Jeune compositeur résidant à New York et ayant étudié sous l'égide d'Alvin Lucier et D'anthony Braxton entre autres. L'instrument de prédilection de Matthew, c'est la cornemuse traditionnelle (il en existe des centaines différentes en fait quand on se renseigne) d'origine écossaise, un instrument trés peu exploiter dans le sillage de Tzadik. Je pense que c'est une bonne chose pour les fervents d'écletisme musical quand j'annonce que "Blarvuster" n'a strictement rien à voir avec "dream tigers" sortis précédemment sur Tzadik. Welch repousse ses limites en tant que compositeur, s'inclut dans le lot des musiciens, et surtout pousse sa vision musicale encore plus vers le collectif ; pour tout dire, Blarvuster est le nom du groupe qui l'accompagne en tournée (pas mal de musiciens de la dowtown scene). 7 titres (dont un morceau de 30 minutes) tous assez bizarre dans leur conception, puisque on assiste à un mix assez bien digéré de modernité et de tradition. Ca se traduit par de la world music écossaise (flirtant toujours de manière récurrente avec l'esprit celtique), les morceaux étant appliqué avec la construction rythmique du rock, assez brute de décoffrage, avec une section basse/guitare bien présente, et un batteur (nul autre que Ches Smith d'ailleurs) assez monstrueux. L'ensemble se couple avec flûte, violon ou piano, ou se dégage une parfaite harmonie sonore et des mélodies vraiment superbes. Puis il y a le cas de Matthew en lui même : lorsque il pratique la cornemuse, c'est véritablement superbe, le rendu instrumental est d'une grande richesse. En revanche, son chant d'influence asiatique m'a laissé parfois perplexe : déplacé dans le cadre d'un tel mariage des genres, sonnant parfois forcé et gauche, je n'ai pas été forcément convaincu. Reste cependant un "Blarvuster" musicalement de haute volée, qui pourrait ravir autant les fans de secret chiefs 3 que ceux de d'Alan Stivell qui visiterai le japon...
jeudi 27 janvier 2011
MATTHEW WELCH - Blarvuster
Jeune compositeur résidant à New York et ayant étudié sous l'égide d'Alvin Lucier et D'anthony Braxton entre autres. L'instrument de prédilection de Matthew, c'est la cornemuse traditionnelle (il en existe des centaines différentes en fait quand on se renseigne) d'origine écossaise, un instrument trés peu exploiter dans le sillage de Tzadik. Je pense que c'est une bonne chose pour les fervents d'écletisme musical quand j'annonce que "Blarvuster" n'a strictement rien à voir avec "dream tigers" sortis précédemment sur Tzadik. Welch repousse ses limites en tant que compositeur, s'inclut dans le lot des musiciens, et surtout pousse sa vision musicale encore plus vers le collectif ; pour tout dire, Blarvuster est le nom du groupe qui l'accompagne en tournée (pas mal de musiciens de la dowtown scene). 7 titres (dont un morceau de 30 minutes) tous assez bizarre dans leur conception, puisque on assiste à un mix assez bien digéré de modernité et de tradition. Ca se traduit par de la world music écossaise (flirtant toujours de manière récurrente avec l'esprit celtique), les morceaux étant appliqué avec la construction rythmique du rock, assez brute de décoffrage, avec une section basse/guitare bien présente, et un batteur (nul autre que Ches Smith d'ailleurs) assez monstrueux. L'ensemble se couple avec flûte, violon ou piano, ou se dégage une parfaite harmonie sonore et des mélodies vraiment superbes. Puis il y a le cas de Matthew en lui même : lorsque il pratique la cornemuse, c'est véritablement superbe, le rendu instrumental est d'une grande richesse. En revanche, son chant d'influence asiatique m'a laissé parfois perplexe : déplacé dans le cadre d'un tel mariage des genres, sonnant parfois forcé et gauche, je n'ai pas été forcément convaincu. Reste cependant un "Blarvuster" musicalement de haute volée, qui pourrait ravir autant les fans de secret chiefs 3 que ceux de d'Alan Stivell qui visiterai le japon...
lundi 17 janvier 2011
JOHN ZORN - Filmworks XV (Protocols of Zion)
Poursuite retrospective de la serie des filmworks de John Zorn, débuté en 1986 et se poursuivant inlassablement de nos jours. On retrouve tout cette serie dans la archival serie de Tzadik, qui couvre tous les enregistrements que sort le compositeur new yorkais de nos jours. Le Filmworks XV date de 2004, et couvre la bande son d'un documentaire choc de Marc Levin qui s'intitule "Protocols of Zion".Chose assez rare pour ne pas être signaler, le documentaire a largement été diffusé en Europe et en France, étant donné la gravité de son sujet : la montée de l'anti-semitisme à NY (et aux USA) aprés les attentats du 11 septembre. Diffusé en France sous le nom "les protocoles de la rumeur", le film fût notamment présenté au festival de Deauville et a connu la couverture de pas mal de médias généralistes. Je vous propose donc de ne pas trop m'étendre dessus à titre personnel, et de me concentrer uniquement sur la musique. Je laisse cependant deux liens disponibles ci dessous : une bonne critique du documentaire avec un compte rendu relativement détaillé, et une interview en Français de Marc Levin.
Sans le savoir, beaucoup de monde ont entendu une musique originale de John Zorn au sein du documentaire. "Une évidence de confier le travail à John" selon le réalisateur. "Une de ses meilleures expériences" selon Zorn, comme à peu prés tous les filmworks ceci dit en passant. Ce dernier décida de créer deux thèmes principaux, qui seront repris ensuite de manière différente afin de tenter de couvrir les différents lieux et communautés visitées au sein du documentaire. Le compositeur avait une vague idée de la trame sonore, et aprés accord avec Levin, composa le disque en 20 minutes quelques jours avant la session d'enregistrement. Cela peut paraitre impressionnant, mais il faut tempérer le propos. John Zorn a certainement composer le thème principal assez rapidement, mais l'enregistrement du disque est beaucoup axé sur une forme d'improvisation. Shanir ezra Blumenkranz se colle à la basse pour des lignes groovy et hypnotique (et quelques moment de bravoure au Oud), Cyro Baptista le suis aux percussions avec toute l'aisance qu'on lui connait (et les quelques plages uniquement aux percus sont magiques elles aussi), puis arrive john Zorn qui de son propre choix (et c'est clairement signaler) s'est mis au piano éléctrique ; Hormis le théme principal d'ouverture, on sent que ce dernier demeure en improvisation total, ne sachant quel note va succéder à la précédente, il le mentionne dans le livret, révélant une sorte d'auto-hypnose pour aboutir au résultat. Résultat qui de toute façon demeure absolument brillant. Un filmworks difficile à intégrer sur un sujet aussi grave, mais que le boss de Tzadik reussit avec une rapidité et une facilité désarmante. Peut être pas le plus marquant historiquement parlant, mais clairement un excellent exemple de la mécanique Zornienne en matière de travaux pour le 7eme art...http://www.ecranlarge.com/article-details-574.php
jeudi 13 janvier 2011
MARIA RADUCANU - Ziori
C'est avec une grande satisfaction que j'alimente la serie Oracles (dédiés aux travaux des femmes dans la sphère des musiques expérimentales) de ce nouveau volume. Premier disque officiel de Maria Raducanu sur Tzadik (et 8eme de sa discographie selon les commentaires), vocaliste roumaine de renom. Les 11 titres présent sur ce "ziori" s'articule autour du blues, du fado (chant mélancolique portugais généralement accompagné par des instruments à cordes pincées) et d'improvisation. Je ne suis pas un fervent des oeuvres vocales pures (voir les oeuvres Mycale, Muna zul, etc sur ce même blog). Mais dés que j'ai vu que la chanteuse avait eu la rude bonne idée d'engager Marc Ribot à la guitare sur tous le disque, j'ai su que ce dernier allait tenir la baraque à frites. La subtilité de Ribot tient au fait qu'il a su se mettre au service de la voix de la roumaine, et non Maria qui couvre le jeu impeccable de gratte. Cette guitare sombre, profonde, parfois tendu, c'est un véritable délice des oreilles (Ribot est vraiment l'un des meilleurs gratteux du monde). Puis il y la voix de la chanteuse qui s'éxecute en roumain : nous sommes vite happé par cet univers lyrique qui comporte autant de passages tristes que torturés. "Ziori" est l'un des meilleurs chapitres de la série Oracles qui m'ait été donné d'entendre. Son minimalisme lyrique et le jeu de guitare devrait plaire aux amateurs du label new yorkais...
mardi 11 janvier 2011
ARNOLD DREYBLATT - Who's who in central & east Europe 1933
Un projet datant de 1991, interprété sur scène jusqu'en 1997 un peu partout en Europe, réclamé sur disque par John Zorn en 1993 et qui voit le jour sur tzadik en 2010. Voila comment résumer chrono logiquement une oeuvre parmi les plus bizarres et étranges de la section Radical jewish culture. Pour vous la jouer assez simple (et sachant que je suis assez fatigué ce soir), c'est une oeuvre de spoken-word aussi riche vocalement qu'assez minimaliste (pauvre ?) musicalement. Basé sur un "who's who" couvrant l'Europe de l'est en 1933, ouvrage qu'Arnold Dreyblatt a dégoté en 1985 dans une librairie d'occasion à Istambul (ca va cherché loin tout de même). Le Who's who, livre archi connu qui a traversé le temps, couvrant la vie de "célébrité" plus ou moins voulu, avec différents degrés de notoriété. Le cas présenté ici concerne evidemment des personnes antérieur à 1933 en Europe de l'est. Un concept un peu barré, avouons le. Plusieurs vocalistes homme ou femme se succédent pour réciter des noms, raconter des histoires, faire du témoignage auditif, sur fond d'ambiant sonore vraiment désuet. Honnêtement, je n'ai pas trop accroché. Un chapitre anecdotique, je prefére largement le "animal magnetism" du même auteur sur le label New Yorkais...
jeudi 30 décembre 2010
JOHN ZORN - Filmworks XIV (Hiding and seeking)
Poursuite retrospective de la serie des filmworks de John Zorn, débuté en 1986 et se poursuivant inlassablement de nos jours. On retrouve tout cette serie dans la archival serie de Tzadik, qui couvre tous les enregistrements que sort le compositeur new yorkais de nos jours. Le Filmworks XIV date de 2003, et couvre la bande son d'un documentaire d'Oren Rudavsky qui s'intitule "hiding and seeking".Zorn fut approché pour ce film durant une période trés active. Mais comme il en avait plein le dos de composer son string quartet "necronomicon" (qu'on retrouvera plus tard sur le disque "magick"), il s'offra un break en composant cette bande son. Le 5eme documentaire juif en 15 ans, celui çi, dirigé par Oren Rudavsky, raconte
l'épopée d'un père juif orthodox qui emméne ses deux fils en pologne à la recherche de leurs racines. Un documentaire pas forcément tourné vers le dramatique comme l'explique Zorn, notamment via les commentaires assez cocasse des deux fils, ce qui lui donna l'idée d'écrire une musique légére. Ecrite en deux heures (!!), enregistré en un jour, mixé le jour suivant. D'obédience juive, cette bande son exotique et délicieuse rapproche assez facilement le lyricisme du Bar kokhba. La guest etonnante, c'est la chanteuse de Cibo matto qui vient pousser la chansonnette sur 4 titres, apportant evidemment encore plus de douceur par sa voix assez cristalline. Le line up est classique : Wollesen au vibraphone, Baptista au percus, Trevor Dunn à la basse acoustique a priori, Puis Marc ribot, qui tient la bande son à bout de bras. C'est effectivement son incroyable feeling et son jeu d'une virtuosité sans égal qui transparait essentiellement tout au long des 12 titres.Pour la petite histoire, une loi juive orthodoxe interdit le chant des femmes en public, et les chansons à partie vocale ne furent pas incluse dans le documentaire (ce qui demeure un beau gachis). Le fameux documentaire fut diffusé sur une chaine du cable américain, et vous pouvez le trouver en vente en ligne en dvd, avec une pochette assez évocatrice. Je ne l'ai pas acheté personnellement, mais j'aimerai bien le voir. La bande son est quand a elle achat obligatoire...
mardi 28 décembre 2010
GABRIELE COEN "JEWISH EXPERIENCE" - Awakening
Premier opus du compositeur italien Gabriele Coen pour le label Tzadik, dont il est visiblement plus que fier d'intégrer la radical jewish culture. C'est à ce juste titre que ce dernier délaisse un peu le jazz traditionnel pour nous plonger dans une « jewish experience » riche et luxuriante à souhait. Aucun des dix titres présents ne passe en dessous de la barre des 6 minutes, preuve indéniable de compositions complexes et inventives ou se méle l'art d'écriture de Coen et le talent d'improvisation des musiciens (5 en tout, plus quelques guests). Qu'il ne s'agisse du guitariste, du pianiste ou de Gabriele Coen avec son saxophone (ou clarinette), tous connaisse leur quart d'heure de folie dans des solos endiablés absolument jouissif. L'atmosphère se veut tantôt klezmer traditionel, tantôt jazz posé, ou parfois plus exotique avec la présence de percussions, congas, bongo, etc....Comme nous l'indique John Zorn, il s'agit d'un des meilleurs chapitres de jazz juif que le label a pu sortir, et force de constater qu'il a raison, ce disque est un must-have de la section qui devrait ravir tous les lecteurs de ce blog, moi le premier...
JOHN ZORN - Filmworks XIII (Invitation to a suicide)
Poursuite retrospective de la serie des filmworks de John Zorn, débuté en 1986 et se poursuivant inlassablement de nos jours. On retrouve tout cette serie dans la archival serie de Tzadik, qui couvre tous les enregistrements que sort le compositeur new yorkais de nos jours. Le Filmworks XIII date de 2002, et demeure le dernier chapitre de la trilogie couvrant un seul et unique film.« Invitation to a suicide » est une comédie noire de Loren Marsh, dont nous n'avont jamais vraiment entendu parler de par chez nous, contrairement à des classiques du genre comme « Fargo » des fréres Cohen. L'histoire raconte comment un jeune immigrant polonais très pauvre vendra des tickets pour le show de son suicide programmé (une pendaison) afin de sauver son pére dont la tête est mise à prix 10 000 $ par un mafieux russe. Un film qu'il faudra que je visionne prochainement, si l'un d'entre vous l'a vu, qu'il nous donne son impression.
John Zorn nous fait son méa culpa dans le livret en avouant qu'il est de moins en moins tenté de jouer du saxophone, car il pratique depuis longtemps et que la surprise est de moins en moins présente, soit tout l'inverse de la phase de composition, qui continue à le passionner de manière croissante avec les années.Un coup de téléphone du realisateur qui souhaite travailler avec Zorn. La particularité, c'est qu'il souhaite avoir la musique avant le montage, pour parfaitement adapter la musique aux images, dans la tradition Morricone/Leone entre autre. L'idée ravis le compositeur new yorkais, mais la vision des rushes ne le convint guère : il n'est pas familier du genre comédie et ne capte pas l'essence du film pour en faire une bonne bande son. Il commence à réfléchir, écouter certains de ses travaux avec Marsh, puis délaisse le projet pour d'autre occupations. Quelques semaines passent, Zorn a quelques remords et doutes, les images du film reste dans sa tête. Il commence à re-travailler les compositions, change quelques notes par çi par la, modifie quelques harmonies et rythmiques, puis tout s'éclaire, il pense enfin tenir les bonnes partitions. Appel aux musiciens, coup de bol, tous le monde est dispo, rendez vous pris au studio de Jamie Saft le lendemain. Zorn est un travailleur acharné, apparement même assez stricte et laborieux avec les musiciens en leur demandant une concentration de tous les instants et une loyauté « inconditionnelle ». On notera cependant que le cercle des musiciens de Zorn revient toujours aussi, prouvant ainsi sa loyauté et soutien envers ses collaborateurs et amis. L'intensité et l'alchimie musicale fut apparemment au dela de toute espérance sur ce filmworks : le groupe joua comme si il l'avait fait durant des années. Trevor Dunn est parfait à la basse, Erik Friedlander apporte un lyrisme mortel au violoncelle, Kenny Wollesen apporte une facétie superbe au marimba et percussions, Ribot est un génie comme d'hab'. L'intégration pour la première fois de Rob Burger à un filmworks est brillante, son accordéon apporte une touche unique à cette bande son (on le retrouvera assez souvent par la suite d'ailleurs). Au final, dix huit titres absolument géniaux d'un lyrisme bouleversant, le final du disque est quand à lui...surprenant (disons que Trevor Dunn n'a pas du être dépaysé (lol). Bref, un classique Zornien comme on a coutume de dire...
Le mot de la fin pour John Zorn
« Conduire cette musique fut un enthousiasme spécial réservé à ce qu'on appelle un moment « clé ». Ils ont été peu nombreux dans ma vie : finir « Lacrosse » mon premier game piece, la longue semaine d'enregistrement de « Spillane », ecrire les premières Harcore pieces de Naked city, en studio en enregistrant « Kristallnacht », le premier concert de Masada, ou composer mon concerto pour violons « contes de fées ». Ces beaux moments semblent magique, peut être inspirer divinement. Quand nous avons quitté le studio cette nuit la, chacun savait que quelque chose de très spécial s'était déroulé. Cette musique n'est pas seulement l'une de mes meilleures bandes sons, c'était un de ses « moments ». »
vendredi 10 décembre 2010
JOHN ZORN - Filmworks XII (Three documentaries)
Poursuite retrospective de la serie des filmworks de John Zorn, débuté en 1986 et se poursuivant inlassablement de nos jours. On retrouve tout cette serie dans la archival serie de Tzadik, qui couvre tous les enregistrements que sort le compositeur new yorkais de nos jours. Le Filmworks XII date de 2002, et couvre trois documentaires différents d'ou l'appelation "three documentaries" (Second volume d'une serie de 3 filmworks sortis à la suite en 2002)Le premier documentaire est réalisé par Charles Dennis et fête les vingt ans d'un club du East village de Manhattan, le ps 122 ("performance space"), spécialisé dans la danse. Un club que Zorn a apparement pas mal fréquenter dans ses jeunes années pour ses travaux avec des danseurs, des festivals d'improvisation, et même la première de son game piece « darts » qui eut lieu en 1983. Le staff du club a toujours apprécier sa musique, et c'est donc en tout bien, tout honneur que Zorn réalisa la bande son de « Homecoming ». Différentes rythmiques, atmosphères et textures furent créer pour tout coller à l'univers de la danse. Une pointe de minimalisme perdure sur « the well tuned... » même si le compositeur déclare avoir été à contre courant de ce mouvement en offrant tout au long de sa carrière une approche plutôt maximaliste et un mélange volontaire des styles.
Zorn reconnaît cependant avoir été influencé dans les galeries de Soho et Oddball par les cadors du genre (Phillip Glass, Steve Reich, LaMonte Young et Terry Riley) et qu'on peut reconnaître des touches minimalistes et répétitives dans certaines de ses oeuvres. Magnifique titre d'ouverture avec Jennifer Charles qui nous gratifie de son unique et magnifique voix (ça ressemble à du Reich effectivement). Puis quatre titres typés danse effectivement, avec Mark Feldman au violon, Zorn à l'orgue et au piano, et un featuring de Jamie saft au piano sur un titre. Pas incontournable, mais une bande son qui doit parfaitement collé au sujet...A l'inverse de « Homecoming », John Zorn paraît un peu évasif et douteux sur le documentaire « Shaolin Ulysses », dirigé par Martha Burr et Mei-juin Chen (avec qui il a déjà bosser sur « Hollywood hotel » (1994, filmworks III)). Le compositeur n'arrivait pas à se faire un avis positif sur le documentaire : raconter l'insertion et la nouvelle vie de moines Shaolin venus immigrer aux USA, ça aurait pu être une belle histoire.
Mais ces derniers vivent désormais à Brooklyn, au Texas ou à Las Vegas, le documentaire tombe apparement dans le stéréotype et la caricature. De plus, le montage final ajoutera beaucoup d'autres musiques (issus du nouveau mode de vie des moines, on y retrouve donc de la salsa, du hip hop, de la musique traditionnelle chinoise ou du jazz), ce qui ne plait pas vraiment à Zorn qui trouve le documentaire un peu gaché. A titre personnel, le compositeur est cependant très satisfait de son boulot : les riminiscences asiatiques du Filmworks VIII ayant été réussis, on appréciera le retour de Min Xiao-Fen avec sa pipa, qui se livre sur 23 titres à un grand duel avec la guitare de Marc Ribot, magistral une fois de plus. Roberto Rodriguez et Cyro Baptista aux percussions et la première incursion de Trevor Dunn à la basse sur un filmwork, qui mine de rien fait un boulot colossal sur ce documentaire. « Shaolin Ulysses » est d'ailleurs un brillant exemple du génie de Zorn de manier différents styles : sur une base asiatique (le fabuleux titre d'ouverture digne d'un Morricone), les titres évoluent vers des contrées lointaines, tantôt hispanique ou brésilienne (« shaolin mambo » »shaolin bossa »), et n'oublie jamais d'être au service de l'émotion quand il le faut (« temple song » « nostalgia »). Une bande son sublime dans le genre, une vraie réussite pour le 7eme art qui aurait pu d'ailleurs s'adapter à beaucoup d'autres films...Morton Bartlett est un photographe underground new yorkais marginal, toujours plus ou moins dans l'ombre de Henry Darger, et ceux malgrés des travaux uniques et personnels. Son dada ? La conception et fabrication de poupées avec des vêtements cousus mains, mise en situation, puis photographiées avec des jeux de lumières pour rendre une vertue dramatique à un objet à priori innocent (cf : artwork de ce filmworks entre autre). Orphelin, il ne se serait jamais marié, et aurait vécus seul durant quasiment toute sa vie; Décédé en 1992, ses oeuvres furent découvert aprés sa mort. John Zorn découvre ses travaux dans une galerie d'art new yorkaise au milieu des années 90, et devient rapidement ami avec Marion Harris, une femme qui s'occupe de vendre et manager l'héritage de Bartlett (une des poupées se serait vendus 110 000 $ en 2008). Lorsque cette dernière lui apprend que sa fille prépare un court documentaire sur Morton Bartlett, il propose rapidement ses services pour en faire la musique. Peu d'informations sur ce « Family found », on peut en déduire la durée étant donné la bande son fournie par John Zorn, un seul et unique titre décliné en quatre variantes : la première voix et violoncelle su-bli-me (avec de nouveau Jennifer Charles, elle était en studio, Zorn l'a exploité à fond à priori), puis trois variantes superbes au violoncelle proposé par le coutumier Erik Friedlander, eternellement bon dans son registre...
Trois documentaires, trois univers, trois bandes sons différentes, Zorn se montre eclectique et inspiré sur un volume brillant de la série des filmworks...
jeudi 9 décembre 2010
JOHN ZORN - What thou wilt
14eme volume des chamber works proposé par John Zorn, placé dans les rangs de la composer serie, au même titre que tous les compositeurs Tzadik. Pas vraiment de nouveautés, mais 3 pièces plus ou moins datés dont les partitions trainées dans les cartons, et furent toute enregistrés en 2009/2010 afin de les rendre enfin disponible au grand public.On démarre par « contes de fées », pièce d'opéra composé en 1999, et enregistré dix ans aprés sa création aprés que celle çi fût interprété de nombreuses fois dans le monde entier. L'une de ses meilleures versions selon John Zorn, qui avoue l'avoir retravaillé de nombreuses fois avant d'en conclure une version définitive. Une des rares pièces qui fût commissioner (écrire des travaux sur demande moyennant rénumération), car John Zorn n'apprecie pas particulièrement ce procédé, et préfére écrire selon ses propres termes et envies. Le compositeur avoue qu'il s'agit d'une de ses compositions les plus rigoureuses, dramatique et complexe en même temps. On peut accentuer le coté dramatique, car « contes de fées » sera composé juste aprés le décés de sa mère, tout comme la pièce « aporias » (qui regroupait aussi un très large orchestre, voir kronik correspondante) fût elle composé juste aprés le décés de son père. Les passages tristes d'une vie inspire Zorn à écrire ses travaux les plus émotionnels sous la forme de musique classique, et « contes de fées » est une vraie réussite dans le genre.
La seconde composition de 22 minutes a pour titre trois points disposé en triangle afin de se référer au mysticisme de Crowley et Masonic, et le sous titre « fay çe que vouldras » est une traduction française du « do what thou wilt » issus aussi d'Aleister Crowley (et repris comme titre du disque donc)(La phrase « fay çe que vouldras » est tirée à l'origine du Gargantua de Rabelais ; elle y est le précepte de l'Abbaye de Thélème). Seconde pièce exclusivement au piano aprés « carny » en 1989, egalemment inteprété par Stephen Drury, qui est vraiment un grand pianiste moderne. Véritable tour de force, la pièce se révèle autant technique qu'émotionnelle, on se laisse facilement emporter par le tourbillon intense et rituelle d'une telle performance.
Dernière composition de 6 minutes « 777 » (nothing is true, everything is permitted), qui nous montre une fois de plus l'affection de Zorn pour la numérologie, qu'on retrouve en terme technique içi (le temps et rythme), puis une allusion non voilé au fameux « 666 », hommage une nouvelle fois à Crowley (décidément). Le sous titre est l'aphorisme connu d'Hassan I sabbah (voir wiki, par ailleurs un excellent groupe obsur de hardcore sauvage des 90's). Une composition pour un trio de violoncelles qui vire à la démonstration, et qui est un peu épuisante à mon goût...
MARTY EHRLICH - Fables
Marty Ehrlich nous offre son second disque pour le label Tzadik, aprés « Sojourn » que je ne possède pas encore, donc je me garderai bien de faire un comparatif entre les deux. Figure new yorkaise importante du jazz, multi insrumentaliste reconnu, Marty célébre ce disque en appelant son ami de longue date Hankus Netsky (fondateur du conservatory klezmer band, et professeur au Hampshire college) afin de mélanger les racines du jazz et la tradition juive. Un concept qui a déjà certes été exploité sur la radical jewish culture, mais le duo formé par les deux hommes est un véritable plaisir à entendre. Les deux compères y alterne les instruments (clarinette, flûte et saxophone pour Ehrlich, piano et accordéon pour Netsky), Marcus Rojas apparaît au tuba sur quelques morceaux, ainsi qu'un bassiste sur un morceau. Outre ces talents de compositeur, on admettra aussi que c'est Marty Ehrlich qui dirige la barque, car selon qu'il empoigne sa clarinette ou son saxo, le morceau sonne soit plutôt klezmer, soit plutôt jazz. « Fables » est un sympathique album, assez classique pour la radical jewish culture de Tzadik.
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