mercredi 30 septembre 2009

ERIK FRIEDLANDER - Grains of paradise

Signé sur la division Radical Jewish culture (en hommage à la culture et l’héritage musicale juif), Erik Friedlander est l’un des figures les plus respectés au sein de la fameuse « Downtown scene », comprenez par la scène expérimentale de la ville de New York (l'east Village plus particulièrement). Fréquent collaborateur dans les albums de compositions de John Zorn, Le fameux violoniste donne suite à son fabuleux enregistrement intitulé « the watchman ». Très différent de son prédécesseur, « Grains of Paradise » explore des contrées plus rythmiques : entouré cette fois çi de trois violoncelles et d’une section rythmique (dont le reconnu Trevor Dunn à la basse), les titres proposés sont souvent plus court mais plus prononcées. D’inspiration plus juive, les 9 compositions se promènent entre ballades romantiques et passages hypnotiques, tout en incluant de nombreuses atmosphères orientales. Toujours instrumentales et d’une grande force spirituelle, Zorn décrit le disque comme un « voyage excitant à travers des contrées exotiques inspirés par les épices de l’orient ». Il est vrai que ce disque est d’une petite beauté, et on vous recommandera vivement son écoute, surtout pour vous détendre. A noter aussi le superbe Artwork, nous prouve la grande qualité des deux œuvres d’Erik Friedlander sur le label Tzadik.

mardi 29 septembre 2009

YUKA HONDA - Eucademix

Fondatrice de Cibo Matto, membre importante de la downtown scene de NY depuis 1987 (il me semble qu'elle a déménagé depuis), Yuka Honda signe son second opus pour la série Oracles de Tzadik. Un excellent opus de surcroit, toujours à mi-chemin entre éléctro souple, trip hop posé et pop presque niaise mais assumée en tant que telle. 12 bons titres (trevor dunn et marc ribot présent sur certains) auxquels on ne s'ennuie jamais. Mention spéciale à "Limoncello" qui nous envois direct dans un film porno des 80's ricain, et "seed of seed...", émouvante ballade au piano d'une grande sincérité...

dimanche 27 septembre 2009

JOHN ZORN - Filmworks VIII (1997)

La section Archival series est, comme son nom l'indique, une sous division de Tzadik crée à l'époque pour rééditer tous les travaux de Zorn diffcile à trouver dans leur première édition (aujourd'hui, Zorn y publie l'intégralité de son oeuvre, et pas seulement des archives). Le filmworks VIII regroupe deux oeuvres qui ont toutes les deux vue le jour en 1997, d'ou l'appellation simple de "1997" sur la couverture jaune.

"The port of last resort" est un documentaire sur la fuite des réfugiés juifs à Shanghaï pour échapper à l'Allemagne nazi dans les années 30. Une part de l'histoire et du martyr des juifs assez méconnu, résumé avec des images d'archives en noir et blanc dans un documentaire qui demeure toujours aujourd'hui largement disponible. Zorn fut contacté à la fin de l'année 1997 et mit au point l'idée de travailler avec Min Xiao-fen, joueuse émérite de Pipa (instrument traditionel chinois) rencontré quelques mois plus tôt (la connexion avec Shanghaï étant évidente). Le croisement entre la culture asiatique et juive proposé dans cette bande son et la rapidité d'enregistrement du cercle Zornien ne fut pas chose évidente pour elle, mais elle s'adapta avec brio et propose une fraicheur indéniable sur ce documentaire.

Le Masada string trio agrémenté d'Anthony Coleman au piano et de Marc Ribot à la guitare compléte l'équipe, dont Zorn couvre toujours autant d'éloge, confirmant leurs mérites à atteindre un but commun, et la manière quasi télépathique dont le final est rendu pour des musiciens de haute volée. Sur les 11 titres, deux furent répétés avec William Winant lors d'une répétition au japon, quatre sont extrait du premier Masada songbook. Les trois meilleurs morceaux (dont un "Ruan" décliné en trois versions différentes pour guitare, piano et pipa, de loin le plus beau titre du disque) ont quand à eux été écrit spécialement pour le documentaire : innaproprié de convoquer le Masada original, c'est grâce aux origines asiatiques du sujet que John Zorn eut l'idée de mettre en place une nouvelle formation. Au final, cette bande son s'avère un disque a part entière, aussi bien dans la longueur que dans la beauté, c'est une oeuvre importante des Filmworks...

La seconde partie de ce Filmworks contient dix titres pour un exotique porno gay intitulé "Latin boys go to hell". Pour avoir vu la bande annonce du film, je ne sais pas si on peut parler vraiment de porno, mais plutôt de cinéma gay, car le film semble avoir une vraie histoire et intrigue, sur fond de fond de relation homo hispanique. Le nom du compositeur New Yorkais ne sera de toute façon pas associé au film, explication : Aprés avoir vu le film, Zorn refusa au premier abord de s'en occuper, il ne sentait pas qualifié pour en faire la bande son, et disa à la réalisatrice Ela Troyano (une amie de trés longue date) qu'elle ferait mieux de contacter Marc Ribot qui était dans sa période trés latine avec son projet cubain Postizos. Devant l'insistance de Ela, le compositeur réfléchit à la possibilité de créer une soundtrack tout en percussion, idée qui fut vite réfoulé, la réalisatrice pensant associer Ribot à Zorn. Ce dernier, véxé, l'envois chier...
Un mois plus tard, Zorn vient au nouvelles, et se rend compte que la réalisatrice n'a contacté personne d'autre et demeure au point mort. Il re-propose ses services à condition qu'il puisse lui fournir le résultat final sans être dérangé. Le final sera une catastrophe, non seulement Ela Troyano n'utilisa pas le bande son de Zorn, mais mettra en sus du rock assez ringard et du disco générique. John Zorn demanda à ce que son nom ne figure pas au générique et déclara que c'était l'une des relations de boulot les plus foireuses qu'il eut pour une bande son de film. Certes, la vision Zornienne était trop avant gardiste à priori : une bande son avec uniquement Cyro Baptista aux percus et Kenny Wollesen au marimba. Brillante dans le genre, ambiancé comme il se doit, mais peut être un peu limité pour un film à l'intrigue dramatico-amoureuse sur fond de jeunes bronzés, musclés et gay.

Un volume VIII qui compte surtout pour la brillante bande son du documentaire, une des plus belles qu'il ait composé selon Zorn lui même. Oeuvre singulière qui offre une brillante exposition au Masada string trio, qu'on retrouvera assez vite sur d'autres filmworks...

samedi 26 septembre 2009

MARC RIBOT - Scelsi morning

Marc Ribot est un guitariste plus que reconnu dans le monde de la musique expérimental. On ne compte même plus ses nombreuses apparitions et participations à divers projets musicaux complétement géniaux, il est d'ailleurs le guitariste quasi-attitré de Zorn aujourd'hui. A la demande de deux créateurs de pièces de théâtre, Ribot a composé pas mal de morceaux pour faire les bandes son de ces pièces obscures. Voila donc la compilation qui regroupe les compositions qui n’ont pas été retenu. Flirtant autant avec le minimalisme contemporain et le ritualisme musical du compositeur italien Giancento Scelsi (dont on verra la un brillant hommage avec le titre du disque), les 10 compositions sont vraiment intéressantes. Le travail de guitare de Marc Ribot y est vraiment saisissant (entre improvisations, et suivi note par note des autres instruments), accompagné de divers instruments à cordes (violon, etc…), de piano/orgue, de percussions primitives et noisy, et de clarinettes étonnantes. Un travail de composition très riche entièrement écrit par Ribot lui-même, qui ne s’est fixé aucune limite, aussi bien dans la variété des instruments que dans les atmosphères changeantes et indécises qu’on découvre au travers de ce disque. Un disque captivant…on finira sur la petite note d’humour de Marc Ribot, qui n’a pas hésité à mettre un dessin de sa petite fille (que j’imagine pas très âgée vu la tête du chef d’œuvre) en pochette de son disque...Inhabituel...

jeudi 24 septembre 2009

RAZ MESINAI - Before the law

Signé sur la division Radical Jewish culture (en hommage à la culture et l’héritage musicale juif), Voici le premier disque de Raz Mesinai, jeune musiciens né à Jérusalem et ayant immigré dans la ville de New York. Ce ne sont pas uniquement les origines juives de l’auteur qui justifie sa présence sur cette section de Tzadik, mais aussi l’inspiration spirituelle qui a poussé la création de ce disque, à savoir les œuvres de l’écrivain juif Franz Kafka. « before the law » est loin des traditions de musique juive, klezmer ou balkan. Raz Mesinai prend un malin plaisir à utiliser sa culture et son background dans la scène électronique afin de créer une approche unique qui consiste à mélanger des samples d’instruments acoustiques avec des boucles de musique electro et des percussions étranges et sombres. Ces éléments inspirés par le compositeur juif sont ajouté à des instruments plus traditionnels (violon, piano…) pour insuffler une vision sombre et dépouillé, voir un petit peu psychédélique de temps en temps. L’opus est découpés en d’étranges plages sonores qui se suivent et s’enchaînent avec cohérence, même si on finit quand même avec 33 plages. Raz Mesinai frappe un grand coup avec ce premier disque solo, et nous offre un vrai petit ovni au sein de la section juive de Tzadik : la confrontation de l’ancienneté traditionnelle et de la vision moderne de la musique expérimentale électronique…

mardi 22 septembre 2009

RAZ MESINAI - Cyborg acoustics

Raz Mesinai est l’un des plus prometteurs jeunes compositeurs au sein de la scène électronique New Yorkaise. On y apprend un peu plus sur sa vie dans ce nouveau disque sortis en 2004 : ses débuts en musicaux avec la dance en tant que dj, ses études religieuses en Israël, son passé à NY ou il découvrit certaines drogues psychédéliques, et ses débuts de compositions. 3 pièces sonores constituent ce « cyborg acoustics ». En premier lieu, nous avons le droit à un travail nommé « Ghosts of the gulag », longue tirade de 34 minutes découpés en 5 plages pour pouvoir faire respirer l’auditeur si il le souhaite. Toujours aussi complexe et sur une base electro-acoustique, on remarquera la présence de nombreux violons et violoncelles (dont les reconnus Mark Feldman et Eyvind Kang) afin de doubler les beats et autres effets dub, amenant ainsi une toile musicale innovante, et poussant toujours l’expérimentation vers de nouvelles sonorités inexplorés. On retrouve d’ailleurs une version de cette composition en 3eme plage, avec uniquement les instruments à corde et pendant 5 petites minutes, une manière de relaxer l’auditeur après l’expérience sonore d’avant. Entre les deux pièces, on retrouve un « game piece » intitulé « the reanimator 1.0 » ou Raz Mesinai défie John Zorn sur son propre terrain de jeu, et l’emmène dans une bataille sonore à la manière d’un jeu vidéo. Le saxo de Zorn contre Raz Mesinai au Sampler, Shelley Hirsch à la voix samplé et Tim Barns à la batterie samplé aussi. Une bataille sonore ou on en prend plein la tête en divers bruits, et ou le joueur s’en ai bien sortis face à ses opposants. Raz Mesinai nous offre son œuvre la plus aboutie et la plus recherchée, dramatique, cloitrée et oppresante, mais passionnante…

lundi 21 septembre 2009

RAZ MESINAI - Resurrections for goatskin

Raz Mesinai est l’un des plus prometteurs jeunes compositeurs au sein de la scène électronique New Yorkaise. "Resurrections for goatskin" (le premier pour la « composer series » mais le second pour Tzadik) nous propulse au sein d’un monde mystérieux fait de narrations harmonieuses et d'accalmies sombres et inquiétantes. Nous voilà au sein d’un voyage electro-acoustique entouré d’un concept étrange puisque comme le titre l’indique, cet album tourne autour de l’exploration des percussions faites en peau de chèvre. Il est vrai que cette pièce sonore regroupe autant des passages minimalistes (l’introduction au Zarb, le deuxième titre à la flûte) mais aussi des compositions comportant de passages sonores virulents fait avec des boucles electro couplés à des modulations rythmiques subtiles, des harmonies vicieuses et toujours ses percussions sonores envoûtantes. Un travail de composition complexe, rien qu’à voir les croquis de Raz au sein du livret, qui nous montre des transitions quasi métronomique. Mariages de diverses ambiances et d’associations de percussions, d’instruments et de musique moderne, Raz Mesinai signe ici une pièce précieuse de la musique expérimentale à base de percussions...

dimanche 20 septembre 2009

TIM SPARKS - Little princess

Aprés 5 ans d'absence sur Tzadik, voici le retour de Tim Sparks, un des guitaristes les plus talentueux du label. "Neshamah" et "Tanz" sont déja dispo sur ce blog, je vous conseille de vous les procurer afin de vous convaincre de la virtuose du bonhomme. Tim s'est une nouvelle fois entouré de l'équipe de Tanz pour donner vie à ce "little princess" : Greg Cohen offcie donc à la basse/contrebasse et Cyro Baptista aux percussions, section rythmique impeccable qui donne de la coloration au disque. Certains regretteront de ne pas pouvoir profiter pleinement du jeu habile au picking de Sparks ; c'est un choix de sa part, mais cela n'enleve en rien toute sa virtuosité, son sens de la mélodie et du détail ainsi qu'effectivement une harmonique trés sophistiquée. Le dernier point interessant, c'est que le trio s'est en l'occurence attaqué uniquement au répertoire du clarinettiste Naftule Brandwein, grande référence de la musique juive qui a donné ses lettres de noblesse au klezmer. Un pionnier de la downtown scene qui se voit aujourd'hui gratifié d'un nouvel hommage supplémentaire. Sans être le meilleur sur la série Radical jewish, "Little princess" est un vibrant hommage de Tim Sparks à un compositeur qu'il admire beaucoup. Ses réflexions guitaristiques sur Brandwein profitent à tous le monde aujourd'hui et c'est une bonne chose...

samedi 19 septembre 2009

GARY LUCAS - Street of lost brothers

Signé sur la division Radical Jewish culture (en hommage à la culture et l’héritage musicale juif), Le deuxième opus du guitariste Gary Lucas est absolument bluffant !! et dire que je l’ai aimé serait minimiser le plaisir que j’ai pris au multiple écoutes de « street of lost brothers ». ce skeud’ est une vraie reussite ! mise à part les chansons traditionnelles de musique juive « Yigdal » (featuring Zorn au saxo) ou encore « the tel aviv… » (avec foule en transe à l’appui), ce disque est surtout un travail solo de Gary avec sa guitare. Il n’est guère étonnant de savoir que celui ci fut le père spirituel de Jeff Buckley (ils ont fait plusieurs disques ensemble), car Gary Lucas est un semi-dieu de la gratte. Si vous ne me croyez pas, jetez une oreille sur les titres fabuleux que sont « the opener of the way », « it’s like a wheel » (avec expérimentation de larsen et de pédales à l’appui) ou « let my people go » (avec un jeu à la steel guitar complètement monstrueux). Ce qui est incroyable avec ce disque, c’est que Gary Lucas joue souvent à une vitesse démente, et arrive à instaurer des ambiances différentes selon les morceaux, en étant quasiment tout seul à chaque fois (8 titres sur 12 sont joué en solo soit en studio, soit en public). « street of lost brothers » est un opus fabuleux, qui est une grande leçon de guitare et d’inspiration.

vendredi 18 septembre 2009

JAMIE SAFT - Sovlanut

Voici le premier disque de Jamie Saft sur le label Tzadik. Producteur de renom dans la Downtown scene new yorkaise, collaborateur de John Zorn ou de Bobby Previte, faisant des remix occasionnel (le disque de David Gould), Saft est donc une figure de proue et c’est en tout logique que sort en cette année 2000 « Sovlanut ». Basé à Brooklyn à l’époque, le compositeur période pré-barbe a tenté une interaction entre les cultures juive, arabe et black afin d’obtenir une musique assez orienté clubbing mais contemporaine à la fois. 6 titres composent le disque (dont trois flirtant avec les 15 minutes), et l’effet détente posé en train de boire l’apéro fait immédiatement son effet. Jamie Saft nous propose en effet avec talent des gimmicks harmoniques, effet de guitares électriques et enregistrements Vintage (comprenait presque à la jamaïcaine) d’un mix flirtant tantôt avec de la drum n’ bass ou tantôt avec du dub ambiant. Basse ronronnante, batterie débridés, samples variés, on se laisse facilement transporté par ces 6 compositions tout simplement sublime. A écouter d’urgence pour les fervents de Dub ou trip hop. Seul bémol :la pochette du disque est assez moche…