samedi 11 juillet 2009

JOHN ZORN - Taboo and exile

25eme référence de la section Archival series, qui classifie tous les travaux de John Zorn, de ses début en 1973 jusqu'à aujourd'hui. Second opus de la série "Music romance", dédié à la face accessible de la musique, et qui bénéficie d'un packaging de haute volée avec double pochette et artwork de qualité.

Suite donc du "music for children" datant de 1998, John Zorn décida donc en 1999 de pousuivre sa série et de composer un disque avec 100 % de compositions nouvelles, contrairement à son prédécésseur qui lorgnait un peu sur le passé. La thématique principale est quand à elle tournée vers l'eccletisme dans un premier temps, puis vers le rock arty ("art rock") dans un second. N'appréciant pas l'idée de tourner en rond sur la longueur d'un opus, Zorn se décide d'explorer plusieurs styles musicaux qu'il a toujours apprécié. Il met en place deux groupes de musiciens afin de mettre en boite les 12 titres qui composeront "Taboo and exile"

Joey Baron, Roberto Rodriguez et Cyro Baptista aux percussions, Jamie Saft à l'orgue, Miho Hatori à la voix (sur un titre) et le Masada string trio (trés présent sur le disque, avec deux titres en trio) forment le premier groupe de musiciens qui explorent l'ensemble world music/easy listening le long de 8 titres extrêmement bons. Envoutant comme le Bar Kokhba, ces compositions sont trés bien conçues, semblable à certaines oeuvres du Book of angels ou de The dreamers, projets qui à l'époque n'existaient pas...

Dave Lombardo à la batterie, Bill Laswell (ou Chris Wood) à la basse, Robert Quine, Fred Frith et Marc Ribot aux guitares, Mike Patton au chant (sur un titre) et Zorn au saxo hystérique (sur un titre aussi) forment le second groupe de musiciens qui explorent la facette rock du disque sur 4 titres. Que dire face à un telle line up ? Lombardo de Slayer apparement ravis d'être la, Ribot et Frith laché en roue libre, Laswell toujours aussi impressionnant, ces 4 titres sont des tueries. Pas foncièrement composé entièrement, On sent que Zorn à laisser du champs libre aux zikos pour qu'ils puissent s'éclater un peu en improvisant et donner ainsi le meilleur d'eux mêmes. Les featuring successifs du compositeur et de Patton donne un peu plus de fraicheur à cette ambiance rock sauvage.

Le mélange des styles musicaux donne une coloration particulière à ce chapitre Zornien, réservé donc "aux amoureux de musique dans toutes ses variations" selon Tzadik. L'inspiration de John Zorn et le talent des maîtres musiciens présent font aussi que "Taboo and exile" deviendra un classique dans les années à venir...

JOHN ZORN - The gift

32eme référence de la section Archival series, qui classifie tous les travaux de John Zorn, de ses début en 1973 jusqu'à aujourd'hui. troisième et dernier opus de la série trilogie "Music romance", dédié à la face accessible de la musique, et qui bénéficie d'un packaging de haute volée avec double pochette et artwork de qualité (certainement d'ailleurs le plus réussi pour le coup)

L'un des plus beaux disques d’easy listening jamais composé, et l’un des meilleur disque de l’immense discographie de Zorn. 10 titres, 10 merveilles, 10 beautés étincelantes. Un grand défi pour l’une des figures de proue de l’avant-garde américaine que de composer des musiques somme toute très accessibles pour le coup. Ce disque est avant tout un cadeau de John à ses fans, qui le réclamait depuis longtemps, en réclamation à un général contrecoup de toute son oeuvre passée qui demeurait exigeante. On le croyait incapable de le faire, c'était sans compter sur l'immense talent du compositeur New Yorkais.

Ce disque est une véritable hymne à la relaxation, un point d’orgue de la détente, un St graal de la musique contemporaine en générale. A disque exceptionnel, line up exceptionnel, tous les grands sont la : Marc Ribot et sa guitare magique, Jamie Saft et son talent, Trevor Dunn et sa basse ronflante, Cyro baptista et ses formidable percus, Joey Baron et son touché incroyable. Des guests à n’en plus finir, toute l’équipe Masada, et bien sur le disciple de Zorn, Mike Patton.
Plus belle réussite de la série "Music romance", une des meilleures ventes de l'oeuvre de Zorn, La suite s'offre à vous avec la formation The dreamers (déja présente sur ce blog), suite estampillé de "The gift" officiant dans la même veine.

JOHN ZORN - The gift live in NY

Recorded live at the Tonic in New York (USA) on June 15th 2001

Live non officiel au son un peu faible malheuresement. Mais l'interprétation reste impeccable, même si pas vraiment fidèle au disque. Tous les titres sont présent, même tracklisting. Enjoy !

http://rapidshare.com/files/126191328/JZ-TGLINY2001.rar

vendredi 10 juillet 2009

MEPHISTA - Entomological reflections

La série Oracles de Tzadik, qui met en avant le travail des femmes dans la scène expérimentale mondiale, voit le retour d’un trio qui avait déjà sortis son précédant album (« black narcissus ») sur cette même série. Mephista est en effet composé de Sylvie Courvoisier au piano (fréquente collaboratrice de Mark Feldman), Susie Ibarra à la batterie (auteur de plusieurs disques solo sur Tzadik) et de Ikue Mori aux samples et autres expérimentations électroniques (collaboratrice de Zorn, oeuvrant avec Hemophiliac, etc…). Cet « entomological reflections » surprend beaucoup au premier abord, avec des morceaux dont les structures ne semblent pas être en cohésion. On se rend vite compte alors du travail des compositrices et du rendu parfois improvisé du disque. Recherchant entre le piano discret ou attrayant, le jeu dynamique de batterie ou les divers bruits et boucles électroniques bizarre, le trio a poussé encore plus loin dans l’expérimentation et dans l’exploration sonore du mélange des trois instruments. Avec parfois des titres en français (« la femme 100 têtes » « drôle de mots »…), on se rend compte en fait que tour à tour, un élément de la composition prédomine, une des trois musiciennes prend la tête, les deux autres servant alors de support. Puis il y a parfois des moments de cohésion totale, laissant alors libre court à chacun des instruments, dans un mélange expérimental noisy et dérangeant. Ce disque est une brillante et bruyante réussite, qui améne la musique expérimentale féminine vers des cieux encore peu explorés. Le travail des structures, les arrangements divers, l’improvisations de certains passages, l’alchimie entre l’électronique moderne, les percussions rythmiques et le piano traditionnel est une formule qui nous montre une face inspirée du trio. On recommandera donc ce disque, tant les 15 titres sont débordant de créativité. Avec des groupes comme Mephista (et ses représentantes), la série Oracles a encore de beau jour devant elle…

jeudi 9 juillet 2009

IKUE MORI - Hex kitchen

Première référence historique de la série New Japan, catégorie ouverte donc aux artistes du pays au soleil levant. C'est dés la création de son label en 1995 que John Zorn décida de créer cette section, rendant ainsi hommage à sa grande affection du Japon, lui ayant vécu plusieurs mois la bas et ayant collaboré avec un grand nombre d'artistes nippons.
Ikue Mori fut donc la premiére à inaugurer la New Japan (elle est l'ex-femme de Zorn et était à l'époque la graphiste attitré du label). Compositrice avant gardiste hors norme, batteuse de DNA, pilier de la downtown scene, reine du laptop, c'est toujours un plaisir d'écouter ces disques, même si ces derniers sont difficile à décrire. "Hex kitchen" a le mérite de contenir quelques guests qui donne de la coloration à tous les bruits éléctroniques : Zeena Parkins à la harpe, david Watson à la gratte, Catherine Jauniaux pour quelques cris, Zorn à la clarinette, etc...Doté d'un bel artwork, ce disque est excellent et propose des sonorités vraiment unique et recherché.

mercredi 8 juillet 2009

CHRIS BROWN - Lava

2eme référence historique de la toute première série du label Tzadik, label instauré par John Zorn en 1995. Professeur au mills college de Oakland, Pianiste, créateur d’instruments de musique électronique, c’est surtout les talents de compositeur de Chris Brown qui nous intéresse ici. Un disque vraiment innovateur, créé pour un quartet un peu spécial s’accordant autour d’une batterie proche de la percussion (tenu par le reconnu William Winant), puis de trompette, tuba et trombone. « Lava » est dans sa construction assez phénoménal, puisque nous pouvons distinguer une interaction entre les instruments traditionnels et 4 générateurs électroniques, contrôler par un système de processeur informatique qui transforme ces éléments en fragments électro-acoustiques afin de créer un magma sonore. Ce magma sonore s’associe à des notions géologiques, à savoir entre autre les sensations de l’écoulement d’une lave lors d’une éruption volcanique. Ca vous en bouche un coin ? moi aussi quand je l'ai découvert à l'époque…Les sonorités sont évidemment très expérimentales, evidemment indescriptible, mais qui comme énoncer donne vraiment la sensation d'un magma : le tout est lent, progressif (sans être technique) et parfois "poisseux". L'artwork refléte bien l'opus d'ailleurs, à découvrir donc en regardant un reportage sur les volcans...

mardi 7 juillet 2009

NANA VASCONCELOS - Fragments modern tradition

Compositeur brésilien prophète dans son pays, Nana Vasconcelos dispose d'une trés riche discographie, et ceux depuis 1970. Ce percussioniste de renom offre au label Tzadik la compilation de tous ces travaux pour le 7eme art, à savoir les pièces sonores de 6 films a priori exotique, déduction faites après écoute de ce "fragments...". Compositions oscillant entre de la percus évasives (cyro baptista est de la fête), plages quasi ambiant avec communion de la nature, rythmes latino-exotique, etc...Tout reste dans une veine assez expérimentale, mais la voix troublante du compositeur reste un atout marquant. Pas l'un des meilleurs disques de la section film music, mais du beau travail quand même...

mercredi 1 juillet 2009

MARC RIBOT - Exercises in futility

Il y a une certitude aujourd'hui : Marc Ribot est sans conteste LE guitariste phare de la downtown scene, et certainement l'un des meilleurs guitaristes avant gardiste de ce siècle (entre Derek Bailey, Bill Frisell et Fred Frith). Aprés avoir joué avec plusieurs groupes de Garage punk, il étudie la guitare avec son mentor haitien Frantz Casseus. Aujourd'hui, autant dire que l'éléve a dépassé le maître. Et ceux grâce à une carrière jalonnée de rencontres aussi grandes qu'importantes. Ils ont tous fait appel à lui tôt ou tard pour que son jeu incroyable de guitare soit sur leurs oeuvres : "ils" ? Solomon Burke, Sun Ra, John Lurie, Marianne Faithfull, Tom Waits (dont Marc est l'un des guitariste quasi attitré), Cibo Matto, Robert Plant, Tricky, ce jambon d'Alain Bashung, et tant d'autres...Tout cela a façonné le jeu de Marc pour devenir ce qu'il est aujourd'hui. Ce disque est en tous point historique. Marc nous y impose sa propre vision de la guitare classique, sans que son éternel collaborateur John Zorn vienne y mettre son nez (le traditionnel "Book of heads", "asmodeus"). Il ne s'agit pas non plus de bande son de films, ni un des multiples groupes auquel Marc s'adonne dans le riff sauvage (Rootless cosmopolitans, Shreck, Los Cubanos Postizos ou encore Ceramic dog). Ribot nous avait bien fait une excursion solo dans la composer series de Tzadik ("scelsi morning"), mais son hommage au ritualisme et minimalisme l'avait pousser à finir sur des chambers works ou son jeu de guitare était noyé avec d'autres instruments. Ici, c'est du Marc Ribot sans fioriture, en guitare classique, faisant ses études et exercices en "toute futillité". Evidemment, on sombre dans une démonstration technique qui laisseront sans voix les guitaristes, mais qui ne plaira pas à la masse. Marc Ribot étonne par sa dextérité, son feeling unique, sa capacité au picking de multiplier rythmique et disgressions solos avec une aisance qu'on devine désarmante. La superbe technique masque peut être une sensibilité qu'on devine mise de coté. Mais aprés les 14 premières études, Marc se laisse aller 9 minutes durant sur une composition qui nous ouvre enfin à son émotion guitaristique ("the art of repetition"). "exercises..." est donc peut être le vrai premier album solo de Marc Ribot, seul avec ses cordes, ses manches et sa libre inspiration. Et c'est en cela qu'il s'agit d'un disque essentiel pour le monde de la guitare...

IRVING STONE - Memorial concert

Irving Stone était un écrivain américain qui avait la particularité d'être un grand amateur de musique, et particulièrement toute la fameuse downtown sece de NY, étant new yorkais pur souche. Trainant ses guêtres depuis 1978 dans tous les clubs de la ville (le Knitting factory et le Tonic en tête), il devient ami avec tous les musiciens de la scène, assistat au premiers concerts de John Zorn dans son appartement, etc...Aprés sa mort en 2003, tous ces personnes décidérent de lui rendre hommage lors d'un concert au Tonic en 2004. Line up trés impressionant, une grande partie de la downtown scene est présente, pour un concert qui offre diverses formations ou prestations solos. Jazz, expérimental, tous les titres sont interprétés brillament, dévoilant ainsi un bel hommage à ce monsieur qu'on sentait être, grâce au livret, un papy bien sympa. R.I.P

TOM CORA - Hallelujah anyway

Tom Cora, aprés avoir suivit un cursus musical relativement classique et ayant appris le violoncelle, débarqua en 1979 à NY, année qui fut vraiment le point de départ de sa carrière. Il rencontra d'abord Eugene Chadbourne, puis son talent de multi-instrumentiste (guitares de toutes sorte, violon, accordéon, etc...) l'amena à fréquenter les clubs barrés de Manhattan, devenant pleinement un membre de la naissante "downtown scene" en compagnie de Toshinori Kondo, Wayne Horvitz, John Zorn ou encore Bill Laswell avec qui il collaborera plus de dix ans avec Curlew. Mais la rencontre la plus marquante pour Cora fut celle avec Fred Frith en 1980, fraichement débarqué d'angleterre, avec qui il fonda Skeleton Crew en 1982. Seulement 2 disques (dont le second en trio avec Zeena Perkins), mais une amitié profonde scellera les deux hommes, dont les prestations lives resta marqué dans les mémoires (jouant de nombreux instruments au sein d'un même morceau), faisant du duo avec Frith l'un des plus mémorable de la scène New Yorkaise. Tom Cora fit aussi partit des combo Third Person (rencontrant ainsi sa femme Catherine Jauniaux, et Collaborant avec Samm Bennett, Chris Cochrane, Marc Ribot, etc...), Roof (post rock quartet) et The ex (combo néérlandais de Punk). Il continua de collaborer sans cesse avec son ami Fred Frith jusqu'à la fin. Il mourut à l'age de 44 ans, peu aprés avoir immigré à Marseille, atteint d'un Cancer.

L'hommage et l'émotion de la downtown scene fut sans précédent, un concert hommage fut organisé par Zorn et Frith au Knitting factory en 1998 (et dont le double album existe sur le label du même nom). Cette compilation proposé par Zorn et Tzadik demeurant juste un hommage de tout ce qu'a pu accomplir Tom Cora dans sa carrière, ainsi que des hommages par ses collaborateurs et amis. On retiendra les quelques plages solos de Tom Cora au violoncelle et accordéon. 2 titres de Curlew inspirés, 2 de Skeleton crew excellent, un de roof qui envoit bien. Les vibrants hommages : Gerry Hemingway aux percus, un titre de Zeena Parkins à la harpe, un second en duo avec Chris Cochrane bouleversant, et une ballade au piano de Wayne Horvitz qui ferait pleurer une statue. Pour finir, des collaborations prestigieuses : Tom Cora accompagné de Marc Ribot, un trio avec Chris Cutler et Frith, et un autre quasi ultime Tom cora/Fred Frith/John Zorn...R.I.P