jeudi 18 juin 2026

MARK DRESSER - Marinade

 

Second disque de Mark Dresser pour le label Tzadik en 2000 sur la composer serie, Il aura ensuite fallu attendre 24 ans pour que le suivant sorte sur la Spectrum serie, mais c'est une autre histoire. 


Ce volume est excellent, remplis ras la gueule de musique diverse et variée : des pièces en solo du contrebassiste, des duos, des trios, du quatuor, du quintet, et pas mal d'instrumentations présentes avec une représentation piano, cordes diverses et instruments à vent, percussions, etc...


Il m'a fallu pas mal d'écoutes pour apprivoiser cette longue trame sonore contemporaine mais le jeu en vaut la chandelle et je pense que cet opus est supérieure à son chapitre précédent sur Tzadik ("Banquet"). L'artwork est intéressant comme toujours, et nous sommes en présence d'un volume très correct de la composer serie...

mercredi 17 juin 2026

IKUE MORI - Labyrinth


 Il me manquait pas mal de disques d'Ikue Mori dans la collection Tzadik, étant donné que je n'ai jamais été trop fan de son travail. 

"Labyrinth", troisième disque de la japonaise sur la composer serie ne déroge pas aux règles immuables du laptop, des drum machines et des sons ultra synthétiques. Il y a des petits passages ambiant assez chill par moment qui peuvent être cool. Mais dans l'ensemble, quand le côté électronique prend le dessus, j'ai toujours autant de mal et ça ne passera jamais je pense...On saluera cet artwork un peu fou qui demeure sympathique. Les fans seront conquis par ce disque, les autres seront septiques comme moi...Peu importe, Ikue Mori continue son bout de chemin sans se soucier du reste...

DAVID MAHLER - Hearing voices

 

Il a pu arriver avec les années que des disques Tzadik me laisse complètement perplexe. Je suis en train de compléter ma collection en choppant tous les volumes qui me manque au sein de la composer serie par exemple. Ce disque de David Mahler m'inspirait moyennement, à part cette pochette sympa, quasiment comme toujours. Son faible prix sur le marché de l'occasion pouvait également mettre la puce à l'oreille : Quel merde !  

Pas de musique ! juste du spoken words ultra long sans queue ni tête. Pour le coup, je n'ai absolument pas compris le concept et je ne le réécouterais certainement jamais. A éviter !

dimanche 19 avril 2026

SUSIE IBARRA - Flower after flower

Fin de siècle, début de millénaire. Le jazz a depuis longtemps laminé le tempo ; le free l’a explosé ; Schoenberg et l’école de Vienne, puis d'autres Sériels, ont nié, détruit la métrique ; le monde a pénétré l’occident, répandu partout ses comptes asymétriques ; partout aussi les machines clouent le beat ; depuis un moment, déjà, des circuits imprimés bourdonnent sans mesure. Alors qu’est-ce qu’il reste du Rythme ? Qu’est-ce qu’on peut en faire ? Comment peut-on encore en faire ? Ces questions-là, les musiciens ici présents ne les posent pas : ils préfèrent les pratiquer. La réponse (libre et provisoire) qu’ils proposent en l’espèce de cette suite – huit plages alternant mouvements d’ensemble en effectif variable et courts passages solistes (les Fractals) - s’appelle vitesse. Ou plutôt vitesses. Non pas la constante précipitation, la double-pédale, la frénésie sans pause. Non : la vitesse comme écoulement plutôt que pulsation. Question de débit, d’intensités. De différentiel et de glissements. La vitesse comme usage et perception du temps. Ce que cette musique puise dans le passé, les écoles, divers courants et traditions, ce sont moins des timbres, des arrangements, des modes ou des gammes que de telles perceptions. Des topographies qui sont des espaces-temps. Des affects plus que des sentiments. The Ancients, par exemple, déploie cette lenteur tendue, parcourue de trajectoires sinueuses, propre à certaines traditions extrême-orientales : gagaku japonais, chinois ou coréen, mais surtout gamelan javanais ; aucun emprunt direct pourtant, aucune citation ; ni exotisme ni fusion ; ce qui dans cette pièce est un Ailleurs, une Asie du Sud Est, c’est moins la présence finalement anecdotique du kulintang (xylophone Philippin) qu’une étale alacrité, un état de méditation vivide. Human Beginings est d’abord un mouvement de houle, ample, puissant, qui soudain s’emballe en danse de noce, une espèce de gigue extraordinairement entraînante, scandée par une clavé pourtant étrangement décalée et des claquements de mains impeccables. Le tout se transmute en une folie afro-klezmer perturbée par les cymbales cisaillantes de Susie et par ses peaux tout en syncopes polyrythmiques (ce n’est pas en vain qu’elle a étudié avec Milford Graves, ce maître singulier) ; puis en souffles mêlés qui s’apaisent (la trompette de Wadada Smith et l’accordéon deep listening de Pauline Oliveros) ; enfin tout se résout (très momentanément) en un swing d'Asie Mineure aux rudes accents mingusiens. Et juste après, la tempête rythmique du Fractal 4 (Ibarra seule derrière son kit). On pourrait scruter ainsi toute l’œuvre : jamais on n’a l’impression d’un collage, d’éléments décoratifs plaqués sur une structure jazz ou contemporaine. Aucun cliché d’Orient, benjoin ou arabesques, aucun tic d’improvisation. Chaque partie reste ouverte et indépendante, unique mais cohérente avec ce qui l’entoure. L’unité de cette musique (et sa brillante réussite) vient de ce qu’elle sécrète son temps propre et nous les transmet. Elle n’use pas du rythme : elle est son propre rythme. Et on le suit, sans jamais marcher au pas. On danse sans avoir à compter. On veut voir où il nous entraîne. On aime sa vitesse parce qu’elle est mystère. (Review par Guts of darkness)

 

dimanche 29 mars 2026

IKUE MORI - One hundred aspects of the moon

 

Je ne suis pas un grand fan d'Ikue Mori, il y a plusieurs disques de son oeuvre chroniqué sur ce site et je l'ai deja vu plusieurs fois en live lors de Masada marathon, le verdict tombe à chaque fois : c'est chiant. Les bruits bizarres au laptop sont souvent ennuyeux au possible, mais même dans le cadre de DNA, ces interventions et même le combo en lui même me laisser souvent indifférent. 

Mais ce premier chapitre sur la composer serie de Tzadik change la donne : Il est bon ! Et pour cause, c'est certainement celui ou on entend le moins la compositrice. Un beau line-up compose le disque : Erik Friedlander au violon, Kato Hideki, son college dans Death Ambiant à la basse, Anthony Coleman au piano, Quelques apparitions de vocalistes dont Makigami Koichi, etc...L'ensemble sonne comme un volume interessant de la composer serie, expérimental, mystérieux, tirant un poil vers l'ambiant, avec des sonorités vraiment innovantes et agréables à l'écoute. Inspiré d'un peintre nommé Yoshitoshi, dont on retrouve les superbes peintures dans les différents artworks du disque, je ne regrette pas l'achat très tardif de ce chapitre de Tzadik...

samedi 17 janvier 2026

GERRY HEMINGWAY - Chamber works

 

Né le 23 mars 1955 à New Haven (États-Unis), issu d’une famille musicienne (sa mère est pianiste concertiste, son père a étudié avec Paul Hindeminth), Gerry Hemingway débute la batterie à dix ans, devenant professionnel dès dix-sept ans. Au cours des années 1970, il étudie avec Alan Dawson, suit des cours de percussions indiennes et africaines aux universités de Yale et Wesleyan. C’est dans sa ville natale, New Haven, qu’ont lieu les rencontres déterminantes : Anthony Davis et George Lewis (avec lesquels il forme Advent), Leo Smith, Anthony Braxton… des musiciens issus de l’AACM dont les ambitions de compositeurs, ancrés dans la musique contemporaine, sont manifestes. Pendant douze ans, de 1983 à 1994, il sera le batteur du quartet d’Anthony Braxton (avec la pianiste Marilyn Crispell) expérimentant les systèmes d’écriture ouverte du saxophoniste. Si le trio BassDrumBone créé en 1977 et toujours actif (avec le tromboniste Ray Anderson et le contrebassiste Mark Helias) est porté vers l’émulation collective, ses formations personnelles depuis le milieu des années 1980 privilégie l’ouverture polyphonique sous un angle « formaliste » : Je m’intéresse au jeu des formes dans l’espace, aux différentes strates dans la musique, déclare-t-il.

Parmi les rares jazzmen américains à l’écoute des avant-gardes européenne, John Zorn lui offre la possibilité d'enregistrer son premier disque de musique contemporaine en 1999. Un chapitre de la composer serie assez intéressant si l'on excepte le classique string quartet de départ. Pas mal d'instruments, avec des cuivres discrets, des cordes mystérieuses, sur trois longues pièces sonores. Mention spécial à "The visiting tank" est son côté cinématographique avec Hemingway lui même au sampler...  

samedi 10 janvier 2026

PETER GARLAND - The days run away

 

Peter Garland est un traveller, on s'en rend compte clairement en lisant sa biographie : il n'a jamais cessé de voyager entre 1973 et 2005, visitant des dizaines de pays, s'imprégnant sans cesse de multiples cultures, rencontrant de multiples personnes au grés de ses périples (il était proche entre autre de John Cage, Harry Partch, ou Colon Nancarrow). Si la Californie est son pays d'adoption (c'est l'endroit ou on était enregistré toutes les pièces du disque), il est tombé amoureux du Mexique plus particulièrement, s'y installant à plusieurs reprises, puisant ainsi son inspiration dans la musique amérindienne et la musique rituelle mexicaine. Après des dizaines d'années de voyages, il vit aujourd'hui une retraite paisible dans le Maine. Compositeur parmi les plus méconnus de la seconde génération des minimalistes de la West coast, il a cependant toujours eu le soutien indéfectible d'une personne qui adore sa musique : John Zorn. Après deux disques sur Avant, le label japonais pour qui Zorn fût le directeur artistique entre 1992 et 1995, Peter Garland a naturellement bifurqué sur Tzadik afin de sortir la suite de ces travaux. Premier disque du compositeur à sortir sur Tzadik en 2000, les deux autres étant déjà chroniqué sur la section compser serie. Assurément le plus minimaliste de la série, puisque nous avons affaire ici à un disque de piano en solo, interprété par la pianiste japonaise Aki Takahashi. Un joli disque épuré et trés calme pour mettre en fond sonore quasiment pour faire de la méditation. Takahashi est toujours en activité à 81 ans, et a sortis un disque en 2017 en compagnie de...Peter Garland. Une collaboration qui dure donc !

lundi 5 janvier 2026

JOHN ZORN - Andras book of angels 28

 

28eme volume du bouquin des anges, encore une nouvelle fois enregistré en une journée en novembre 2015 à NY

Cette fois c'est un quintet qui sonne comme un mix de 
The Dreamers, pour la couleur du vibraphone et de Bar Kokhba pour la présence de John Medeski et le cocktail de couleurs à côté du couple percussif, En tant que quartet, sans la présence des percussions de Cyro Baptista, Nova Express avait publié un premier album (Tzadik 7389) composé par John Zorn en 2011. Une musique de chambre tonique et insidieusementatonale de l'East Village new-yorkais. Medeski n'y jouait que du piano. Avec l'orgue et les bruissements ludiques du lutin Cyro Baptista, la musique devient follement charmeuse. La face angélique du diablotin John Zorn...

Un assez bon volume, plaisant et sympathique...

WADADA LEO SMITH - Light upon light

 

Trompettiste, multi-instrumentiste, improvisateur et théoricien, Wadada Leo Smith est l'un des compositeurs les plus importants de notre époque. Membre fondateur de l'AACM de Chicago, ses œuvres captivantes, mêlant composition et improvisation, ont été interprétées par de nombreux ensembles et solistes parmi les plus prestigieux au monde. Avec une composition originale pour ensemble de chambre et quatuor de gamelan, une magnifique pièce pour alto solo, un concerto pour basse écrit pour le virtuose Bert Turetzky et deux pièces électroniques mettant en valeur ses improvisations uniques à la trompette, Wadada considère « Light Upon Light » comme son meilleur enregistrement à ce jour.


Extrait du OBI Tzadik, je n'ai parfois plus trop le temps et l'énérgie de faire une critique détaillé des disques Tzadik qui sont compliqué à décrire. Mais je peux dire que je me suis fait un peu chier sur celui çi. A voir pour les autres disques de Wadada Leo Smith sur la composer serie...

PURPLE TRAP - The stone (2005)

 

Reprise de l'année 2026 avec un disque qui n'est PAS estampillé Tzadik, mais qui a pleinement sa place ici : Un groupe qui n'a sortis qu'un seul album sur la New japan en studio. Pour un disque Live qui a eu lieu au Stone, la salle de concert de John Zorn qui était dans le lower east side à l'époque. 

Nous sommes en 2005, la salle de concert a ouvert quelques mois plus tôt et les programmateurs se succèdent chaque mois pour des séries de concerts plus ou moins événements et thématique. En décembre, un mois complètement japonais se produisait puisque Makagami Koichi, Yoshida Tatsuya (batteur de Ruins), Otomo Yoshihide se succédaient à la programmation. 

Au milieu de ce carnage bruitiste ? Keiji Haino Himself (lui qui bouge assez peu de Tokyo) qui offre 5 jours de programmation démoniaque : du solo, du duo (avec Thurston Moore !), du trio (Avec John Zorn et Ikue Mori)(Trevor Dunn est même de la partie à un moment) et un soir avec deux sets de Purple trap, ce groupe éphémère crée en 1999 avec Bill Laswell et Rashied Ali, mythique batteur de la scène Free jazz.

La soirée avait été enregistré, et la prestation est longtemps resté sur le disque dur de Bill Laswell, et qui un beau jour de 2023 l'as exhumé de ses archives et l'a balancé en digital. Le label allemand Karl records nous balance l'objet deux ans aprés dans un LP avec chouette artwork...

Improvisation Noise à son maximum ! 



vendredi 15 août 2025

JOHN ZORN - The painted bird

Sortis en 2016, ce disque est le quatrième volume du power trio fraîchement crée à l'époque, Simulacrum. Quand Zorn tient sa série de jeunes prodiges dans leurs instruments respectifs, il ne les lâche plus et multiplie les chapitres sans s'arrêter, en bon compositeur compulsif qu'il est.  

Histoire de ne pas épuiser une formule jusqu'à la moelle, il y a toujours un guest qui fait son apparition pour apporter une petite coloration différente. C'est cette fois çi Kenny Wollesen et son vibraphone infernal qui s'invite dans la danse.L'instrument et la virtuosité de Wollesen apporte clairement un peu de lyrisme dans ce volume. Comme le dit le OBI de Tzadik : ligne de partition atonal complexe, folie d'improvisation, riffs heavy metal, solos de folie et profond lyrisme se côtoient dans un cocktail détonnant. Honnêment, "The painted bird" est un bon disque de John Zorn avec son groupe coqueluche de l'époque, la pochette est par ailleurs magnifique... 
 

lundi 11 août 2025

JOHN ZORN - Flaga book of angels 27

 

27eme Volume du bouquin des anges sortis en 2016. "Flaga", Démon avec cette fois çi une forme de volatile. John Zorn a lui même appeler les musiciens pour monter le projet. Craig Taborn au piano gravitait déjà dans le giron de Zorn à cette époque. Idem pour Tyshawn Sorey à la batterie qu'on retrouve sur divers disques de Zorn sur Tzadik ("In the hall of mirrors"). En revanche Christian McBride à la basse fait sa première session pour le sorcier de la downtown scene.

9 titres, enregistré en 1 seul journée le 25 novembre 2015 à NY, ça force toujours le respect, surtout quand on voit le niveau hallucinant des compositions. On a le droit évidemment à un gros jazz en version power trio avec piano, une formule que le boss de Tzadik à tendance à développer de plus en plus ces dernières années. Ca joue de manière dingue, quelques solos bien envoyés, on n'arrive pas trop à déterminer si il y a beaucoup d''improvisation mais on sent avant tout que le trio, accompagné par Zorn aux arrangements, donne tous ce qu'il peut pour donner vie à ces partitions. Gros gros niveau et sympathique volume du book of angels dans le registre jazz...

dimanche 10 août 2025

MAKIGAMI KOICHI - Electric eel

 

Makigami Koichi, c'est le vieux pote japonais un peu fou des 90's de John Zorn. Ok il en a connus un paquet lorsqu'il séjourné à Tokyo à l'époque, mais ce chanteur hors norme sortira par la suite 3 autres disques pour le label new yorkais, démarrant une relation de confiance avec les années à venir. 

Koichi, c'est aussi le pendant japonais de Mike Patton, surtout lorsque ce dernier s'essayait beaucoup aux onomatopées vocaux à l'époque, que ce soit en solo via Tzadik ou avec Moonchild (il semble depuis en nette panne d'inspiration dans ce domaine, voir tout court...). Makigami a du servir de référence pour ce vieux Mike, tant ces acrobaties vocales sont fun et folles. Il est ici accompagné par Anton Bruhin qui joue de "l'electric jew harp". On se sait pas exactement ce que sait mais ça sonne comme une sorte de guimbarde. "L'anguille electrique" est un disque sympa, ludique, évidemment très expérimental, mais qui donne un bon aperçus de l'art un peu fou de Koichi. La rencontre date de 1998...

dimanche 23 mars 2025

ANTHONY COLEMAN TRIO - Sephardic tinge

 

Seconde référence historique de la Radical Jewish culture sortis en 1995, qui allait donner le ton sur quasi 20 ans de disques divers et variés avec comme point commun l'identité juive. 

Pochette Arty comme on l'aime, certainement un resto marquant pour Anthony Coleman et John Zorn, deux amis de longue date qui se sont toujours soutenus l'un l'autre. Le pianiste est apparus sur quelques game pieces de Zorn, tandis que le boss de Tzadik lui offrait l'opportunité de continuer à s'exprimer sur son nouveau label new yorkais à l’époque (Coleman était déja apparus sur le label japonais précédent chapeauté par Zorn, Avant). Ayant grandis dans un quartier doménicain de Brooklyn, le musicien voulais s'éloigner à tous prix du Klezmer, LA musique emblématique de l'identité juive. Il parle dans le livret d'influence cubaine et latine, etc. A l'écoute du disque, on les cherche encore un peu, si on résume en version bête et méchante, il s'agit d'un disque de Jazz en mode trio Piano/Batterie/Basse. Les compositions avaient écrites pour être interprété dans un festival Radical jewish culture, ces festivals même ou Zorn composera son premier disque "Kristalnacht". Pas con, Zorn demande à la section rythmique de son nouveau groupe de Jazz de l'époque, Masada, d'allait aider son vieux pote pour l'enregistrement qui a lieu en décembre 93 et janvier 94. Hors quand tu as Greg Cohen et Joey Baron dans tes rangs, tu sais que l'ensemble va être solide. C'est la cas avec ce cool disque de jazz qui multiplie les ambiances diverses, toujours avec une grande classe. J'ai mis pas mal d'années à me procurer ce disque, je comble les trous petit à petit, et je me suis retrouvé dans l'est village dans les 90's le temps d'une quarantaine de minutes...

samedi 1 mars 2025

ANNIE GOSFIELD - Burnt ivory and loose wires

 

Premier Album historique d'Annie Gosfield sur la composer serie de Tzadik sortis en 1998. J'avais déjà chroniqué son second disque sortis quelques années après et qui m'avait bien plus. Ce premier disque ne déroge pas de mon sentiment premier. Annie Gosfield a une vision de la musique expérimentale qui me passionne. La musique expérimentale possède un spectre évidemment très large étant donné qu'il n'a pas vraiment de limite dans l'art musical qui repousse les limites. Mais il y a parfois des visions auxquels on n'adhère pas, voir qui peuvent s’avérer carrément irritantes.  

La pochette de ce "Burnt Ivory..." donne le ton de ce qui va suivre : un piano explosé, des sonorités hors normes avec Annie qui se place aux claviers "samplés", et toute une bande de musiciens qui l'accompagne pour ce voyage intersidéral (guitare, batterie, percussion, violon). 6 compositions absolument fantastiques, évidemment très difficile à décrire, mais qui mérite clairement le détour. Le dernier titre est un peu plus conventionnel, dure 10 minutes et voit le Rova saxophone quartet le décrypter avec virtuosité. Comme toujours, on saluera la prise de risque de John Zorn à l'époque de sortir sur son label un tel ovni musical, 40eme référence du label et trois ans après sa création...

lundi 17 février 2025

MILFORD GRAVES - Grand unification

 

Considéré dans la Downtown scene comme l'un des pionniers du free jazz et de l'expérimentation au niveau des percussions, Milford Graves est certainement connus des amateurs de Tzadik pour son duo fait avec Zorn pour ses 50 balais. Un compositeur qui maitrise ses instruments sur le bout des doigts, et qui sait taper n'importe quoi, même ton portefeuille si ça se trouve...


Milford Graves, c'est aussi deux disques sur le composer series, dont voici le premier volume sortis en 1998. Enregistré en total improvisation, en direct live et sans overdub, la performance de plus d'une heure est envoutante. Au départ, on se dit que c'est pas gagné, Milford frappe tout azimuth, n'arrête pas de sortir tout au long du disque des espèces d'incantations, et demeure en roue libre total. Puis au bout d'un moment, à l'instar du Haino Keiji sur la New japan ou "IAO" de Zorn, le rituel hypnotique se met petit à petit en place, et notre cerveau est vite aspiré dans le tourbillon tambourinant mystique. Rien qu'à voir le "kit" de l'américain, on devine et perçoit de multiples sons différents. Les disques de Percussions ne sont pas mes préférés du label mais celui çi fait figure de référence historique pour le label New Yorkais, 3 ans seulement après sa création...

Milford Graves a disparu le 12 février 2021 à l'âge de 79 ans. R.I.P

JOHN ZORN - The hermetic organ St Bart's NYC

L'orgue a été le premier pas de John Zorn dans la musique à l'âge de huit ou neuf ans en 1961 : son affection pour les films d'horreur (particulièrement "le fantôme de l'opéra" de Lon Chaney) le poussera à découvrir de nombreuses découvertes musicales qui serviront d'influences dans ses compositions futures. Ses parents ayant refusé de lui acheter un orgue, il se rendait fréquemment chez des amis qui en avait un chez eux afin de se familiariser avec l'instrument, et un joueur d'orgue de l'église de ses parents dans le queens le laissait parfois improviser sur ce dernier : un instrument d'une puissance incroyable selon Zorn, ou psychédélisme, imagination, magie et mysticisme se couple avec une atmosphère gothique. L'envie de pratiquer l'instrument était belle et bien présente, les occasions un peu moins. 



Quatrième volume de "l'orgue hermétique" de Zorn, enregistré le 31 octobre 2015 à NY, à minuit, durant Halloween donc. Le compositeur New Yorkais est particulièrement contant de pouvoir s'exercer sur le plus gros orgue de la grosse pomme, qui laisse une variété de sonorités possibles apparemment bluffante (on parle de 12422 "Pipes" !!). 2 long track de 15 et 25 minutes d'orgue solo, un classique dans le catalogue Zornien...

 

dimanche 24 mars 2024

PAINKILLER - Zornfest@knittingfactory 3 september 1993

 

Né le 2 septembre 1953, chaque décennie d'anniversaire de John Zorn est un moment important car cela donne lieu à une série de concerts massifs durant tout le mois de septembre. Les 60th et 70th ont donné lieu a carrément de nombreux shows à travers le monde entier en 2013 et 2023. En 2003, c'est tous le mois de septembre complet qui donné lieu à une série de concerts au Tonic de New York (ouvert entre 1998 et 2007), un club du lower east side qui n'a pas survécu à la gentrification. On retrouve douze volumes de disque sur Tzadik sous l’appellation "50th birthday celebration" (dispo à la lecture). En 1993, il y a eu le 40th birthday celebration durant également le mois de septembre complet, à l'ancienne Knitting factory (celle situé dans l'east village de Manhattan non loin du CBGB, et qui a depuis été délocalisé à Brooklyn) lors d'un "Zornfest" mémorable, mais dont les travaux n'ont malheureusement jamais été publié officiellement...


Il s'agit pourtant certainement du birthday le plus important pour le fondateur de Tzadik : à 40 ans, en pleine force de l'age, il fonde à cette période tous ses projets majeurs dont aucun autre n'aura la même portée historique par la suite. La veille de ce concert de Painkiller ? le 2 septembre 1993, Masada y joue son tout premier concert historique (dispo sur la Archival serie de Tzadik "Masada first live"). Ce live officiel de Masada prouve que ce Zornfest a été enregistré intégralement mais n'a jamais été publié par la suite, peut être que Zorn ne trouvait pas les prestations assez bonnes ? ou peut être des difficultés techniques d'enregistrements ? On ne saura jamais vraiment la vérité. Mais on y retrouvera une première incarnation d'Electric Masada, des lives de Naked city, etc....3 septembre 1993, Painkiller rentre en scène, le vrai trio, avec Bill Laswell et Mick Harris, qui a enregistré seulement peu de temps avant les disques en studio. Une prestation thermo-nucléaire en deux partie (on imagine 8pm et 10pm) absolument dantesque. Le son de ce bootleg est trés correct, on entend bien le public gueuler entre les titres (moins de 50 personnes assurément) donc une prise de son directe, mais une qualité tout à fait honorable, malgrés quelques grésillements et rares micro coupures. Et voila le disque parfait pour faire le lien avec les 5 lives existants de Painkiller (3 japonais, le 50th birthday et le dernier de 2005, voir la section Painkiller du blog). Le trio est en fusion, Laswell est démoniaque, Zorn s'époumone comme un jeune premier, Harris gueule comme un âne, blast comme un vicelard (même si avouons le, c'est le moins bon batteur de Painkiller dans le fond). Pour plus de sauvagerie, Kevin Sharp de Brutal truth vient gueuler en mode grindcore à son tour (!!). Et pour rajouter un peu de folie, Buckethead intervient à la gratte durant le premier set, puis casse sa guitare (C'est Zorn qui l'annonce lui même), mais intervient sur la fin du second set dans un bordel sonore incroyable. Pour tout fan de Zorn, ce live est obligatoire d'écoute et merci à ce bootleg d'exister. Cerise sur le gâteau ? Painkiller livrera un second set le lendemain qu'il me reste à découvrir mais j'en reparlerais assurément


Ps : si quelqu'un connait le planning complet du 40th birthday Zornfest durant le mois de septembre 1993, je suis preneur... 

jeudi 25 janvier 2024

TEIJI ITO - King Ubu

Premier disque historique de Teiji Ito sur la composer serie de Tzadik sortie en 1998 (il y en aura 4 autres par la suite de mémoire, deux sont deja chroniqués sur cette même section) . D'origine japonaise, Ito commence à traîner ses espadrilles dés 1952 à NY, devenant un musicien actif de la downtown scene, sa rencontre avec Maya Deren est un tournant dans sa vie de musicien, c'est à ce moment qu'il commence à composer massivement pour les pièces de théâtre, pièces de danse et film divers. C'est Guy Klucevsek, compositeur responsable de plusieurs chapitres sur Tzadik (composer et key serie) qui fût mandaté à l'époque par la femme de Teiji Ito (ce dernier est mort en 1982 à 47 ans) pour écouter une centaine d'heures de cassettes qui était dans les archives de la New york public library for the performing arts. Klucevsek les a classés selon leurs contenus, leurs conditions et leurs instrumentations. Une d'entre elle se nommé "King Ubu" composé en 1961 (pendant son service militaire, le compositeur écrivait ses partitions la nuit pendant les périodes de repos) pour une pièce de théâtre de l'époque (dont on peut deviner le contenu en à l'écoute et en contemplant l'artwork du disque). Trés asiatique, se servant d'une multitude d'instruments obscurs (nohkan, orkon, hichiriki, mosquito drum, marimbula, etc...). L'ensemble sonne évidemment très expérimental, et sert plus de texture et de bruits d'ambiance que de grande musique grandiloquente comme on peut le remarquer dans de nombreux films. Mais ce petit chapitre Tzadik, quoique forcément un peu anecdotique, n'est pas déplaisant pour autant. A découvrir au moins une fois...

 

dimanche 21 janvier 2024

MASADA - 30th anniversary edition (boxset)

 

Une forte belle initiative que ce coffret Masada pour fêter les 30 ans du groupe qui avait joué leur premier concert au Tonic à NY en septembre 1993 pour l'anniversaire de John Zorn. Une formation hors du commun que tous les suiveurs de Tzadik connaissent forcément. Certainement l'apogée de la conjugaison du jazz et de la "radical jewish culture", puis qui donné par la suite une tonne de déclinaisons et un nombre incalculable de "Tunes". 

Citons en vrac : Différentes nouvelles formations comme le Masada string trio, L'electric Masada, le Bar Kokhba, le new masada quartet. On continue avec un hommage particulièrement fou sur Tzadik pour les 10 ans de Masada ("le 10th year anniversary"), une série de disques Live parue sur Tzadik des meilleurs concerts du quatuor, puis la composition d'une nouvelle seconde série "The book of Angels" (32 volumes à son actif), puis une troisième pour conclure l'héritage de Masada 25 ans aprés intitulé "Book Beri'ah". C'est certes un petit peu compliqué de s'y retrouver quand on démarre avec cet univers aussi vaste, mais il existe même des sites explicatifs bien foutus pour s'y retrouver.


Cette box regroupe donc les 10 premiers disques du groupe enregistré entre février 1994 et septembre 1997 parue à l'époque sur le label japonais DIW, qui comptait en ses rangs le fameux Kazunori Sugiyama qui deviendra par la suite le producteur associé de John Zorn pour toutes les productions Avant (label précédent Tzadik, j'y reviendrai d'ailleurs) et Tzadik, et ceux depuis de nombreuses années. Le label d'origine n'a pas demandé de royalties pour cette box, honorant un contrat qui s'était résumé à une poignée de main il y a plus de vingt ans, la classe japonaise que le saxophoniste ne manque pas de souligner. Le coffret est une superbe aubaine pour ceux qui, comme moi, ne posséder pas (ou peu) les volumes d'origines. Mais il y a tout de même des bonus pour les détenteurs des disques originaux : outre la magnifique box en elle même (bel objet, mais c'est une récurrence sur Tzadik de toute façon), le volume 4 "Dalet" ne comportait que 3 titres à la base (pour 20 minutes de musique) et était offert en cadeau pour les acquéreurs des trois premiers opus. Ce volume a été remplis à foison pour cette anniversaire, avec la présence de deux versions inédites, des prises alternatives et deux répétitions, soit 7 titres supplémentaires en tout pour plus de 50 minutes de musique inédite. N'oublions pas aussi que les fans peuvent se tourner vers la double compilations d'inédits/titres rares "Sanhedrin" parus en 2005 sur l'Archival serie de Tzadik. Le coffret comporte aussi un épais livret remplis de témoignages de John Zorn lui même, Dave Douglas, Greg Cohen (et son anecdote hilarante du restaurant japonais), de quelques artistes Tzadik (Bernstein, London, Goldberg, Trey Spruance dans un long récit, etc) et quelques personnes extérieurs fervent de Masada (journaliste, auteur, etc).


Je ne vais pas m'aventurer dans le descriptif détaillé des disques : l'expérience Masada s'écoute fort, se vit, donne envie de danser, de rire, de se détendre selon les différents "mood" de la plus d'une centaines de titres présent dans ce premier Masada songbook. J'aurais une préférence pour le volume 5 "Hei", mais simplement parce que c'est le seul volume DIW que je possédais auparavant et que j'ai beaucoup écouté, renfermant une place de concert de Masada en 2005 en Italie, soit la première fois ou j'ai vu le combo en concert. Pur nostalgie donc.


Pour terminer sur une note plus polémique, la distribution de cette box a été trés chaotique. De multiples erreurs ont eu lieu, des box qui devait être dédicacé par Zorn sont arrivé chez les auditeurs non signés, etc. Je crois que si je ne l'avais pas réclamé, le distributeur ne m'aurait jamais envoyé mon coffret (un bon pote à moi l'a reçus 3 semaines avant moi, nous vivons à 10 km l'un de l'autre). Et pour cause, ce dernier a fait faillite il y a un mois, laissant une ardoise salé pour le label new yorkais de 70000 $. C'est la seconde fois que ça arrive aprés la faillite de Pledge music il y a 4/5 anspour la distribution de Book Beri'ah qui avait fait un trou financier de 100000 $ à l'époque pour Tzadik. A ce rythme la, les difficultés financières pourraient s'accumuler rapidement, des crowfundings, concerts de soutien auront lieu prochainement pour soutenir le label, et il est vrai que les partenaires selectionnés par John Zorn sont particulièrement foireux. La distribution est désormais assuré par Downtown music gallery, le distributeur US de Tzadik (ils auraient peut être du choisir cette option dés le départ), la box est limité à 1000 exemplaires donc ne traînez pas trop si vous êtes amateurs...