Zahava Seewald (chanteuse reconnu dans la scène juive) décide en 2004 d’explorer la transposition en musique de poèmes contemporains israéliens et le langage biblique. Après la sélection des poèmes, la chanteuse demande donc a une série de musiciens (et notamment les deux compositeurs Michael Grébil et Stephan Dunkelman) de monter un groupe ponctuel qui composera les musiques de chaque poème retranscrit. Le groupe se prénomme au final Zohara, et sort donc cet excellent opus intitulé « scorched lips ». Comme l’explique Zahava seewald, le projet musical est basé sur la construction de sons électro-acoustiques modernes et sur les sonorités d’instruments anciens ou modernes. Mélange de mélodies originales et d’harmonisations, tout en prenant une vision proche de l’improvisation, les 13 titres proposés par Zohara sont vraiment fabuleux : tantôt inquiétantes (les chuchotements oppressants), tantôt intimiste, les ambiances se multiplient au fil du disque, tout en gardant comme ligne conductrice l’hommage à la langue israélienne au travers de poèmes sublimement chantés par Zahava. La créativité musicale et les arrangements étant particulièrement réussis, le penchant « sombre » du disque vous fera frissonner, tandis que le chant émouvant vous fera frissonner d’émotions...
vendredi 13 novembre 2009
ZOHARA - Scorched lips
Zahava Seewald (chanteuse reconnu dans la scène juive) décide en 2004 d’explorer la transposition en musique de poèmes contemporains israéliens et le langage biblique. Après la sélection des poèmes, la chanteuse demande donc a une série de musiciens (et notamment les deux compositeurs Michael Grébil et Stephan Dunkelman) de monter un groupe ponctuel qui composera les musiques de chaque poème retranscrit. Le groupe se prénomme au final Zohara, et sort donc cet excellent opus intitulé « scorched lips ». Comme l’explique Zahava seewald, le projet musical est basé sur la construction de sons électro-acoustiques modernes et sur les sonorités d’instruments anciens ou modernes. Mélange de mélodies originales et d’harmonisations, tout en prenant une vision proche de l’improvisation, les 13 titres proposés par Zohara sont vraiment fabuleux : tantôt inquiétantes (les chuchotements oppressants), tantôt intimiste, les ambiances se multiplient au fil du disque, tout en gardant comme ligne conductrice l’hommage à la langue israélienne au travers de poèmes sublimement chantés par Zahava. La créativité musicale et les arrangements étant particulièrement réussis, le penchant « sombre » du disque vous fera frissonner, tandis que le chant émouvant vous fera frissonner d’émotions...
CHARMING HOSTESS - Sarajevo blues
Signé sur la division Radical Jewish culture (en hommage à la culture et l’héritage musicale juif), Cet album des Charming Hostess est vraiment d’une beauté lyrique renversante. Trio d’obédience vocal avec à sa tête Jewlia Eisenberg, déjà responsable d’un disque solo sur le label Tzadik. S’inspirant des poèmes d’un auteur bosniaque, « Sarajevo blues » marrie avec aisance le son des groupes vocaux féminins des 60’s, avec la force instrumentale des musiques d’avant garde, couplé avec quelques effets Hip hop comme par exemple l’utilisation de la beat box à certains moments. Le trio de filles ayant grandi à Brooklyn, au milieu d’un mélange racial issue de la communauté black ou juive, cet opus est un joyeux mélange éclectique, s’inspirant autant d’influences musicales Balkan ou Juive, avec cette force d’offrir son lot de lyrisme entraînant ou bouleversant (« Exodus », le meilleur titre du disque). Ajoutez à ceci des musiciens inspirés, nous offrant des passages de basse, batterie ou violon superbement plaqué sur les voix, et vous obtenez un disque vraiment innovant. « Sarajevo blues » est un condensé de créativité, proposé par un trio féminin des plus passionnant dans la scène expérimentale juive...
mercredi 11 novembre 2009
BASYA SCHECHTER - Queen's dominion
Premier disque solo de Basya Schechter, plus connus en tant que vocaliste et tête pensante du groupe Pharaoh’s daughter. C’est sous l’impulsion de John Zorn que celle çi se voit la possibilité d’enregistrer ce disque magnifique, exclusivement instrumental. Puisant autant dans l’influence juive et les traditions arabes, ce disque est un véritable voyage au coeur du moyen orient. En collaborant avec le percussionniste Jarrod Cagwin ou le joueur de Santur Alan Kushan (instrument à corde traditionnel) ainsi que d’autres musiciens, Baysa Schechter est parvenu à instaurer une ambiance reposante voir quasi hypnotique, ce qui est d’une grande réussite. Pas moins de 10 titres, tous aussi brillant les uns que les autres composent ce « queen’s dominion » passionnant et envoûtant. Mes chansons favorites restent « by way of haran » et « pashmina », car elles reflètent une atmosphère très spéciale, entre mysticisme et apaisement de l’esprit. Zorn a encore une fois eu le nez fin, Baysa Schechter nous offre un très bon opus de musique ambiancée, qui devrait plaire à ceux qui recherchent de la musique reposante pour l’esprit...
ROBERTO RODRIGUEZ - Baila ! Gitano baila !
Ce disque de Roberto Rodriguez (dont le patronyme s’est mué en un Septeto Rodriguez sur la pochette) est le second pour la label Tzadik. Et qu’on se le dise, ce disque est énorme !! crée de toute pièce par Rodriguez (qui fait de lui un compositeur à part entière), l’instrumentation de ces 10 titres est absolument bluffante : pas moins de 8 musiciens interprète les morceaux (dont Roberto lui même aux percussions) complexe et harmonieux qui compose ce « baila !…. ». L’auteur a voulu célébrer et rendre hommage à la communauté juive de Cuba, d’ou les fortes intonations juive et latine qui s’entremêlent tout au long du disque, créant une ambiance folklorique et exotique très forte. Flirtant avec la musique cubaine, la tradition juive, des touches world music et quelques influences reggae, cet opus est une véritable cure de jouvence pour les oreilles, et un véritable apaisement pour l’esprit. La composition malicieuse, intelligente, recherchée des morceaux nous prouve le grand talent de Roberto Rodriguez, qui nous gratifie d’un second disque superbe. Un des favori de la serie, comme tous ceux de Roberto...
PAUL BRODY'S SADAWI - Beyond Babylon
Voici un album sous le patronyme solo de Paul Brody accompagné du groupe Sadawi, tandis que le groupe précité est déjà responsable d’un enregistrement sur la section Tzadik dédié à la musique juive. Travaillant désormais à Berlin, Paul Brody nous fait remarquer l’émergence d’une nouvelle scène Klezmer actuelle au niveau mondial. Le disque « Beyond Babylon » est donc un hommage à cette nouvelle scène, ainsi qu’au label Tzadik qui a permis d’offrir à tous ces artistes une grande exposition auprès d’un public mondial. Outre les cinq compositions originales de Paul Brody, officiant dans un Klezmer moderne vif, rapide et rythmé, l’auteur s’est aussi fendu de reprises personnelles de quelques artistes Tzadik important. Ainsi on retrouvera sans grand étonnement des reprises de Naftule’s dream, Ben Goldberg (et son new klezmer trio), Frank London et David Krakauer : ces reprises sont d’ailleurs modifié et retravaillé afin de donner une autre coloration à des morceaux déjà particulièrement réussi. « Beyond Babylon » est donc un disque de Klezmer moderne ou on appréciera particulièrement la cohésion du groupe Sadawi et la virtuosité des 5 musiciens qui nous offre des prestations techniques vraiment intéressantes. 9 titres très riche rythmiquement parlant, ponctué d’un bel artwork : voila un disque particulièrement sympathique, recommandé à tous les habitués de la radical jewish culture...
dimanche 8 novembre 2009
PHARAOH’S DAUGHTER - Out of the reeds
Signé sur la division Radical Jewish culture (en hommage à la culture et l’héritage musicale juif), les pharaoh’s daughter demeure un combo connu dans la sphère musicale de la musique downtown juive. Ce disque était devenu un classique de la nouvelle scène juive, à tel point qu’il fut vite épuisé. Le label Tzadik nous offre donc une superbe réédition, re-masterisé et dans un nouvel artwork. Produit par Anthony Coleman, « out of the reeds » est un véritable bijou sonore, offrant et exploitant aux mieux les traditions sépharate et ashkénaze, grâce à une créativité musicale débordante. Le groupe se fend de pas mal d’interventions de divers musiciens, en résulte une instrumentation très riche, toujours très harmonieuse et mélodique. A la musique s’ajoute la superbe voix de la chanteuse Baysa Schechter, juive orthodoxe de Brooklyn, lyrique et envoûtante à souhait, qui s’appuie toujours sur des textes traditionnels Yiddish ou ladino. On saluera donc des titres comme « west african niggun » (composé par Baysa elle même), le splendide « eicha » ou encore le titre « taitsch » ou l’on aperçoit plusieurs featurings au niveau vocal (il y a aussi un remix de ce titre en fin de disque). Un beau coup d'éclat pour une excellente réédition...
DAVKA - Live
Voici la dernière sortie récente du quatuor de la nouvelle jewish renaissance. Après 3 albums studio réussis (dont un excellent « the golem »), voici donc venu le temps du traditionnel album Live. La créativité et la dextérité du groupe ne sera pas mise à mal le temps de ce disque, car il est d’une parfaite cohésion, digne d’un album studio. Comme le dit Zorn lui-même : « Davka combine une profonde connaissance et respect de la tradition avec imagination créative et un sens inné du swing… ». Il n’a vraiment pas tord ce brave John. Et Davka nous le prouve encore sur scène avec 70 minutes de musique et 11 titres (dont neuf inédits). Même si on n’entend que très peu le public s’exprimer (ce qui est dommage je trouve), la cohésion entre les quatre membres du groupe reste impeccable du début à la fin. Sensible, envoûtante, rythmée, traditionnelle mais développant de superbes éléments, Davka remplit sa mission scénique avec brio et nous offre donc un excellent 4eme disque.
samedi 7 novembre 2009
DAVKA - The golem
Signé sur la division Radical Jewish culture (en hommage à la culture et l’héritage musicale juif), voici le troisième disque estampillé Tzadik du groupe de San Francisco Davka. Plusieurs modifications sont à noté : en premier lieu, le trio a évolué en un quatuor, incluant au passage un joueur de clarinette et de « bassoon » (me demander pas le nom français). En second lieu, il ne s’agit pas d’un disque de Davka comme les deux précédents, car « The golem » est en fait la bande originale d’un film du même nom d’origine allemande, datant de 1920 et étant muet. Un film d’ailleurs précurseur basé sur un mythe juif, racontant donc l’histoire d’un monstre, et qui inspirera par le suite la création du plus reconnus Frankenstein. Bref, la bande a donc été composé par Daniel Hoffman (leader du groupe et violoniste) et voila son interprétation édité par Tzadik. Comme beaucoup de bande son (cf : la série Film music de Tzadik), le disque est composé de nombreuses plages plutôt courte, pour un total de 32 en tout. Tout dans la tradition jewish, les compositions exécutés demeurent un peu plus mystérieuse, contenant une approche quasi mystique. Hypnotique, dramatique et remplis d’esprit, chaque titres est en fait composé pour mettre en avant des séquences du film radicalement différentes et regroupant de nombreux sentiments. La musique de Davka en ressort donc grandis et encore plus belle. « The golem » est à mes yeux le meilleur disque du groupe sur Tzadik.
vendredi 6 novembre 2009
IKUE MORI - Class insecta
De l'époque où elle était la batteuse du trio no wave DNA jusqu'à ce jour qui la consacre spécialiste du laptop au sein de la communauté musicale de la Downtown à New York, IKUE MORI n'a eu de cesse d'élargir son champ musical de productions toutes plus attachantes les unes que les autres. Allant sans tambours ni trompettes constituer le corps d'œuvre discographique (comprenant moult autres réussites tels les groupes DEATH AMBIENT ou PHANTOM ORCHARD) non négligeable d'une musicienne-baroudeuse au long cours. Ce 8e album solo jette son dévolu sur l'électronica et les musiques à danser afin de mieux les disséquer, de les corrompre et d'en faire dévier le propos. Tels dés dans un godet, Class Insecta fait s'entrechoquer des pulsations de type “repérable”, recomposant des polyrythmies plus complexes, forcément inédites. Le propre d'une démarche vouée à surprendre comme à combler d’aise plus d’un amateur.J'ai recopié bêtement la formule du distributeur français. Ce dernier disque en date d'Ikue Mori ne m'inspire guere. Les fans de Laptop seront aux anges cependant. Moi, ça me gonfle...
mardi 3 novembre 2009
JACQUES COURSIL - Minimal brass
Après l’enregistrement de son second album en 1969, "The way ahead", Jacques Coursil se retira du monde de la musique pour enseigner la linguistique. Il n’est pas dit que l’on ait oublié totalement celui qui fut un pur génie de la trompette free-jazz avec ses compagnons d’armes Anthony Braxton, Sunny Murray… Non il imposa une telle empreinte cérébrale sur le jazz, à la fois grave et fougueuse, qu’il est difficile de ne point reconnaître chez un Eric Truffaz, son influence quasi-spectrale.35 ans après, il est bon d’entendre à nouveau ces strates sonores, ces harmoniques qui se répètent à l’infini, s’éloignant de leur point originel en cercles concentriques. La musique de Coursil est d’une beauté saisissante, un appel à la méditation, un hymne à la respiration… sans pour autant vouloir ôter la face sauvage du free-jazz. Car elle est aussi emprunte d’une colère retenue, Coursil maîtrise son instrument. Un disque avec un compositeur seul à l'instrument peut se révéler parfois un peu chiant : "Minimal brass" tape dans le sublime du début à la fin...
35 ans, ça peut paraître long aux oreilles de certains. Mais lorsqu’un artiste, et professeur émérite, revient à ses amours… On accorde volontiers une nouvelle oreille attentive. Car après tant d’années, le souffle s’est reposé, bonifié ou raréfié…L'attente aura été bénéfique, Jacques Coursil nous offre tout simplement l'un des meilleurs chapitres de la composer series...
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