dimanche 10 avril 2011

THE STONE - Issue four

J'ai acheté ce disque directement au stone afin de soutenir le club, puisque je venais d'assister à un bon concert, et que la salle a des programmations admirables (certains mois sont à tomber par terre selon leurs programmateurs). Pourtant, il a fallu que le disque soit sous mon nez pour que je l'achète, je n'affectionne pas particulièrement le trio, et me suis laissé tenter sans trop de convictions. En partant de ce principe, cet opus est une agréable surprise. John Medeski a laché son orgue pour l'échanger contre un piano, le résultat s'avère beaucoup plus convaincant et mélodique que sur "Zaebos" par exemple. Un titre de Zorn est d'ailleurs joué en premier, pour laisser ensuite place à quatre titres (dont un de plus de 20 minutes). La cohésion du combo est brillante, le section rythmique wood-martin est impeccable, et on navigue entre swing entêtant, accalmie jazzy et improvisation en roue libre. Le public réserve un bon accueil au trio, que Zorn a du remercier pour les aider à maintenir son club en vie en leur offrant un set complet en enregistrement...Le final est trés bien foutu aussi, à découvrir. Sans pour autant que j'achéte toute le disco de MMW, ce volume de soutien est une belle prestation à découvrir. Support !

mardi 5 avril 2011

MASADA MARATHON - David Koch Theater, New York city Opera (30/03/2011)

Si je peux certes donner mon modeste avis sur quelques disques glaner par çi, par la, je deteste faire les lives reports, je me sens tout simplement mauvais dans cet exercice. De plus, ne vous étonnez pas de commentaires idiots et futiles de ma part, ainsi que du manque de détails ou de ne pas enjoliver le recit, tout ceci est NORMAL ! (don't like it, don't read it !). Je vous rappelle aussi que j'ai écris un report du premier Marathon à Milan sur ce même blog (j'aurais pu faire copier-coller parfois...)

Nous revoila donc pour de nouvelles aventures avec l'ami Zorn, puisqu'on a eu la chance de partir directement à New York, ville si chère à notre compositeur favori. Un petit détour par nos péripéties dans la grosse pomme (liste pas exhaustive, on est resté quelques jours aprés le Marathon): aprés une arrivée fracassante ou nous sommes allés voir les 25 ans de Sick of it all, légende du Hardcore new yorkais, au webster hall (le conflit en Libye, c'étais un thé dansant à coté...), nous avons donc essayé de nous incruster au Miller Theater de la columbia university pour assister au Benefit for Japan show le dimanche 27 mars. Regroupant Ribot, l'aleph trio, Patton, Sonic youth, Cibo matto entre autres, l'affiche avait de quoi faire saliver. Vous imaginez notre blase quand on est resté dehors comme des cons car on n'avait pas de tickets, le show étant sold out en seulement 3 heures sur internet (600 places). On aura tout essayé pour rentrer, on aura les flics (très sympa au demeurant) au final qui nous dise de partir, nous et deux filles très fans de Patton. On ira se saouler dans des bars de Chelsea pour se venger de notre mécontentement...

Mardi 29 mars, aprés avoir pris un solide apéro dans les pubs de l'East village, on débarque au corner de la 2nd street et avenue C pour se rendre au Stone, la salle de concert de qui vous savez. On galérera pour la trouver, si tu vire le sticker minuscule devant l'entrée, c'est la porte la plus anonyme du monde. Le lieu est minuscule, ça étonne, et demeure très etrangement disposé (les toilettes sont dérrière la scène, nous serons placés nous aussi dérrière les artistes, à un métre d'eux). 53 places en tout et pour tout, on les a compté. Un petit set d'expérimental avec Ikue Mori au laptop, DJ Olive aux platines, et Billy Martin à la batterie et aux percus. On a bien apprécié...

Le lendemain, aprés un resto tenus par des mafieux (si, si...) dans Little Italy (délicieux d'ailleurs), on choppe un taxi pour se rendre au David Koch theater pour voir donc la fameux marathon, le deuxième en ce qui concerne mon pote Alex et moi même, puisqu'on s'était déjà rendu à Milan en novembre dernier (report disponible). A noter justement que ce n'etait pas du tout le programme de prévu : on devait avoir droit à la première de Moonchild, un set avec Lou reed, l'Aleph trio, etc...On a donc été un peu déçus du changement, mais ce marathon restera magique de bout en bout de toute façon (puis soyons conscient de notre chance d'avoir pu assister au deux...). Le New york city Opera est absolument magnifique, avec pas moins de quatres étages, on était mortellement placé (quasiment devant). Je suis sur des ordres de passage cette fois.

Masada quartet : John Zorn en treillis orange, Dave Douglas de nouveau avec son béret sur la tête. J'aurais pu noter la même chose qu'à Milan, puisque les titres joués sont les mêmes. La cohésion du groupe impressionne touours d'entrée de jeu. La folie furieuse de Joey Baron, les batailles trompette/sax, les stop and go bargeots, on les a déjà vu 4 fois, on s'en remet toujours pas à chaque fois...

Sylvie Courvoisier / Mark Feldman : les quatres premiers titres de Malphas interprété toujours avec autant de justesse. La 3eme fois que je les vois en moins d'un an, j'ai eu ma ration pour les années à venir cependant...

Banquet of the spirits : Zorn les présente comme un groupe « incroyable ». Shanir blumenetc à quitter son poste pour laisser place à un contrebassiste qui prend de la drogue et un guitariste qui apportera beaucoup au set. La cohésion du groupe est vraiment puissante. Cyro Baptista est un percussioniste incroyable, avec des percussions vraiment unique, et jouant comme un chef les instrus brésiliens. La folie ambiante qui se dégage des titres est communicative, et j'ai hâte d'écouter leur opus (je l'ai acheté à la fameuse « downtown music gallery »). Pas mal de personnes du public seront scotchés au siège.

Mycale : les quatre girls débarquent avec des robes plus jolies qu'à Milan. Les quatres même titres seront chantés, et je pourrai faire la même remarque sur l'omniprésence de Ayalet rose qui lance quasiment tous les morceaux (elle a d'ailleurs un diapason pour s'aider). Leur performance est cependant envoutante, et demeure un véritable acte de bravoure vocal. On s'en rend compte d'autant plus que les vocalises sont en théorie (et seulement qu'en théorie) à la portée de tout le monde, contrairement à une dextérité d'instrument. Je l'avoue, j'ai encore plus apprécié ce set, et aurait été prêt à entendre le disque au complet, qui l'eut cru, sachant que ma kronik du disque avait été assez négative...

Medeski, Martin & Dunn : « Chris Wood est en tournée, voici donc son remplacant », c'est ainsi que Zorn présente ce trio purement inédit. Trevor Dunn qui demeure à proprement parler le musicien de la soirée, puisque présent de nombreuse fois sur scène. Le bassiste aura cependant un peu de mal à s'associer à Billy Martin, batteur en roue libre qui cassera un peu la rythmique du trio. De plus, Dunn a apparement appris les morceaux (pas de partitions), et s'en ai mieux sortis avec sa contrebasse qu'avec sa basse. Mais sa présence était globalement bénéfique par rapport au trio originel, avec des moments d'improvisation bien sentie (il est excellent dans ce domaine). John Medeski est fatiguant avec son orgue...

Bar Kokhba : Les 3 premiers titres de « Lucifer » joués, exactement comme à Milan. Toujours aussi beau, on reste cependant attristé que l'album ne soit pas joué dans son intégralité, frustration quand tu nous tiens. On entendais beaucoup Marc Ribot (peut être un peu trop...), Zorn dirige toujours avec classe, les cordes sont magnifiques, et c'est rythmiquement du costaud. La plus belle incarnation Post-Masada je pense...
Intermission de 15 minutes...

Secret chiefs 3 : John Zorn a l'air particulièrement ravis qu'ils soient la (« ils viennent de Californie, faites leur un triomphe... »). Sans Grimmrobes, Trey Spruance, Timb Harris, Jason Schimmel, Ches Smith, une percussioniste et un claviériste, et revoila Trevor Dunn de nouveau à la basse, beaucoup plus à l'aise d'ailleurs que son set précédent. Les 2/3 de la formation présente de la salle, plus d'un fan de Bungle se met à rêver. Mais pour le coup, c'est Spruance qui méne le bal, avec trois titres de « Xaphan » superbement interprétés. Peut être pas le set le plus barge (Cyro Baptista et son banquet sont bien décadent dans le domaine), mais de loin le plus saturé avec ses deux grattes électriques. C'étais énorme, et surtout la principale démarquation par rapport à Milan.

Erik Friedlander : Impeccable une nouvelle fois. « Volac » est vraiment une superbe oeuvre. Un élément essentiel du downtown, le mec touche sa bille avec son instrument...

The dreamers : Idem qu'à Milan, les 3 premiers titres de « Ipos ». Retour de trevor Dunn une nouvelle fois, Ribot monstrueux, et formation sublime. Nouvelle frustration, jouez 15 titres les gars, nom de nom ! Pas grand chose à dire de plus. Zorn aurait annoncé qu'un nouvel album a été enregistré quelques jours avant (avec Patton) selon les bruits, mais sachez que je ne l'ai aucunement entendu (non, je n'avais pas piccolé cette fois çi). Cependant, Patton était à NY durant quelques jours, c'est absolument certain...

Uri Caine : Il faut remettre dans le contexte cette prestation : non seulement on voyais à peine le musicien (un orgue était placé devant le piano, on ne distinguait que ses cheveux) et on vient d'écouter plus de deux heures de concert. C'est donc sur ces deux faits que Uri Caine aura réussi le tour de force d'endormir la moitié de la salle (littéralement !). On a commencé à taper un fou rire quand on a vu les personnes agés s'endormir la tête en arrière la bouche ouverte, ou que mon voisin d'à coté (un papy en costard) s'est mis à fortement ronfler. Bref, sa prestation était bonne dans le genre, mais la place dans la programation n'étais vraiment pas judicieuse...

Masada string trio : avec Masada, la formation qui posséde la meilleure cohésion, c'est quasiment télépathique à ce niveau la. Zorn est toujours assis face au trio pour diriger, mais c'est surtout la virtuosité des musiciens qui l'emporte dans ce tourbillon lyrique d'une beauté absolu. Un deuxième book of angels griffé de leur nom a du apparaître comme une évidence pour John Zorn. J'accroche mieux sur scène que sur disque cependant.

Electric Masada : Trevor Dunn a rencontré quelques problèmes pour le reglage de sa basse, obligeant tout le groupe à l'attendre durant quelques minutes (railleries de Zorn à l'appui). Big band, Grosse masse sonore, titres identiques à Milan. La seule surprise est evidemment l'apparition de Mike Patton sur la dernière pièce « Idalah-abal » qui se contenta de suivre le morceau vocalement en gueulant parfois comme un âne. Une prestation assez moyenne en somme, mais une véritable exclusivité en soi puisque le big band ne s'était jamais associé au vocaliste. Zorn a du l'utiliser en studio en revanche. Affaire à suivre...

Fin du concert, tous le monde est debout, cinq minutes aprés, tout le monde est partis (contrairement en Italie ou tous le monde était à fond). A noter aussi qu'au moins une cinquantaine de personnes se sont cassés à l'entracte, laissant une partie des sièges vides. Oui, Zorn est une figure récurrente new yorkaise et il n'y a rien d'exceptionnel de le voir jouer dans la big apple. Ca nous rappelle qu'on est pas forcément prophéte dans son pays. J'ai pu écouter Marc Ribot discuter avec quelques gars aprés le concert (il est vraiment sympa...) et John Zorn n'aime vraiment pas tout ce qui est hors contexte musical : il discutait avec des amis à lui sur le rebord de la scène puis il s'est empressé de filer quand 3 ou 4 pauvres bougres ont voulu se faire signer des trucs (j'ai assisté à la scène avec amusement tandis que je cherchais mon écharpe dans l'opéra aprés le concert) : c'est con, j'aurais bien aimé lui parler un peu. Next time i guess...

Cheers fellows !

vendredi 18 mars 2011

ALVIN CURRAN - Lost marbles

Alvin Curran a été le tout premier artiste signé sur Tzadik, un statut un peu à part donc au sein du label new yorkais, John Zorn ayant une haute estime du compositeur à priori. C'est une nouvelle fois sous l'impulsion de ce dernier que voit le jour ce "lost marbles", soit le disque des titres rares et perdus dans les archives et cartons de Curran. L'artwork est superbe, ça me rappelle quand j'étais gamin, on aurait vendu pére et mére pour être celui qui a le plus de billes. Le contenu est aussi beau que l'artwork je trouve, et "lost marbles" est un grand disque du genre dit expérimental. Ce que j'aime chez Curran, c'est que sa musique est décompléxé avant toute chose : on sent la réflexion, et que rien n'est gratuit. Pas d'improvisation déviantes, pas de bruitisme inutile, pas de volonté d'assommer l'auditeur dans un tourbillon regréssif. Uniquement du grand art, et ceux sur un disque remplis ras la gueule. Quelques compositions magnifiques au piano seul, quelques deconstructions cohérentes au sampler (c'est son dada de prédilection), et quelques ensembles philharmoniques bien pensés et subtils avec souvent du beau monde (Frith, Winant, etc...). Nettement supérieur à « Animal behavior », Alvin Curran prouve sur cet opus qu'il est bien l'un des compositeurs américain les plus captivant de sa génération...

samedi 5 mars 2011

RICHARD CRANDELL - Spring steel

La mbira est un des instruments africains les plus anciens. De nombreuses légendes circulent au Zimbabwe concernant ses origines. La mbira trouve ainsi ses racines dans la mythologie africaine et dans la littérature historique des Shonas. La plupart des musiciens s’accordent néanmoins pour dire que l’origine de la mbira est un mystère, les nombreuses histoires provenant de l’histoire orale et du folklore des Shonas ne faisant que refléter la mystique qui entoure l’instrument et révéler les profondes associations existant entre la mbira et d’autres aspects de la culture shona. Des découvertes archéologiques suggèrent qu’elle était jouée au XVe siècle et probablement aussi au Xe siècle quand le peuple shona s’est installé au Zimbabwe. Il est néanmoins établi que cet instrument était joué au XVIe siècle à la cour de Munhumtapa. À l’époque, les musiciens jouaient de la mbira pour les rois et les devins shonas.

Second opus de Richard Crandell sortis en 2007, parfaite continuité du "Mbira magic" kroniké il y a peu. Nouveauté directement décelable : Cyro Baptista est présent sur quasiment tous les titres cette fois çi, et c'est vrai que c'est toujours un plaisir d'entendre son sang brésilien donner du rythme, surtout qu'on l'entend parfaitement sur cette oeuvre (au sein de l'electric masada, c'est un peu plus compliqué par exemple). Richard Crandell est un master de l'instrument africain : de dérives mélodiques en improvisations longues, il livre un sans faute, en nous sortant un disque ou minimalisme et émotion se rencontre. Venus droit de l'Oregon, Richard nous propose sans aucun doute l'un des disques de Tzadik le plus en phase avec les éléments de dame nature, une parfaite réussite une nouvelle fois.

samedi 26 février 2011

RICHARD CRANDELL - Mbira magic

La mbira est un des instruments africains les plus anciens. De nombreuses légendes circulent au Zimbabwe concernant ses origines. La mbira trouve ainsi ses racines dans la mythologie africaine et dans la littérature historique des Shonas. La plupart des musiciens s’accordent néanmoins pour dire que l’origine de la mbira est un mystère, les nombreuses histoires provenant de l’histoire orale et du folklore des Shonas ne faisant que refléter la mystique qui entoure l’instrument et révéler les profondes associations existant entre la mbira et d’autres aspects de la culture shona. Des découvertes archéologiques suggèrent qu’elle était jouée au XVe siècle et probablement aussi au Xe siècle quand le peuple shona s’est installé au Zimbabwe. Il est néanmoins établi que cet instrument était joué au XVIe siècle à la cour de Munhumtapa. À l’époque, les musiciens jouaient de la mbira pour les rois et les devins shonas.
Richard Crandell nous offre son premier disque pour Tzadik en 2004 en y jouant donc du mbira, dont vous trouverez plus d'infos çi dessus. Un opus qui m'a touché droit au coeur et qui demeure donc une petite perle scintillante dans la composer serie. Simplicité, sincérité, minimalisme et émotion, c'est assez incroyable tout ce que ce petit instrument peut dégager, les sonorités produites sont assez uniques. Le compositeur est evidemment un virtuose en la matière, et nous offre huit titres magnifiques de bout en bout. Bonne idée aussi d'avoir ajouter les percussions de Cyro Baptista sur certaines compos, pour donner un peu de corps à l'opus. La world music à son état minimale et pure, un superbe chapitre du label New yorkais...

JIM O'ROURKE - Terminal pharmacy

Producteur reconnus, avant gardiste chevronné, guitariste à temps partiel de Sonic Youth, je vous la raconte pas trop avec Jim O' Rourke, vous devez connaitre si vous connaissez le label. La seule collaboration entre les deux parties date de 1995, date de création du label, comme pour se rendre service entre New Yorkais. Je me suis dit que ça devait résonner chouette, je suis passé complétement à coté du disque (et pas qu'un peu !). Des délires electro-acoustiques avec pas mal d'instruments qui joue en sourdine, pourquoi pas ? Sauf qu'il ne se passe souvent rien d'excitant, voir souvent rien tout court (de longues plages de silence ou de vibrations minimes). Puis ça dure sur une longueur infini ainsi, la première plage dure 43 minutes par exemple. Peut être certains y trouveront un semblant d'ambiant, mais il existe mieux dans le registre avouons le. Il reste surtout un disque assez long, qui a du mal à nous faire entrer dans un univers, ce qui est dommage car le potentiel était la. A évitez pour ce coup çi, ce qui ne remet pas en cause le talent de O'Rourke ceci dit qui a signé des collaborations trés intéréssante...

mardi 15 février 2011

JOHN ZORN - Interzone

87eme référence de la section Archival series, qui classifie tous les travaux de John Zorn, de ses début en 1973 jusqu'à aujourd'hui. Dernier disque du marathon Zornien puisque 12 nouvelles oeuvres étaient attendus en 2010. Encore un digipack bien chiadé concocté par Tzadik, collage, effet miroir, design futuriste et coté arty assumé pour dévoiler enfin un hommage de longue date prévus par Zorn à l'écrivain William Burroughs (ainsi que collégue de débauche Brion Gysin) dont le compositeur est fan depuis 1970.

"Comme si l'histoire d'un compositeur se renvoyait des signes d'une époque à l'autre, les albums Femina et Dictée avaient amorçé en 2010 le retour magistral de ZORN à la pratique des game pieces (Cobra, Hockey, etc), instituée à la fin des années 70 mais qu'il avait, engagé sur plein d’autres fronts, temporairement mis en suspens. Afin de tirer le meilleur parti du procédé, l'écriture s'inspire de son exécution, en réinjecte les envolées les plus fulgurantes et répond à un certain nombre de règles que viennent bouleverser des situations de jeux aléatoires. Tandis que la direction de l'orchestre se sert de cartes et de signaux pour une réactivité plus immédiate. Hommage attendu de JOHN ZORN aux écrivains de la beat generation, WILLIAM S. BURROUGHS et BRION GYSIN, Interzone est une œuvre de dimension épique éclatant ses scénarios en cut-ups entre ambiances morbides et science-fictionnesques, conspiration internationale du mensonge et tragédie froide, ce 3e volet (à la pochette argentée) nous fait déambuler dans le dédale des rues de Tanger comme dans celui, cauchemardesque et halluciné, du cortex de l'auteur du Festin Nu."

Petit résumé rapide issus du distributeur français, je manque un peu de temps en ce moment pour m'atteler à de longues explications en ce qui concerne les inspirations de ce disque. "Interzone" est dans l'ensemble un bon disque, et une performance Zornienne admirable sur le papier. Technique du cut up (déja appliqué à l'époque de Naked city) mieux respecté que n'importe quelle autre oeuvre, partie improvisées sauvageonnes digne d'un puissant game pieces, passages mélodiques superbes, immersion totale dans la biographie de Burroughs (des influences de sonorités issus de ces voyages et de son univers), Ce pan complet et massif de l'oeuvre Zornienne est assurément un chapitre marquant et déterminant de Tzadik. Cependant, j'émettrai une petite reserve globale : dans la technique du file cards, je préfére largement le disque "femina". Pourquoi ? les influences ne sont pas plus nobles, la musique n'est pas plus riche et complexe, le résultat est largement aussi aboutis que "Interzone". Mais on sent clairement une différence harmonique et de feeling grâce a des nouveaux musiciens (musiciennes en l'occurence) qui apporte une vrai originalité. Hors lorsqu'on voit le line-up de cet opus, On ne s'etonnera pas d'y entendre PARFOIS des riminiscences de l'Electric masada ou de The dreamers. C'est peut être le piège de travailler parfois trop souvent avec les mêmes performers : j'entends de suite Ribot, Dunn, Mori, Wollesen ou Baptista (Medeski remplacant au pied levé Saft) à la première écoute. Mais c'est surement la condition obligatoire pour enregistrer aussi rapidement une oeuvre aussi riche qu'Interzone. Mais bref, je chipote et fait mon pointilleux de merde, John Zorn nous mystifie la tronche en cette fin d'année 2010, et ce disque est tout simplement incroyable et unique en son genre...

jeudi 27 janvier 2011

MATTHEW WELCH - Blarvuster

Jeune compositeur résidant à New York et ayant étudié sous l'égide d'Alvin Lucier et D'anthony Braxton entre autres. L'instrument de prédilection de Matthew, c'est la cornemuse traditionnelle (il en existe des centaines différentes en fait quand on se renseigne) d'origine écossaise, un instrument trés peu exploiter dans le sillage de Tzadik. Je pense que c'est une bonne chose pour les fervents d'écletisme musical quand j'annonce que "Blarvuster" n'a strictement rien à voir avec "dream tigers" sortis précédemment sur Tzadik. Welch repousse ses limites en tant que compositeur, s'inclut dans le lot des musiciens, et surtout pousse sa vision musicale encore plus vers le collectif ; pour tout dire, Blarvuster est le nom du groupe qui l'accompagne en tournée (pas mal de musiciens de la dowtown scene). 7 titres (dont un morceau de 30 minutes) tous assez bizarre dans leur conception, puisque on assiste à un mix assez bien digéré de modernité et de tradition. Ca se traduit par de la world music écossaise (flirtant toujours de manière récurrente avec l'esprit celtique), les morceaux étant appliqué avec la construction rythmique du rock, assez brute de décoffrage, avec une section basse/guitare bien présente, et un batteur (nul autre que Ches Smith d'ailleurs) assez monstrueux. L'ensemble se couple avec flûte, violon ou piano, ou se dégage une parfaite harmonie sonore et des mélodies vraiment superbes. Puis il y a le cas de Matthew en lui même : lorsque il pratique la cornemuse, c'est véritablement superbe, le rendu instrumental est d'une grande richesse. En revanche, son chant d'influence asiatique m'a laissé parfois perplexe : déplacé dans le cadre d'un tel mariage des genres, sonnant parfois forcé et gauche, je n'ai pas été forcément convaincu. Reste cependant un "Blarvuster" musicalement de haute volée, qui pourrait ravir autant les fans de secret chiefs 3 que ceux de d'Alan Stivell qui visiterai le japon...

lundi 17 janvier 2011

JOHN ZORN - Filmworks XV (Protocols of Zion)

Poursuite retrospective de la serie des filmworks de John Zorn, débuté en 1986 et se poursuivant inlassablement de nos jours. On retrouve tout cette serie dans la archival serie de Tzadik, qui couvre tous les enregistrements que sort le compositeur new yorkais de nos jours. Le Filmworks XV date de 2004, et couvre la bande son d'un documentaire choc de Marc Levin qui s'intitule "Protocols of Zion".

Chose assez rare pour ne pas être signaler, le documentaire a largement été diffusé en Europe et en France, étant donné la gravité de son sujet : la montée de l'anti-semitisme à NY (et aux USA) aprés les attentats du 11 septembre. Diffusé en France sous le nom "les protocoles de la rumeur", le film fût notamment présenté au festival de Deauville et a connu la couverture de pas mal de médias généralistes. Je vous propose donc de ne pas trop m'étendre dessus à titre personnel, et de me concentrer uniquement sur la musique. Je laisse cependant deux liens disponibles ci dessous : une bonne critique du documentaire avec un compte rendu relativement détaillé, et une interview en Français de Marc Levin.

Sans le savoir, beaucoup de monde ont entendu une musique originale de John Zorn au sein du documentaire. "Une évidence de confier le travail à John" selon le réalisateur. "Une de ses meilleures expériences" selon Zorn, comme à peu prés tous les filmworks ceci dit en passant. Ce dernier décida de créer deux thèmes principaux, qui seront repris ensuite de manière différente afin de tenter de couvrir les différents lieux et communautés visitées au sein du documentaire. Le compositeur avait une vague idée de la trame sonore, et aprés accord avec Levin, composa le disque en 20 minutes quelques jours avant la session d'enregistrement. Cela peut paraitre impressionnant, mais il faut tempérer le propos. John Zorn a certainement composer le thème principal assez rapidement, mais l'enregistrement du disque est beaucoup axé sur une forme d'improvisation. Shanir ezra Blumenkranz se colle à la basse pour des lignes groovy et hypnotique (et quelques moment de bravoure au Oud), Cyro Baptista le suis aux percussions avec toute l'aisance qu'on lui connait (et les quelques plages uniquement aux percus sont magiques elles aussi), puis arrive john Zorn qui de son propre choix (et c'est clairement signaler) s'est mis au piano éléctrique ; Hormis le théme principal d'ouverture, on sent que ce dernier demeure en improvisation total, ne sachant quel note va succéder à la précédente, il le mentionne dans le livret, révélant une sorte d'auto-hypnose pour aboutir au résultat. Résultat qui de toute façon demeure absolument brillant. Un filmworks difficile à intégrer sur un sujet aussi grave, mais que le boss de Tzadik reussit avec une rapidité et une facilité désarmante. Peut être pas le plus marquant historiquement parlant, mais clairement un excellent exemple de la mécanique Zornienne en matière de travaux pour le 7eme art...

http://www.ecranlarge.com/article-details-574.php

http://www.critikat.com/Les-Protocoles-de-la-Rumeur.html

jeudi 13 janvier 2011

MARIA RADUCANU - Ziori

C'est avec une grande satisfaction que j'alimente la serie Oracles (dédiés aux travaux des femmes dans la sphère des musiques expérimentales) de ce nouveau volume. Premier disque officiel de Maria Raducanu sur Tzadik (et 8eme de sa discographie selon les commentaires), vocaliste roumaine de renom. Les 11 titres présent sur ce "ziori" s'articule autour du blues, du fado (chant mélancolique portugais généralement accompagné par des instruments à cordes pincées) et d'improvisation. Je ne suis pas un fervent des oeuvres vocales pures (voir les oeuvres Mycale, Muna zul, etc sur ce même blog). Mais dés que j'ai vu que la chanteuse avait eu la rude bonne idée d'engager Marc Ribot à la guitare sur tous le disque, j'ai su que ce dernier allait tenir la baraque à frites. La subtilité de Ribot tient au fait qu'il a su se mettre au service de la voix de la roumaine, et non Maria qui couvre le jeu impeccable de gratte. Cette guitare sombre, profonde, parfois tendu, c'est un véritable délice des oreilles (Ribot est vraiment l'un des meilleurs gratteux du monde). Puis il y la voix de la chanteuse qui s'éxecute en roumain : nous sommes vite happé par cet univers lyrique qui comporte autant de passages tristes que torturés. "Ziori" est l'un des meilleurs chapitres de la série Oracles qui m'ait été donné d'entendre. Son minimalisme lyrique et le jeu de guitare devrait plaire aux amateurs du label new yorkais...