Même si j'aime beaucoup Masada, je dois avouer que j'aurais mis un moment à me procurer toute la série de disques live qui encadre le groupe : en posséder un ou deux me suffisait amplement, car Masada, pour avoir vu la formation plusieurs fois en concert, ne donne jamais de mauvais concerts. Mais force de constater aussi que les lives de Tzadik sont tous unique en soit, de par leurs set-list, leurs productions, et leurs lieux qui ont plus ou moins d'importance dans l'histoire du quatuor. Profitant d'un énième voyage à NY, je me suis donc procuré les volumes qui me manquait dans cette collec'. Masada en live à Jerusalem, tout un symbole évidemment. La présence des New yorkais au festival de jazz de la ville donna plusieurs soirées assez mythiques, deux soirs furent captés et enregistrés pour la sortie de ce double album au son nettement meilleur que celui de Tapei l'année suivante. Track list complètement différent pour les deux soirs, de la nervosité parfois (furieux "Lachish" et "shilhim"), et le meilleur du jazz jewish à son apogée ("abidan", "piram" etc...)
dimanche 10 juin 2012
MASADA - Live in Jerusalem (1994)
Même si j'aime beaucoup Masada, je dois avouer que j'aurais mis un moment à me procurer toute la série de disques live qui encadre le groupe : en posséder un ou deux me suffisait amplement, car Masada, pour avoir vu la formation plusieurs fois en concert, ne donne jamais de mauvais concerts. Mais force de constater aussi que les lives de Tzadik sont tous unique en soit, de par leurs set-list, leurs productions, et leurs lieux qui ont plus ou moins d'importance dans l'histoire du quatuor. Profitant d'un énième voyage à NY, je me suis donc procuré les volumes qui me manquait dans cette collec'. Masada en live à Jerusalem, tout un symbole évidemment. La présence des New yorkais au festival de jazz de la ville donna plusieurs soirées assez mythiques, deux soirs furent captés et enregistrés pour la sortie de ce double album au son nettement meilleur que celui de Tapei l'année suivante. Track list complètement différent pour les deux soirs, de la nervosité parfois (furieux "Lachish" et "shilhim"), et le meilleur du jazz jewish à son apogée ("abidan", "piram" etc...)
dimanche 20 mai 2012
HEMOPHILIAC - John Zorn/Mike Patton/Ikue Mori
J'aurais donc mis plusieurs années avant de me procurer ce disque convoité d'Hemophiliac. Je connais John Zorn depuis 2001, mais n'est pas percuté la sortie de ce disque en 2002, sortis en version très limité, soit 2500 exemplaires dans le monde, dédicacé par John Zorn, Mike Patton et Ikue mori eux même. Comme Patton est suivi par une armée de fans attentif, l'objet a vite été sold out, certainement aux dépends des fans de Zorn d'ailleurs. Bref, il a fallu qu'un particulier le revende et que je sorte les sous de ma poche pour enfin acquérir le précieux sésame. L'objet est très beau, magnifique double digipack design et graphique qui mérite l'achat. L'association Hemophiliac a eu lieu en live aux alentours de 2000, date ou les morceaux de ce disque ont été enregistré et leur dernière apparition discographique a été le volume 6 du 50th birthday party initié par Zorn en 2003. Un disque en improvisation totale et freestyle, mais vraiment intéressant à découvrir, il se passe quelque chose et l'interaction entre les trois personnalités ravira les amateurs de games pieces et autre noiseries du genre. L'objet rare a avoir pour les amateurs de Tzadik. Sinon, difficile de prédire un quelconque avenir a la formation, Zorn semble plus attaché à Moonchild (dans sa collaboration "hardcore" avec Patton) qu'à Hemophiliac. Mais on en a vu d'autre avec Zorn...JOHN ZORN - Elegy (20th anniversary edition)
En premier lieu, vous trouverez en lien ci dessous la chronique originelle de l'oeuvre "Elegy" que j'avais faites à l'époque...Pas besoin de la refaire pour cette réédition car les titres et le contenu musical ne change pas, seul la forme du disque subit un léger re-lifting pour célébrer les 20 ans de l'opus. Tzadik a estampillé que le disque était sold out, ce qui demeure une demi vérité, étant donné que Zorn a (à priori) récupérer les droits de son oeuvre auprés de Evva (le label d'origine) et aurait pu donc le rééditer dans sa version regular. Mais fervent de beaux objets, le compositeur new yorkais a donc entrepris de le rééditer, comme il l'avait fait pour les 15 ans de "The big Gundown", les 10 ans de "music for children" ou le disque "Chimeras" sur la composer serie. Si ces trois exemples précédents avaient bénéficié de titres supplémentaires, "Elegy" ressort donc uniquement dans un beau digipack, avec un artwork plus soigné et un livret plus fournis, avec des témoignages plus ou moins intéressant de Mike Patton, William Winant et David Slusser. Une oeuvre obligatoire pour ceux qui ne la posséde pas, et pour Zornologues uniquement pour ceux qui possède déjà la première version.vendredi 4 mai 2012
JOHN ZORN - Spy vs spy
Avant l'arrivée prochaine des dernières oeuvres de John Zorn sur le blog (oui, j'ai accumulé un peu de retard ces derniers mois, petit sevrage zornesque de rigueur), retour expeditif sur cette oeuvre singulière du maitre new yorkais, que je possédais depuis un moment mais dont j'avais complétement omis l'existence. Un disque sortis sur Elektra, non sur Tzadik donc, mais bel et bien estampillé par le compositeur, en pleine période Hardcore à l'époque. Il n'y a qu'à consulter la liste des remerciements dans le livret pour s'en rendre compte. Jouer la musique d'Ornette Coleman, pére fondateur du Free jazz, retrospectivement une évidence lorsqu'on gravite autour de la planète jazz mais que l'on a envie de se la jouer brutal as fuck. John Zorn s'évertuera donc à monter un quintet resté jusqu'ici inédit, une basse, double batterie et double sax alto. L'agression sonore qui émane du disque en est encore plus assourdissante que prévu, avec notamment un enregistrement en stéréo comme le veut la tradition free. 17 titres et une demi heure plus tard, on ressort assomé et chancelant de la rencontre. Oeuvre aussi subversive que géniale et dangereuse, voila de quoi botter le cul des jazzeux et des rockeurs simultanément, une tour de force pas forcément facile pour tous le monde. Nous sommes en 1988, Zorn a 35 ans, Naked city sera créer l'année suivante...lundi 16 avril 2012
ANDY LASTER - Riptide
Andy Laster nous livre en cette fin d'année 2011 son premier volume sur Tzadik, tourné résolument vers la musique de chambre comme thématique, ce qui tranche un peu avec le reste de sa discographie. Diverses pièces sonores composé entre 2001 et 2011, la dernière en date étant "Riptide", piéce pour piano solo. On est sinon dans la grande tradition du string trio, du string quartet, du quartet à formation variable ou du quintet. Les musiciens exécutent de manière impeccable les pièces et donnent ainsi vie à la vision assez sombre de Laster. Lyrique, inquiétante, envoutante, la trame sonore du disque est bonne, la classique contemporain résonne ici de mille éclats, le but avouée de cette section de Tzadik. Pochette superbe, comme d'habitude...
NED ROTHENBERG - Ghost stories
Premier volume de Ned Rothenberg sur la composer serie, datant de 2000. Une pochette sympathique résume à elle seule les hautes teneurs asiatiques qui sont présentes tout au long du disque. Quatres compositions relativement différentes mais complémentaire dans la vision et les compétences du compositeur lorsqu'on connait son parcours. "Arbor vitae" aborde la rencontre de la clarinette (jouée par Rothenberg) et du Shakuhachi (flûte japonaise traditionnelle), joué ici par Riley Lee, référence dans le genre. "Ghost stories", la pièce majeure du disque, marque la rencontre de Satoshi Takeishi aux percussions, d'Erik Friedlander au violon et de Min Xiao Fen à la Pipa (deux musiciens qu'on retrouve dans le giron de John Zorn dans sa discographie) : magnifique pièce d'une vingtaine de minutes, rencontre parfaite entre l'exotisme de la Pipa et le lyricisme du violon, la composition est admirable, un grand moment nous prouvant tous le talent du compositeur de Brooklyn. Enchainement avec un duel alto saxophone de Rothenberg avec les percussions de Takeishi : improvisation de 18 minutes intéressante, prouvant la facilité des deux musiciens à parler leur propre langage et créer ainsi leur tourbillon sonore. Conclusion avec "Kagami", pièce solo pour Shakuhachi jouée par Ned, 6 minutes prouvant ses compétences pour egalement s'imposer dans une performance nous renvoyant directement au Japon quelques siècles auparavant. Un chapitre captivant de la serie...
mardi 20 mars 2012
MEREDITH MONK - Beginnings
Longtemps indissociée de l'histoire de la Kitchen à New York, l'œuvre de MEREDITH MONK mêle des éléments de danse, de théâtre, de film et de musique, et se situe bien sûr au confluent de toutes ces disciplines contemporaines. Principalement connue comme chanteuse pour l'emploi de techniques vocales étendues (chuchotements, cris, grognements, sanglots, chant diphonique, etc...), cette admiratrice de HENRY COWELL et de LA MONTE YOUNG - une représentation de The Tortoise, His Dreams and Journeys la marqua de façon indélébile en 1966 - se vit rattachée au courant minimaliste dont elle fut néanmoins la première à remettre l'appelation en cause. Sélectionnée par elle-même à partir de ses archives personnelles, cette compilation couvre une grosse première moitié d'une carrière éblouissante, depuis ses performances solo du milieu des années 60 jusqu'aux travaux plus prestigieux sur ECM qui la firent connaître lors des deux décennies suivantes. Best of d'une subjugante pionnière des nouvelles musiques.Résumé de la toile. Et superbe disque que nous propose Tzadik, on sent une forme de consécration pour John Zorn de sortir une oeuvre de Meredith sur son label, les notes du livret l'atteste et ce dernier n'hésite pas à écrire qu'elle est une renaissance et la mére spirituelle de tous les musiciens talentueux de la downtown scene. Les notes du livret se poursuive ensuite avec la compositrice elle même qui relate chaque processus et anecdotes des titres. Des travaux assez vieux donc, s'étalant entre 1966 et 1976. Je ne suis pas énorme fan des travaux à haute teneur vocal de ce genre, mais force de constater que Meredith Monk était effectivement une précurseur dans l'approche expérimentale couplé à du chant. A découvrir pour ceux qui aime...
LESLI DALABA - Timelines
Lesli Dalaba, trompettiste de la downtown scene, ayant joué entre autre avec les ensembles de Wayne Horvitz, d'Elliott Sharp ou de LaMonte Young. Son unique disque pour la série Oracles est vraiment ambitieux pour le coup : synthétiser toute l'histoire de la planète Terre en 48 minutes de musique. Vous n'y aviez pas pensé ? Lesli l'a fait, et avec brio j'ai envie d'ajouter. Oeuvre absolument indescriptible dans l'absolu, elle est composé en trois grande parties de 15 minutes qui correspondent a différente parties de l'humanité, entrecoupé d'interlude au Berimbau. Line up imparable sinon : Dalaba a la trompette, Carla Kihlstedt au violon, Zeena Parkins à la harpe, et Ikue Mori au laptop. Expérimental, mais aussi avec un touché ambiant et progressif indéniable, le quatuor emprunte l'improvisation du jazz pour le couplé avec l'approche de composition de la musique de chambre. Joué avec du coeur, "Timelines" est un superbe volume de série Oracles à découvrir d'humeur résolument baroudeuse...
STEVEN BERNSTEIN - Diaspora suite
John Zorn, grand gourou de la downtown scene, avait prévenu Steven Bernstein, responsable de la série Diaspora sur la radical jewish culture : "si il doit y avoir un prochain volume, je veux que ce soit que des compositions originales". Certes il y avait quelques arrangements traditionnels sur les autres volumes, mais voila l'art et la manière de mettre un coup de pression direct, Zorn croyant surtout à l'énorme potentiel de compositeur du trompettiste. C'est lors d'un concert de 2007 en hommage au réalisateur Robert Altman que l'idée de ce disque a germé, les compositions précédentes avaient été largement arrangé et structuré, place à la liberté absolu pour cette fois. Si il avait enregistré chaque volume dans des villes différentes auparavant, Berstein a cette fois décidé de rester chez lui, dans la ville de Oakland (Californie) afin de donner vie aux 12 titres qui composent ce "diaspora suite". Appel de ces plus camarades musiciens de la west coast (dont les reconnus Ben Goldberg, Peter Apfelbaum, ou John Schott) et enregistrement express dans une même pièce durant une unique journée, de 12h à 6h du soir avec une pause déjeuner au milieu (!). Du trés trés lourd. Dans la tradition musicale Hébraïque satiné de Miles Davis/Gil Evans, c'est du jazz absolument magnifique auxquel on a le droit. Virtuosité, improvisation, ambiance sombre, c'est un trés grand moment de musique. Volume important de la radical jewish !
samedi 17 mars 2012
JESSE HARRIS - Cosmo
Encore une délicieuse anomalie que cette arrivée de Jesse Harris dans les rangs de Tzadik, comme l'incursion récente d'Anthony Braxton ou de Terry Riley. Gagnant d'un grammy award, compositeur de Norah Jones ou de Solomon Burke (entre autres), compositeur d'un film de Ethan Hawke, Jesse Harris n'est pas à priori issus de la scène expérimentale pure souche, mais demeure un élément de la downtown scene à part entière (Il participe d'ailleurs au concert parisien de John Zorn en Mars 2013). Aprés neuf disques en solo, voici donc son premier album entièrement instrumental, brillant de surcroit, ce qui ne gache rien à l'affaire. L'affiliation avec Tzadik ne choquera cependant pas les fervents du giron de NY, puisqu'on y retrouve pas mal d'habitués, qui sont tout naturellement des amis de Harris : Kenny Wollesen aux percus, batterie, Rob Burger à l'orgue, piano, Tony Scherr à la guitare, Doug Wieselman au tambourin, etc...12 compositions magnifiques et trés variés, pasant du jazz à la folk, de la musique brésilienne au rock, bref, comme le dit Zorn, la pop instrumentale dans la tradition de Burt Bacharach. Un opus frais, léger, facile à écouter et ceux à tous moments de la journée comme un disque de The dreamers. Chouette volume...
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