lundi 5 novembre 2012

JOHN ZORN - The hermetic organ


99eme référence de la section Archival series, qui classifie tous les travaux de John Zorn, de ses début en 1973 jusqu'à aujourd'hui. Packaging new era de Tzadik, Digipack standard niveau graphisme, mais une sobriété assez classe et mystique, ainsi que quelques notes de l'auteur sur le pourquoi du comment de ce disque.
 
L'orgue a été le premier pas de John Zorn dans la musique à l'âge de huit ou neuf ans en 1961 : son affection pour les films d'horreur (particulièrement "le fantôme de l'opéra" de Lon Chaney) le poussera à découvrir de nombreuses découvertes musicales qui serviront d'influences dans ses compositions futures. Ses parents ayant refusé de lui acheter un orgue, il se rendait fréquemment chez des amis qui en avait un chez eux afin de se familiariser avec l'instrument, et un joueur d'orgue de l'église de ses parents dans le queens le laissait parfois improviser sur ce dernier : un instrument d'une puissance incroyable selon Zorn, ou psychédélisme, imagination, magie et mysticisme se couple avec une atmosphère gothique. L'envie de pratiquer l'instrument était belle et bien présente, les occasions un peu moins. Moins de 50 ans plus tard, Zorn reçut un e-mail d'un promoteur qui décida de donner l'opportunité à des artistes non-organiste d'utiliser et d'expérimenter l'orgue de la Christ church à Philadelphie le 24 février 2011. A la surprise générale de ses fans hardcore et et de ses amis proches, le mot s'est vite répandu sur cette nouvelle approche de John Zorn, un autre set eu lieu le 6 mars dans la même église, puis une série de performances eut lieu dans le monde (Paris, Milan, Dublin, Minneapolis, Gent). Sur cette impulsion, le compositeur demanda à rajouter un récital solo d'improvisation d'orgue pour son portrait de compositeur qui eu lieu en décembre au Miller theater. Le 9 décembre un soir de pleine lune eu lieu cette improvisation à la St paul's chapel de New York, enregistré pour Tzadik qui devrait en faire a priori une série. J'ai aimé ce disque pour ce qu'il est : une quête quasi-spirituelle et une nouvelle approche de Zorn qui confirme son formidable talent d'improvisateur...

lundi 22 octobre 2012

JOHN ZORN - Abraxas book of angels 19


En premier lieu, l’artwork de ce skeud’ est sublime : un digipack de toute beauté avec étoile gravé sur le front et tout…la grande classe ! Ensuite, Après la série sur radical jewish culture qui voyais à l’honneur des disques hommage pour les 10 ans de Masada, voici une nouvelle série d’album hommage ou des groupes reprennent des standards du groupe de Zorn à leurs sauces, puisant dans le répertoire des 300 chansons écrites par Zorn en 2004 ("book of angels") mais que Masada ne garda pas.

Aprés avoir repris le premier Masada songbook avec le groupe Rashanim de Jon Madof, ou bien officié sur le book of angels 17 avec le banquet of the spirits de Cyro Baptista, Shanir ezra Blumenkrantz s'attaque cette fois çi en solo aux riches arrangements du Book of angels. Lui même étant au Guembri, ce sera cependant l'unique sonorité d'influence orientale (marocaine pour le coup), car pour le reste, la tournure prise par le quatuor sera résolument rock, avec pas mal de dissonances noisy. Les deux guitaristes ne sont pas en reste (dont un Aram Bajakian tout en solos, sauvagerie et décibels), Eyal Maoz assure la rythmique tandis que le batteur metalleux (il en le look du moins) assure méchamment derrière. 10 titres sont donc repris à bout portant, avec quelques rares moments d'accalmies, offrant donc un "jewish rock" assez unique en son genre. Certes, ce volume ne surprend pas vraiment, mais on passe tout de même un agréable moment grâce au talent de Shanir. Et cette sensation perdure en live, puisque j'ai vu le groupe en concert à Marciac cette année. Vous pouvez d'ailleurs regarder le concert sur le site d'Arte.

dimanche 21 octobre 2012

JOHN ZORN - Pruflas book of angels 18


En premier lieu, l’artwork de ce skeud’ est sublime : un digipack de toute beauté avec étoile gravé sur le front et tout…la grande classe ! Ensuite, Après la série sur radical jewish culture qui voyais à l’honneur des disques hommage pour les 10 ans de Masada, voici une nouvelle série d’album hommage ou des groupes reprennent des standards du groupe de Zorn à leurs sauces, puisant dans le répertoire des 300 chansons écrites par Zorn en 2004 ("book of angels") mais que Masada ne garda pas.

Nouveau volume de 2012 avec cette venue aussi annoncée qu'attendu pour le démon "Pruflas" : David Krakauer, clarinettiste de renom, musicien pilier du Klezmer, ami de longue date de John Zorn : n'oublions que c'est lui qui a sortis le tout premier volume de la radical jewish serie et qu'il jouait dans la première incarnation du Bar kokhba et sur "Kristallnacht" du maître de L'east village. La confiance entre les deux hommes étant solide, Krakauer s'est occupé de tous les arrangements du disque : c'est une brillante réussite, sa vision sauvage et ouverte sied parfaitement à l'univers Zornien. 8 titres sont présent, tous excellents pour le coup. Krakauer n'en fait pas trop avec sa clarinette (ce qu'on pouvait redouter), se met au service des compositions, tout en la jouant beaucoup plus wild et freestyle que Ben Goldberg (qui nous avait un peu endormis avec "Baal", volume 15). Jerome Harris à la basse, Michael Sarin à la batterie (au jeu vif et mortel), un gars au laptop, et une guitariste Sheryl Bailey à la guitare (à priori, aucun rapport avec Derek Bailey) qui fait plaisir à entendre avec ses dissonances outrancières. Jazzy klezmer avec une touche indéniablement moderne (les samples y sont pour beaucoup), on en ressort facilement conquis, et ce disque doit être jouissif à voir en concert (les prochains masada marathon de 2013 !). A noter un guest de John Zorn au sax sur "Tandal", mentionné strictement nulle part, ce qui prouve que le compositeur ne veut plus du tout se mettre en avant sur la série book of angels (rappelez vous de "Stolas", etc...)

lundi 15 octobre 2012

JOHN ZORN - Templars in sacred blood


98eme référence de la section Archival series, qui classifie tous les travaux de John Zorn, de ses début en 1973 jusqu'à aujourd'hui. Packaging new era de Tzadik, Digipack standard niveau graphisme, mais avec un livret avec, surprise, des paroles à l'intérieur, chose peu commune dans l'univers zornien.
 
Si aucun des albums de Moonchild ne se ressemble, tous possèdent un similaire esprit fondeur, une rare liberté de ton qui peut déconcerter. Il n'y avait, à priori, aucune raison que Templars-In Sacred Blood, 6ème levée d'une formation à géométrie variable, enfreigne cette règle.
Templi Secretum, premier titre, sorte de heavy prog'n'core possédé montre une étonnante facette, plus orientée vers le format chanson, qui est définitivement une nouveauté bientôt confirmée par le rampant et flippant Evocation of Baphomet où Mike Patton (voix murmurée, glaciale) excelle. Et ça continue comme sur tout l'album ! Certes, l'académisme n'est pas exactement ce qu'ont à l'esprit Zorn (auteur, compositeur et arrangeur), son trio (Baron, Patton et Dunn) et l'invité de la galette, l'organiste John Medeski, et si l'écriture, cette fois, peut paraître plus conventionnelle, plus cadrée, c'est peut-être simplement parce que Moonchild a produit son album le plus mélodique ce qui ne va pas sans conséquence. En effet, souvent, par le passé, le rôle de Patton se limitait à des exercices de gorge plus destinés à vriller les tympans qu'à modeler un récit, véhiculer une émotion, et ça avait son effet (parce que Patton sait faire ce genre de chose) et collait parfaitement à l'univers de chacun des albums. Là, avec un nouveau panorama, Patton retrouve la pleine amplitude de son registre, quelque chose qu'on avait plus entendu depuis l'Anonymous de Tomahawk voire depuis que Mr. Bungle et Faith No More avaient plié les gaules, c'est dire si c'est une bonne nouvelle et si sa contribution permet d'enrichir notablement l'étendue émotionnelle de la galette. La seconde « star » de l'album est indéniablement Medeski et son orgue qui créent des climats, des ambiances habillant à la perfection chacune des montées de sève, chacune des accalmies... Il fait peut-être même ici sa plus notable performance en collaboration avec John Zorn. Et il ne faut, bien entendu, pas oublier la formidablement adaptable section rythmique composée du vieux compagnon de route qu'est Joey Baron (batterie) et du bassiste Trevor Dunn qui, du fait de l'absence de guitariste, assume ponctuellement le rôle, avec brio, comme il se doit. Pour expliquer à quel point ce Templars est étrange, si on devait le décrire avec quelques autres références musicales on citerait, pêle-mêle, Soft Machine, Procol Harum, Ruins, Black Flag, King Crimson, SunO))) ou Black Sabbath... Rien que ça ! Le miracle, en l'occurrence, est la cohérence de ce concept album (sur les Templiers), oeuvre vénéneuse, attirante et si étonnamment peu difficile qu'on la conseillera volontiers à tous ceux qui veulent entendre Zorn versant rock et ne savent par où commencer avec l'assurance de récolter quelques remerciements.
 
Chronique repiqué sur le net (sur l'excellent blog "l'année du dragon", ou vous pouvez le d/l), je suis assez d'accord avec cet avis...

dimanche 16 septembre 2012

DAVID SHEA - Hsi-yu chi


5eme référence de Tzadik sortis en 1995, et une nouvelle une sortie complètement hallucinante remis dans le contexte de l'époque (pas d'internet et lancement d'un label). Inspiré par Tsui Hark, John Woo, King Hu et Bruce Lee, nous avons affaire ici à la bande son d'un film imaginaire, un western d'action mythologique se déroulant à Hong kong. Tout un concept ! David Shea s'est entouré d'un superbe casting de la downtown pour donner à cette riche oeuvre : Sim Cain et Jim Pugliese à la batterie et percus, Hideki Kato à la basse, Zeena Parkins à la harpe/piano, Alex Tobias à l'harmonica, Marc Ribot à la guitare, John Zorn au sax et lui même à tous les samplers et platines. Le disque est découpé en onze sections, elles même sous découpés en 23 sections nominatives qui nous ramène à une scène du film. Musicalement, difficile de résumer un opus aussi dense et riche en ambiances diverses. Chaque passages laissent libre cours à notre imagination, des centaines de petits détails se cachent et se découvrent au fur et à mesure des écoutes, l'ensemble laisse la place à une trame sonore cohérente et surprenante. Le coté "western/hong kong/action" prend véritablement son sens lors de certains passages, mais je vous laisse le soin de découvrir la chose. "Hsi yu chi" se classe parmi les disques phares de Tzadik, on pourra faire un parallèle avec la composition "Spillane" de Zorn...

jeudi 13 septembre 2012

NED ROTHENBERG - Quintet for clarinet and strings


Second disque de Ned Rothenberg sur la composer serie aprés un "ghost stories" ambitieux et aventureux à souhait. Ce second volume explore donc une veine classique contemporaine plus traditionnelle de cette série Tzadik. Pochette mystère et titre bateau qui annonce clairement la couleur : oui, Ned sera accompagné pour le coup par un string quartet venant de NY (mivos quartet), qui appuieront ces compositions au saxophone. Intelligemment écrites, magistralement interprétés, ces cinq trames de plus de 8 minutes (avec un point culminant de 17 minutes avec "terrace and fold" en ouverture) nous transporte dans un univers partagé entre l'improvisation, les travaux de Zorn période "cartoon S/M") et une réminiscence de Carl Stalling. Romantisme, atmosphère cinématographique et lyrisme s'entremêle avec aisance, qui est d'ailleurs autant présente que la technique de Rothenberg avec son instrument (souffle circulaire, polyphonie, etc...). Un chapitre Tzadik classique mais intéréssant pour tous les amateurs du genre...

lundi 10 septembre 2012

SAMECH - Quachatta


Nouveau venu sur la radical jewish culture de Tzadik, Samech est un quatuor qui nous arrive droit de Pologne, dans le direct héritage du Cracow klezmer band (ou plus récemment du Bester quartet) et du passé très riche de la culture juive dans le pays de Bruno Schultz. Violon, violoncelle, double contrebasse et percussions sont les instruments qui développe toutes les mélodies des dix chansons impeccables proposées par Samech. Une section rythmique aux abois qui donne la répartie au lyrisme des cordes et plusieurs chansons traditionnelles arrangé avec brio par les musiciens. On remarquera aussi avec étonnement une reprise du groupe Davka (les kroniks sont dispo sur cette même section), auteur de plusieurs disques sur Tzadik et qui officie dans la même veine. Zorn fait un lien aussi avec le masada string trio, ce qui n'est pas usurpé, même si la section rythmique est beaucoup plus prononcé. Le groupe sera à l'affiche prochainement du festival Tzadik à Poznan, décidément un véritable vivier de groupe talentueux pour John Zorn et son hommage à ses origines, afin d'insuffler un nouvel essor à la musique juive de nos jours...

vendredi 24 août 2012

MARK DRESSER - Banquet


Ami de John Zorn (il a participé au disque "spy vs spy"), c'est sur sa demande que Mark Dresser nous propose ses premiers travaux d'inspiration classique pour le label new yorkais en 1997 (soit deux après sa création seulement). Superbe pochette d'une peinture de Nora Ligorano et Marshall Reese, deux artistes conceptuels de Brooklyn. "Banquet" est un double concerto superposé ou on retrouve d'un coté un string quartet traditionnel (présence de Friedlander et Feldman), et de l'autre Mark Dresser à la contrebasse et un jeune artiste suisse Mathias Ziegler, qui officie sur de nombreux instruments. 4 mouvements divise la pièce, pour une durée de 25 minutes environ. Composition expérimentale classique, bonne dans son ensemble mais si la construction sonne assez convenue. On se rapproche de certains de Zorn sur cette même série. A juste titre, la seconde pièce s'avère beaucoup plus étonnante : intitulé "loss of the innocents", elle est dédié à toutes les victimes du crash aérien du vol 800 TWA qui choqua l'Amérique en 1996 (un avion explosa au dessus de NY juste après avoir décollé de l'aéroport JFK, l'avion se brisa en deux et s'échoua dans la mer prés de la côte : 250 victimes). Dramatique et sombre, les musiciens donnent leur lettre de noblesse à cette trame sonore avec une association différente : Erik Friedlander au violon, Marcus Rojas au tuba et Chris Speed à la clarinette. 10 minutes captivantes dans le genre. 27eme oeuvre de la composer serie.

vendredi 17 août 2012

NED ROTHENBERG - World of odd harmonies

Ned Rothenberg, compositeur reconnus du circuit Tzadik, nous revient en 2012 avec une oeuvre solo balancé à bout portant sur la composer série. C'est après une session riche et intéressante d'enregistrement à l'académie des arts et des lettres de New York le 14 et 15 août 2010 que Ned eut l'idée de sortir un nouveau disque solo, le choix fut vite trié par John Zorn lui même qui décida de ne retenir que les prestations à la clarinette. Démarrant son apprentissage à l'âge de neuf ans, Rothenberg abandonne vite son entraînement pour mieux se concentrer sur le saxophone durant l'adolescence ("plus attractif") ; Il se replonge à la basse clarinette vers la vingtaine, avant de lâcher l'affaire durant plus d'une quinzaine d'années, en profitant pour apprendre le Shakuhachi et connaître la carrière qu'on lui connaît. La clarinette est donc le dernier instrument dans lequel il trouvera sa voix, et la maturité des compositions se ressent grandement. Respiration circulaire, mélodies angulaires et un caractère polyphonique surprenant. Un disque hypnotique et tourbillonnant, l'un des plus singuliers du compositeur. La pochette est également une peinture de son auteur...

mercredi 15 août 2012

MASADA - 50th birthday celebration (7)


La série Celebration birthday rend hommage à l’historique performance de John Zorn qui a joué tous les soirs pendant le mois de septembre 2003 (au Tonic à NY) pour célébrer ses 50 ans. Le programme y est impressionnant, tous ces projets de l'époque étant représenté (mis à part Naked city). Je ne posséde pas encore tous les volumes de cette série et la remplit dont petit à petit. 18 septembre 2003, Masada répond présent pour l'anniv' du boss, chose logique puisque il s'agit certainement de la formation de Zorn la plus importante en matière de créativité et de longévité. 6 sets seront d'ailleurs programmés sur trois jours, celui çi est le premier. Le groupe n'a pas besoin de "répéter" pour que l'alchimie fonctionne parfaitement, c'est certainement ce qui fait la force et la beauté du quartet, l'un des plus important dans le jazz moderne. 8 titres classique du premier masada songbook pour une heure de set, des solos, de l'impro, de la folie, de l'accalmie, de la passion, de la technique, et une classe incroyable à tout moments. Masada quoi !