis 1963, le duo Tony Oxley/Derek Bailey était un pilier de l'improvisation libre anglaise, au même titre que le duo Frith/Zorn de nos jours. Derek Bailey est connu pour son jeu de guitare unique, toujours proche de la rupture, flirtant toujours entre dissonance et improvisation pure, pouvant jouer de la guitare une heure durant sans s'interrompre. C'est exactement ce qu'il fait sur cet opus, toujours de manière aussi ardus à l'oreille, comme pour nous mettre continuellement à l'épreuve. On connait moins son compère Tony Oxley, batteur phare de la scène free jazz europèenne, fondateur du joseph holbrooke trio avec Bailey et Gavin Bryars, et accompagnateur de jazzman ricain sur de nombreuses tournées. Leur collaboration est mise à l'honneur sur ce disque exclusif sur Tzadik. "The advocate" regroupe en effet 3 enregistrements studio datant de 1975, et laissant leur art s'exprimer pleinement au long de 30 minutes complètement débridées. Pour les oreilles non initiés, ce sera dur d'encaisser. pour les autres, on oscille entre le jeu de Bailey et des bruitages divers. 3 titres assez longs on va dire. Le dernier est de Tony Oxley seul, date de 2006 et a été fait en hommage à son ami décédé un an auparavant. Beaucoup plus interessant, cette pièce de neuf minutes nous montre l'étendu d'Oxley à adapter jeu de batterie et percussion avec des bruitages. Intéréssant et original. Au final, un disque en demi teinte à mes yeux, témoignage clé (key series oblige) de deux compositeurs importants, mais qui livre un disque trop axé sur le bruitisme. Pour fan de Parachute years...

mardi 23 juin 2009

NED ROTHENBERG - Solo works-The lumina recordings

Ned Rothenberg est une figure de proue de la downtown scene new yorkaise, ayant commencé à œuvrer parmi cette dernière dés 1978. Ayant créer à l’époque son propre label, Lumina, afin d’y éditer ses projets personnels en marge de son groupe Fall mountain, Une série de disques ont vu donc le jour à l’époque dans ses séries vynils limitées qui sont devenu introuvable avec le temps. John Zorn a donc proposé la réédition des ces opus, qui paraît en 2006 sous la forme de ce double disque intitulé « the lumina recordings », et qui regroupe donc tous les travaux solos du saxophoniste enregistrés entre1980 et 1985. Si tous les morceaux ont été remasterisés pour l’occasion, on notera également la présence d’un livret de 36 pages ou on retrouve des notes du compositeurs, des flyers d’époques, des photos anciennes, etc…On retrouve donc à l’intérieur de ce disque les 3 premiers albums solos de Ned Rothenberg, à savoir « trials of the argo », « trespass » et « portal ». La plupart de ces compositions se basent sur de longues improvisations et processions à base de Saxophone alto et de basse clarinette. On retiendra principalement parmi ses œuvres la plus élaboré d’entre elles, à savoir les 22 minutes de « trials of the argo ». Puis il y a ensuite quelques compositions plus variées sur le second disque : la présence de Gerry Hemingway sur un titre, un duo impressionnant avec John Zorn, un titre composé à l’ocarina, puis également trois enregistrements lives inédits mélangeant saxo et éléments électroniques, nous livrant ainsi une vingtaine de minutes de musique inédites. Un disque important au sein de la downtown scene qui nous dévoile tout l’impact de la Key serie du label Tzadik, et tout le travail de réédition qu'il y a sur ces opus disparus.